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Chronique   

Nothing More – Nothing More


A force d’aller pêcher dans les eaux américaines (Five Finger Death Punch, Pop Evil, Drowning Pool, etc.), on dirait bien que le label Eleven Seven Music a fini par attraper ce qui pourrait bien devenir avec le temps un gros poisson. Un peu à l’instar du Onyx de Pop Evil, c’est avec un décalage de plusieurs mois par rapport à sa sortie nord-américaine que le nouvel opus de Nothing More voit le jour en Europe. Et si dans nos contrées le combo donne l’impression d’avoir à faire à une nouvelle pousse, n’en ayant que peu entendu parler jusqu’alors, dans les faits, il en est déjà à son quatrième album et un EP en sept ans. Après des débuts proche de la fusion d’Incubus, avec une place de choix réservée à la basse ronde de Daniel Oliver et des albums d’inspiration variable, Nothing More s’offre finalement une sorte de nouveau départ.

Le choix du titre éponyme n’a rien d’anodin : le groupe remet en quelque sorte les compteurs à zéro et tape un grand coup sur la table pour se faire remarquer. Avec cet album, beaucoup les ont vite comparé à Linkin Park pour le propos moderne et son sens mélodique affûté, mais ce serait vraiment survoler ce qu’est véritablement Nothing More, ce qui fait sa force et sa singularité, que de les réduire machinalement à cette comparaison. Et en creusant un peu, on se rend vite compte que les Américains ont autant à voir, si ce n’est plus, avec des groupes inclassables tels que Fair To Midland voire Coheed And Cambria qu’avec la bande à Chester Bennington. Dans les mélodies et le timbre vocal aigu et élastique de Jonny Hawkins, extrêmement similaire à Darroh Sudderth, chanteur de Fair To Midland, (particulièrement confondant sur « This Is The Time (Ballast) » ou « The Matthew Effect ») et ses montées typiques, mais aussi cette propension à proposer des chansons mélangeant accroche et une créativité quasi-progressive, comme le refrain entêtant au possible du single « This Is The Time (Ballast) » qui occulte à peine la solide fondation instrumentale, avec des gros riffs quasi-djent qui balancent et une basse ayant permuté sa rondeur pour une distorsion claquante et moderne (mais qui décidément sait encore se faire remarquer) ou la folie de ces effets electro déjantés intégrés aux riffs et rythmiques saccadés de « Christ Copyright ». Deux premières chansons qui résument bien l’entreprise de Nothing More, qui vise définitivement l’avenir avec une musique très actuelle, dans les sonorités et la production à la fois touffue et précise, sans être superficielle, mais aussi essaie de se démarquer par une certaine originalité, avec son lot de surprises et rebondissements dans des formats de chanson pourtant plutôt directs, comme avec les jeux de voix délirants de « Sex & Lies » ou l’irrésistiblement entraînant « Friendly Fire » qui parvient à susciter une impression épique en moins de quatre minutes à peine.

Nothing More, l’album, c’est aussi quelques ballades bien senties (« I’ll Be Ok »), deux instrumentales chiadées, l’atmosphérique « Gyre » et l’electro « Surface Flames », qui donnent de la respiration à l’album, un clin d’oeil au « Money For Nothing » de Dire Straits en intro de « Mr. MTV »… Le vrai défaut de cet album ? Sa surabondance. Les dix-sept pistes rendent l’écoute longue, trop longue pour ne pas voir de la redondance et quelques chansons aux mélodies trop convenues comme « Here’s To The Heartache ». Nothing More pêche par excès, mais c’est aussi cet excès qui fait son énorme potentiel. Et en parvenant à concentrer, canaliser et exploiter encore davantage sa fibre la plus créative, il a effectivement les atouts pour être une des prochaines sensations… Tout comme Fair To Midland qui n’a pourtant pas encore vraiment réussi à s’imposer aux masses, à la différence près que Nothing More bénéficie aujourd’hui d’une écurie décidée à mettre les moyens pour la réussite de son poulain.

Regarder le clip de « This Is The Time (Ballast) » :

Album Nothing More, sorti le 23 juin 2014 chez Eleven Seven Music.



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