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Interview   

Opeth : prise d’information au détour des toilettes


Chaque sortie d’un nouvel album d’Opeth est aujourd’hui un événement dans le milieu du metal. Or, justement, le quintette suédois s’apprête à révéler au monde, le 20 septembre prochain, son dixième opus, dénommé Heritage. Nous en avons donc profité pour interpeller et questionner le frontman Mikael Åkerfeldt, brièvement et en toutes décontraction, quelques heures avant qu’il ne foule les planches le 19 juin dernier à Clisson. Nos interrogations portaient bien entendu sur ce nouvel album mais également sur le départ du claviériste Per Wiberg ainsi que sur l’avancement de son projet avec Steven Wilson (Porcupine Tree).

Cependant, fidèle à notre sens des priorités, nous ne résistons pas à évoquer en premier lieu une anecdote selon laquelle Mikael se serait un soir fait surprendre par l’introduction du concert qui débutait alors qu’il était encore au toilettes pour déposer la grosse commission : « C’est vrai et c’était une de ces merdes en caoutchouc qui n’en finissent pas ! J’ai dû monter sur scène sans terminer mais personne ne le sait… Il y a eu une autre fois où tout le monde devait aller aux toilettes avant le show et quelqu’un a bouché les toilettes. On a tiré la chasse juste avant de monter sur scène et de la merde a commencé à se déverser partout sur le sol. L’intro avait débuté et nous riions si fort que nous n’avons pas réussi à avoir l’air cool ! » De petites mésaventures fécales qui auraient certainement mieux convenus à l’autre groupe de Mikael, Bloodbath, plutôt qu’Opeth, trop classieux : « Ouais, la merde ça fait partie de notre image » acquiesce le chanteur. Peut-être qu’un jour Bloodbath en fera le thème d’une de ses chansons, qui sait ? « Ouais ! peut-être que nous devrions le faire. C’est très inspirant. »

Voilà qui est dit.

Passons maintenant au nouvel album du groupe. Car, une chose est sûre, cet album intrigue, notamment avec les propos, pour le moins vagues, de Mikael à son sujet. Mais, malgré tout, ce qui s’en dégage, essentiellement, est qu’Opeth évolue : « Je n’ai jamais entendu une telle musique. Je ne peux donc pas la comparer à un autre groupe. Si tu veux la comparer à un autre groupe ça doit sûrement être nous-mêmes. Mais quand bien même, c’est différent. Pour moi ça a du sens car je fais ça depuis tellement longtemps. Ce n’est donc pas un énorme écart pour moi et pour les gars dans le groupe. Mais pour les fans, si leur truc c’est, par exemple, My Arm Your Hearse, ce pourra être un peu différent. Mais j’espère que beaucoup de gens sont prêts à recevoir ce type d’album de notre part. »

Forcément, cette année, lorsqu’on nous dit « c’est différent » pour décrire un album, on pense immédiatement à la polémique qu’a engendré l’orientation du dernier album de Morbid Angel. Mais est-ce comparable? « Il est probable que de nombreuses personnes en viennent à le détester. Je n’ai pas écouté l’album de Morbid Angel dans son intégralité mais je respecte les groupes qui font les choses différemment. Je pense qu’avec le retour de David Vincent dans le groupe, beaucoup de fans attendaient quelque chose d’extraordinaire de leur part. Mais de manière évidente, beaucoup de choses se sont produites pour eux depuis 1986. Donc, tu peux ne pas aimer mais j’ai un respect énorme pour les groupes qui font différentes choses, plutôt que de faire la même chose encore et encore. Nous ne faisons pas vraiment nos albums en pensant aux fans. On a la chance d’avoir eu des personnes qui ont accepté ce que nous avons sorti jusqu’ici. Car nous ne faisions que ce que nous voulions entendre et apparemment ça a plu à d’autres gens également. J’espère donc que ce sera pareil pour cet album. »

Puisqu’on y est, qu’est-ce qu’il en pense Mikael de ces fans qui hurlent à la traîtrise dès qu’un groupe s’écarte de ses propres sentiers établis ? « Eh bien, ils ne seraient pas fans si nous n’avions pas démarré le groupe. Nous avons des fans parce que nous avons fait ce que nous voulions. Notre succès, ou peu importe comment tu veux appeler ça, est basé sur le fait que nous faisons ce que nous voulons à la différence de faire ce que les fans veulent. Donc, ça ne s’applique pas à nous. »

