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Chronique   

Nothing More – The Stories We Tell Ourselves


En France, Nothing More, groupe originaire du Texas, n’a pas encore la notoriété des grandes têtes d’affiche. Pourtant, la formation emmenée par le frontman Jonny Hawkins n’a cessé de croître depuis 2013 et la sortie de leur album sans titre. Nothing More est un groupe qui a longtemps cherché sa recette, à l’image de Jonny Hawkins justement, qui en plus d’être la voix du groupe se chargeait de composer la batterie (il était même batteur dans le groupe bien avant d’être chanteur). L’arrivée d’un batteur attitré, Ben Anderson, a changé la donne. Nothing More ne connaît plus d’hésitations quant à sa direction musicale et le rôle de ses membres. The Stories We Tell Ourselves, leur dernier opus, est avant tout l’album d’une formation au line-up solide en pleine ascension. Surtout Nothing More démontre une nouvelle fois que l’on peut viser le plus grand nombre sans devenir futile. Qu’il soit pop, rock ou metal, The Stories We Tell Ourselves a un atout de taille : il est extrêmement accrocheur.

Nothing More a toujours accordé un grand soin aux thématiques développées dans ses albums. The Stories We Tell Ourselves ne fait pas exception à la règle. Jonny Hawkins a choisi d’en faire une œuvre introspective, une réflexion sur la manière dont notre perception de la réalité peut s’éloigner de la réalité elle-même, des « illusions qui colorent la réalité » pour reprendre ses dires. Cela explique la présence des six plages d’interlude intitulées à chaque fois selon des contrastes (« (Convict ; Divide) », « (Accept ; Disconnect) », « (End ; Begin) »…). Si leur intérêt musical reste restreint (il s’agit de samples avec des éléments de narration proches d’un Nordic Giants pour la majorité), elles participent à donner davantage de teneur au propos de l’album. Reste que Nothing More n’a guère besoin d’ornements. Il a un talent inné pour mêler considérations philosophiques de premier plan et efficacité d’écriture. Cela se résume de manière très simple : The Stories We Tell Ourselves contient une pléthore de tubes en puissance. Nothing More parle de « sucre » lorsqu’il évoque la nature pop de sa musique au demeurant variée. Ainsi on retrouve les racines metal du groupe sur les riffs bien gras de « Don’t Stop » ou ceux massifs de « The Great Divorce », voire progressives sur les arrangements de conclusion de « FadeInFadeOut », le tout mis en valeur par une batterie qui a gagné en dextérité (« Funny Little Creatures »). Sans oublier ce goût pour l’expérimentation électronique (la délurée « Ripping Me Apart » ou « The Great Divorce » qui, en la matière, empiète sur le terrain de Muse) et vocale du caméléon Hawkins qui n’hésite pas à sortir ses tripes. La constante reste cependant un art du refrain presque fédérateur qui rappelle l’exercice auquel s’est adonné Bring Me The Horizon sur That’s The Spirit (2015), notamment celui de « Do You Really Want It » et son chant accompagné de chœurs. Parfois, le groupe sombre dans de légers excès à l’image du mielleux et grandiloquent « Still In Love », power-ballade au refrain extrêmement convenu, ou de la ballade acoustique « Just Say When ». Certes, la production est irréprochable et l’exécution impeccable. Elles n’effacent cependant pas l’impression de stéréotype que dégagent ces deux compositions.

Bien qu’introspectif et sombre dans son ensemble, The Stories We Tell Ourselves contient toutefois quelques éclaircies positives à l’image de « Tunnels » et son refrain taillé pour le live (« I will make it through this »). Nothing More n’oublie pas que la musique sert aussi d’exutoire, autant pour les membres du groupe que ses auditeurs. Il y a un effort considérable pour que chaque titre laisse une empreinte très forte dès la première écoute, en témoigne l’introduction A capella du très pop « Go To War ». En outre, à l’instar de l’album précédent, Nothing More a un traitement des relations familiales très fort, à l’instar de « FadeInFadeOut » qui évoque la relation père-fils comme le faisait « God Went North » sur l’album précédent à propos du cancer de la mère du frontman. Nothing More n’est pas nécessairement subtil : il est avant tout immédiat et sincère.

The Stories We Tell Ourselves, malgré un aspect dilué en raison de sa longueur (dix-huit titres dont six interludes), entérine ce que Nothing More a réalisé sur l’album précédent : une science de la mélodie incorporée dans un registre musical varié. Certes, ceux qui ne supportent pas le pop-rock « glucosé » se damneront lorsque Nothing More lorgne du côté d’un Fall Out Boy ou des anglais de Bring Me The Horizon. D’autant plus que le groupe semble s’être décomplexé quant à la tonalité accessible de sa musique. Cependant, accessibilité n’est pas synonyme de superficialité ou de fébrilité. Dès lors, The Stories We Tell Ourselves se transforme en véritable addiction.

Chanson « Let ’em Burn » en écoute :

Lyric vidéo de la chanson « Go To War » :

Lyric vidéo de la chanson « Don’t Stop » :

Album The Stories We Tell Ourselves, sortie le 15 septembre 2017 via Eleven Seven Music. Disponible à l’achat ici



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