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Interview   

Nic Maeder au nom de Gotthard


C’est à Radio Metal qu’il avait parlé en premier quelques jours après l’officialisation de son entrée au sein de Gotthard en tant que chanteur et membre à part entière. A l’aube de la sortie, le 1er juin, de Firebirth, son premier album au sein du groupe, Nic Maeder a accepté de répondre à nos questions ainsi qu’aux vôtres en direct durant l’émission Anarchy X.

Il y a quelques mois, c’était à un chanteur quasi inconnu, qui venait d’être choisi pour succéder à Steve Lee et qui se présentait au public, que nous nous adressions. C’est cette fois en tant que représentant de Gotthard qu’il s’est exprimé pour nous parler de ce nouvel album et de la tournée à venir. Un album qui fait preuve d’un retour aux sources hard rock bluesy assumé par le groupe, de manière à bien faire passer le message : il s’agit bien d’un nouveau départ. Et Nic Maeder nous le confirme : le décès de Steve Lee aura au moins permis au groupe de prendre conscience de la fragilité et donc de la préciosité de la vie. En résulte un album respirant la joie de vie, clôturé par l’émouvante « Where Are You », presque intégralement écrite par le guitariste Leo Leoni, dans laquelle le groupe, via une série de questions, s’adresse à Steve Lee et prend des nouvelles.

« Bien sûr tout le monde tire un peu dans son sens. […] Cependant, je pense que c’est ça qui donne aussi un bon mélange dans les morceaux car tout le monde doit faire, de temps en temps, des petits compromis »

Écouter l’interview :

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Retranscription :

Radio Metal : Tout d’abord, comment vas-tu ?

Nic Maeder (chant) : Ça va bien, on a beaucoup de répétitions et on se prépare pour la tournée. On s’amuse bien là.

Nous nous étions déjà parlés au mois de novembre, seulement deux ou trois jours après que tu aies été annoncé comme le nouveau chanteur officiel de Gotthard. Il a dû se passer pas mal de choses depuis cette annonce.

Oui. Depuis nous avons terminé d’écrire l’album. L’enregistrement a débuté mi-décembre et nous avons passé quatre mois à le produire. Maintenant que l’on vient plus ou moins de finir, on commence à en faire la promo et puis nous répétons beaucoup aussi .

Justement, comment s’est passé le travail avec le groupe ? Quelle était, par exemple, ta participation concernant la composition des morceaux ?

Au cours du processus d’auditions, nous avions déjà écrit ensemble quatre morceaux qui, d’ailleurs, figurent tous sur l’album dont « Remember It’s Me » qui est le premier titre que nous ayons composé. En général, on se réunit souvent Léo [Leoni], Freddy [Scherer] et moi-même pour écrire. Chacun apporte plusieurs idées à développer, ça marche comme ça depuis le début.

L’alchimie a-t-elle bien fonctionné entre vous du point de vue de la composition ? Est-ce-que vous allez bien ensemble dans la même direction ?

Oui, tout à fait. Alors, bien sûr, tout le monde tire un peu dans son sens : j’entends les chansons d’une certaine manière, Léo d’une autre et Freddy encore d’une autre. Cependant, je pense que c’est ça qui donne aussi un bon mélange dans les morceaux car tout le monde doit faire, de temps en temps, des petits compromis et lorsqu’on arrive à faire quelque chose où tout le monde est content, c’est cool.

« Nous voulions faire un album un peu ‘retour aux sources’. C’était exactement ça. Nous ne voulions pas une production trop grandiose. Même au niveau de la batterie, on n’a rien fait au métronome, tout est vraiment naturel. »

Lorsqu’on écoute ce nouvel album, on retrouve un Gotthard un peu « retour aux sources ». On peut y entendre un peu ce hard incisif et bluesy qu’il y avait sur les plus vieux albums comme Dial Hard ou G. Était-ce quelque chose de voulu au départ ou est-ce-que cela s’est fait naturellement ?

Nous voulions faire un album un peu « retour aux sources ». C’était exactement ça. Nous ne voulions pas une production trop grandiose. Même au niveau de la batterie, on n’a rien fait au métronome, tout est vraiment naturel. Nous étions plus là à nous dire : « On commence le morceau et on verra bien où on arrive ». Nous avons vraiment essayé de garder le plus possible l’aspect naturel des choses.

Qu’est-ce qui a motivé cette volonté de revenir aux fondamentaux de Gotthard ?

Dans le fond, c’est un peu tout le groupe qui voulait ça. Je ne connais pas vraiment la raison. Tout le monde en a parlé dès le début. Alors je pense que c’était un peu prémédité. [Rires]

Est-ce quelque chose qu’ils avaient prévu au départ ou est-ce quelque chose que tu as toi-même amené avec tes influences ?

