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Live Report   

Nergal et John posent leur valise en France


Ces dernières années Adam Darski (dit Nergal) – connu dans le monde du metal pour être le chanteur/guitariste de Behemoth et son principal compositeur – a eu des soucis de santé importants puisqu’il a dû vaincre une leucémie. Des problèmes qui ont eu pour conséquence de se re-focaliser sur l’essentiel : à savoir la prise de plaisir. C’est bien pour cette raison qu’il a lancé le projet Me And That Man : pour partager son plaisir de renouer avec les racines du rock et du metal, à savoir le blues. Pour ses vacances musicales, Nergal a donc choisi d’aller jouer, d’après ses mots, de la « cunt-ry » avec John Porter, un musicien anglo-polonais connu notamment pour son John Porter Band. C’est ainsi que le projet Me And That Man a vu le jour avec un premier album, Songs Of Love & Death. Probablement l’album dont l’hyperactif Nergal avait besoin pour s’oxygéner l’esprit.

Dans le petit tour des clubs que le projet s’offre en Europe, nous avions rendez-vous dans la salle Les Étoiles, située dans le dixième arrondissement, pour assister au seul passage français de Me And The Man.

Artistes : Me And That Man – Dool
Date : 29 mars 2017
Salle : Les Étoiles
Ville : Paris [75]

Dool

Afin d’ouvrir cette soirée placée pour le signe de l’intimité, le groupe hollandais Dool (formé par différents membres de The Devil’s Blood, Gold ou encore Elle Bandita) monte sur les planches aux alentours de 19H30. Dool propose du dark-rock énergique avec des morceaux assez longs. La qualité des lumières proposées est réelle pour une première partie et de jolies nuances de couleurs sont au programme. Dool a sorti cette année son premier EP, intitulé Oweynagat, ainsi que son premier album, Here Now, There Then. Malheureusement, la formation batave n’aura pas pu finir son set car elle a commencé son concert légèrement en retard. Un morceau a donc dû être supprimé par l’organisation et le groupe s’est retrouvé sans sons ni lumières. Dool nous quittera par conséquent sur un « fuck that shit » qui résumait assez mal ce début de soirée.

Car ce dernier, en compagnie des Hollandais, fut une réussite. La musique de ce nouveau projet vaut le coup d’être entendue, même s’il est vrai que sur cette petite scène, les cinq membres du groupe semblaient bien serrés. A revoir vite avec plus de temps (et d’espace).

Me And That Man

Le thème d’Il Etait Une Fois Dans L’Ouest résonne dans la salle. Un thème qui répond idéalement à l’atmosphère western du nouveau projet de Nergal et John Porter. Le batteur et bassiste du groupe s’installent sur scène et resteront d’ailleurs en retrait du show, car ce sont avant tout les deux frontmen qui attireront les regards. Nergal arbore pour sa part un imposant chapeau inspiré de l’univers de Jodorowsky et de son film La Montagne Sacrée. John, lui, est relativement calme et fait le travail de manière professionnelle, jouant sur sa guitare avec une position assez statique. Les deux cowboys polonais, guitare à la main, glissent quelques mots au public et démarrent avec le premier morceau de l’album Songs Of Love & Death, qui est également le premier single a avoir été dévoilé, « My Church Is Black ».

On démarre malheureusement sur une mauvaise note avec un son mixé de manière peu convaincante, notamment pour l’harmonica qui n’est pas assez fort. Mais au fur et à mesure que le concert avance, ces contingences techniques s’améliorent nettement. Behemoth livre lors de tous ses shows une mise en scène impressionnante, massive et violente avec des morceaux complexes, sans oublier le maquillage, les effets de fumées et même des crachats de faux sang. Ici, avec Me And That Man, on retrouve simplement le leader emblématique au naturel, avec un grand sourire et qui n’hésite pas à aller vers le public avec une générosité non-feinte. Nergal s’amuse comme un petit fou lors de ses solos de guitares, tout en partageant à la foule son chant clair, que l’on découvre pour la première fois sur scène. A noter également de nombreux échanges de regards entre Nergal et John, démontrant leur complicité.

Nergal, Me And That Man

Cette bonne humeur est communicative et vers la fin du concert certaines personnes lanceront même un pogo ! Ce dernier sera vite arrêté, le reste du public n’étant manifestement pas là pour se pousser frénétiquement, ce n’était pas l’ambiance du soir. A un concert de Me And That Man, on frappe dans nos mains, on chante en chœur, on sourit, on applaudit et on rigole aux fins mots de John Porter : « Si vous vous ennuyez ce week-end, sortez et tuez des gens ».

Le concert n’est pas long (il se terminera sur les coups de 21H30) car le groupe n’a sorti qu’un seul album avec des chansons relativement courts. Quelques surprises sont malgré tout présentes, notamment avec ce set principalement acoustique composé de pistes absentes de l’album. « Submission » est par exemple un titre inédit du groupe, « Refill » une reprise d’un des projets de John Porter et « Pyscho Killer », une reprise du groupe Talking Heads. À part ces exceptions, toutes les chansons de l’album ont été jouées lors du show. Le tout accompagné de lumières variées et chaleureuses renforçant le plaisir des yeux et le sentiment de vivre une soirée tranquille entre potes.

Ce fut en tout cas un plaisir pour le public français de voir un Nergal à visage découvert, sautillant avec joie devant une salle qui, même si elle n’était pas pleine, était très réceptive et chaleureuse. Le leader de Behemoth viendra même dans la foule après le concert pour parler aux fans ayant fait le déplacement. Une atmosphère détendue et naturelle qui aura fait du bien.

Setlist  :

My Church Is Black
Nightride
Magdalene
Voodoo Queen
Ain’t Much Loving
Get Outta This Place
One Day
Better The Devil I Know
On The Road
Shaman Blues

Set acoustique :

Of Sirens, Vampires And Lovers
Cross My Heart And Hope To Die
Submission
Love & Death
Refill (reprise de Porter Band)
Pycho Killer (reprise de Talking Heads)

Live report et photos : Matthis Van Der Meulen.



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