ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Nothing More et pourtant tant de choses à dire…


Au vu des mots extrêmement élogieux employés, parlant d’un genre de « groupe qui remue les choses avec leur son et leurs paroles et sort du lot » qui n’apparaît que « tous les dix ans », le directeur général de Seven Eleven Music Allen Kovac est persuadé d’avoir trouvé la perle rare dans Nothing More. Discours commercial ou authentique sensation d’avoir découvert un talent novateur, chacun se fera son opinion à l’écoute du dernier, quatrième et éponyme album du groupe sorti le mois dernier. Toujours est-il que Nothing More a bel et bien des choses à dire, ayant tout donné pour sa propre réussite, proposant un subtil mélange d’accroche et de sophistication, mais aussi démontrant une volonté d’offrir de vrais shows avec des idées étonnantes.

Et des choses à nous dire Jonny Hawkins, le chanteur de la formation, en avait, nous parlant des doutes incessants, de la volonté d’innover, de leurs intérêts intellectuels, de sa remise en question des croyances religieuses qui lui ont été inculquées depuis son enfance, etc. Donc « rien de plus » ? Si quand même… A commencer par l’entretien qui suit.

« Ce métier, cette voie et cette vie ne sont que des doutes à surmonter. »

Radio Metal : Nothing More était, semble-t-il, un projet prévu pour être très sérieux dès le départ. D’où vous venait cette assurance ?

Jonny Hawkins (chant) : Eh bien, comme tu le dis, nous avons pris cela très au sérieux dès notre plus jeune âge. J’ai rencontré Daniel (Oliver) et Mark (Vollelunga), le bassiste et le guitariste, lorsque nous étions en classe de 5e et je crois qu’à partir de là, nous avons en quelque sorte, grandi ensemble. Nous avons changé, évolué au fil des années mais nous avons toujours aimé nous stimuler les uns les autres, dans notre façon de penser, de poser des questions et débattre à propos de la vie et de tout cela. Je crois que tout ce qui fait nos chansons est simplement une combinaison de toutes les conversations que nous avons eues et des expériences que nous avons traversées… Ce genre de choses.

Avez-vous traversé des moments de doute ?

Oh oui (rire) ! Le chemin que nous avons parcouru jusqu’à maintenant a été criblé de doutes et je n’imagine pas que cela pourrait être différent à l’avenir. Lorsque nous avons commencé à tourner, il y avait toutes sortes de doutes : allions-nous nous en sortir financièrement, le groupe allait-il y arriver musicalement ? Et même lorsque j’ai commencé à chanter : j’avais été batteur pendant des années et lorsque j’ai commencé à chanter il y a eu une montagne de doutes à ce sujet parce que je n’étais pas un bon chanteur lorsque j’ai débuté et il m’a fallu du temps pour en devenir un. Un autre exemple : juste avant que nous ne signions avec Seven Eleven, un ou deux ans avant nous avions essuyé des refus d’un certain nombre de labels et nous avancions en nous disant : « Bon, nous ne signerons pas de contrat, nous allons tout faire en indépendants » et c’est ce que nous avons fait pendant un petit moment, puis nous avons sorti ce nouvel album et Seven Eleven nous a appelés et a lâché le morceau : ils ne savaient pas qui nous étions ni d’où nous venions et faisaient des pieds et des mains pour signer avec nous, le reste c’est du passé. Oui, je pense que ce métier, cette voie et cette vie ne sont que des doutes à surmonter.

Tu as déclaré : « Avoir un plan B est le meilleur moyen d’échouer. » Cela signifie-t-il que tu encourages tous les jeunes musiciens à quitter l’école pour se consacrer à la musique si c’est ce qu’ils souhaitent faire, comme toi tu l’as fait ?

