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Live Report   

Oceano + Make Them Suffer : Une boucherie à l’état pur


Oceano Make them sufferC’est la rentrée, tout le monde revient de vacances, reprend le travail ou les cours, et chacun vaque à ses occupations. Mais quoi de mieux qu’un concert de deathcore avec une affiche bien garnie pour se remettre du blues post-vacances ? C’est donc une soirée placée sous le signe de la brutalité qui s’est annoncée jeudi dernier au Backstage By The Mill. Cinq groupes de divers horizons avec en tête d’affiche des monstres du breakdown, la soirée s’annonçait des plus épiques.

C’est Fluctuate, groupe de djent deathcore parisien, qui ouvre les hostilités devant une salle commençant à se remplir doucement mais sûrement. Une prestation sympathique, des compositions intéressantes, mais malheureusement un son difficile à identifier de par la présence de larsens répétés. Quand bien même pas de panique : le chanteur à la tignasse des plus fournies est là pour assurer l’échange avec le public qui acclame avec vigueur le combo. Une prestation agréable, trop courte cependant, qui a su mettre l’ambiance dans la fosse pour les collègues s’apprêtant à monter sur scène.

Artistes : OceanoMake Them SufferUpheavalMy Ink Leads FoolsFluctuate
Date : 3 septembre 2015
Salle : Backstage By The Mill
Ville : Paris [75]

Fluctuate

Fluctuate

C’est au tour de My Ink Leads Fools (transformez-le en acronyme et rigolez un coup) d’occuper la scène. Jeune groupe de deathcore parisien, ces cinq gars ont mis le feu dès les premières notes et le public les a directement suivis. Beaucoup de mouvement durant ce set, quelques blagues entre les morceaux, de grands mercis… Bref un vrai échange avec le public. Durant trente petites minutes, le combo a su défendre son EP sorti début septembre, malgré quelques problèmes de mise en place dus à l’arrêt d’activité pendant quelques mois. Le public aura en tout cas assisté à des breakdowns très saccadés, bien pensés, à la limite de l’humoristique dans la construction et des bassdrops très propres qui ajoutent une réelle pêche à la percussion du break. Le tout pour finir sur une bonne musique dansante en fin de concert qui aura transformé le pit en un dancefloor digne des années 80.

My Ink Leads Fools

My Ink Leads Fools

On change tout de suite d’ambiance avec Upheaval, un combo mélangeant death et black metal avec une influence deathcore. pour un rendu assez surprenant. Maquillés et encore capuchés avec de grandes croix inversées sur scène, la technique du groupe aura su en convaincre plus d’un de par ses paternes saccadés bien maîtrisés et son seul guitariste qui enchaînait les solos sans soucis apparents. Mais le sort aura su les prendre à revers : dès le premier morceau la basse qui se coupe, idem pour le kick, et la guitare qui subit des coupures intempestives. Dommage pour cette entrée en scène, surtout que celle-ci était bien travaillée et avait su poser l’ambiance direct. Le show reprend, le groupe reste serein, et enchaîne ses titres sans problèmes et avec plaisir.

Du de-tune aux blasts (rendant un ensemble assez incompréhensible malheureusement), le combo a su transmettre toute la haine présente dans sa musique lors de cette prestation scénique intéressante et énergique qui aura ravi beaucoup de membres de la fosse. Inertes, mais satisfaits. La fin du concert sera marquée par une outro aussi cool et planante que l’entrée avant que le matériel ne se range pour laisser place aux gars les plus attendus de la soirée avec Oceano : Make Them Suffer.

Upheaval

Upheaval

Les Australiens marquaient ce soir-là leur tout premier passage en France. En effet, le groupe était grandement attendu en première partie de Betraying The Martyrs, le 9 février dernier à la Maroquinerie, mais il avait dû annuler sa présence. L’annonce de leur passage aura donc su ravir les fans, surtout à la vue de l’excellent album Old Souls sorti fin mai chez Roadrunner Records. C’est donc acclamé à gorges déployées que le groupe entame son concert avec leur morceau phare d’Old Souls, « Let Me In ».

Make Them Suffer

Make Them Suffer

Dès les premières notes, c’est la claque. Une mise en place irréprochable, des musiciens présents et charismatiques. Un son plaisant à l’oreille. Tout était réuni pour prendre une baffe monumentale. Enchaînant les titres sans aucune fatigue, le groupe à la belle pianiste aura retourné le backstage pour un bon moment avec ses titres incisifs et sa technique hors du commun. Quand un guitariste joue au poil près un paterne ultra carré tout en bougeant comme un dingue sur les planches, en lançant sa gratte en l’air, on sait qui est le patron sur scène ! La foule quant à elle était survoltée, du mosh au circle pit élancé, l’énergie était constamment présente, et le groupe aura clairement assuré. Mais toute bonne chose a une fin, et la formation australienne est contrainte de laisser sa place aux héros du soir.

Tout le monde se remet de ses émotions, on discute près du merch tranquillement, quand un bruit sourd annonce le début du show. Le quartet monte sur scène avec son chanteur iconique habillé d’une parka aux couleurs du combo. La foule acclame, l’ambiance commence à monter et d’un coup : la boucherie. Pas de mise en bouche, aucune annonce, ça tape directement. Une seule guitare pour un son hyper gras, une basse qui sait faire son boulot, et surtout un trou noir dans la gorge du chanteur.

Un chant d’une saleté monumentale dans le sens noble du terme évidemment. Oceano dégage une puissance supérieure comparée à ses albums et une présence sur scène incroyable. Tout est là pour plaire. D’ailleurs les festivités de la violence ont déjà démarré dans le pit, les mosheurs font leur boulot, et le public au fond de la salle s’exclame à chaque bass drop. Incroyable.

Oceano 2

Une fin de soirée mémorable !

Enchaînant les titres les plus connus, comme « District Of Misery «, et ceux du dernier album, Ascendants, Oceano sait comment retourner une salle. Ils savent ce qui fait que leur musique est méchante en utilisant à bon escient des rythmiques influencées du deathcore au slam, ou du moins dans les accords utilisés, avec un batteur aussi impressionnant qu’efficace. Le concert se termine, laissant tout le monde les yeux écarquillés, essayant de comprendre ce qui vient de se passer.

Une prestation énervée et jouissive qui finira cette soirée en beauté.

Live report : Valentin Istria
Photos : Laurent Pelmar



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