C’est difficile à dire. Il y a quelques morceaux que j’ai amené qui étaient bien hard mais, par exemple, le titre « Remember It’s Me » que j’ai également apporté est plutôt à l’opposé de ces titres-là. Je pense vraiment que c’est un mélange. Nous sommes partis avec l’idée de base de faire quelque chose d’assez rock et de « retour aux sources » et, après, ça s’est construit comme ça. On aurait pu tout aussi bien finir complètement ailleurs. On part avec une idée dans la tête mais on ne sait jamais où cela peut nous mener.

Cela fait tout de même une sorte de cassure par rapport à l’évolution un peu progressive qu’a eu Gotthard jusqu’à Domino Effect et Need To Believe. Le groupe allait petit à petit vers un rock plus moderne et un peu plus léché en termes de production. Est-ce un moyen de signaler un nouveau départ ?

Oui, je pense. Ça n’a pas été réfléchi à ce point-là, mais il est certain que pour tout le monde c’est un nouveau départ. C’est un nouveau chapitre et il fallait donc faire quelque chose de légèrement différent. Tout le monde voulait vraiment retourner un peu aux sources.

Il ressort de cet album l’expression d’une certaine joie de vivre. N’y a-t-il pas eu, suite au décès de leur précédent chanteur, cette conscience dans le groupe de la préciosité de la vie et cette volonté de vivre encore plus joyeusement ?

Tout à fait. On s’amuse bien, tout le monde a le sourire, tout le monde est content de continuer, il y a une super bonne ambiance. Après en avoir beaucoup parlé, on se dit forcément que l’on peut très bien ne plus être là demain.

En termes vocaux, il faut reconnaître que ton timbre est assez proche de celui de Steve Lee. Est-ce quelque chose que tu as travaillé ou est-ce complètement naturel ?

Non, c’est ma façon de chanter. Mais c’est marrant car il y a certaines personnes qui trouvent que nos voix sont similaires, d’autres pas du tout et enfin d’autres qui trouvent que c’est moitié-moitié. C’est vraiment bizarre. Disons que si l’on créait des catégories de voix, nous appartiendrions à la même.

Est-ce que tu prends mal le fait qu’on te compare à Steve Lee ?

Non, pas du tout. C’est quelque chose qui arrive tout le temps, il fallait que je m’y attende. [Rires] Mais il n’y a pas de problème, c’est tout à fait normal.

Il y a aussi un autre chanteur que j’entends un peu dans ta voix, notamment sur le début de « Remember It’s Me », c’est David Coverdale. Est-ce quelqu’un qui t’a influencé ?

Non, pas tellement. Ce n’était pas vraiment mon style, moi c’était plutôt AC/DC et ce genre de groupes. Léo m’a fait découvrir Whitesnake mais ça n’était pas une grande influence.

Firebirth sera disponible dès le 1er Juin et « Starlight » sera le second single. C’est un morceau qui ouvre bien l’album notamment grâce à son côté bien rock’n’roll. Que peux-tu nous en dire ?

Il s’agît du deuxième morceau que nous avons écrit ensemble. C’était toujours dans le cadre de l’audition. « Remember It’s Me » était le premier, celui-ci est le deuxième et c’est assez marrant de voir que c’est celui-là que l’on sort en tant que deuxième single.

(à propos du titre en hommage à Steve Lee) « [Léo] avait déjà beaucoup d’idées pour ce titre, il avait même quasiment tout, la musique, les mélodies. Ce que j’ai fait moi c’est l’aider à traduire ses idées et surtout chanter de la manière qu’il voulait. […] La version présente sur l’album est un enregistrement que l’on a fait au moment même où l’on était en train de l’écrire. »

Il n’est jamais facile pour un chanteur de remplacer une figure emblématique malheureusement disparue. En général, quand un nouveau chanteur débarque comme ça, après le départ d’une figure vraiment emblématique, appréciée des fans, il a plutôt tendance à se faire descendre et là, ça n’est pas du tout le cas, nous avons été surpris par cela.

C’était assez incroyable. Je dois dire que j’ai vraiment été bien accueilli que cela soit à travers les messages ou les lettres… J’ai vraiment beaucoup de chance ! C’était cool et c’est vraiment bien pour le groupe aussi. Ça a été surprenant pour nous aussi. On ne savait vraiment pas à quoi s’attendre car c’est vraiment une situation délicate. Mais il fallait bien se lancer, essayer et voir. Je pense qu’on a de la chance et c’est génial.

Souvent, dans ce genre de cas, il y a beaucoup de fans qui réclament soit que le groupe change de nom, soit qu’il s’arrête. Vous n’avez pas eu affaire à ce genre de personnes ?

Personnellement, je n’en ai pas vu mais il faut dire que je ne regarde pas trop non plus ! [Rires] Je préfère réellement me concentrer sur le travail que j’ai à faire. Mais ce que j’ai lu était vraiment positif et ce que l’on m’a dit aussi. J’ai entendu qu’il y avait eu quelques râleurs mais, en général, c’était vraiment super sympa.

