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Interview   

Obscura ou la quadrature du cercle


« Satisfait, reconnaissant et soulagé », tel est ce que Steffen Kummerer ressent aujourd’hui, alors qu’il s’apprête à sortir Diluvium, le quatrième et ultime chapitre d’un concept sur le cycle de l’existence – entre philosophie, religion et astrophysique – initié il y a près de dix ans avec Cosmogenesis, la bombe death progressive d’Obscura que personne n’avait vu venir à l’époque. Depuis, le combo a parcouru du chemin et s’est imposé comme une des grandes références du genre, mais aussi tout le line-up autour de Steffen a fini par être une fois de plus renouvelé (c’était déjà le cas après le premier album Retribution).

Diluvium est finalement l’album de la consolidation pour Obscura et ses membres actuels, « un point de non-retour », comme le qualifie Steffen, s’apprêtant à clore une ère… pour mieux en ouvrir une nouvelle. Ainsi nous avons longuement échangé avec le chanteur-guitariste, mais également le bassiste Linus Klausenitzer qui, avec ses sept ans dans le groupe, est le second membre le plus ancien dans Obscura, et l’un des plus impliqués dans la conception musicale. L’occasion justement d’en apprendre plus sur ce dernier, qui fait également partie d’Alkaloid, groupe fondé par des anciens… Obscura, et qui fut élevé par un grand violoniste de musique classique.

« Cet album est une convergence fluide en partant d’Akróasis, où l’idée de monisme et de dualité va de l’existence consciente vers son autodestruction, et ensuite commence toute l’idée d’un cycle de vie et de mort, et de renaissance, pour ainsi dire, en repartant de zéro. »

Radio Metal : Vous avez intensément tourné pendant deux ans pour Akróasis, et vous avez fait votre dernier concert pour cette tournée il y a seulement quelques jours. Malgré tout, vous êtes parvenus à prendre du temps pour faire un nouvel album. Mais il se trouve que vous remontez sur scène dès juillet et août. N’êtes-vous pas éreintés ?

Steffen Kummerer (chant & guitare) : En fait, en 2017 nous n’avons pas tant tourné que ça, globalement. Je veux dire qu’il y a eu quelques festivals ici et là, nous avons joué en Espagne, au Tech-Fest en Angleterre et quelques autres concerts, mais nous avons principalement composé le nouvel album, et nous l’avons enregistré à la fin de l’année. Finir la tournée mondiale d’Akróasis à Amsterdam la semaine dernière était une fantastique expérience. D’un point de vue extérieur, il pourrait sembler que notre emploi du temps était incroyable mais au final, ce n’est que notre train-train quotidien.

Linus Klausenitzer (basse) : Bon, c’était quand même une période intense. Je veux dire que depuis Janvier, je crois que nous avons joué sur trois continents différents, nous avons joué avec Sepultura en Europe, nous avons fait une tournée au Japon, nous avons célébré notre quinzième anniversaire… Il y a donc eu beaucoup de concerts ! Mais c’était bien aussi, car comme l’a dit Steffen, nous avons passé la majorité de 2017 en studio, à travailler sur les nouvelles chansons, donc c’était un peu un soulagement de rejouer en live. En fait, c’était une période que nous avons beaucoup apprécié, et maintenant pendant l’été, nous nous concentrons sur la promotion du nouvel album, et nous allons jouer dans des festivals. Nous adorons jouer en live ! C’était donc appréciable. Maintenant, nous avons à nouveau plus de temps pour faire des interviews et préparer la prochaine tournée, donc ça va bien.

Vous avez insisté sur le fait que Diluvium a vu les quatre membres du groupe participer et contribuer à égalité aux compositions. Avez-vous le sentiment d’avoir eu davantage une dynamique de groupe par rapport à Akróasis, où c’était principalement vous deux, et Omnivium, où Hannes [Grossmann] a eu beaucoup eu la main sur les compositions ?

Steffen : De mon point de vue, en dehors d’Akróasis, où seuls Linus et moi avons géré la composition, tous les albums ont été le résultat d’un groupe complet travaillant sur chaque chanson ; il n’y avait pas une personne qui a tout écrit sur le moindre album, que ce soit sur les démos, sur le premier album Retribution, sur Cosmogenesis ou sur Omnivium, c’était toujours un travail de groupe. Ce qui a changé entre Akróasis et Diluvium, selon moi, est qu’en gros, Sebastian Lanser, qui sur Akróasis n’avait que composé ses parties de batterie, a cette fois aussi apporté des idées pour les guitares. Et nous avons un nouveau guitariste qui était également impliqué. Donc le fait qu’ils participent à égalité au processus de composition avec Linus et moi a changé ce que tu appelles la dynamique au sein du groupe pour devenir quelque chose de plus équilibré, à mon avis. Et c’est exactement ce que nous avions pour Cosmogenesis ainsi que Retribution, Illegimitation et Omnivium plus tard. C’est toujours un travail de groupe, et c’est seulement avec un travail d’écriture de groupe où tout est équilibré qu’on obtient un résultat où on entend les caractères des quatre membres, comme dans cet album.

Pensez-vous que ça donne plus de couleurs à l’album par rapport à Akróasis ?

Linus : Je suis totalement d’accord avec ça. Je pense qu’avec le genre de musique que nous jouons, le caractère des musiciens ressort bien plus que dans n’importe quelle autre musique, parce que nous ne jouons pas une musique très stéréotypée. Pour nous, nos compétences et notre virtuosité – si tu veux appeler ça comme ça -, sert d’outil à la méthode de composition. Nous aimons jouer avec des musiciens qui ont leur propre style, et nous voulons qu’ils apportent leur propre patte afin de former la musique et faire quelle sonne différemment. Donc ouais, je suis entièrement d’accord.

Cet album s’intitule Diluvium, qui signifie « inondation » en latin, et la dernière fois, Steffen, tu nous as dit que « ce concept en quatre albums se terminera avec la chute ultime, l’apocalypse ultime. » En fait, l’apocalypse est un concept religieux et l’idée de l’inondation fait inévitablement penser au déluge de la Bible. Du coup, quelle était ton idée derrière tout ça ?

Steffen : Derrière Diluvium, il y a en fait l’idée de participer à la fin des fins. Diluvium en soi est un terme géologique, c’est-à-dire la grande inondation, comme tu l’as mentionné, mais il y a aussi le point de vue religieux. A la fois, afin d’être en phase avec l’idée d’avoir les trois niveaux des Hommes… Tous ces textes que j’écris pour ce groupe sont basés sur trois niveaux : la religion, l’astrophysique et la philosophie. La seule chose qui manquait au titre Diluvium était la partie astrophysique. Il y a quelques années, j’ai lu un article fantastique à propos d’une possible fin de notre existence et notre univers ; il y a des milliers d’idées sur la façon dont ceci pourrait finir, mais l’idée était que toute matière se dissoudrait dans un grand océan de néant, donc tout ce qui existe se dissout dans le vide, dans un grand océan, et ça colle parfaitement au nom Diluvium.

Et donc, comment cet ultime album s’insère dans le concept de quatre albums, quels sont ses liens avec les albums précédents et comment as-tu construit cette fin thématiquement ?

