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Live Report   

Nightwish au sommet de son art


Dix jours seulement après les terribles événements du Bataclan, difficile de ne pas être surpris par l’absence de policiers aux abords de la Halle Tony Garnier en ce 23 novembre. En effet il est un peu étonnant de voir que finalement l’Etat d’urgence décidé par le Président de la République au lendemain des attentats n’aura finalement pas été appliqué pour la sécurité des 5 000 personnes présentes au concert de Nightwish à Lyon, d’autant plus lorsque l’on constate que pour le show de Scorpions donné quelques jours plus tard dans la même salle des militaires étaient présents… Notons d’ailleurs que si les contrôles du service de sécurité ont été un peu plus approfondis pour le public, certains des photographes présents (tous ?) n’auront pas du tout été fouillés avant le concert de Nightwish ce qui est là-encore surprenant au regard de l’actualité. Et ce même si les accès à la salle sont fermés pendant les shows (un écart d’environ cinquante mètres sépare le portail d’entrée de la Halle Tony Garnier de la salle en tant que telle).

Le site de la Halle Tony Garnier ayant prévenu que ces contrôles seraient plus importants en conseillant au public de se rendre sur place bien en avance, la Halle est donc bien remplie au moment où notre équipe pénètre dans la plus grande salle de concerts lyonnaise. Il faut dire que ce soir la programmation est à la hauteur de nos attentes avec une affiche variée et de haut standing : Nightwish, Arch Enemy et Amorphis. Quel plaisir d’ailleurs de voir les talentueux Amorphis participer à cette tournée ! Une belle reconnaissance pour le combo finlandais qui fête ses vingt-cinq ans cette année et est parvenu à acquérir une solide fan-base grâce à ses promenades mélodiques.

Artistes : NightwishArch EnemyAmorphis
Date : 23 novembre 2015
Salle : Halle Tony Garnier
Ville : Lyon [69]

Amorphis

Amorphis

C’est sous de jolies lumières tamisées violettes et rouges qu’Amorphis démarre son set. La mélodie orientale de « Death Of A King » – l’une des spécificités du dernier album Under The Red Cloud – séduit immédiatement une audience réceptive et déjà conséquente. Distillant ses pépites accrocheuses à l’aide d’un bon son, Amorphis est en place mais manque de dynamisme, et ce particulièrement au début du set. Si le combo rentrera de plus en plus dans son concert au fil des minutes, il n’en demeure pas moins que la scène paraît un peu trop grande pour ses membres, eux qui sont habitués à évoluer en France devant des jauges qui varient entre 300 et 600 personnes lorsqu’ils sont en tête d’affiche, hormis Tomi Joutsen au chant qui fait preuve d’une belle présence et utilisation de l’espace.

Les applaudissements sont néanmoins nourris à chaque fois qu’un morceau du groupe se termine et le public paraît être largement convaincu par la superbe voix du chanteur. Souriants bien qu’assez statiques, ses acolytes sont visiblement enchantés par les retours de l’audience de Nightwish qui sait apprécier l’efficacité des compos des Finlandais. Les tubes « Sacrifice » ou autres « Silver Bride » passent parfaitement l’épreuve de la scène et le public, acteur remarquable de cette soirée, ne manque pas de taper dans ses mains dès que le frontman envoie ses injonctions. Le set défile et les rugissements de l’audience se font de plus en plus intenses au fil des chansons qui viennent en très grande majorité de ces dix dernières années – seule « Drowned Maid » du classique Tales From The Thousand Lakes est malheureusement rescapée de la période pré-Joutsen, qui compte pourtant parmi les plus grands hits du groupe.

Amorphis peut sereinement distribuer médiators et baguettes à la fin de son show : il a réussi sa mission de conquête du public de Nightwish mais devra cependant retrouver son énergie des clubs pour convaincre ses fidèles de longue date sur des scènes plus importantes.

Setlist :

Death Of A King
Sacrifice
Hopeless Days
Bad Blood
Drowned Maid
Silver Bride
The Four Wise Ones
House Of Sleep

Arch Enemy

Michael Amott (Arch Enemy)

Quelques minutes plus tard, les Suédois d’Arch Enemy déboulent sur les planches dans un décor guerrier noir et blanc qui fait évidemment honneur à leur dernier album, War Eternal. Un disque qui sera bien représenté puisque ses chansons représenteront 50% de la setlist du combo. Immense backdrop et drapeaux ornent une scène qui se prépare à prendre feu sous les coups de l’offensive menée par le combo. Alissa White-Gluz, la chanteuse québécoise et donc francophone du groupe, mène cet assaut mortuaire avec un charisme indéniable. Munie d’épaulettes qui auraient sans doute suscité la jalousie de tous les Chevaliers du Zodiaque, la frontwoman bouge partout et ses cheveux bleus attirent naturellement l’oeil.

Si la foule est là-encore très réceptive, mention spéciale aux premiers rangs dont la communion avec le groupe est réelle, il n’en demeure pas moins que l’attitude d’Alissa paraît un peu surjouée. Non pas que la chanteuse manque de spontanéité dans son discours – on sent qu’elle s’exprime avec sincérité – mais à l’image du groupe son jeu de scène est tellement carré qu’une impression assez artificielle/superficielle se dégage de son attitude.

