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Chronique   

Obscura – A Valediction


Obscura entre dans une nouvelle ère. La parution de Diluvium (2018) marquait la fin d’une quadrilogie ambitieuse ainsi que le terme du partenariat avec Relapse. Désormais Obscura s’est associé à Nuclear Blast pour amorcer ce qui se présente comme une nouvelle trilogie avec un line-up remanié. A Valediction est le sixième opus du groupe, accusant à nouveau le départ des trois quarts du groupe – le guitariste Rafael Trujillo, le bassiste Linus Klausenitzer et le batteur Sebastian Lanser – pour différends artistiques. Les fans ont pu tout de même être rassurés en voyant le retour de deux anciens membres : le bassiste Jeroen Paul Thesseling qui avait quitté Obscura en 2011 et le guitariste Christian Münzner, absent depuis 2014. Mis à part l’arrivée du nouveau batteur tentaculaire David Diepold, Obscura retrouve le line-up qui a œuvré sur Cosmogenesis (2009) et Omnivium (2011). Surtout, A Valediction s’écarte de la complexité thématique des œuvres précédentes pour aborder des sujets plus personnels qui affectent directement Steffen Kummerer. En somme, Obscura s’est libéré des contraintes conceptuelles pour complètement repenser sa manière de composer en profitant de membres expérimentés. Les interrogations se doivent d’être dissipées d’emblée : A Valediction est une bénédiction.

Obscura s’est assez bien accommodé de la pandémie. L’enregistrement s’est réalisé entre quatre pays – Allemagne, Pays-Bas, Autriche et Suède – essentiellement par les membres respectifs du groupe avant d’atterrir dans les mains expertes de Fredrik Nordström qui s’est chargé du mix et du mastering. L’impératif d’A Valediction était d’être un album réalisé pour des fans de metal, reproductible intégralement en live. Steffen cherchait absolument à éviter l’écueil d’une technique avilissante qui rebuterait l’auditeur profane. Sur ce plan, Obscura fait force de loi. Les guitares acoustiques qui ouvrent « Forsaken » démontrent toute l’élégance mélodique dont le groupe est capable. La prouesse s’efface toujours devant un songwriting cohérent et la gymnastique de « Forsaken » n’intervient que lorsque le cadre adéquat est établi. Si les plages les plus techniques raviront les puristes du genre, Obscura parvient à faire du moindre florilège de notes une épopée qui ne force pas l’intellectualisation. Preuve d’une démarche prônant l’efficacité : Obscura livre des morceaux qui n’excèdent pas les six minutes pour la majorité. « Solaris » délivre immédiatement toute son agressivité qui se rapproche du death mélodique scandinave le plus brutal, les louvoiements de basse fretless en plus. La dextérité des musiciens leur permet de varier les riffs et de multiplier les dynamiques sans jamais quitter leur registre. Elle est aussi gage de soli inspirés qui apportent une véritable plus-value, à l’instar de « Solaris » justement qui passe de mélodies poignantes sur fond de double pédale fulgurante à une démonstration néoclassique, ou des élancées d’« A Valediction » qui feraient bien de guider certains guitar-heroes permanentés dont l’exercice est devenu obsolète.

Ce nouveau cycle amorcé par Obscura n’occulte évidemment pas le travail monumental qu’il a réalisé auparavant, une évidence lorsqu’on réintègre d’anciens membres. « A Valediction » et « Forsaken » ont des vieilles racines et l’instrumental « Orbital Elements II » est justement l’occasion de célébrer le passé en donnant une suite à « Orbital Elements » présent sur Cosmogenesis. En réalité A Valediction est une mosaïque qui agrège toutes les meilleures facettes d’Obscura : sa capacité de concision, sa complexité et sa science de la mélodie apparente. Obscura se permet de modifier en outre son vocabulaire pour embrasser d’autres approches, à l’instar du riffing heavy et addictif d’« In Adversity », de la lourdeur gutturale de « Devoured Usurper » ou de la théâtralité d’« Heritage » et de ses multiples arrangements qui se confondent pour atteindre une forme de majesté étrange. Surtout, « When Stars Collide » déstabilise au premier abord par sa parenté avec les eighties et le death mélodique du début des années 90. La participation de Björn Strid (Soilwork, The Night Flight Orchestra) n’est d’ailleurs pas innocente. « When Stars Collide » est une démonstration : Obscura rend le moindre riff accrocheur, le moindre lead galvanisant et assemble une structure aux multiples mouvements sans jamais perdre en fluidité et en inventivité.

A Valediction se nourrit de l’idée d’adieux, de détachement et d’abandon. Des thèmes qui sont disséminés tout au long de ses titres. Que les plus angoissés se rassurent : la musique délivrée par A Valediction n’a rien d’un chant du cygne. Elle est le point de départ d’un Obscura qui n’a jamais aussi bien endossé le rôle de patron du death metal technique. A Valediction est le synonyme de prouesse au service de la musique. Une synthèse parfaite des meilleures caractéristiques de la formation, déconcertante de maîtrise et de subtilité.

Clip vidéo de la chanson « When Stars Collide » :

Clip vidéo de la chanson « Devoured Usurper » :

Clip de la chanson « A Valediction » :

Clip vidéo de la chanson « Solaris » :

Album A Valediction, sortie le 19 novembre 2021 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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