Toutes les chansons de Diluvium ne sont que grossièrement connectées les unes aux autres. Mais chaque chanson fait plus ou moins référence à l’une des précédentes chansons dans le cycle, de Cosmogenesis, Omnivium et Akróasis. En gros, cet album est une convergence fluide en partant d’Akróasis, où l’idée de monisme et de dualité va de l’existence consciente vers son autodestruction, et ensuite commence toute l’idée d’un cycle de vie et de mort, et de renaissance, pour ainsi dire, en repartant de zéro. Diluvium se termine en fait avec une progression d’accord qui amène l’idée de recommencement avec la chanson « Anticosmic Overload » de l’album Cosmogenesis. Donc tous les albums sont interconnectés, en termes de paroles, de visuels et de musique.

Si on prend un exemple concret, « Clandestine Stars » est l’une de mes chansons préférées au niveau des paroles mais aussi de la musique. Celle-ci est très spéciale parce que c’est l’une des seules chansons avec lesquelles on peut transposer quelque chose venant de la vraie vie sans nous connaître chacun parfaitement dans le groupe. Il y a beaucoup de réflexions personnelles dans la chanson. En gros, ça traite de… C’est comme un témoin. Je raconte l’histoire des étoiles clandestines, qui sont des consciences témoins de tout le processus, de ce cycle de quatre albums qui sans arrêt recommence, et elles assistent à tout jusqu’à l’éternité absolue. Donc elles meurent et renaissent continuellement, mais à la fois, elles développent leur propre conscience leur permettant de tout savoir à propos de tout. Donc elles savent qu’elles vont mourir pour finalement renaitre. A la fois, elles acceptent qu’il y ait quelque part une fin ultime et c’est précisément ce qu’elles recherchent. Lorsque ça arrivera – ce qui expose toute l’idée de Diluvium, car c’est la fin ultime parmi toutes les fins -, leur existence arrivera enfin à son terme, elles s’évanouiront et ne reviendront jamais, mais elles ne voient pas ça de façon positive ou négative ; elles voient juste que ça va arriver. C’est une idée que j’aime beaucoup. Je ressors cette idée dans la toute dernière chanson sur l’édition normale de l’album : « An Epilogue To Infinity ». En fait, il n’y a pas d’épilogue à l’infini, parce que l’infini est l’infini, donc il doit y avoir un nouveau commencement : c’est un cercle, tout recommence. Donc les étoiles clandestines se sont trompées. « An Epilogue To Infinity » amène cette idée avant que tout recommence avec « Anticosmic Overload »

« Plein de groupes de power metal et black metal ont des restrictions parce qu’ils doivent vraiment répondre à ce que veulent les fans […]. Mais pour nous, c’est très différent. Comme nous sommes un groupe de metal progressif, les gens s’attendent à du changement, et c’est un grand privilège. »

Mais l’album en soit n’est pas directement un album conceptuel, dans le sens où on lirait de la première à la dernière chanson une histoire qui se tient. C’est plus différents événements que j’essaye de décrire sous trois perspectives différentes. On a une chanson comme « Ethereal Skies » qui, en gros, décrit le processus de dissolution vu par une tierce personne. C’est ce que je trouvais intéressant, c’est plus comme quelqu’un qui écrit une chronologie, c’est une description très froide des choses qui se sont passées. C’est donc plus un point de vue absolutiste – on y revient -, lorsque on n’a aucun sentiment, que ce soit bon ou mauvais, on accepte simplement la situation telle qu’elle est, et ensuite on la décrit très froidement et rationnellement ; c’est de ça que traite « Ethereal Skies », mais elle n’a pas une place particulière dans la tracklist de l’album, en termes de paroles. La tracklist de l’album a été plus ou moins choisie par nous quatre, en voyant comment faire en sorte que l’album reste intéressant. Par exemple, ça aurait été ennuyeux si nous avions quatre chansons mid-tempo les unes à la suite des autres. Il se trouve que « Ethereal Skies » est au milieu pour maintenir l’intérêt des gens et travailler sur la dynamique de l’album.

L’album se termine sur « An Epilogue To Infinity » mais ensuite il y a un sorte de seconde fin avec le titre bonus « A Last Farewell », principalement jouée à la basse. Quel est le sens de cette seconde fin ?

Linus, c’est à toi ! [Petits rires]

Linus : Ouais, j’ai écrit ce morceau. C’est un titre bonus mais j’ai pensé que, puisque nous avons ce cercle d’albums, ce serait super d’avoir quelque chose qui donne… La chanson juste avant, « An Epilogue To Infinity », est comme la fin de tout, il y a une conclusion très dramatique, et comme l’a dit Steffen, ça ramène au premier album Cosmogenesis. Si on écoute le titre bonus, il est là pour avoir un état d’entre-deux, pour flotter entre ces deux états. C’est pour ça que j’ai eu cette idée de faire quelque chose seulement avec la basse, en travaillant beaucoup avec les effets de reverb, et ça c’est le résultat. C’est joué uniquement avec une basse hybride, c’est la Ibanez Ashula, c’est une basse avec quatre cordes frettées et trois cordes fretless. J’étais assis seul chez moi pendant plusieurs soirées et je jouais, j’improvisais et je cherchais des idées, et ensuite j’ai tout assemblé. Ce titre bonus s’est développé à partir de ça. Tous les effets de percussion qu’on entend ont uniquement été faits à la basse. Aussi, afin de donner une symétrie à l’album lui-même, j’ai commencé avec un riff que l’on trouve dans la première chanson, dans le refrain de « Clandestine Stars », mais dans un tempo divisé en deux. Il y a ce côté velouté pour rappeler quelque chose de passé, qui flotte dans un océan de néant.

Steffen : Lorsque Linus m’a dit que ça faisait partie de la première chanson « Clandestine Stars », nous avons appelé la chanson « A Last Farewell » car c’est justement une citation de la chanson « Clandestine Stars ».

Il était prévu que les quatre albums du concept aient une couleur distincte. Le bleu pour Cosmogenesis, le vert pour Omnivium et le jaune pour Akróasis, et la dernière fois qu’on s’est parlé, Steffen, tu nous a dit que le prochain album, donc Diluvium, allait être très sombre avec une illustration rouge. Au final, même si on retrouve des touches de rouge au centre, c’est en fait plutôt noir et blanc…

C’était une longue discussion que nous avons eue avec notre artiste graphique, Orion Landau, qui a une nouvelle fois créé l’illustration. Si ça avait été totalement rouge, ça n’aurait vraiment pas été original, et ça aurait été compliqué de le distinguer de l’album Illegimitation, la collection de démos que nous avons sorti avant. Donc ce que nous avons fait est que nous avons conservé la couleur rouge, comme un genre de couleur signal, au centre. C’est donc la couleur rouge qui renvoie aux démos que nous avons créées quand nous avons fondé le groupe ; là aussi on retrouve une connexion. Mais tu as raison, la couleur principale est le noir et blanc, mais tout en gardant le focus sur le rouge, la couleur signal, et c’est pour ça que nous avons laissé l’arrière-plan en monochrome.

Linus : Mais comme tu l’as dit, l’obscurité est ce qui est important, ça représente l’océan de néant. Je ne dirais pas que c’est noir et blanc parce que je ne vois pas beaucoup de blanc [rires], pour être honnête. C’est plus noir et un peu de rouge.

On dirait qu’il y a un motif avec les mots utilisés pour titrer ces quatre albums : le premier et troisième finissent en « sis » et viennent du grec, alors que le second et quatrième finissent en « vium » et viennent du latin. C’était le but ?