En ce qui concerne la chanson hommage à Steve Lee, « Where Are You », qui clôture l’album, est-ce-que ça ne te fait pas un peu bizarre de t’adresser à lui à travers ce titre alors que finalement tu ne le connaissais pas vraiment ?

Non… En fait c’est aussi un morceau que l’on a écrit pendant les auditions. Léo voulait vraiment que nous le fassions. Il avait déjà beaucoup d’idées pour ce titre, il avait même quasiment tout, la musique, les mélodies. Ce que j’ai fait, moi, c’est l’aider à traduire ses idées et surtout chanter de la manière qu’il voulait. C’est quelque chose qui a nécessité plusieurs essais pour y arriver. C’était assez difficile pour Léo mais nous sommes arrivés à la fin. La version présente sur l’album est un enregistrement que l’on a fait au moment même où l’on était en train de l’écrire. C’était donc la démo et c’est cette version là qui est restée. Il s’agît vraiment de la version pure de ce morceau tel qu’il était.

Précédemment, tu nous parlais du fait que vous étiez en train de répéter pour les prochains concerts. En plus de travailler les nouveaux morceaux, il faut que tu apprennes à maîtriser l’ancien répertoire du groupe. As-tu rencontré des difficultés particulières par rapport à ça ?

Il est clair que certains morceaux sont plus difficiles que d’autres, je dois m’habituer un peu à ça. En revanche, il y a beaucoup de titres que je connaissais déjà car au cours de l’audition je crois que j’ai dû enregistrer près d’une vingtaine de morceaux avec ma voix. Il y a donc eu un gros travail de fait avant. Il fallait faire en sorte que cela fonctionne autant pour eux que pour moi puisqu’il y aura quand même une grande partie de l’ancien répertoire qui sera jouée alors il fallait que ça marche.

Tu viens de dire que tu avais enregistré des anciens morceaux, est-ce que ces enregistrements sortiront un jour ?

[Rires] Je ne sais pas… Peut-être un jour…

[Rires] J’ai presque envie de prendre ça pour un « oui ».

Honnêtement, je ne pense pas. C’étaient vraiment des trucs d’auditions pour nous mais après tout, on ne sait jamais, d’ici quelques années va savoir.

Ça aurait pu être sympa de mettre ces titres sur l’édition limitée de l’album par exemple.

Ça aurait pu, oui. [Rires]

En janvier, à l’occasion des Swiss Awards vous avez pour la première fois joué ensemble en live. C’était pour le titre « Remember It’s Me ». Comment s’est passée cette première scène ?

Oui, c’était la première fois devant un public mais ça n’a duré que trois minutes ! [Rires]
C’était très rapide mais c’était cool pour nous de sortir des studios et d’aller un peu vers les gens.

Un internaute demande si tu es prêt pour le tournage du nouveau clip qui aura lieu dimanche 15 avril [Ndlr : interview réalisée le 12 avril] ?

Ha, oui, tout à fait ! [Rires] On sait quel morceau (NDLR : « Starlight ») on veut faire, on a plus ou moins une idée de ce qu’il va se passer. Le dernier clip avait été tourné à Lugano, c’était donc assez facile pour nous vu que l’on vit tous là. Pour celui-là, nous allons à Berlin, donc on se réjouit un peu de sortir de Lugano, ça va être cool.

Nous n’étions même pas au courant !

[Rires] Il faut faire partie du fan-club pour ça !

Fabien [auditeur de Radio Metal et membre du fan club de Gotthard] : J’ai lu dans ta biographie que tu avais fait un album avec le groupe Clean Dirt et j’ai entendu dire que c’était excellent mais je ne trouve aucune information sur cet album !

C’est vieux ça ! Je crois qu’on avait sorti cet album en 1993. Il m’en reste peut-être quelques uns. Je pense que ça doit être très dur à trouver. Il me semble qu’il me reste un carton à Melbourne avec une vingtaine d’exemplaires. [Rires] Il faudrait que je retrouve ça.

Avez-vous envisagé de refaire appel à un claviériste ?

Oui, c’est en train de se faire. Nous avons un clavier pour les répétitions.

Est-ce un membre à part entière du groupe ou sera-t-il seulement présent pour les concerts ?

Il ne sera présent que pour les concerts.

D’accord. Et comment s’appelle-t-il ?

Je ne peux pas encore le dire.

Interview réalisée à l’antenne d’Anarchy X le jeudi 12 avril 2012 par Spaceman et Metal’O Phil
Retranscription : Isa

Site internet de Gotthard : www.gotthard.com
Album : Firebirth, sortie le 1er juin 2012 via Nuclear Blast Records



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