(rires) Oui, euh, c’est un de ces trucs… Je ne prodiguerai jamais de conseil si important à un large nombre de personnes parce que je ne pense pas qu’il s’appliquerait à chacune d’elles. En fonction de la personne à qui je parle et comment je la perçois, je suis susceptible de donner ce conseil, de faire la même chose que moi. Mais je crois que, pour certaines personnes, avoir un plan B peut être une bonne idée parce qu’ils ne savent vraiment pas ce qu’ils veulent et la musique n’est peut-être même pas ce dont ils ont envie, alors pour ces gens-là, ce serait en fait une mauvaise idée de ne pas avoir de plan B (rires) ! Mais je pense que pour tous ceux qui se connaissent réellement bien eux-mêmes et qui savent qu’ils sont prêts à tout pour le faire, que ce soit la musique ou n’importe quoi d’autre dans la vie, oui, je pense qu’il faut balancer le plan B par la fenêtre et persévérer. C’est vraiment simple, tu sais, c’est difficile de bien s’en tirer mais ce qu’il y a à faire est simple, il suffit d’aller de l’avant.

Tu as été cité évoquant votre “période de croissance qui a été une réelle épreuve pour nous, individuellement et collectivement.” Peux-tu nous en dire plus sur ces épreuves ?

Oui, cet album éponyme [sorti] en juin est en fait une combinaison de toutes les expériences que nous avons eues et traversées durant les trois à cinq années qui ont précédé le disque. Les autres gars et moi-même avons traversé beaucoup d’épreuves au cours de cette période, dont parmi elles, “God Went North”, cette chanson parle de ma mère qui a mené un lent combat contre un cancer très agressif, et au même moment, ma sœur, à qui est consacrée la chanson “Jenny”, est tombée dans la drogue et était également atteinte d’une maladie mentale sévère, on lui a trouvé des troubles bipolaires et elle était victime d’épisodes maniaques, le tout mélangé aux drogues dures, ce qui n’est jamais une bonne combinaison, et ma mère tentait de s’accrocher pour l’aider à traverser cette période parce que son instinct maternel refusait de lâcher prise. Il y avait tout cela et à la même période, les gars et moi avions tous des relations sentimentales très sérieuses, personnellement j’avais une relation sentimentale depuis cinq ans, qui s’est achevée, tout cela en même temps. Le groupe était dans une phase très vulnérable où nous ne savions pas quelle direction prendre, nous n’avions pas de batteur permanent et je traversais cette période de doute, je ne savais pas si j’étais fait pour être chanteur ou même si j’étais assez bon pour le faire. Toutes ces choses se passaient dans nos têtes et dans nos vies à cette époque et c’est le fait de lutter pour traverser tout cela qui a sincèrement façonné beaucoup de choses incroyables en nous et nous a donné confiance. Je pense que, bien souvent, c’est le seul moyen de prendre certaines formes de confiances, en traversant une tempête, en y résistant et en s’en sortant. C’est comme ça que cela s’est passé pour nous, tout ce disque est une sorte de processus de guérison, nous avons utilisé les chansons pour évacuer ces émotions et pour les partager avec d’autres gens.

Dirais-tu que ce nouvel album est le résultat direct de ces luttes ?

Oui, absolument. J’ai entendu quelqu’un dire que les plus grands drames donnaient naissance aux plus belles œuvres d’art, c’est malheureux mais je pense que c’est souvent vrai.

Vous trouvez vos influences dans les neurosciences, l’astrophysique, la philosophie, la réalisation cinématographique, la psychiatrie, etc. Comment toutes ces choses vous inspirent-elles musicalement ?

Eh bien, il y a un artiste qui s’appelle Dustin Kensrue, qui est le chanteur d’un groupe nommé Thrice et que nous avons toujours considéré comme un parolier et artiste fascinant parce qu’il écrit ses chansons en s’inspirant de romans ou même de nouvelles qu’il a lus, et de choses de ce genre. Nous trouvions fascinant qu’il aille chercher des choses ailleurs que dans la musique et qu’il les retransmette à travers la musique. Alors nous avons commencé à porter ce regard-là sur les choses, je pense qu’il nous a ouvert les yeux là-dessus. Le cinéma a beaucoup inspiré notre écriture, à travers les histoires, bien sûr, mais aussi à travers la façon dont certains réalisateurs communiquent des émotions visuellement, et je pense que beaucoup de philosophes, comme Alan Watts, par exemple, ont beaucoup influencé nos textes et notre vision de l’écriture dans son ensemble, ce qui affecte notre façon de créer. C’est un peu comme la synesthésie, je ne sais pas si tu as déjà entendu ce mot, c’est essentiellement un phénomène cérébral au cours duquel les sens se croisent et on a la sensation d’entendre les couleurs ou de goûter les sons. C’est une expérience que j’ai personnellement vécue mais c’est également très proche de l’expérience dont nous parlons, dans le sens où si on se laisse aller et que l’on ouvre suffisamment son esprit, je pense que beaucoup d’expériences hors de la musique peuvent réellement créer de la musique dans le processus créatif de notre esprit.