Steffen : Encore une fois, il était clair que nous avions certaines idées grossières sur la façon dont construire ce cycle, mais le titre Diluvium, en lui-même, est quelque chose que j’ai trouvé, non pas par accident mais en faisant des recherches. J’ai relié Akróasis avec la conscience à Cosmogenesis, mais le fait d’avoir trouvé le terme Diluvium qui collait au concept et à Omnivium était un coup de chance, pour ainsi dire.

De nombreuses chansons dans Diluvium, même si elles ont toujours la complexité qu’on attend du groupe, sonnent plus directes, percutantes et concises, plus focalisé sur l’efficacité. Vous n’avez même pas de chanson dépassant les six minutes et demie, contrairement aux autres albums. Est-ce que l’efficacité et la concision faisait partie de votre vision de l’album ?

Linus : Absolument. Durant le processus, nous avons beaucoup discuté de l’album et nous nous sommes tous mis d’accord sur certains points, au sujet de ce que nous voulions entendre dans la musique. Nous voulions des chansons plus courtes, qui soient plus directes, avec moins de longueurs. Lorsque nous avons commencé à écrire les chansons, nous avons cette fois fait une pré-production très intense, donc chaque chanson est passée par un très long processus. Il est arrivé plusieurs fois où nous avons raccourci des chansons, et certaines chansons sont passées par une trentaine de versions. La plupart du temps, nous nous sommes mis d’accord pour raccourcir et compresser pour ne garder que les meilleures parties de la chanson, et nous avons aussi beaucoup travaillé sur les arrangements. Je ne pense pas que ce fut aussi intense pour n’importe lequel des anciens albums d’Obscura. Ca a pris beaucoup de temps parce que quatre personnes, ce sont quatre avis. Nous avions deux nouvelles personnes dans le groupe à la composition, rien que ça a fait que c’était très long.

« Je ne vais pas travailler avec quoi que ce soit en plastique ou une version bon marché d’un orchestre. Si je fais quelque chose, je le fais à fond ou pas du tout. Cette fois, nous avons simplement décidé qu’il fallait revoir nos ambitions à la baisse, malheureusement, et ne faire qu’une chanson avec des cordes. […] C’est la seule chose qui me manque vraiment sur cet album et que je n’ai pas pu faire comme je voulais. »

Nous voulions aussi obtenir un album plus percutant que le précédent. Akróasis sonnait très atmosphérique, et bien sûr, si tu as de longues couches sonores, ça paraît plus logique d’avoir des chansons plus longues, car il y a de longs moments où la dynamique de la chanson peut changer, alors que si tu as des chansons très directes et sèches, comme sur cet album, ça ne prend pas autant de temps à développer. Donc ouais, nous avions des idées très concrètes sur la façon dont l’album devait sonner, mais évidemment, toutes ces idées n’ont pas été conservées au final. Parfois, tu commences avec un plan et ensuite ça dévie. C’est ce qui rend la créativité intéressante, car ça aide à avoir une idée commune mais ça prend aussi d’autres directions… Comme par exemple, je ne pense pas que cet album soit très déprimant, il n’a pas ce côté mélancolique, mais ça reste sombre. Nous ne savions pas ce qu’allait devenir ces idées, mais certains des objectifs sur lesquels nous étions tous d’accord nous ont beaucoup aidés.

Même le son de l’album semble plus brut, plus organique, plus rentre-dedans…

Peut-être que ça vient du jeu de Rafael, qui est très différent des guitaristes que nous avons eu précédemment. Il a un son très direct et sec ; peut-être que ça aussi a influencé le son.

Steffen : Tout l’album est plus clair et je pense que les chansons sont effectivement bien plus directes. Je dirais aussi que tout a plus de punch. Je pense surtout que la batterie est bien plus organique que tout ce que nous avons eu avant. En gros, nous avons travaillé avec l’acoustique de la pièce, nous avons travaillé uniquement avec des amplificateurs à lampe, du matériel analogique… Il se peut que ça sonne moins stérile que certaines de nos productions précédentes, comme Retribution ou Omnivium. Notre objectif était d’obtenir un album qui sonnerait parfaitement naturel, où on peut clairement entendre qu’un groupe joue, pas des gamins qui produisent des guitares programmées à la maison ou autre. Il faut que ce soit un groupe qui joue la musique. C’est quelque chose sur lequel je suis très difficile, dans la mesure où la plupart des productions de nos jours sont enregistrées à la maison sans aucun budget, ça sonne complètement stérile avec une batterie programmée. Je veux vraiment l’opposé de ça. Je veux un son dynamique et organique avec de la profondeur, pas seulement en ayant les guitares réparties à droite et à gauche mais aussi en profondeur, ce qu’on appelle le mixage 3D. C’est très important. Je pense que c’est selon cet axe que nous nous développons de plus en plus.

Est-ce plus dur pour un groupe comme Obscura d’essayer d’être concis plutôt que de laisser la créativité s’exprimer sans restriction ? Avez-vous le sentiment de vous forcer à produire un format plus court ?

Linus : Je ne sais pas si on peut parler de « restriction ». Si je réfléchis à ma manière de procéder, j’aime avoir un point de départ, afin d’avoir un certain… Je n’appellerais jamais ça une restriction, parce qu’une restriction est vraiment quelque chose de… Laisse-moi dire ça autrement : plein de groupes de power metal et black metal ont des restrictions, selon moi, parce qu’ils doivent vraiment répondre à ce que veulent les fans, et ils sont très conservateurs, donc ils ne peuvent pas tenter trop de choses pour changer. Mais pour nous, c’est très différent. Comme nous sommes un groupe de metal progressif, les gens s’attendent à du changement, et c’est un grand privilège. Le nouvel album sonne comme nous, donc ce n’est pas une restriction. Nous nous développons à partir de quelque chose que nous avons fait avant, et ces restriction dont, je pense, tu parles ne sont que des objectifs que nous nous fixons, comme une base pour construire des idées, afin d’avoir une vision commune de l’allure qu’aura l’album, c’est tout.

Nous n’avons pas des chansons courtes parce que nous n’aimons pas les chansons longues ou parce que nous trouvons qu’elles sont moins commerciales. Nous pensons juste à nos propres goûts pour déterminer comment on pourrait améliorer nos chansons, et cette fois c’était en faisant des chansons plus courtes. Et ce n’était pas une restriction ; c’est juste un processus naturel, un but commun que nous avions. Comme l’a dit Steffen avant à propos du concept des albums, tu as évidemment une certaine base qui unit le tout et créé une cohésion. C’est quelque chose qu’on a envie de travailler. Par exemple, si tu recommences à chaque fois de zéro avec un truc complètement différent, c’est peut-être plus créatif, mais pour être créatif, j’ai besoin d’une certaine base de départ. Donc je ne sais pas si nous ferons un jour un album de jazz, je ne crois pas [petits rires]. Ce groupe a quand même un certain passé, si l’un d’entre nous n’aime plus ce passé, ou n’aime pas une chanson sur laquelle nous travaillons, il devrait probablement quitter le groupe, parce que nous avons un certain espace de liberté pour prendre différentes directions mais, évidemment, il y a une certaine base. Les influences que nous avons, les goûts musicaux que nous avons, devraient être une chose commune.

