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Chronique   

Nightmare – The Aftermath


« Des cauchemars comme celui-ci, on rêve d’en faire chaque nuit. »

En février dernier, le groupe français ADX tirait les marrons du feu en lançant sur la place publique son « Ultimatum ». Ce mois-ci, c’est Nightmare, une autre légende de la scène française qui devrait créer l’événement à son tour et assainir le parterre d’une nouvelle ogive, avec The Aftermath. Fort d’une honorable carrière débutée en 1979 mais stoppée nette en 1987, c’est un come-back gagnant que les Grenoblois ont opéré en 1999. Quinze ans plus tard, d’une extrême régularité et une progression quasi constante, Nightmare reste une valeur sûre. Son nouvel album, The Afterman, l’atteste plus que jamais.

Si la manière ne déroutera pas, au vu des réalisations récentes du quintet, The Aftermath jouit cependant d’une composition à la fois plus percutante et éclatante que son prédécesseur Burden Of God. Le grain chaleureux de ce neuvième effort captive par la justesse technique de ses riffs, suscite l’émotion, et même ne manquera pas de donner la chair de poule aux férus de heavy épique et travaillé, comme cette introduction montante d’ « Invoking Demons » battant un tempo onirique dans une veine voisine de « Metropolis Part 1 » de Dream Theater, cette progression sombre et dramatique sur « I Am Immortal » ou encore la théâtralité de « The Bridge Is Burning » où un solo de violon classique vient créer la surprise. Si les titres virent vers le power metal traditionnel mais assurément classieux, ils renouent aussi avec les sonorités plus thrash héritées de Genetic Disorder (2007), notamment sur « Necromancer », « Ghost In The Mirror » et « Mission For God ».

Jon Amore, qui se montre plus expressif que jamais derrière le micro, puise dans une palette large, tantôt rauque, nasal, mélodique, pour ne pas dire lyrique, à l’instar d’un Kai Hansen, en plus chaud et durablement tenu comme l’aurait fait un Ronnie James Dio, répondant par ailleurs, le temps d’un « Ghost In The Mirror », au chant death guttural de David Boutarin, leader de FMR invité pour l’occasion. La solide charpente créée par les guitares de Franck Milleliri et Matt Asselberghs est quant à elle carrée, moderne et incisive, souvent faite d’harmonisations pour lui donner une certaine hauteur mélodique (le feu d’artifice au milieu de « Bringer Of A No Man’s Land »), avec un rapprochement évident avec le son de la scène power allemande des Grave Digger, Blind Guardian, Gamma Ray voire les derniers Accept. Enfin, divers arrangements synthétiques ponctuent chacun des onze morceaux, appuyant la modernité du propos, mais toujours avec parcimonie et un juste dosage, permettant de garder immuable la symbiose musicale au fil du disque.

The Aftermath, un tour de force ? Peut-être bien. En tout cas l’investissement dont a fait preuve Nightmare sur cet opus est manifeste, que ce soit dans la composition racée, les arrangements chiadés ou la production explosive, résultant en une oeuvre aboutie, peut-être sa plus aboutie à ce jour. Un opus qui marquera les amateurs du genre et permettra à Nightmare de se rappeler au bon souvenir de ceux qui les auraient peut-être oubliés comme un indéboulonnable chef de file de la scène heavy française.

Vous pouvez visionner ci-dessous une bande annonce de l’album :

Album The Aftermath, sortie le 23 mai chez AFM Records.



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    Shaka Ponk @ Paris
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