« Une bonne partie de cette faculté à écrire quelque chose d’accrocheur ou de sucré est une bonne chose tant qu’il y a quelque chose de solide et de profond derrière. « 

Avez-vous le sentiment que le fait d’aller chercher votre inspiration ailleurs que dans la musique vous permet d’avoir des idées plus intéressantes, plus novatrices que si vous vous inspiriez d’autres musiques ?

Totalement. Nous avons aussi beaucoup d’influences musicales, mais je crois que lorsque l’on a des préférences musicales – ce qui est notre cas à tous – on finit par écouter sans cesse la même chose parce que cela nous plaît, mais ce n’est pas nécessairement ce qu’il y a de mieux en termes de créativité pour tout ce qui concerne le fait d’avoir une façon de penser nouvelle et différente, de mettre son esprit à l’épreuve. Je sais qu’il y a, pour ma part – et pour les autres gars aussi – le fait de regarder les conférences TED, leur nom est TED Talks, ce sont des conférences par les plus grands esprits du monde entier qui parlent simplement pendant vingt minutes de leur domaine d’étude et ce sont généralement vingt minutes de discours époustouflants à propos du cerveau ou de quelque nouvel aspect de la psychologie ou de découvertes que les humains font en matière de technologies. Cela aborde tellement de choses, ils partagent toutes ces pépites d’or qui ne sont pas seulement des fragments de connaissance, ils partagent clairement des modes de pensée et lorsque l’on s’adapte à de nouveaux modes de pensée, cela a vraiment des conséquences sur la créativité. Comme quelqu’un qui pratique les arts martiaux, de nos jours il y a des arts martiaux mixtes qui tentent d’adapter tous les styles pour n’en faire plus qu’un, c’est un peu aussi ce que nous faisons avec d’autres modes d’expression artistique, la science, la technologie, etc.

Les influences citées précédemment sont plutôt intellectuelles. Vous considérez-vous comme un groupe intellectuel ?

Oui, c’est ce que je dirais. Un grand nombre de groupes que nous écoutons et vers lesquels nous avons naturellement gravité sont des groupes très progressifs et ce que j’appellerai des groupes cérébraux car il y a une grande part d’intellect et de nombreux niveaux à leur musique dans leurs arrangements et leur manière de composer. Je pense que nous avons naturellement aimé ce genre d’artistes et par conséquent nous nous retrouvons à faire en grande partie les mêmes choses, à aller vers l’intellect. Nous aimons simplement penser et nous tester, le monde est un endroit excitant lorsque l’on pense sans cesse à de nouvelles choses.

Votre musique est accrocheuse, moderne et possède en même temps une approche progressive. Est-ce ce vous avez tenté d’accomplir : être originaux avec des chansons exigeantes mais qui restent accrocheuses et touchent les gens ?

Oui, c’était vraiment notre intention. Enfin, notre but, en fin de compte c’est juste de faire des choses qui nous rendent heureux, parce que si cela ne nous rend pas heureux, à quoi bon le faire (rires) !? Nous faisons cela parce que cela nous plaît et simultanément nous avons mûri et pris goût à ce qui a – je dirais – tout pour plaire : comme parfois lorsque l’on mange un très bon repas composé de trois plats différents, puis ensuite un excellent dessert, et que si l’on mangeait seulement l’une des ces choses pendant très longtemps, on finirait par être malade ou ne pas se sentir très bien… Si tu manges seulement de la purée ou juste de la viande à tous les repas, tous les jours et jamais de légumes, de trucs comme ça. Je crois que, de la même manière, nous avons toujours voulu qu’il y ait beaucoup de viande dans notre musique mais ce n’est pas drôle et les gens n’iront pas vers une musique très dense à moins qu’elle ait cette espèce de petit goût sucré à la surface. Et comme tu le disais, je pense qu’une bonne partie de cette faculté à écrire quelque chose d’accrocheur ou de sucré est une bonne chose tant qu’il y a quelque chose de solide et de profond derrière. C’était notre objectif.