La dernière fois qu’on s’est parlé, Steffen, tu nous as dit que « Weltseele » était un spoiler pour le successeur d’Akróasis et que vous alliez « beaucoup travailler avec des orchestres. » Or, au final, seul « Ethereal Skies » contient des parties de cordes. Qu’est-il advenu de cette idée de travailler davantage avec des orchestres ?

Steffen : Ouais, c’était l’idée au départ, de composer Diluvium intégralement avec un orchestre, mais malheureusement, nous n’avons pas le budget pour travailler avec un orchestre complet. C’est la raison principale, pour être honnête. Je ne vais pas travailler avec quoi que ce soit en plastique ou une version bon marché d’un orchestre. Si je fais quelque chose, je le fais à fond ou pas du tout. Cette fois, nous avons simplement décidé qu’il fallait revoir nos ambitions à la baisse, malheureusement, et ne faire qu’une chanson avec des cordes. Pour ceci, nous avons invité des gens que nous respectons et avec qui nous apprécions beaucoup travailler. Nous avons le père de Linus au violon et notre premier batteur et violoncelliste au violoncelle. Nous avons donc travaillé sur une chanson avec des cordes, mais en fait c’est la seule chose qui me manque vraiment sur cet album et que je n’ai pas pu faire comme je voulais. Encore une fois, c’est un souci de budget, et c’est une problématique que la plupart des groupes rencontrent de nos jours.

Linus : Je ne suis qu’à moitié d’accord, en fait, car nous avons eu cette discussion au sujet du budget quand environ la moitié de la composition était faite, et comme je l’ai dit avant, nous avions nos objectifs sur comment l’album devait sonner, et nous avions en tête d’inclure un orchestre, mais les premières musiques que nous avons commencé à écrire ne collait pas du tout avec de la musique orchestrale. Si tu écoutes les premières chansons, tu te rendras compte que ce son brut et direct ne conviendrait pas très bien à un orchestre. Donc c’était exactement ça : nous avions des objectifs et ça a pris une autre direction que ce qui était prévu. Si nous avions écrit les premières chansons et qu’elles avaient été très mélancoliques ou profondes et lentes, alors un orchestre aurait eu sa place, mais ça n’a pas amené à ça. Comme l’a dit Steffen, c’est toujours super de travailler avec un orchestre, mais ce n’est pas qu’une question de budget, c’est aussi que la musique que nous avons écrite ne se prêtaient pas tellement à avoir des cordes, à mon avis. Mais je suis content qu’il y ait une partie avec mon père sur l’album, car c’est un musicien professionnel, il travaille toujours beaucoup malgré ses 73 ans. Il vieillit, et je suis moi-même un musicien professionnel, et pourtant nous n’avons jamais joué ensemble sur un album. Donc c’était le moment de le faire maintenant, c’était le parfait timing, selon moi.

« La musique classique et le metal progressif comme nous faisons sont très liés. La complexité des harmonies, les sons, les multiples couches sont des choses qui se rapprochent beaucoup entre les deux. »

D’ailleurs, quel impact et influence a eu ton père, en tant que violoniste classique, sur ton éducation musicale ?

Je pense que ce qui a eu un énorme impact était son indéfectible soutien. Nous ne parlons pas tellement de musique, en fait. Je le vois presque toutes les semaines, il vit à seulement trente kilomètres d’ici. Donc j’ai par exemple mangé avec lui ce midi. Mais la plupart du temps, nous ne parlons pas de musique, c’est très étrange. Je n’ai aucune idée pourquoi. Je pense qu’il a une façon très différente de ressentir sa musique et de travailler dessus. Comme c’est un musicien classique, il se focalise surtout sur l’interprétation et l’arrangement. Moi, ce qui m’importe, c’est la composition, la prestation live, et ce genre de choses. Son influence sur moi vient surtout de mon éducation étant enfant. J’ai commencé mon éducation musicale à trois ou quatre ans. J’ai pris des cours de violon, ensuite j’ai commencé à jouer de la trompette, ensuite j’ai joué du piano… Mon père disait : « Eh bien, je pense avoir le meilleur boulot du monde, en jouant dans des orchestres et en jouant de la musique tous les jours avec des gens géniaux. Je veux apprendre la même chose à mes enfants ! Peut-être qu’ils apprécieront aussi et auront un parcours similaire. » Comme nous n’aimions pas la musique classique, comme c’est le cas de la plupart des enfants, nous avons pris un autre chemin que notre père, mais quand même, ça reste une influence. J’ai toujours joué de la musique mais ça ne m’a jamais passionné avant d’être adolescent et de commencer à écouter du metal. Au début, j’avais de gros doutes quant au fait qu’ils me soutiendraient, et c’était très stupide parce qu’ils m’ont tout de suite soutenu. Ils m’ont aidé à trouver un bon professeur et m’ont soutenu quand j’ai voulu aller à l’école de musique ; je n’étais jamais certain d’être suffisamment bon mais ils m’ont soutenu et ont travaillé dessus avec moi. Ce soutien mental pour se lancer dans une carrière musicale, qui comme tu l’imagines est dure, est nécessaire, et c’est ce qu’ils m’ont toujours apporté, ma mère et mon père.

Comme ton père joue d’un instrument sans frette, se pourrait-il que ça ait eu une influence pour que tu choisisses la basse fretless ?

Je ne pense pas, en fait [petits rires]. Je n’y avais jamais réfléchi ! Peut-être que mon son s’est un peu développé grâce au sien parce que je l’entendais tout le temps ; par exemple, je n’ai jamais eu de grands problèmes avec l’intonation quand j’ai commencé la basse fretless, si on compare ça peut-être à d’autres bassistes que j’ai rencontré et qui ont dû beaucoup travailler sur l’intonation au début. Peut-être que ça vient de là, mais s’il a eu une influence musicale sur moi, c’est peut-être en écoutant de la musique intéressante. Peut-être que si mon père avait été un DJ, je ne sais pas, mes goûts musicaux aurait été complètement différents. Je pense que la musique classique et le metal progressif comme nous faisons sont très liés. La complexité des harmonies, les sons, les multiples couches sont des choses qui se rapprochent beaucoup entre les deux.

Et comment t’es-tu retrouvé dans le metal plutôt que la musique classique ?

Je pense que ce n’est vraiment qu’une question de trouver autre chose que ce que tes parents font pour te définir toi-même. Je ne sais pas, je ne me suis jamais senti connecté à un autre instrument, je n’ai jamais pu avoir une passion pour la trompette ou le piano avant. Je ne sais pas pourquoi c’était la basse. Mais c’était vraiment juste parce que j’étais un adolescent qui développait son caractère, et le metal correspondait au mien. La musique classique que mon père jouait était principalement de la musique intense. Il jouait beaucoup de Richard Wagner. Il y a un festival pas très loin d’où je vis où il a joué tous les été pendant plus d’un mois les opéras de Richard Wagner, ce qui est hyper épuisant et long à jouer. Richard Wagner avait la même approche que le metal. C’est-à-dire faire la musique la plus extrême avec le plus de dynamique que possible avec l’instrumentation à notre disposition. Je peux imaginer que ça a eu un impact sur moi, c’est certain, quand il m’a emmené voir des opéras et m’a montré les coulisses… Sous les opéras, il y a l’espace réservé à l’orchestre où ils sont assis en sous-vêtements parce qu’il y fait très chaud, tandis qu’en haut, il y a les grands politiciens assis très bien habillés, avec des robes très chères [petits rires]. J’avais le droit étant enfant de m’assoir là et regarder ce qui se passait. C’est ultra impressionnant d’être assis à côté de huit contrebasses qui jouent très fort et intensément une musique très variée et dynamique ; je pense que ça a eu un impact sur moi, c’est sûr.