Arch Enemy

Alissa White-Gluz (Arch Enemy)

Malgré cela, sa bonne humeur est palpable, joyeuse et communicative (« Merci Lyon ! Ca va bien ce soir ?! »). Ses régulières incitations aux moshpits se montrent également efficaces et font d’elle le véritable chef d’orchestre du quintet (pas étonnant que ce soit elle qui porte le drapeau du groupe sur le morceau « Black Flags We March »), les autres musiciens étant plus discrets même si tous font le travail (Jeff Loomis est toujours aussi impeccable).

« C’est toujours un plaisir de jouer en France » dira par ailleurs la chanteuse en dédicaçant l’intégralité des morceaux joués ce soir aux victimes des attentats du 13 novembre. Si le groupe joue plus fort qu’Amorphis, il est très clair que sa prestation est plus rythmée et plus poussée à tous les niveaux (énergie, volonté d’en découdre…). Les lumières beaucoup plus variées montrent également qu’Arch Enemy bénéficie de moyens techniques supérieurs en comparaison de son prédécesseur. L’accueil du public sera excellent, le fait qu’une bonne partie de la foule saute à l’unisson sur le tube « No Gods, No Master » en étant un bon exemple.

Setlist :

Yesterday Is Dead and Gone
War Eternal
Ravenous
Stolen Life
You Will Know My Name
As the Pages Burn
Under Black Flags We March
Avalanche
No Gods, No Masters
Nemesis

Nightwish

Tuomas Holopainen avec son bébé

Un immense rideau noir empêche les spectateurs de voir ce qui se trame sur la scène principale, preuve que Nightwish a concocté pour ses fans un concert qui s’annonce riche en spectacles (dans cette optique un message vocal sera diffusé plusieurs fois dans les enceintes de la salle rappelant que le concert de Nightwish contient des effets pyrotechniques). Seize lumières centrales éclairent une foule qui applaudit à tout rompre lorsque les stars de la soirée font une entrée tonitruante sur la chanson « Shudder Before The Beautiful » qui démarre sur les paroles prononcées par l’auteur Richard Dawkins avec notamment une explosion surprenante de par son intensité. Fumée et pyrotechnie sont de sortie en ce début de set – une constante pendant le show – mais le son est fort et un peu brouillon. Néanmoins la foule parait passer outre et dresse en même temps son poing dans le but de féliciter Floor Jansen et ses acolytes pour cette performance de haut vol sur le plan visuel.

Irréprochable vocalement et très heureuse d’être là, la chanteuse paraît vraiment être la frontwoman idéale pour Nightwish car elle est capable d’assurer de très belles performances sur les morceaux des deux chanteuses précédentes dont le timbre pouvait être orienté opéra pour Tarja Turunen ou à tendance rock/pop pour Anette Olzon. Néanmoins c’est avant tout le registre rock qu’adopte Floor Jansen et au final le public la verra en conséquence assez peu utiliser ses capacités lyriques excepté, en partie, sur un morceau comme « Sleeping Sun » où son interprétation impressionne malgré un son de basse trop important.

Nightwish

Marco Hietala en pleine concentration

« Rien n’empêchera les Français d’avoir du bon temps » dira l’élégante frontwoman avant que Marco Hietala (basse) ne demande au public qu’il fasse de la lumière avec ses téléphones portables pour une jolie interprétation acoustique du morceau « The Islander » présent sur l’album Dark Passion Play (2007). Les images d’étoiles et de paysages seront également présentes sur l’écran géant avant que le tube « Storytime » ne débarque pour un moment fort du show qui voit l’hyper concerné Tuomas Holopainen, le leader du combo aux claviers situé sur la gauche de la scène, répondre à son batteur Kai Hahto.

Tout au long du set le public aura pu savourer quantité de jets de flammes projetés aussi bien du haut de la scène que du devant de scène. Sur les planches, les membres du groupe interagissent beaucoup, notamment Marco et Floor qui se tapent dans la main et se regardent beaucoup. Comme à son habitude, le guitariste Emppu Vuorinen fait pour sa part le boulot avec le sourire, dans la discrétion et sans être hyper démonstratif. Et n’oublions pas Troy Donockley – qui a intégré officiellement le groupe en même temps que Floor – qui assure ses parties de uilleann pipes et autres instruments folkloriques avec brio. Présenté comme « an oldy » par Floor Jansen, le morceau « Stargazers » recevra un bel accueil de la part du public lyonnais qui savourera quelques minutes plus tard le somptueux « Ghost Love Score » et son final dantesque où Floor et Tuomas verront de la fumée surgir à leurs pieds.

Nightwish

Floor assure avec élégance

Près de vingt ans après ses débuts, Nightwish maîtrise parfaitement son art tant sur scène que sur album. Le public ne se sera pas ennuyé pendant ce concert où show et qualité de compositions ont fait bon ménage. Fier de son dernier album en date, Endless Forms Most Beautiful, Nightwish aura placé 7 des 11 titres présents sur cet opus dans sa setlist du soir. Fidèle à la tradition, le groupe n’aura pas joué de rappel même s’il est évident que beaucoup de fans auraient bien repris une salve de bonheur supplémentaire.

Setlist :

Shudder Before The Beautiful
Yours Is An Empty Hope
Ever Dream
She Is My Sin
My Walden
The Islander
Élan
Weak Fantasy
7 Days To The Wolves
Alpenglow
Storytime
Nemo
Stargazers
Sleeping Sun
Ghost Love Score
Last Ride Of The Day
The Greatest Show On Earth

A voir également :

Galerie photos Nightwish.
Galerie photos Arch Enemy.
Galerie photos Amorphis.



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