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Chronique   

Oil Carter – Quiet Strenght


Un trente-six tonnes vient de vous passer dessus. Vous aviez bien senti venir cette masse fonçant droit sur vous, le tremblement de terre final de la batterie était un avertissement évident, mais voilà, le « Mad Truck Driver » est passé et vous êtes désormais coincé dans les essieux de « At Last I Won ». Fasciné par les vibrations, vous n’avez pas perçu le danger : en moins de deux, un mouvement de va-et-vient de la tête commença irrépressiblement à se produire, puis ça s’est répandu… En quelques minutes, cela tenait toute votre colonne vertébrale, tirant les ficelles de vos membres, et il faudra serrer les mâchoires pour résister plus tard à l’agitation procurée par les solos de batterie et de guitare de « Watch Me Away ». Mais pour l’heure, il vous prend surtout l’envie de bouffer des boules de pétanques et de les sentir passer une à une en travers du gosier pour faire perdurer la sensation de cette basse qui traverse votre gorge comme une volée de phalanges de plomb plongeant jusque votre poitrine où elle se charge de régler elle-même votre rythme cardiaque, tandis qu’une voix qui n’est pas la vôtre expurge ce cri que vous ressentez au fond de vous. Vous êtes en train d’écouter Quiet Strenght, le nouvel album d’Oil Carter, et ce n’est que le début.

Les Toulonnais avaient déjà dévoilé leur devise en 2011, sur leur premier album : As Loud As You Can. Aussi fort que possible, c’est bien ainsi qu’ils jouent leur groove metal, à coups de riffs qui raclent la tronche sur une rythmique qui cogne la tête de l’intérieur. Et Quiet Strenght, la « force tranquille », est presque un avertissement trompeur. Pas question de tranquillité, que de la force, transmise par des « Unleashed The Beast » ou « Can You Rise » conférant la confiance d’un fauve conscient de dominer son environnement, qui rugit, déchargeant tout ce qu’il a dans les tripes, dans cette jungle qu’il déclare sienne avant de la marquer de ses griffes en quelques solos à faire trembler les murs. A tel point que quand arrive ce morceau-titre, « Quiet Strenght », il est difficile de croire à un tel interlude, minute planante introduisant le groovy « The Way To Kill » dont le refrain fait agréablement remuer du croupion mais dont le final écrasant laisse tout de même esbaudi, la gueule collée au macadam.

Il fait tout de suite plus chaud à l’écoute de cet album. Une lourdeur quasi irrespirable condensée dans un « We Crawl » final, dalle de fuzz en béton dont ne sort l’auditeur que pour être expédié dans des hauteurs chargées d’électricité, la voix électronique de Kriss accompagnant des envolées de guitare qui étirent la tête alors que le corps sent encore le poids lourd sur lui… dont il ne souhaite pas s’extraire. Quand s’éteint doucement ce morceau, le plus long de l’actuelle discographie du groupe, c’est trop court et le corps réclame déjà la suite. Physique, cet album l’est sûrement. Éprouvant, probablement, comme la sensation restant après une décharge massive d’adrénaline, ou comme la douleur dans la poitrine après une longue course, récompense palpable d’un véritable accomplissement personnel, qui appelle déjà dans la chair la prochaine étape.

Ci-dessous les titres « Unleashed The Beast » et « The Way To Kill » :

Album Quiet Strenght, sorti en mai 2014 chez Trendkill Recordings



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  • quelle excellente chronique tout de même ! rien de tout cela n’a perdu de saveur. mais qu’est ce qu’ils vont bien nous avoir mijoté depuis?

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  • trou de balle masqué dit :

    ce groupe est Génial . et vous avez bien décrit la chose . A déguster avec une bière bien fraiche . \m/

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