Le milieu classique est réputé pour être très conservateur. Est-ce que ton père comprend ta musique et y trouve une valeur artistique ?

[Petits rires] Très bonne question ! Il m’encourage, donc je ne sais pas s’il me dirait un jour « c’est horrible ce que tu fais ! » Il comprend la complexité de cette musique. Aussi, nous avons joué avec un autre groupe que j’avais avant Obscura, ça s’appelle Noneuclid, et nous avons même donné des concerts ensemble, donc ouais, il a compris ce que nous faisions là et quelle était notre intention. Ce n’est pas quelque chose qu’il aime beaucoup, je pense. Il apprécie quand il s’agit de concerts, bien sûr, mais je pense que c’est plus une question de fierté parentale qu’une réelle passion pour ma musique. Mais il comprend ce que je fais. J’apprécie quand il est là et lui aussi apprécie.

Comme vous l’avez mentionné, Jonas Baumgartl est au violoncelle. Il a fait partie du groupe au tout début. Et si on prend en compte ce que tu as dit, Steffen, à propos des notes de rouges renvoyant au premier album Retribution. Est-ce que ça aussi c’était une façon de boucler la boucle ?

Steffen : Oui, absolument. En fait, Jonas a beaucoup été impliqué dans le développement de Cosmogenesis, et nous avions déjà joué environ la moitié de la musique qui s’est retrouvée sur l’album sur quelques tournées et festivals avant que le line-up d’enregistrement se soit constitué, et il a aussi enregistré la pré-production pour trois ou quatre chansons de l’album. Il est passé complètement inaperçu pour la plupart de nos fans. Tout comme Linus a son invité très spécial sur l’album avec son père, pour moi Jonas est une personne très importante qui a développé le son du groupe depuis le début, mais qui a aussi son lot de mérites sur Cosmogenesis, et c’est quelque chose que j’avais vraiment envie de souligner. Je veux dire que la première chanson sur Cosmogenesis, « Anticosmic Overload », a été écrite par nous en 2005. Nous l’avons si souvent jouée ensemble ! Encore une fois, il est passé complètement inaperçu, et j’ai pensé qu’il devait faire partie de tout ce truc quand il allait finir où ça avait commencé.

On dirait que la basse est encore plus mise en avant dans le mix que sur Akróasis, plus dans la veine de la façon dont la basse était mixée dans Cosmogenesis. Etait-ce une exigence de ta part Linus ?

Linus : [Rires] C’est très intéressant d’entendre ça parce qu’en fait, c’était tout l’opposé ! Lorsque le mix était fait, tout monde est venu me voir et a dit : « Linus, es-tu vraiment content du mix de ta basse ? Parce qu’on trouve qu’elle n’est pas aussi forte que les albums précédents. T’es sûr que ça te convient ? » « Ah, ça va, peut-être sur le prochain album… » [Rires] C’est très intéressant à entendre ! Je pense en fait que la basse est davantage mise en avant dans Akróasis parce qu’il y a plus de parties atmosphériques, très ouvertes, où j’avais de la place pour ma basse. Mais tu sais comment ça se passe, lorsqu’on enregistre un album, on est tellement dans le processus qu’on n’est plus objectif. Donc c’est toujours intéressant d’entendre ce que d’autres gens disent quand ils écoutent l’album. Tu pourrais avoir complètement raison ! Mais ce n’était pas le but que la basse soit plus forte que dans Akróasis, pas du tout. C’est peut-être à cause du son de l’album, elle fonctionne mieux dans le mix, sans doute, parce que nous voulions un son plus direct que sur l’album précédent. Le son est un peu plus doux sur Akróasis à cause de cette atmosphère plus moelleuse. Par exemple sur la chanson éponyme du nouvel album, pour laquelle nous avons fait un clip, il y a une partie qui sonne un peu comme Morbid Angel au milieu où j’ai même utilisé un peu d’overdrive ; c’était la première fois que j’en utilisais pour Obscura et avec une basse fretless. Donc nous avons essayé quelques trucs avec le son, et je suis content que tu aies remarqué que le son est plus direct que sur l’album précédent.

« Quand on joue dans un groupe de death metal technique, les efforts et l’énergie qu’on doit investir dans la composition et tout le reste sont si élevés que lorsque des problèmes personnels surviennent, ça clashe peut-être encore plus que dans d’autres groupes ou scènes. »

Lorsqu’on écoute ton jeu, on pense immédiatement à deux références : Jeroen Paul Thesseling – qui a d’ailleurs fait partie d’Obscura par le passé – et Sean Malone de Cynic. Ces deux bassistes, avec Steve DiGiorgio, ont introduit la basse fretless dans le death metal au début des années 90. Quel a été l’impact de ces deux bassistes sur toi ?

C’est très vrai. Jeroen surtout, bien sûr, a eu un énorme impact sur moi parce que j’ai rejoint le groupe juste après les enregistrements d’Omnivium. J’ai plus ou moins joué tous les concerts pour cet album. Avant que la composition ne débute pour Akróasis, j’avais fait beaucoup de concerts, jouant sa musique tous les soirs, et bien sûr, son jeu a eu une grande influence sur le mien, et à partir de là, j’ai commencé à travailler sur mon propre son. Donc j’étais très content d’avoir eu cette période entre Omnivium et Akróasis, pour être honnête. Et c’est intéressant que tu entendes Sean Malone parce qu’on ne me le dit pas souvent, mais en fait, dans toute cette scène metal progressif, parmi tous les bassistes fretless, je pense que c’est mon préféré. Aussi le jeu de basse sur le dernier album de Cynic est incroyable. Il ne joue pas aussi fort que moi, car je frappe les cordes très fort, j’ai un son très dynamique, je joue très doux et ensuite je frappe les cordes un peu comme Steve Harris ; lui ne fait pas ça. Il a plus une approche similaire à un bassiste comme Gary Willis, jouant dans une gamme de dynamique basse, avec beaucoup de notes fantômes, et ça fonctionne pour le genre de musique que joue Cynic mais pas pour Obscura. Mais ouais, c’est sûr, la façon dont il utilise ses gammes, ses plans, etc. est une grande influence pour moi. Une autre personne qui m’a beaucoup influencé est Randy Coven, un bassiste pas très connu pour le death metal mais il a joué par exemple sur un de mes albums préférés : Burn The Sun d’Ark. Le jeu de basse fretless dans cet album est juste incroyable.

On a parlé parlé à Hannes d’Alkaloid il y a quelques semaines, et il était très critique envers ton approche de la composition, Steffen. Il nous a dit : « Il aime Death et Cynic, et c’est comme ça qu’il voulait que le groupe sonne. […] On ne peut pas dire qu’on a une certaine identité et ensuite prendre un riff d’une chanson de Death, changer trois notes et dire ‘hey, j’ai une nouvelle idée !’ [Rires] C’est grosso-modo ce que Steffen fait au niveau composition ! Ça ne me satisfait pas ; ce n’est pas professionnel et ce n’est pas mature. » Comment te défendrais-tu contre cette critique ? Et Linus, tu peux également réagir, vu que tu es dans les deux groupes, tu as peut-être une perspective particulière sur le sujet.

