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Chronique   

Nickelback – Feed The Machine


Nickelback est un peu la cible privilégiée des ardents défenseurs du la « true music », des inquisiteurs de la distorsion en somme. All The Right Reasons (2005) – sans parler de Silver Side Up et son hit « How You Remind Me » quatre ans plus tôt – avait auguré un succès commercial pour les canadiens, depuis leur musique sombre dans une indifférence justifiée par une formule et des thèmes usés jusqu’à la moelle, quand elle n’est pas la cible des critiques virulentes qui ne voient en Nickelback qu’un avatar d’un « cash-rock » méprisable. Feed The Machine s’inscrit comme leur neuvième album, nous proposant notre dose de rock FM mensuelle. Nickelback, roi du mème musical ?

Feed The Machine a le mérite de renouveler les thèmes abordés par le groupe. Il est ici question d’un rejet de l’oppression créée par l’usage constant et croissant de la technologie et d’un climat politique délétère. De fait, Nickelback emprunte quelques idées conceptuelles au dernier Megadeth. On comprend alors la volonté de produire un album plus lourd, plus sombre. Le titre d’ouverture éponyme résume aisément la tonalité plus grave de l’opus : Nickelback en revient à des riffs plus acérés, sans pour autant délaisser un art du refrain qui garantit une place de choix sur les ondes. À ce titre la voix de Chad Kroeger s’accorde sans sourciller avec une composition plus rugueuse. Mention spéciale aux arrangements de guitare qui confèrent toute sa densité au titre (au-delà d’un solo bien introduit mais un poil mièvre). En terme d’arrangements justement, Nickelback a recours à des sonorités « industrielles » que l’on retrouve aussi sur « Coin For The Ferryman ». Certes on est loins de la folie d’un Ministry, l’objectif étant de simplement donner corps à la thématique abordée. Ce retour à un son plus massif arrive à convaincre, à l’image de The Betrayal (Act III) tout en riffs syncopés, soutenus par une caisse claire à la réverb’ presque outrancière sur les bonnes enceintes. Définitivement, lorsque Nickelback montre les crocs, il rappelle qu’il est un (bon) groupe aux racines rocks avant tout.

Pour autant, les canadiens ne délaissent pas leurs inclinations plus mielleuses. « Silent Majority » sonne comme une sorte de « feel-good rock » en dépit d’un sujet évidemment ancré dans l’ère du temps, à savoir le danger d’une action politique et citoyenne en inertie. La marque de fabrique Nickelback ne dépérit pas, les ballades « Every Time We’re Together » et « After The Rain » sont des cas d’école, sans oublier « Song On Fire » qui pour le coup a été choisi comme single afin d’envahir les radios européennes (allergiques aux riffs plus virils nous dirait-on…). En réalité « Song On Fire » illustre un problème récurrent chez Nickelback : si on reconnaît le mérite d’une composition efficace et de la difficulté de pondre des refrains accrocheurs, on ne sait plus si l’on apprécie ou si l’on reste de marbre tant le titre relève de l’archétype. On peut se prendre au jeu des mélodies langoureuses un instant, en étant aussi ému qu’une cafetière. Nickelback s’apprécie et divertit plus qu’il ne touche ou impressionne. Ce depuis longtemps.

Feed The Machine ne peut pas être le matériel utilisé pour nourrir les sempiternelles critiques envers Nickelback. Le retour à un son plus heavy rock sur une partie des compositions donne une contenance certaine à l’album, mettant en valeur les ballades toujours aussi extraverties. Dans le fond, on ne souhaite pas qu’il en soit autrement. Nickelback est une machine à tubes, personne ne peut lui enlever ça. Qu’il soit marionnette ou non de ses fans ou des maisons de disque reste une problématique qui n’appartient qu’aux détracteurs. Nickelback répond à son audience, Feed The Machine est dans ce sens très éloquent.

Clip vidéo de la chanson « Song On Fire » :

Chanson « Must Be Nice » en écoute :

Clip vidéo de la chanson « Feed The Machine » :

Album Feed The Machine, sortie le 16 juin 2017 via BMG. Disponible à l’achat ici



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  • J’ai jamais été du genre à chercher des punching-ball dans le metal (nickelback, avenged, linkin, tallica…) mais c’est vrai que je trouvais pas nickelback très bourrin. Ni vraiment à sa place quand on parle de metal.
    Mais là, j’dois dire que ça sonne bien quand même. RM me donne l’envi de replonger dans leur univers et voir ce qu’ils ont à offrir au delà du phénomène radio

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