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Révélation High Hopes   

ODC : Révélation High Hopes


Trouver la mélodie entêtante et essayer de faire court : la musique catchy est une science. ODC la maîtrise bien et aurait tout à fait le profil pour faire la première partie d’un groupe comme Pain. Car comme le projet de l’ami Peter Tägtgren, la formation française partage un rock pêchu avec des sonorités électroniques. La production est à la hauteur et, à l’écoute de la musique du groupe ou en regardant son travail sur l’image, on peut sentir sa démarche professionnelle et son ambition.

Du hit, du hit et du hit ! Voilà l’ambition d’ODC ! On en discute avec Célia, la chanteuse du groupe, qui raconte l’histoire du combo tout en évoquant sa stratégie sur les réseaux sociaux. Célia revient également sur la signature récente d’ODC sur le label Blood Bast qui est rattaché à Nuclear Blast et spécialiste du développement digital des artistes.

« ODC est un groupe qui a la double étiquette de rock/metal et de metal alternatif. La huit cordes nous donne un gros son mais nos mélodies sont très rock et ma voix l’est aussi. Nous sommes un mélange des deux genres. Néanmoins, nos auditeurs écoutent aussi bien Machine Gun Kelly, Bring Me The Horizon ou AC/DC : c’est super large ! Aujourd’hui, tu peux avoir ce type d’infos via Spotify. En effet, depuis mon profil, je peux voir ce que les fans aiment et je regarde toujours qui s’abonne à la page. Cela permet d’avoir une vision globale.

Côté musique, c’est ma rencontre avec Yannis (compositeur) en 2015 qui a été déterminante. Je suis tombée sur ses compos et j’ai adoré ! Lui cherchait une chanteuse, donc c’était un gros coup de chance. Yannis vient du prog’ et était habitué aux compos beaucoup plus longues mais le but avec ODC était justement de proposer une musique aux compos plus courtes. C’est Cyril, le parolier qui est également le manager-producteur du groupe, qui a vraiment amené cette direction plus catchy, plus rock généraliste. Cette direction artistique a plu a Blood Blast qui nous a signés cette année.

L’objectif est de sortir six singles à raison d’un single par mois pour plaire à l’algorithme des réseaux. Nous avons tous les singles, donc soit nous sortions un EP, soit nous les sortions mensuellement. Cette manière de procéder permet d’engager les fans et de faire connaître le groupe plus facilement en ligne. Chaque single est un concept : une sortie spécifique avec un visuel spécifique. Nous avons fait un clip pour le premier et des mini-vidéos pour les suivants plus adaptées à TikTok. Je suis très focus sur les réseaux sociaux. Nous allons aussi faire des séances photos à chaque fois et créer un univers pour chaque single. C’est très fun !

Notre premier concert s’est fait en 2017 et notre premier EP est sorti en 2019. A ce jour, nous avons fait une vingtaine de concerts en France. A l’étranger, nous avons des contacts mais si Blood Blast ne nous aide pas pour le booking, la marque nous aide en termes de crédibilité. Le fait d’être avec Blood Blast, donc Nuclear Blast, ouvre directement des portes et ça va être la même chose pour le booking. Nous sommes déjà en relation avec un booker qui attend les résultats sur les plateformes, et de voir comment le groupe va avancer. J’ai récemment été interviewée par le Diário de São Paulo (102 000 abonnés sur YouTube), nous étions en live et c’était top ! Et Nuclear Blast, notamment en Amérique latine, ça représente quelque chose de gigantesque. Ça aide.

Je vise de beaux concerts et un booker pour le second semestre de l’année prochaine, le temps de bien s’installer. Côté concerts, ce serait génial de faire de jolies premières parties. Nous pouvons aussi bien ouvrir pour du metal alternatif, donc du Shinedown, du Breaking Benjamin, pourquoi pas même Halestorm. Ce serait le top du top ! D’ailleurs, beaucoup d’auditeurs viennent de cette scène. Mais il ne faut pas rêver. Après, comme je suis une femme, les promoteurs peuvent nous mettre avec des femmes… il y a Lacuna Coil, Nightwish, tout est possible ! Après, il ne faut pas se leurrer, ces premières parties coûtent un bras. Mais dans l’idée, d’ici un an, nous aimerions commencer à faire de jolies premières parties.