Steffen : Eh bien, j’aimerais beaucoup qu’on passe à la question suivante…

Linus : Peut-être que j’ai un peu le cul entre deux chaises [petits rires]. C’est triste d’entendre Hannes dire ce genre de chose. J’ai une perspective totalement différente par rapport à ça. C’est juste que… Je ne sais pas. Tu peux imaginer que quand on joue dans un groupe de death metal technique, les efforts et l’énergie qu’on doit investir dans la composition et tout le reste sont si élevés que lorsque des problèmes personnels surviennent, ça clashe peut-être encore plus que dans d’autres groupes ou scènes. Tu peux voir que dans le tech death, plein de groupes changent souvent de membres, et ce n’est qu’un autre exemple démontrant pourquoi ça n’a pas marché. On dirait qu’Hannes a toujours de la rancœur à ce sujet qui ressort parfois, ce qui n’est pas une bonne chose à exprimer dans une interview. Bref. Bien sûr, mon avis est que j’adore le style de composition de Steffen. Bien sûr que Death et Cynic sont des influences, mais tout le monde a des influences, donc ce n’est pas une approche de composition en soit ou je ne sais quoi.

Comme tu l’as dit, Hannes semble toujours avoir de la rancœur à l’encontre de Steffen et Obscura. Donc étant dans les deux groupes, Obscura et Alkaloid, comment te sens-tu au milieu de ces deux entités et cette amertume ?

Ouais, comme tu peux le voir, je ne suis pas très à l’aise ! [Rires] Mais ce n’est pas un sujet qui ressort très souvent, en fait. Je passe beaucoup de temps avec Steffen, je passe beaucoup de temps avec Hannes, et ils ne parlent pas souvent l’un de l’autre, mais je pense que dans certaines interviews on leur pose pas mal de questions sur ces sujets et alors les émotions refont surface. Mais évidemment, ce n’est pas très confortable. J’ai de bonnes relations avec les deux groupes. Aussi, Hannes a des influences très claires dans le nouvel album d’Alkaloid. Par exemple, il y a des influences évidentes de Yes. Mais bref. Je n’aime pas trop parler des ragots parce que c’est quelque chose de très personnel et les gens de l’extérieur ne peuvent pas comprendre s’ils ne connaissent pas tout le tableau. Ça me met très mal à l’aise, évidemment, de parler de choses privées en public, car les gens veulent avoir un avis à ce sujet alors qu’ils ne peuvent pas.

Steffen : C’est exactement pourquoi j’ai arrêté de parler de ces vieux sujets. C’est quelque chose qui doit rester entre les ex-membres, et je ne vais pas me mettre à raconter des conneries sur internet, juste pour attirer l’attention de quelqu’un qui a quitté le groupe il y a cinq ans. Ce n’est pas du tout quelque chose que j’ai envie de faire. Désolé si j’ai pu être impoli en ne répondant pas à la question, mais je ne veux simplement plus entendre parler de ce sujet au sein du groupe. Je me fiche de ce que d’autres gens pensent de moi. Je veux dire que nous faisons ce que nous faisons et le groupe rencontre plus de succès que jamais, nous faisons des tournées fantastiques et tout le monde est content. Il n’y a donc pas besoin de ressentiments, surtout pas en public. Ça, ce n’est pas professionnel, selon moi, et ce n’est pas du tout ce que je fais. Donc il ne lira pas d’interview où je dis des conneries sur lui en public. Le problème est que plein d’autres le font, genre des anciens membres qui n’ont pas été dans un groupe pendant très longtemps et qui font sans arrêt ça, et des gens avalent ces fausses informations et ne demandent jamais à avoir l’autre version de l’histoire. Mais je suis simplement trop vieux pour avoir de mauvaises pensées. Je m’entends avec tous les autres anciens membres. Par exemple, nous avons fêté nos quinze ans il y a quelques semaines et il y avait quasi tout le monde ; Jeroen Paul Thesseling était au dernier concert à Amsterdam, et quelques concerts avant, Christian Münzner était dans notre salle de répétition à Salzburg. C’est quelque chose qui ne devrait regarder personne ! Ça n’a rien à voir avec notre groupe, selon moi. C’est quelque chose de privé.

La dernière fois qu’on s’est parlé, tu nous as dit : « J’ai pleine conscience d’où nous venons. Jamais je ne négligerais nos racines. Lorsque j’ai commencé à jouer de la guitare, mes grands héros étaient Atheist, Pestilence, Cynic, Death, Nocturnus… Tous ces groupes. D’une certaine façon, ça se reflète dans chaque chanson, parfois plus, parfois moins. » C’est quelque chose qu’on peut aussi ressentir dans Diluvium, surtout avec l’utilisation du vocoder à la manière de Cynic. A quel point est-ce important pour toi qu’Obscura reste ancré dans cette lignée de death metal technique ?

En fait, ce n’est pas du tout important. Si on retirait les voix en vocoder que tu as mentionné, il n’y a pas d’influence de Death particulière ou autre qu’on pourrait mettre en évidence dans les chansons, à mon avis. Bien sûr, ce que je vais toujours vouloir conserver, c’est une clarté dans les arrangements. Je veux que certaines mélodies reviennent, je veux certains refrains, chaque chanson a besoin d’un refrain fort. C’est en gros là-dessus que je me fais entendre dans le groupe ; c’est quelque chose de très important, plus important que d’essayer d’inclure des influences. Mais comme tu l’as mentionné, je sais d’où je viens et je ne vais pas du tout le nier. Le vocoder est devenu une part très importante du groupe, mais ces sons ont aussi beaucoup évolué. Lorsque nous les avons utilisés la première fois sur Cosmogenesis, c’était plus une expérience, mais aujourd’hui, c’est clairement une part importante des refrains de toutes les chansons. Il s’est avéré que ça fait partie de notre groupe. Et il n’y a plus d’autres groupes qui emploient ça aujourd’hui, en tout cas pas dans ces proportions, à mon avis. Si on a un cliché dans son groupe, eh bien, il faut le développer ou le faire évoluer pour se l’approprier, et c’est ce que nous avons fait.

« Nous avons envie de faire la différence par rapport aux autres groupes et faire ça de manière plus haut de gamme. Donc nous mettons la majorité de notre budget dans l’enregistrement et la production des albums au lieu de, eh bien, boire des bières et prendre de la drogue [rires]. »

Linus, tu as enregistré presque simultanément les albums d’Obscura et Alkaloid. Comment as-tu partagé ton temps entre les deux sessions ?

Linus : Ouais, c’est une très bonne question ! [Rires] Je me demande souvent comment j’ai fait ! En fait, les sessions d’enregistrement se sont faites l’une après l’autre, et pendant les enregistrements de l’album d’Alkaloid, j’ai fini d’écrire les lignes de basse pour Obscura en même temps. J’avais vraiment peur sur le moment que je n’allais pas être content de moi au final parce que je n’aurais pas suffisamment eu de temps pour tout faire bien. Mais j’ai investi autant d’effort dans les deux enregistrements. Je suis bien content de ne pas être arrivé à un stade où j’aurais dû dire : « Maintenant je dois enregistrer un truc bâclé ou composer une chanson que partiellement parce que je n’ai plus le temps. » Mais je ne sais comment, ça a marché. J’ai bossé comme un acharné. Je suis à cent pour cent satisfait de mon travail sur ces deux albums. Parfois, la pression peut aussi être un moteur créatif.

