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Nouvelles Du Front   

Nine Inch Nails : Eric Avery, l’homme qui dit non


Nine Inch Nails vient de perdre son bassiste. En soi, la nouvelle ne détonne pas telle une bombe dans le paysage musical. Car tout le monde est conscient qu’évoquer Nine Inch Nails en revient à parler d’un one-man-band, d’un navire avec un seul maître à bord, Trent Reznor, et un équipage quasi-intégralement renouvelé à chaque nouvelle croisade.

Pourtant Eric Avery était de la joyeuse bande annoncée en février dernier, en compagnie d’Adrian Belew (King Crimson), du clavériste Alessandro Cortini (NIN), de John Eustis (Puscifer, Telefon Tel Aviv) et du batteur Ilan Rubin (NIN, Lost Prophets). Mais Avery fait partie des Hommes de cette terre qui ont le luxe de pouvoir renoncer à une tournée comme bassiste de Nine Inch Nails pour se pencher sur ses projets personnels.

En fait, Eric Avery en a marre de tourner. Au sortir d’une tournée éreintante avec Garbage, qu’il a accompagné pendant une année, le bassiste ne se sentait pas de retourner sur la route pour un marathon d’un an au demi en compagnie de Reznor et ses sbires. Au passage, on apprend que la tournée sera sûrement plus longue que ce que l’on pouvait s’imaginer au départ, et que le temps consacré à l’élaboration d’un nouvel album de NIN sera plus vraisemblablement dévolu à tourner. Avery n’est même pas sûr d’avoir pris la bonne décision, comme il l’a annoncé sur sa page Facebook : « Cela a été une décision difficile et je ne sais pas si c’est la bonne. » Effectivement, au vu du line-up quasi-idéal qu’a réussi à réunir Reznor pour faire le tour de la planète, Avery doit vraiment en avoir assez de la vie de rocker globe-trotter pour refuser de se frotter à un tel défi professionnel qui est tout de même de l’ordre du passionnant quand on fait ce métier, surtout que Nine Inch Nails n’a pas tourné depuis quatre ans, et que cette tournée pourrait déboucher sur un nouvel opus, en compagnie de musiciens de renom.

Mais, après tout, on peut le comprendre. Se réveiller chaque matin dans l’impersonnalité d’un lit d’hôtel, aussi luxueux soit-il, passer son temps dans les avions, les aéroports, les tour-bus, dans les loges, les après-midis dans les salles et les stades pour faire des balances… Tout cela toute une année ! Bon, une bonne partie de ceux qui lisent ces lignes et qui se lèvent chaque matin pour aller à l’usine, au bureau ou à Pôle Emploi doivent se dire qu’une routine comme ça, ils l’échangent quand il veut avec la leur. Mais Avery sait sûrement ce qu’il fait et doit avoir des projets aussi excitants à Los Angeles: « Je veux vraiment me concentrer sur ma vie musicale, ici à Los Angeles, sur mon travail sur les films en particulier. » Le co-fondateur de Jane’s Addiction, pour qui il a fait vibrer les quatre cordes de 1985 à 1991 et de 2008 à 2010, est de plus coutumier du fait.

Eric Avery

Alors qu’il refuse plusieurs fois de revenir dans Jane’s Addiction pendant près de vingt ans, il se paye le luxe (déjà !) de refuser de remplacer Paul D’Amour, le bassiste de Tool, dont le successeur sera finalement Justin Chancellor. Avery est donc l’homme qui a, en vingt ans d’intervalle, refusé de devenir le bassiste de Tool et Nine Inch Nails, ce qui en soi, n’est déjà pas une mince affaire. En revanche, il se serait bien vu devenir le bassiste de Metallica, mais malheureusement, un certain Robert Trujillo lui a été préféré. Finalement, il s’embarquera avec Garbage en tournée en 2005 et 2012. Des choix de carrière qui n’appartiennent qu’à lui et trouvent très certainement une explication judicieuse. Dans son pedigree figurent également une expérience peu concluante avec les Smashing Pumpkins et une participation au projet Giraffe Tongue Orchestra qui regroupe Brent Hinds de Mastodon, Ben Weinman de Dillinger Escape Plan et Jon Theodore de The Mars Volta. Un all-star-band, rien que ça, car le bassiste est avant tout très doué, et une influence pour certains musiciens du rock des années 90 et 2000, dont le virtuose John Frusciante des Red Hot Chili Peppers qui avoue s’être parfois inspiré de son jeu.

Quant à Nine Inch Nails, le public ne se fait pas trop de souci au sujet de celui qui remplacera Avery dans la bande de Reznor. Les prétendants seront bien sûr nombreux, et le carnet d’adresses du mastermind de NIN plutôt bien garni. Le nouveau bassiste sera le prochain nom d’une liste déjà impressionnante : il s’ajoutera donc au mythique Danny Lohner des grandes années, mais également à Jeordie White (alias Twiggy Ramirez de Marilyn Manson) ou Justin Meldal-Johnsen (Beck), pour ne citer qu’eux. On sait que le rôle de musicien dans Nine Inch Nails est un rôle d’accompagnateur de Reznor, et qu’il est demandé d’appliquer avant tout les idées du géniteur.

Pourtant certains, comme Danny Lohner, Josh Freese ou Atticus Ross ont particulièrement développé leur style dans Nine Inch Nails autour de Reznor, et leur patte se fait clairement entendre, autant sur les albums qu’en live. D’autres n’ont en revanche été que de simples exécutants live, comme Richard Fownes, mais leur participation a vite été limitée dans le temps. Le futur bassiste devra donc être prêt pour la première date de cette grande tournée, c’est à dire le 26 juillet prochain au Fuji Rock Festival de Naeba au Japon. Il reste donc peu de temps à Reznor pour trouver la perle rare. Mais pas d’inquiétude pour lui, il trouvera certainement une bonne âme de bassiste prêt à faire l’effort d’accepter la terrible routine d’une tournée avec Nine Inch Nails…



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