Votre musique couvre une variété de styles et de textures, y compris la musique électronique. Vous considérez-vous comme des touche-à-tout de la musique ?

Oh, je ne dirais pas nécessairement que nous sommes des touche-à-tout mais j’imagine que si, d’une certaine façon. Je dirais que nous essayons de jouer avec la dualité en toutes choses, par exemple, avec la dynamique musicale : nous aimons avoir des moments très doux, puis des moments très forts. Comme avec l’ordre et le chaos, nous aimons avoir des moments chaotiques en contraste avec des choses très ordonnées qui se rejoignent en rythme. Concernant l’électronique et le côté organique, nous aimons osciller de l’un à l’autre, aller vers des explorations électroniques puis revenir à l’organique. J’ai l’impression que, lorsque j’écoute de la musique, bien souvent, je finis par m’ennuyer si quelque chose est trop organique en permanence, ce sera super pendant un temps, et puis je commencerai à écouter quelque chose de plus électronique et vice-versa. Nous avons donc essayé de maintenir cet équilibre, cette dualité entre les deux et de danser de l’un à l’autre.

Votre musique rappelle un peu des groupes tels que Coheed and Cambria ou Fair To Midland. Est-ce que vous connaissez ces groupes ?

Oh oui, ce sont tous deux d’excellents groupes. Nous avons joué quelques concerts avec Fair To Midland au Texas, parce que nous venons tous deux du Texas, ils sont de Dallas et nous de San Antonio.

Et vous avez l’impression d’avoir des points communs avec eux ?

Absolument, je pense que la comparaison est justifiée parce qu’ils nous ont clairement influencés et que nous avons également beaucoup tourné avec eux, nous avons une très haute d’opinion d’eux, ils sont très bons.

Tu as dit : “Nous voulons être une Église pour ceux qui ne croient pas en ce que croit l’Église.” Fais-tu partie de ceux qui sont allés à l’église mais ne s’y sont pas reconnus ?

C’est une bonne question. Oui, nous avons en effet tous grandi en allant à l’église. C’est une des choses qui s’est produite lorsque nous avons commencé à tourner, nous en étions à une étape de nos vies en tant qu’individus, nous avons tous, à notre façon, remis les compteurs à zéro dans nos esprits afin de redécouvrir ou trouver ce en quoi nous croyions en tant qu’individus pensants au lieu d’hériter simplement des croyances au sein desquelles nous étions nés. Je me souviens vivement avoir vu, un jour, un reportage aux informations à propos de gamins candidats à l’attentat suicide et qui se sont fait exploser et à ce moment-là, je me disais : “C’est fou, ces enfants croient en ce qu’ils croient autant que je crois en ce que je crois et c’est uniquement parce qu’ils sont nés là-dedans et que leurs parents pensent de cette façon, exactement comme moi qui suis né dans ce pays avec ces croyances spécifiques.” Je me disais que même si leurs croyances les menaient à certaines choses plus folles, je n’étais pas tellement différent dans ma façon d’accepter mes propres croyances. Nous avons donc fait table rase et redécouvert ce qui était vrai dans tout ce que nous avions appris à l’église et nous sommes débarrassés de tout ce qui ne l’était pas. Avec le recul, peut-être qu’à l’époque je ne parvenais pas à le verbaliser, mais rétrospectivement c’est évident qu’il y a eu tous ces moments où je ne me reconnaissais pas dans l’église car ils étaient tellement focalisés sur ce qui me semblait être des conneries – comme ces contes de fée sur telle ou telle histoire à tel endroit ou tel moment – au lieu de l’être sur l’ici et maintenant et sur la façon dont nous nous traitons et dont nous vivons. Donc, oui, je suis d’accord avec toi.