Tu n’as pas composé pour Alkaloid alors que tu composes beaucoup pour Obscura. Comment l’expliques-tu ? Penses-tu que le style d’Obscura est plus proche de ta patte créative ?

Non, c’était en fait une décision que j’ai prise à un moment donné. Lorsque Hannes m’a demandé de rejoindre Alkaloid, j’ai dit : « Eh bien, j’adorerais mais il faut que je te préviennes que je ne pourrais contribuer qu’avec mes lignes de basse et pas de chanson complète, car je ne pourrais pas me charger de composer des chansons pour deux groupes aussi complexes. » Ca ne posait aucun problème, car Hannes apporte énormément de musique et le reste du groupe, ce sont quatre compositeurs très actifs. Et ce n’est pas comme si j’avais un besoin de composer des chansons pour un groupe, j’apprécie beaucoup jouer les compositions d’autres gens. Et comme je travaille dans la musique progressive, j’ai beaucoup de liberté avec mes lignes de basse, donc ce n’est pas les autres gars qui écrivent mes parties, je les fait quand même moi-même et je peux apporter mon propre caractère, ma propre touche, à la musique. C’est pourquoi je peux apprécier les deux groupes.

N’as-tu pas peur quand même que les emplois du temps des deux groupes entrent en conflit ?

Bien sûr, mais tout le monde dans Alkaloid est très occupé et mon centre d’attention en termes de tournée, c’est Obscura. Jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de souci. J’espère juste que ça restera ainsi. On verra ! Et je ne vois pas vraiment de compétition entre ces deux groupes. Chaque membre dans Obscura a un second groupe. Sebastian joue dans Panzerballett, Steffen a Thulcandra… Ça fonctionne ! Et Alkaloid n’est pas un groupe qui tourne intensivement comme Obscura qui tourne pendant deux ou trois mois par an. Je ne vois pas de problème. Evidemment, il peut y avoir des conflits mais ce n’est pas quelque chose qui m’empêchera de dormir.

Maintenant que le concept en quatre albums est complet. Comment te sens-tu Steffen au sujet de cette aventure de dix ans, les différentes phases que le groupe a traversé, la façon dont ça a évolué, etc. ?

Steffen : Je suis satisfait, reconnaissant et soulagé à la fois, pour être honnête. C’était une longue aventure. Je ne m’attendais pas à ce que ça prenne dix ans. Lorsque nous avons signé notre premier contrat d’album avec Relapse Records, c’était prévu pour quatre albums, et ce que j’adorais chez des groupes comme Cannibal Corpse ou même les premiers albums de Death est que tu vois qu’ils sont tous plus ou moins connectés, en termes d’illustrations, de textes, mais ce que j’adore aussi, c’est un groupe comme Led Zeppelin qui a simplement numéroté ses albums, I, II, III, IV, et ont, d’une certaine façon, connecté et fusionné toutes ces idées différentes pour travailler sur quatre albums formant un genre de concept. Aucun autre groupe de death metal n’avait fait ça avant – à ce que je sache – et nous sommes parvenus à le faire avec l’implication de tout le monde durant toutes ces années ; nous avons créé quelque chose d’assez original. Tout le concept était grossièrement établi avec quelques idées, mais c’était suffisamment ouvert pour apporter de nouvelles idées et travailler sur une voie supplémentaire ici et là, simplement pour écrire quelque chose qu’on a ou qui nous intéresse sur le moment. Donc l’idée des quatre albums était là, mais le chemin à suivre entre le point de départ et l’arrivée était assez libre.

Maintenant, nous avons fini le concept dont la conception a duré dix ans, avec une certaine homogénéité, en ayant eu le même gars en charge de l’illustration, le même producteur, et ayant connus quatre changements de membres en dix ans, ce qui n’est pas énorme, à mon avis. Je suis donc vraiment reconnaissant pour tout ce que nous avons accompli avec le groupe pendant ce temps. Je pense que nous avons passé des étapes… de petites étapes mais durant les quinze ou seize dernières années, nous avons tracé notre chemin, partant de groupe novice qui ne savait pas ce qu’il faisait pour devenir un groupe professionnel tournant dans le monde entier. A la fois, nous avons désormais énormément d’options pour le futur, nous sommes libres de faire tout ce que nous voulons. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Aujourd’hui, nous avons hâte de sortir Diluvium, le 13 juillet, et tourner pendant deux ou peut-être trois ans, qui sait ? C’est là-dessus que nous nous focalisons maintenant, mais je me sens bien. Je suis content, nous avons un bon feeling dans le groupe. Tout va bien !

Lorsque tu as commencé avec Cosmogenesis, est-ce que ce à quoi Diluvium ressemble est ce que tu imaginais pour la fin du concept ? Et qu’est-ce que le Steffen d’il y a dix ans aurait pensé de cet album ?

Je pense qu’il aurait adoré le son de batterie ! [Rires] Je suis très difficile en matière de production. Je pense que le résultat est intéressant. Nous avons quatre albums liés les uns aux autres mais ils sonnent et ont l’air différents, et ils ont des chansons très différentes. C’est une bonne chose ! Nous n’avons à aucun moment enregistré les mêmes albums, mais nous avons quand même conservé un son signature, ou nous l’avons fait évoluer. Je pense qu’au cours de nos deux derniers albums, nous avons d’une certaine façon développé notre marque de fabrique. A partir des influences évidentes qu’on pouvait remarquer sur nos premiers albums, nous sommes devenus originaux. C’est quelque chose dont je suis très fier.

Tu as dit que le Steffen d’il y a dix ans aurait adoré le son de batterie de Diluvium. Pourquoi spécifiquement le son de batterie ? C’est marrant, parce qu’une chose qu’Hannes nous a dit avoir aimé dans Akróasis était justement le son de batterie !

Parce que les guitares sont très faciles à produire ! L’instrument le plus exigeant est évidemment la batterie parce que tu as trente à cinquante microphones à ajuster et faire en sorte que la physique fonctionne. Globalement, c’est la tâche la plus importante quand on enregistre. Nous nous sommes développés, en commençant par enregistrer dans un boite, une petite salle d’enregistrement, nous n’avons cessé d’apprendre, y compris de la part de notre producteur V. Santura, qui fait partie du groupe depuis seize ans, puis avons forgé notre propre savoir au fil des années. Lorsque nous avons commencé à pré-produire Akróasis, nous avons décidé de nous rendre dans un studio extérieur afin de travailler sur l’acoustique de la pièce d’enregistrement. C’est une étape très importante. Ainsi ça ne sonne plus comme un enregistrement « écrasé », comme lorsque tu dois émuler une certaine pièce avec des reverbs et delays, là c’était une pièce physique et ça sonne totalement différent. C’est la voie que j’ai envie de suivre de plus en plus. Pour Diluvium, par exemple, nous avons commencé à construire notre propre studio d’enregistrement, nous avons investi beaucoup d’argent de notre budget dans sa construction et l’optimisation de l’acoustique. Je pense que c’est la bonne démarche. Nous avons envie de faire la différence par rapport aux autres groupes et faire ça de manière plus haut de gamme. Donc nous mettons la majorité de notre budget dans l’enregistrement et la production des albums au lieu de, eh bien, boire des bières et prendre de la drogue [rires].

