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Live Report   

Obituary / Exodus : confrontation au sommet


Le Battle Of The Bays Tour pose ses valises à Paris et plus précisément dans la « nouvelle » salle de l’Elysée Montmartre qui a ré-ouvert ses portes il y a un mois. Cette tournée a pour but de réunir deux patrons de la musique Metal des années 80, Obituary et Exodus. Le premier en tête d’affiche, le deuxième en invité spécial.

Pour un des premiers concerts de metal dans ce nouvel Elysée Montmartre, la production a voulu taper fort. C’est le moment où jamais pour les amateurs de riffs ultra-puissants de se concentrer et de ne pas perdre une miette du show. Les deux piliers de l’ouest américain seront accompagnés par le trio de Prong, et les australiens de King Parrot.

Artistes : ObituaryExodusProngKing Parrot
Date : 24 octobre 2016
Salle : Elysée Montmartre
Ville : Paris [75]

C’est évidemment devant une salle bien remplie que les groupes vont jouer et envoyer leur vague de puissance. Même pour King Parrot qui démarre pourtant tôt en ce début de semaine, les premiers rangs sont compacts. Ce jeune groupe de grindcore australien existe depuis six ans mais compte dans ses rangs des membres d’expérience. Les Australiens jouent d’ailleurs un death metal plus rythmé que du grindcore pur et simple. L’espace scénique, vraiment… très grand, mange un petit peu le frontman, pourtant expressif. Mais le son tellement bon qu’on en oublierait presque les imperfections de cette jeune formation. Un vrai plaisir de retrouver cette puissance de résonance et cette justesse acoustique. La prestation de King Parrot est loin d’être ridicule et nous en retiendrons une demi-heure de set intéressant. L’envie de bien faire est malheureusement un peu gâchée par la retenue du groupe et la difficulté d’ouvrir pour des groupes aussi précis et leader dans leurs styles respectifs.

Mine de rien, le prochain groupe à rentrer sur scène est un habitué des planches françaises. Prong, après sa tournée européenne de ce début d’année avec un passage très remarqué au Divan Du Monde, revient à Paris pour déverser son power-thrash/indus musclé dont lui seul connait la recette. Il ne faut pas oublier que Tommy Victor est un ancien membre de Ministry, alors forcément les influences sont là. Le groupe officiant depuis la fin des années 80, on a eu le temps d’apprécier de vrais changements dans leur style, jamais similaire, voguant aussi bien dans un thrash classique que dans du hardcore. Le son de Prong est complété par des touches de metal industriel, forcements piochées chez Ministry and co.

La bande de Tommy Victor est un vrai bulldozer sur scène. Ils occupent vraiment l’espace, même en trio, et on est davantage impressionné que par King Parrot. Malgré quelques soucis de micro et de justesse en début de concert, la bombe « Eternal Heat » matraque déjà toute la salle. Morceau cent pour cent thrash metal, percutant grâce aux monstrueux roulements de toms d’Art Cruz. Il leur aura fallu environ trois morceaux pour se mettre vraiment dedans mais une fois que le groupe s’est chauffé, il ne s’arrête plus. Le morceau « Ultimate Authority », extrait du dernier opus X – No Absolutes est un des hits de cette année 2016. Avec son groove et son rythme à la Pantera et Fear Factory, le public est pris d’une ferveur incroyable. Rappelons l’incroyable boulot de Jason Christopher sur cet album, qui fait sonner sa basse de la plus belle des manière, grâce notamment à ce son toujours aussi précis. Après quarante-cinq minutes de show et de rythme endiablé et une dernière rythmique plus qu’énervée, celle de “Snap Your Fingers, Snap Your Neck », les Californiens se retirent le sourire aux lèvres pour laisser la place aux deux têtes de la soirée.

Setlist (via setlist.fm) :

01. Eternal Heat
02. Beg To Differ
03. Unconditional
04. Lost And Found
05. Ultimate Authority
06. Turnover
07. Sense Of Ease
08. Cut And Dry
09. Whose Fist Is This Anyway?
10. Snap Your Fingers, Snap Your Neck

L’Elysée Montmartre a déjà accueilli Exodus juste avant sa destruction, c’était en Décembre 2010 et à l’époque, Exodus jouait avec Kreator, c’est aujourd’hui pour Obituary que le groupe ouvre. Toujours un peu cantonné au second rôle, les Californiens tournent sur leur dernier opus Blood In, Blood Out qui a vu le retour de Steve « Zetro » Souza au rang de vocaliste. Le groupe se produit toujours sans Gary Holt, occupé chez Slayer. Tous ces petits changements durant ces dernières années n’empêchent pas Exodus d’aller de l’avant.

