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Live Report   

OPETH AU TRANSBORDEUR DE VILLEURBANNE



Artistes : OpethCynicThe Ocean
Lieu : Lyon (France)
Salle : Transbordeur
Organisateur : Eldorado
Date : 03-12-2008
Public : 1 000 personnes environ


The Ocean Live !

Quand The Ocean monte sur scène on ne sait pas à quelle sauce le public va être mangé car sur album le combo a de nombreux musiciens et beaucoup de sonorités différentes. Mais c’est une formation rock classique qui investit le Transbordeur ce soir. Si le death du combo est complexe sur cd, il passe sans problème le stade du live. La musique de The Ocean est située entre Cult of Luna et Neurosis. Mais un Neurosis moins planant et donc beaucoup plus « In your face » !


The Ocean : ça décoiffe !

Les musiciens sont très agités un peu comme dans toutes ces formations de mathcore dont l’emblême est clairement Dillinger Escape Plan. Les deux gratteux du groupe ne tiennent pas en place et se livrent à une danse impressionnante en sautant et bougeant avec entrain. Et même si on est loin de la furie de Dillinger Escape Plan, ça bouge vraiment ! Le bassiste que l’on croirait échappé de The Mars Volta (comprenez grosse touffe de cheveux et fringues années 70 !) ne s’économise pas et participe au chant (même si des petits soucis récurrents de son sur son micro sont pénibles). Mathias Buente, le chanteur de The Ocean, assure vraiment le spectacle avec une gestuelle captivante. Ses vocaux sont exécutés avec une grande facilité. The Ocean donne donc au public lyonnais une prestation intense qui a du séduire les fans du genre et permis à la salle de s’échauffer un peu. Jetez une oreille sur leur dernier cd intitulé Precambrian : c’est de la bonne !


Cynic : le technique avant tout.

Cynic divise ses fans car son nouvel album, Traced in Air , est très particulier. Disons que le résultat ressemblerait à la musique du groupe Death époque « Human » avant un zeste de Pink Floyd ! Une musique étrange et donc moins orientée extrême que Focus, le premier opus du groupe. C’est pourquoi certains ont une appréhension palpable lorsque le groupe monte sur scène : mais que vont-t-ils jouer ?!

Finalement le groupe américain a décidé de se tourner vers le futur en interprétant presque uniquement des extraits de son dernier album. Les titres « The Space for This » ; « Integral Birth » et « Evolutionary Sleeper » sont d’ailleurs de sortie. Un seul morceau extrait de Focus est joué…(pardonnez ma mémoire défaillante : Alzheimer quand tu nous tiens !) .


Le très bon Sean Reinert !

Le groupe ne fait pas l’unanimité auprès du public. La voix synthétique de Tymon Kruidenier est particulière et l’homme a une sensibilité à fleur de peau. En effet Tymon a une timidité que l’on a peu l’habitude de côtoyer. Surtout de la part d’un frontman ! Pour la savourer, la musique de Cynic requiert en tout cas une oreille attentive. Une musique pour public averti ? Sans doute… Le death ( ?) jazzy du combo nécessite, il est vrai, une attention toute particulière.


Au final, les fans de la première heure sont clairement déçus de l’impasse (ou presque) des compositions du premier essai de Cynic. Mais pour ceux qui se plongent dans le concert, c’est un très grand moment. D’ailleurs Sean Reinert est un sacré maître. Le voir jouer est une vraie leçon de batterie et de musicalité. Même constat pour les autres membres qui sont eux aussi des As.En live c’est d’ailleurs le très bon bassiste Robin Zielhorst qui remplace le grand Sean Malone.

Une harmonie impressionnante et une vraie facilité se dégagent des musiciens. Ces derniers font plaisir à voir et à entendre. Mais pour savourer la prestation des américains, encore faut-il être parvenu à se plonger dans l’ambiance…Au bout d’une trop courte demi heure (oui, on aurait aimé l’interprétation de titres comme « Veil of Maya » ou « Textures ») c’est un groupe d’une extrême humilité qui tire sa révérence et cède la place aux « stars » suédoises de la soirée : Opeth.


Mister Mickael Akerfeldt !

Opeth arrive sur scène précédé de son intro rituelle immortalisée sur leur album live « The Roundhouse Tapes ».

L’ambiance monte d’un cran quand débarquent les musiciens qui saluent directement le public. Les Opeth prennent possession de leurs instruments et débutent la soirée avec le titre « Heir Apparent » issu de leur dernier album studio « Watershed ».

Et là l’ambiance retombe un peu. Le titre démarre sur un riff lent, presque doom, qui ne laisse pas éclater la tension du public comme cela aurait pu être le cas sur un morceau comme « Wreath ». Néanmoins l’interprétation est bonne et le groupe distille avec finesse son métal alambiqué. C’est bien le point fort du groupe : la maîtrise de la composition de Mickael Akerfeld relayé sur scène par le savoir faire des musiciens qui l’entourent et qui savent fabriquer ce son à la fois ténébreux et baigné de lumière.


