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Live Report   

Neil Young n’a pas pris une ride


C’est en pleine effervescence liée à l’Euro 2016 que Neil Young, surnommé le Loner, vient s’échouer de ce côté-ci de l’Atlantique pour nous présenter l’album The Monsanto Years sorti l’année dernière (ce 24 juin le Canadien sortira par ailleurs un nouveau disque, Earth, fruit d’enregistrements live avec Promise Of The Real, auxquels il a agrégé des sons d’animaux et une chorale féminine). Comme toujours chez Young, c’est sur un fond de discours politique et écologique que se profile ce concert à la Halle Tony Garnier de Lyon. 19H30 la foule commence à s’entasser dans l’enceinte de l’ancien marché à bestiaux Lyonnais. Et cela tombe bien puisque Neil est venu nous parler terroir avec son ‘Rebel Content Tour’ dont plusieurs dates sont programmées en France pour le plus grand plaisir des fans, grands et petits. Car la première qualité de Neil Young est en effet de rassembler toutes les générations, de 7 à 77 ans comme l’aura prouvé ce concert donné dans la Cité des Gaules.

On croise ainsi de nombreux spectateurs s’affairant auprès des stands vendant les quelques T-Shirts en coton bio estampillés de divers slogans anti OGM ou à l’effigie de Young. Discours alter-mondialiste oblige, le Loner prône l’agriculture biologique, le commerce équitable et la musique numérique en qualité CD.

Artiste : Neil Young
Date : 15 juin 2016
Salle : Halle Tony Garnier
Ville : Lyon [69]

Les premières notes résonnent et ce fringuant bonhomme qu’est Monsieur Young – 70 ans tout de même – débarque seul et s’installe derrière un piano que l’on croirait tout droit sorti d’un saloon qui servirait de décor à un Western. La magie opère dès les premières notes de « After The Gold Rush » et le public est conquis. La scène reste baignée dans la pénombre car c’est l’une des revendications du Loner : il faut faire des économies d’énergie même lors d’un show. Au-delà de cet aspect idéologique, ce rendu participe à créer une ambiance intimiste pour ce début de concert qui se déroule en tête-à-tête avec le chanteur. Cinq morceaux purement acoustiques nous sont offerts en guise d’entrée. Un enchaînement de tubes issus des 70’s dont la plupart sont tirés de l’album Harvest (1972), l’un des chefs d’oeuvre de cet artiste. C’est donc non sans une certaine émotion que le public retrouve les morceaux « Heart Of Gold » ou « The Needles And The Damage Done » interprétés.

Puis arrive les dernier morceau en solo, un « Mother Earth (Natural Anthem) » magistral, a la fois triste, presque dramatique mais en même temps emprunt d’une énergie indéniable matinée d’une certaine poésie. Plus les minutes s’égrènent et plus le public est conquis par cette voix qui, si elle a gagné en profondeur après les années, reste toujours aussi envoûtante et entraînante. Puis la lumière se fait sur scène et les autres membres du groupe s’installent derrière leurs instruments. Ce qui surprend de prime abord, c’est leur âge qui est pour la plupart inférieur à la moitié de celui du Loner ! La chemise à carreau dans le plus pur style « Bucheron canadien » est de rigueur ainsi que les couvre-chefs. La jeunesse des musiciens ne les empêchera en tout cas pas de convaincre l’assemblée dès le premier morceau joué ! Lors du premier morceau joué à la guitare électrique, les musiciens nous offriront ainsi un fabuleux « Out On The Weekend ».

Les jeux de lumière restent minimalistes et le show se contentera ainsi de quelques poursuites mais cela n’aura pas eu d’effets négatifs sur l’ambiance générale. On sent d’ailleurs une osmose parfaite entre le chanteur et ses musiciens. Il sera fait une belle part aux classiques et l’artiste nous aura gratifié sur ce sujet d’une playlist éclectique autant en termes de style – on passe en effet de morceaux blues/folk à des morceaux proches du grunge – qu’en termes de périodes musicales abordées car toutes sont passées en revues : les 60’s, les 70’s, les 80’s et les années 90. Au final, cela donne un enchaînement varié et toujours dynamique avec aucun temps mort pendant le concert. Et c’est un exploit car le set aura duré trois heures !

Dans cette optique, le public en prend plein les oreilles et les spectateurs ne se lassent à aucun moment de voir l’un des pionniers du folk/rock se faire plaisir sur les planches. Les improvisations dans le plus pur style des 70’s sont au rendez-vous et donnent des accents parfois psychédéliques aux morceaux les plus rock. Puis arrive la fin du concert et le groupe s’éclipse pour quelques instants avant de revenir pour un ultime morceau de rappel « Cortez The Killer ». On sent bien que les zicos ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin – le morceau sera d’ailleurs l’un des plus longs de ce set – mais finissent pas terminer de façon magistrale ce concert riche et sacrément jouissif.

Neil Young, 70 ans, et toutes ses dents ? Ça on ne le saura pas mais son charisme, sa voix et son dynamisme sont encore intacts ! Un concert en forme de belle leçon pour les petits jeunes qui écument les salles d’aujourd’hui.

Setlist :

After The Gold Rush
Heart Of Gold
Comes A Time
The Needle And The Damage Done
Mother Earth (Natural Anthem)
Out On The Weekend
From Hank To Hendrix
Western Hero
Here We Are In The Years
Someday
Alabama
Winterlong
Like An Inca
Words (Between The Lines Of Age)
Love To Burn
Revolution Blues
Mansion On The Hill
Country Home
Seed Justice
Monsanto Years
After The Garden
Wolf Moon
Love And Only Love
Rappel :
Cortez The Killer

Live report : Damien Renard.



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