Tu me poses la question de la place de la femme dans le metal. Il y a deux aspects. Le premier met beaucoup la femme en valeur. Tu es une heavy-queen et il y a des choses très jolies où les femmes sont portées, mises en avant, même dans des playlists… c’est le bon côté. Le mauvais côté voit le fait d’être une femme comme un genre musical. Nous en arrivons à des « female music », des « female-fronted band ». Déjà je suis la seule nana et je suis entourée d’hommes… donc ce serait un peu insulter les cinq mecs autour de moi ! Nous ne faisons pas de la musique de femme, nous faisons du metal alternatif. Ce délire émergeant de « female music » m’insupporte. Nous pouvons être considérés comme une forme dégradée du metal extrême mais ça ne veut pas dire que nous faisons de la musique de femme ! Je trouve ça insultant. Je n’ai pas encore échangé avec des festivals ou des promoteurs mais s’ils me disent « tiens, on vous prend parce qu’il manque une nana et il nous en faut une », ça va mal se passer.

Je n’ai pas encore eu affaire à ça mais je sais que d’autres chanteuses bien plus connues y ont été confrontées, ça doit être extrêmement énervant. Nous sommes partenaires d’un match de catch et le promoteur ne s’est même pas posé la question de mon genre. Il adore la musique, surtout le morceau « I Love The Way You Fall », et basta ! C’est comme ça que nous voyons la musique. Je suis surtout triste que certains la réduisent à mon genre. Mais, dans la très grande majorité, les gens de la scène sont très respectueux. Quand on parle des nounours du metal, c’est vrai ! Ils sont adorables. 80% de nos followers sont des hommes et je n’ai jamais eu de problème. C’est une chance pour une femme ! Je n’ai même pas croisé de types lourds. On dit que plus le public est large, plus la proportion d’idiots augmente mais je n’ai rien subi de ça. Allez, on va dire que, quelquefois, des fans t’écrivent beaucoup. L’un d’eux m’a envoyé une seule fois des photos de cul et je l’ai bloqué mais ce n’est arrivé qu’une seule fois alors que j’échange beaucoup avec les fans. C’est très chronophage, je fais parfois des pauses de réseaux sociaux mais j’adore ça ! Je suis aussi chanteuse parce que j’adore parler, j’adore rencontrer des gens, ils ont une énergie géniale. Ils parlent de musique, des groupes qu’ils écoutent, ils nous envoient des groupes à découvrir mais tout tourne toujours autour de ce sujet de conversation. Ça ne tombe pas dans le harcèlement mais dans l’échange de la musique et c’est hyper intéressant.

Certaines conversations m’ont même clairement donné des idées marketing. Un fan américain m’a mise en contact avec des groupes et publiée sur tous ses réseaux sociaux pour que nous nous fassions connaître ! C’est vraiment très sympa ! Il nous a même mis en contact avec un promoteur et des labels. Valeck Cuervo, un fan catcheur professionnel Panaméen qui vit en France fait tous ses entraînements sur ODC ! Il est à fond ! Récemment, nous sommes donc devenus partenaires officiels d’un match de catch qui se déroulera le 30 octobre à Paris et il aimerait faire son entrée sur « Ashes Fly Away », une chanson très solennelle. Il m’avait proposé de me mettre en contact avec le promoteur, lequel m’a proposé d’être partenaire officiel et j’ai accepté. Un autre, un Brésilien, nous a rencontrés sur Instagram et nous a dit avoir un ami propriétaire d’un gros groupe Facebook (70 000 personnes) lié à la région Rio Claro au Brésil. Il nous a proposé une interview que nous avons fini par faire à deux heures du mat’ et maintenant, nous avons de nouveaux fans de cette région. Donc ils nous aident à fond ! Tout ça est excellent. »

Clip vidéo de la chanson « Wanted » :

Clip vidéo de la chanson « I Love The Way You Fall » :

Vous pouvez également suivre ODC sur Facebook, YouTube et Instagram.

Interview : Amaury Blanc.
Retranscription : Natacha Grim.



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