Les américains décident de rentrer sur scène avec un morceau d’introduction original, « The Ballad Of Leonard And Charles » extrait de l’album Exhibit B: The Human Condition. La puissance des deux guitares et de la batterie compensent un début compliqué au chant pour Souza. L’enchaînement avec leur hit de 2014 « Blood In, Blood Out » est parfait. Une superbe claque qui nous arrive dans la tête et qui agite l’assistance à un rythme effréné. Autant dire que le pit s’en donne à cœur joie et que la salle, un peu en forme de hangar, laisse un espace conséquent aux amateurs. Un petit discours de rappel de la part du frontman qui parle de la pureté du groupe et de leur dévotion au thrash metal, comparé à certains…

Le titre « Piranah » qui démarre un enchaînement de hits est toujours aussi percutant, au même titre que « Blacklist » que le public reprend en chœur. Le son est bon malgré un petit manque de voix à certains moments. Exodus s’adonne à un hommage à Slayer en lançant le grand classique « Raining Blood » pour faire partir toute la salle du dixième dans le chaos le plus total. Tempo Of The Damned est également représenté par « War Is My Shepherd », toujours très agréable à entendre. On est clairement dans une dynamique de vitesse et de travail bien fait. La lumière joue son rôle et rythme bien la fosse de l’Elysée. « Bonded By Blood », le titre le plus connu de la formation nous assomme comme une massue. Le plus groovy et rythmé « Toxic Waltz » calme un peu les esprits pendant que « Strike Of The Beast » vient clôturer un show rapide, dur et bien rodé. Un concert propre et sans bavure. Il aura juste manqué un petit grain de folie à la formation, qui a fait du bon travail, mais très récité.

Setlist (via setlist.fm) :

01. The Ballad Of Leonard and Charles
02. Blood In, Blood Out
03. And Then There Were None
04. Deranged
05. Body Harvest
06. Piranha
07. Raining Blood (extrait de reprise de Slayer)
08. Blacklist
09. War Is My Shepherd
10. Bonded By Blood
11. The Toxic Waltz
12. Strike Of The Beast

Après trois shows de riffs purs et durs, il reste le mastodonte Obituary en clôture de cette Battle Of The Bays European Tour 2016. On est parti pour un des patrons du death metal. Encore aujourd’hui, les brutes de Tampa assomment la salle dès les premiers coups de grosse caisse et le premier extrait de l’album phare des Floridiens, Slowly We Rot. Étonnant de voir Obituary ne pas démarrer son set par l’intro « Redneck Stomp ». A la place, on rentre immédiatement dans ce qui sera la dynamique du concert : une locomotive lancée à deux-cent à l’heure, appuyée par la voix perçante et rauque de l’inimitable John Tardy. Les lumières très claires et scintillantes tels que le vert ou le rouge inondent la salle et recouvrent la scène presque entièrement. La setlist de ce soir est tournée vers les premiers albums avec des classiques comme « Chopped In Half ». Bien aidé par la double pédale du frère de John, ce morceau libère un peu la horde, et le pogo suit derrière, même s’il n’est pas toujours évident de suivre la musique avec tous ces rythmes saccadés, entre puissance et breaks plus lents.

D’autres morceaux de Slowly We Rot s’ajoutent à la setlist : à l’honneur le technique « Intoxicated » et « Bloodsoaked ». Avec des solos de Kenny Andrews très précis et une rythmique impeccable de la montagne Trevor Peres, les chansons prennent fière allure l’une après l’autre. John Tardy communique assez peu avec la salle durant le set mais arrive sans souci à recueillir la ferveur de celle-ci. Le dernier album des cinq buffles, Inked In Blood est représenté par « Vision In My Head » et « Centuries Of Lies ». L’album, sorti en 2014 avait été très bien reçu par le public notamment grâce à un côté à la fois thrashy et plus simpliste. Malgré les séparations et problèmes qu’a pu rencontrer le groupe, on sent une harmonie et une simplicité ; il n’y a qu’à voir le rythme donné par Donald Tardy à la batterie et Terry Butler à la basse sur « Dying ».

Le rappel du dernier concert de cette soirée bien remplie est un enchaînement de trois monstres du death metal comme on l’aime : « ‘Til Death », « Don’t Care », « Slowly We Rot » ; sans doute ce qui se fait encore de mieux aujourd’hui. Une marque de fabrique pas dépassée, bien au contraire. C’est d’ailleurs sur ces trois derniers chefs d’œuvres que le public donne tout ce qu’il lui reste comme énergie, en headbangant à fond. Pour un tel concert, il fallait bien un finish comme celui-là. Un vrai honneur de voir Obituary (re)conquérir le cœur de l’Elysée Montmartre.

Grâce à une pureté de son et des groupes d’expérience et de puissance, ce Battle of the Bays European Tour aura tenu toutes ses promesses. En espérant qu’on arrive à se lever demain matin.

Setlist (via setlist.fm) :

01. Internal Bleeding
02. Words Of Evil
03. Chopped In Half
04. Intoxicated
05. Visions In My Head
06. Deadly Intentions
07. Bloodsoaked
08. Ten Thousand Ways To Die
09. Centuries Of Lies
10. Dying
11. Find The Arise

Rappels :
12. ‘Til Death
13. Don’t Care
14. Slowly We Rot

Photos : Prong au Hellfest 2013 par Nicolas Gricourt / Exodus à l’Alcatraz Festival 2016 et Obituary au Hellfest 2012 par Loic Stephan.



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  • King Parrot: « les premiers rangs sont compacts » haha oh que non. Même Youngy (chant) en a été un peu agacé.

    [Reply]

    Pok

    Oh et Matt « Skitz » Sanders n’est plus le batteur il me semble.

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