« Appelons-nous juste Nothing More et faisons en sorte que cela nous rappelle que quel que soit notre succès, quelle que soit la distance que nous parcourons, nous sommes juste des gens normaux. »

Il est écrit dans la biographie promotionnelle du groupe : “Des batailles de batterie à quatre ? Trois membres du groupe jouant sur une seule et même basse ? Ces mecs repoussent les limites à plus d’un titre.” Je ne vous ai jamais vu en concert, pouvez-vous expliquer ce qu’ils veulent dire par là ?

Oui, nous essayons d’aborder nos concert comme nous abordons notre musique, dans le sens où… Par exemple, quand les gens nous demandent quel style de musique nous jouons, j’aime parler de musique progressive parce que cette définition se rapporte moins au son du groupe qu’au fait que le groupe tente de repousser les limites à travers des choses progressives et différentes. Je dirais que nos concerts sont progressifs aussi. Notre bassiste, Daniel, par exemple, s’est mis un jour au soudage et a essayé de commencer à fabriquer des objets métalliques, il a donc commencé à fabriquer des éléments de décor pour la scène et l’un d’eux était un support géant en métal qui avait une pièce en forme de roue, je ne sais pas exactement comment cela s’appelle mais il faut tirer un levier sur ce truc et il tourne plusieurs fois avant de se bloquer à l’envers en suspension et sa basse est fixée à cet engin et nous finissons tous autour de la basse à en jouer : je tape dessus avec des baguettes presque comme avec un marteau, et le bassiste et le guitariste, Mark et Daniel tapotent les cordes avec leurs deux mains un peu comme ils feraient sur un piano. Nous voulions créer un solo de basse qui soit vraiment cool parce que ce sont toujours les guitares qui ont les solos et qui sont sous les projecteurs alors que les solos de basse sont souvent ennuyeux ou ne sonnent pas bien (rire) ! Alors on s’est dit : “Essayons de faire un solo de basse qui sonne bien et qui soit différent”, et on est parti de cette idée et avec le temps c’est devenu ce que je te décrivais. C’est un des quelques trucs que nous faisons sur scène, nous essayons de proposer un show plutôt que juste nous en train de jouer les morceaux parce que si tu veux juste entendre les chansons, tu peux aller l’écouter dans ta voiture, tu n’as pas besoin de débourser de l’argent en plus pour venir voir ça. Mais si tu veux venir voir un show, je crois que ça vaut la peine d’acheter un ticket et venir tenter l’expérience. Nous essayons vraiment de faire fonctionner le show et la musique ensemble.

Et penses-tu que vous allez emmener votre art vers d’autres formes artistiques ?

Je pense qu’un jour ce serait cool de faire plus de choses autour de la vidéo, des concepts cinématographiques ce serait vraiment génial. Au-delà de ça, je pense que nous pourrions faire quelque chose en-dehors de la musique, peut-être même écrire des livres, je sais que Daniel pourrait faire quelque chose de ce genre, je n’en suis pas sûr, mais nous y sommes ouverts (rires) !

Allen Kovac, de chez Seven Eleven, a déclaré : “À peu près tous les 10 ans, il y a un groupe qui remue les choses avec leur son et leurs paroles et sort du lot. Pour les vrais fans de rock, ce moment est arrivé avec Nothing More.” Que penses-tu de cette déclaration, pensez-vous être le groupe révolutionnaire décrit par Allen Kovac ?

(Rire) Nous sommes flattés, c’est vraiment quelque chose de génial, je ne sais pas, je trouve parfois difficile d’accepter les compliments. C’est ce à quoi nous aspirons, nous voulons être ce groupe-là et remuer les choses, alors je pense que c’est juste une question de temps et de tout ce qui nous fera mûrir et évoluer, mais je n’en sais rien. C’est compliqué pour moi de répondre à cela parce que je ne sais pas accepter les compliments mais je considère cela comme un très grand compliment et j’espère que nous serons à la hauteur (rire) !