« Nous avons tous libéré beaucoup d’espace dans nos vies pour que le groupe avance et évolue vers quelque chose de plus gros que ce que nous sommes pour le moment, nous avons changé nos situations professionnelles, nos carrières et tout en marge de la musique. »

Vous ne pensez pas que prendre de la drogue aurait aidé à faire l’album ? [Rires]

Non, pas de drogue !

Linus : Sans doute que le résultat aurait été vraiment très progressif [petits rires].

Steffen : Et nous aurions sonné comme Yes !

Ferais-tu certaines choses différemment si tu pouvais dans ces quatre albums ?

Avec le recul, ce sont tous des instantanés dans le temps, selon moi. C’est dur de comparer quoi que ce soit. Je ne pense pas. Ils sont comme ils sont. Nous avions aussi réfléchi à rééditer nos albums, mais je n’ai pas envie de les remasteriser, ni les remixer, car ce sont les albums tels que nous les avons enregistré à l’époque, et je pense qu’ils devraient être ainsi, on devrait les respecter avec tout ce qu’ils ont. Bonnes chansons, mauvaises chansons, bonne production, quelques erreurs ici et là, peu importe, c’est ce que c’est, j’en suis fier et je ne changerais rien.

Y a-t-il beaucoup d’erreurs dans ces albums ?

Si tu es un geek, comme nous, tu en trouveras ! Mais je ne vais pas de te dire quoi [rires].

Voyez-vous Diluvium comme un chapitre qui se clôt pour le groupe ?

Linus : Ce concept de quatre albums était toujours le but que nous avions en tête, et désormais il n’est plus là, mais ça ne me donne pas du tout l’impression d’une fin. Je n’ai jamais ressenti de restriction à cause d’un concept d’album ou autre. Ce n’est pas comme si nous décidions : « D’accord, maintenant que nous avons fini ceci, nous allons changer le line-up ou notre son. » Nous voulons changer des choses de la même manière que nous voulons en changer après chaque album. Nous poursuivons le processus. Bien sûr, c’est désormais excitant de se demander ce que sera le prochain concept, si tant est que ce soit à nouveau un concept sur plusieurs albums, ou ce sera peut-être totalement différent… Peut-être que nous allons enregistrer un double album orchestral ! Qui sait ce qui va se passer ? La seule chose qui va vraiment changer, ou pourrait changer, est notre situation au niveau contractuel. Nous sommes arrivés au bout du contrat de quatre albums avec Relapse Records et nous devons désormais rechercher un nouveau contrat. On verra ce qui se passera à l’avenir : peut-être que nous continuerons à travailler avec eux, peut-être que nous serons partants pour quelque chose de nouveau. Mais c’est la seule chose qui se termine vraiment.

Steffen : Je vois ça de façon assez similaire. Je dirais que Diluvium est un point de non-retour, pour être honnête. Le line-up que nous avons aujourd’hui, avec Linus, Rafael et Sebastian, nous avons tous libéré beaucoup d’espace nos vies pour que le groupe avance et évolue vers quelque chose de plus gros que ce que nous sommes pour le moment, nous avons changé nos situations professionnelles, nos carrières et tout en marge de la musique. Je pense que cette année ou la prochaine sera très intéressante, plein de choses pourraient de changer, ou pas du tout, nous ne savons pas, mais nous avons hâte de voir ça. Comme Linus l’a précisé, oui, nous avons rempli notre contrat mais d’une bonne façon. Tout le reste va bien, jusqu’ici, comme je l’ai dit. Les choses s’améliorent avec chaque album et j’en suis très fier. J’ai juste hâte de voir ce qui se passera après.

Je sais que vous tu avais l’ambitieuse idée d’enregistrer en live les quatre albums. Savez-vous si et quand ça se passera ? Avez-vous des idées pour financer ça ?

C’est une très bonne question. J’ai toujours cette idée mais encore une fois, c’est une question de budget. Il faut garder en tête que si nous voulons jouer tout un album quelque part, où que ce soit, disons Diluvium à Paris et nous voulons tout enregistrer en audio et vidéo : cette production coûterait plusieurs voire ce que ça a coûté de produire le CD Diluvium lui-même ! Et en même temps, il n’y a aucun moyen de récupérer cet investissement de nos jours parce que plus personne ne paye pour un DVD ou un Blu-ray, ou peu importe le format. Si tu enregistres quoi que ce soit dans le genre, ça se retrouve en ligne le jour de la sortie, si tu as de la chance, et c’est fini, et tu ne peux rien obtenir en retour. Donc je ne suis pas sûr si c’est possible de faire ça mais j’adorerais. Et oui, c’est toujours une idée pour laquelle je dois convaincre tous les autres, y compris Linus [rires].

Linus : Ouais, je ne suis pas fan de cette idée [petits rires]. Car ça semble demander beaucoup d’effort ! Comme on a dit, nous sommes en train de travailler sur plein de plans pour l’année prochaine. Evidemment, nous adorerions revenir sur l’ensemble de ces quatre albums. Aussi, en termes de setlist, peut-être que nous pourrions faire des concerts ou tournées spéciaux, pour jouer plus de chansons des précédents albums. Par exemple, nous n’avons pas beaucoup joué de musique d’Omnivium sur les dernières tournées, donc peut-être que nous pourrions en jouer certaines et un peu plus de musiques moins connues de Cosmogenesis. Nous réfléchissons à des idées et nous ne savons pas ce qu’il va se passer, mais nous adorerions revenir sur ces albums. Je veux dire que je suis un grand fan de Cosmogenesis et Omnivium sur lesquels je n’ai pas joué. Ca me manque de jouer ces chansons en live. Parfois il y a un espace dans la setlist quand tu as beaucoup de nouvelle musique. J’adorerais que nous trouvions quelque chose mais je n’ai aucune idée quelle forme ça prendra.

Avez-vous au moins des plans pour enregistrer un album live classique, car j’imagine qu’il y a des gens qui aimeraient entendre certaines chansons de Cosmogenesis et Omnivium jouées avec le line-up actuel ?

Nous y réfléchissons, nous pensons à sortir du live… Je ne sais pas si nous avons déjà fait ça, en fait. Je ne crois pas. Comme ça fait longtemps que nous jouons ensemble avec ce line-up, nous sommes désormais un très bon groupe live. J’aimerais montrer aux gens que le tech death est une musique qui fonctionne en live et n’est pas juste quelque chose à regarder comme un concert de musique classique.

Avez-vous de vagues idées sur la direction que le groupe pourrait prendre maintenant que ce concept est terminé ? La dernière fois, Steffen tu as mentionné la question « qu’y a-t-il entre la mort et une nouvelle existence ? »…

Eh bien, c’est mon titre bonus ! [Rires]

Steffen : Ouais, il y a deux ou trois idées, et c’est vrai pour ce que tu dis, mais ce ne sont que de vagues idées pour l’instant. Evidemment, ce serait intéressant d’aborder ce thème, ce qu’il se passe entre la vie et la mort, c’est une question intéressante. Mais encore une fois, nous venons de terminer ces quatre albums, attendons de voir ce qui se passera avec le suivant. Mais c’est une bonne indication ! Décidément, tu te souviens de tout !

Interview réalisée par téléphone le 29 mai 2018 par Nicolas Gricourt.
Transcription & traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel d’Obscura : www.realmofobscura.com

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