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Live Report   

Northlane : la claque progressive


12068912_10153693437246255_8315951965062233948_oEn plein mois d’octobre, malgré le froid de l’hiver ayant montré son nez brusquement, un attroupement massif a lieu à Pigalle devant le moulin rouge. Mais détrompez-vous, seules les personnes âgées présentes ce soir-là se rendent aux prestations de danseuses burlesques et exotiques ! En effet le reste de la population, âgée en moyenne de 25 ans, avait marqué dans son agenda cette date depuis longtemps puisque les Australiens de Northlane, accompagnés notamment de Volumes et The Acacia Strain, sont de passage au Backstage By The Mill, salle dont la porte d’entrée se situe juste à côté du moulin rouge.

Les Australiens d’Hellions ouvrent la soirée dans une salle déjà bien remplie et ayant pour but de bouger aux riffs de guitare saturée. Sans prévenir et assurant directement la position de chauffeur de foule pour les grands manitous, le jovial Dre Faivre au chant n’attend pas que le public bouge pour lui. Le groupe ne gratifie d’un hardcore/punk robuste aux influences prononcées de metalcore. Une basse crissante et solide, un chanteur plus qu’à l’aise dans ses baskets, c’est une découverte étonnante et prometteuse qui aura su faire bouger la fosse avec ses riffs percutants et son batteur au bord de la destruction de ses fûts.

Artistes : NorthlaneVolumesThe Acacia StrainHellions
Date : 10 octobre 2015
Salle : Backstage By The Mill
Ville : Paris [75]

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Hellions
En défendant leur dernier album, Indian Summer sorti en 2014, Hellions établit le contact avec le public immédiatement et nous offre une mise en bouche satisfaisante malgré un son global assez incertain et parfois difficilement compréhensible. Du bon hardcore des familles qui fait bouger la tête, laissant place à un tout autre calibre scénique : The Acacia Strain. Attendus de tous, le combo américain monte sur scène pour envoyer la pâtée de la manière la moins subtile possible avec, comme morceau d’intro, le très connu « Human Disaster » et son haineux « Rest In Piss » en paroles d’ouverture. Déchaînant la fosse aux premières notes, le chanteur impose tout de suite le respect avec son regard fixe, ses mouvements loufoques et ses compères aux huit cordes grasses et dissonantes. Malheureusement, les huit cordes sont le fléau des ingénieurs son, et celui de ce soir en a encaissé les dommages, nous rendant des guitares complètement incompréhensibles.

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The Acacia Strain
Le bruit c’est bien mais le bruit audible c’est mieux ! Toutefois cette nuisance est à demi-pardonnée, la claque rythmique que nous offre le quintet nous permettant quand même de passer un très bon moment et de bouger sur les patterns syncopés du groupe. Une chose est sûre, les membres de The Acacia Strain sont forgés pour le live et ont des valeurs à transmettre au public. Un discours sur la rage intérieure et son utilisation à bon escient nous est ainsi livré entre deux morceaux, nous rappelant de ne jamais heurter sa famille, ses amis, ses proches. Un court moment solennel qui laissera ensuite la place à des downtempos progressifs et proprement exécutés. Un show énervé mais court, une foule survoltée, la soirée est pour l’instant un sacré succès.

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Volumes
Des groupes comme Volumes, on n’en fait pas beaucoup. Arrivant sur scène avec un drapeau français signé de leur nom, le quintet aux deux chanteurs charismatiques retourne littéralement la salle en défendant son dernier album, No Sleep. Annonçant la couleur dès le premier titre, « 91367 », ils nous emmènent dans leur univers djent technique incroyable et percutant avec son guitariste unique au jeu dantesque qui n’est pas sans rappeler le charisme musical et technique de Justin Lowe, défunt guitariste d’After The Burial. C’est carré et ça bouge dans tous les sens avec un batteur qui se régale à placer de la ghost note à foison. Un véritable délice sonore et visuel où beaucoup de titres du dernier album sont exécutés, comme « The Mixture » ou « Erased » (magnifiquement bien interprétés), satisfaisant les fans à la vue de la qualité de celui-ci. Un passage par « Vahle », ballade puissante en hommage à un de leurs amis proche décédé, calme le jeu en nous faisant goûter au chant clair de Mark Lessard qui se tient au plafond le sourire aux lèvres. La foule est quant à elle déjantée, slammant dans la petite salle sans aucun problème, moshant jusqu’à l’épuisement. Aucun doute là-dessus, Volumes mérite sa renommée et nous a donné une gifle technique incommensurable. Le show fut lui aussi court, nous laissant bouches bées et heureux, fin prêts et préparés pour la tête d’affiche qui s’annonçait tout aussi percutante : Northlane.

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Les Australiens de Northlane.
Venus tout droit d’Australie pour nous présenter son nouveau chanteur, Marcus, les membres de Northlane mettent tout le monde d’accord sur leur musique pourtant bien spéciale. Un mélange de prog psyché aux breakdowns tranchants et entraînants accompagné d’un visuel important et calculé au poil près. Les fins connaisseurs sont immédiatement emportés dans leur monde psychique, envoûtant et percutant, bercés par la voix de Marcus Bridge et aspirés par la technicité extrême des musiciens. Présentant leur dernier album, Node, qui marque une grande différence avec ses prédécesseurs et une étape passée dans la recherche et la complexité musicale, le quintet nous offre trois quarts d’heure d’étapes émotionnelles vacillant de l’angoisse à la douleur interne qui se ressentent dans les compositions perchées et mélodieuses.

Le public est quant à lui réceptif à souhait. Scandant les refrains de « Leech », « Rot » et bien d’autres titres iconiques, c’est une prestation marquante qui nous est offerte ce soir pour le plus grand bonheur de tous et de toutes. Explorant toute leur discographie, avec par exemple « Dispossession » tiré du premier album, ou « Masquerade » en guise de rappel, le show s’écoute avec curiosité et illumination, le tout porté visuellement par des lumières magnifiques et des projections de fumées épaisses donnant un brouillard d’ambiance frissonnante. Mission réussie pour Northlane qui a retourné le backstage et nous laisse plein de joie sur le chemin de retour.

Un concert où il fallait être.

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Une claque scénique et technique
Setlist Northlane (source setlist.fm) :

Obelisk
Leech
Rot
Soma
Quantum Flux
Impulse
Genesis
Scarab
Dream Awake
Dispossession

Rappel :

Masquerade

Live report : Valentin Istria
Photos : Laurent Pelmar



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