Vous semblez avoir un état d’esprit un peu bricoleur qui vous pousse à faire les choses par vous-mêmes. Avez-vous l’intention de conserver cet état d’esprit malgré votre contrat avec Seven Eleven, qui est un très gros label ?

Oui, il y a une chose que notre manager Will nous a dit il y a des années, alors que nous n’étions pas encore signés, alors que nous travaillions sur un de nos albums, et c’est une chose qui nous est restée et à laquelle nous croyons encore aujourd’hui : “Plus un groupe est connu et plus il avance ne signifie pas qu’il y a moins de travail, il faut juste travailler sur des aspects différents.” Et il a dit : “Ne comptez pas vous reposer sur vos lauriers et imaginer que les choses vont avancer toutes seules, que vous pouvez vous mettre en pilotage automatique, cela n’arrivera pas si vous voulez avoir une carrière et si vous voulez être bons.” Et de toute façon, je ne crois pas que nous pourrions abandonner cela parce que c’est vraiment notre passion, ce n’est pas un travail, nous le faisons parce que c’est ce que nous aimons et nous écrivons de la musique parce que nous y croyons. Je pense donc que les choses changeront dans les années qui viennent, nous mettrons peut-être plus d’énergie dans d’autres aspects de ce que nous faisons mais je ne pense pas que nous arrêterons de nous y impliquer et de faire partie intégrante de ce qui se passe.

Quel effet cela fait-il d’entendre une foule entière hurler “Nothing More” (“rien de plus” en anglais, NDLT), comme s’ils voulaient que vous arrêtiez de jouer ?

(Rire) Entendre quelqu’un hurler le nom de ton groupe, je crois que c’est toujours plutôt cool (rire) ! Ce ne sont que de bonnes sensations (rire) !

D’ailleurs comment le nom du groupe vous est-il venu ?

Lorsque nous étions plus jeunes, nous allions à beaucoup de concerts, Daniel, Mark et moi, et nous étions très attentifs à l’intégralité des shows car nous voulions faire la même chose qu’eux, nous voulions voyager, jouer de la musique et faire partie d’un groupe, alors nous regardions tout ce que faisaient les musiciens, nous analysions et en parlions après les concerts. Nous étions de grands fans de musique et nous allions à la rencontre des musiciens, si c’était possible, pour avoir leurs autographes, nous faisions tout ce que font les fans de musique. Mais nous avions remarqué qu’il existait une grosse différence entre certains groupes que nous voyions : il y avait les groupes proches des gens, qui descendaient nous voir et signer des trucs, nous serrer la main, parler avec nous et nous montrer que tout cela était important pour eux, ils étaient reconnaissants et humbles ; et puis il y avait l’antithèse de ces groupes dans lesquels certains artistes se prenaient pour des dieux parmi les hommes et qui n’allaient pas vraiment vers les gens qui les soutenaient. Ils font ce qu’ils veulent mais nous avons décidé que ce n’était pas ce que nous souhaitions être. Nous voulions être un groupe reconnaissant et humble face aux gens qui nous permettaient de faire ce qu’on aimait dans la vie en allant acheter des places de concert, des T-shirts et tout ces trucs. L’idée nous est venue un jour alors que j’étais avec Mark, car jusqu’à ce moment-là, comme tous les groupes, nous étions passés par tout un tas de noms horribles (rire) et j’ai dit : “Appelons-nous juste Nothing More et faisons en sorte que cela nous rappelle que quel que soit notre succès, quelle que soit la distance que nous parcourons, nous sommes juste des gens normaux”, nous ne sommes pas différents des autres, il se trouve juste que nous consacrons beaucoup de temps et d’énergie à nos instruments, à notre passion pour la musique.

Interview téléphonique réalisée le 6 mai 2014 par Spaceman.
Retranscription et traduction : Judith.
Introduction : Spaceman.

Site internet officiel de Nothing More : www.nothingmore.net/



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Rival Sons + MNNQNS @ Cenon
    Slider
  • 1/3