Le groupe enchaine sur « The Grand Conjuration » du précédent album « Ghost Reveries ». On se dit alors que ce soir on va avoir droit à un best-of du combo Stockholmois avec un titre pioché dans chaque album de leur discographie déjà bien fournie. Si on fait le calcul, ça fait neuf albums multipliés par une durée moyenne de dix minutes, soir 1h30 de show. Mais c’est un peu s’avancer car les Opeth sont des artistes avant d’être des mathématiciens ! En effet chez Opeth, c’est le feeling qui prime sur la démonstration…et c’est très bien ainsi !

Quand bien même, on pourrait regretter le remplacement de Martin Lopez par Martin Axenrot, ce dernier possédant moins de groove que l’ancien batteur. Et que dire de Fredrik Åkesson qui remplace Peter Lindgren à la guitare? Dans les faits Fredrik se débrouille plutôt bien. Son jeu est certes plus technique que celui de son prédécesseur, mais sans développer autant de feeling.


Fredrik Åkesson : un très bon guitariste !

On se rassurera quand même en écoutant le jeu véloce de Martin Mendez sur sa basse vrombissante. Si on est capable de distinguer ses lignes de basse toutefois ! Car le son n’est pas terrible ce soir…Un comble pour Opeth qui nous a enchantés lors de ses derniers passages au Transbordeur, côté petite salle. Per Wiberg agite sa longue tignasse derrière ses claviers, apportant sa pierre à l’édifice par ses nappes aux sons bien 70’s. C’est aussi le cas avec des passages mélodiques époustouflants de virtuosité et d’inventivité. Et puis que dire de Mickael Akerfeld himself…? Il est toujours aussi bon, tant au chant qu’à la guitare. Le frontman nous fait des grunts dont lui seul a le secret sans oublier des passages en chant clair d’une vraie limpidité. Pareil pour sa guitare qui crache de gros sons distordus ou des arpèges d’une clarté exceptionnelle.

Sieur Akerfeldt est, en outre, passé maître en matière d’humour « made in Sweden ». Avant d’entamer « The Lotus Eaters », il nous avoue d’ailleurs que les membres du groupe rient à l’intérieur d’eux-mêmes quand ils jouent ce morceau. Un concept tout à fait suédois, que nous, français, sommes assez peu réceptifs à comprendre ou expérimenter. Notre humour : c’est Ultra Vomit et les blagues à 2 balles…énoncées en français de préférence ! Et oui, le français est nul en anglais, et sais juste dire « Yeeahhh » à n’importe quelle interjection dans la langue de Shakespeare. Mais bon, Akerfeldt sais aussi s’adresser au public… avec des mots bien directs et bien crus pour qu’il le comprenne !

Bref, Opeth, c’est un peu de finesse dans une musique bien brutale, ou l’inverse, c’est selon…Alors on aura eu le droit à un titre de « Still Life », « BlackWater Park », « Deliverance » et même de « Damnation ». Pour conclure Akerfeld présente également l’incontournable « Demon Of The Fall » de l’obscur « My Arms, Your Hearse ». Un titre en forme d’hymne.


Mickael Akerfeldt en extase !

Rappel convenu, mais on se laissera surprendre par une petite improvisation : avant d’écouter le dernier morceau du concert, le maître de cérémonie propose à un de ses camarades d’exécuter un petit solo. C’est Frederik qui passe à la casserole. Sympa le bizutage chez Opeth… surtout pour le public qui se régale! Le guitariste démontre tout son talent. Et par sa chevelure et son attitude, on reconnaît l’ombre de Dimebag Darrel, maître regretté de toute une génération.

Le public se prend au jeu et réclame un solo à Martin derrière sa batterie. D’habitude ce genre d’exercice est bien dispensable en live, mais là avec Opeth il prend un autre sens. C’est comme un bon point distribué à un élève parce qu’il a été sage. Et en effet le public a été sage ce soir, trop sage peut-être.

Non content de s’arrêter là, l’audience réclame avec insistance un solo de basse. Martin n°2, un peu pris au dépourvu, sortira quelques plans de derrière ses fagots qui feront pâlir les apprentis bassistes.Ca en devient presque insolent quand quelques irréductibles réclament un solo de clavier…mais il faut terminer le set sans tarder. Un petit coup de présentation des musiciens et l’applaudimètre de rigueur, Opeth conclut la soirée avant le tombé de rideau.

Bilan : l’inconvénient avec Opeth, c’est que ses morceaux sont longs et que sur scène il ne peut pas en jouer un grand nombre. Du coup la set-list se limite à quelques titres, s’appuyant sur les classiques mais ne laissant pas assez de place à un titre inattendu. Autre bémol, la qualité du son. Il n’était ce soir pas assez équilibré pour entendre la subtilité du jeu de chaque musicien. Car il faut rendre à César ce qui appartient à César, Opeth propose une musique très personnelle qui fait qu’on prend toujours plaisir à la voir interprétée sur scène. Le groupe n’hésitant pas à prendre la route pour défendre son oeuvre et gravir, marche par après marche, l’escalier qui le fera peut-être entrer au Panthéon du métal. L’histoire nous le dira…




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