Un autre aspect qui contribue au mystère planant sur le nouvel album, Heritage, est sa pochette farfelue. En effet, on y voit une peinture qui semble tout droit issue des années soixante-dix, comparable à ce que proposait à l’époque certains groupes de rock progressif, voire psychédéliques, tels que Genesis ou King Crimson. On y découvre notamment les têtes des membres du groupe perchées comme des fruits dans un arbre. Alors, est-ce que cette peinture est une bonne représentation de l’orientation musicale du disque ? « Je suppose. La musique part dans tous les sens. Il est difficile de définir cet album et dire qu’il sonne comme ci ou comme ça. Il n’y a pas une chanson qui représente plus l’album que toutes les autres. C’est un album en tant que tout. Tu ne peux pas écouter un titre et savoir comment l’album sonnera. Car comme je l’ai dit, il part dans tous les sens. » Nous n’en saurons donc pas plus. A vrai dire, plus Mikael parle de ce disque et plus le mystère sur son contenu semble s’épaissir.

Sur un autre plan, Heritage marque un nouveau tournant dans la vie du groupe puisqu’il s’agira du dernier album d’Opeth sur lequel le claviériste Per Wiberg officie. Celui-ci a, en effet, évacué les rangs du groupe en avril dernier : « Il a été viré. Mais il comptait partir de toute manière car il n’était pas heureux avec nous. Ce n’est pas comme si nous n’étions pas amis mais je ne pense pas qu’il se sentait à l’aise à jouer du clavier sur ce type de musique. Il est davantage dans le blues/rock et ce genre de trucs. Il a quelques projets sur lesquels il a travaillé durant quelques années. Je pense qu’il se sent plus à l’aise en faisant d’autres formes de musique. » Étrange, étant donné l’impact incontestable qu’ont eu ses sonorités à l’orgue Hammond et autres mellotrons sur l’évolution du son du groupe.

Mikael avoue : « Oui, moi-même je ne peux pas vraiment comprendre mais tu dois gagner ta place dans ce groupe. Si tu ne donne pas de toi-même – il ne l’a pas fait – alors tu n’as rien à faire avec nous. C’est aussi simple que ça. Je suis moi aussi un peu surpris qu’il ne voulait pas jouer avec nous. ». Et qu’en est-il du remplaçant de Per ? Comment se compare t-il à son prédécesseur? « Fredrick l’a trouvé. En fait c’est Per qui a parlé de lui. Ils viennent du même background plus ou moins. La différence est que Joakim (Svalberg) est un claviériste alors que Per veut jouer de la guitare, chanter et il veut s’occuper de la partie business des choses. Il veut manœuvrer le bateau, pour ainsi dire. Il n’y a pas de place pour faire ceci dans Opeth. Il n’était pas à l’aise en jouant mes chansons, je suppose. Je ne pense pas qu’il se soit jamais connecté à la musique que nous jouons au point de ressentir qu’il faisait partie de notre groupe. Il a toujours été plus intéressé dans le fait de faire d’autres choses. Je suis heureux pour lui s’il est heureux mais il n’est plus avec nous et je suis heureux qu’il ne soit plus avec nous, si on se base sur le fait qu’il ne voulait pas être avec nous (rires). »

Passons maintenant à un autre sujet tout aussi intrigant : le projet que Mikael a initié avec la tête pensante d’un des plus grands groupe de progressif actuel. Nous parlons bien entendu du génial Steven Wilson. Alors ça en est où? « Nous avons écris six ou sept chansons. Nous avons un contrat avec un label et l’album sortira l’année prochaine. Mais nous n’avons pas encore de nom à donner à ce projet. Je suppose qu’il va falloir que nous en trouvions un. Nous voulons quelque chose de légèrement plus créatif que le Wilson Åkerfeldt Project. » Et pourquoi pas le Wilkerfeldt Project alors ? « Bonne suggestion ! J’appelle Steven immédiatement ! »

Et musicalement, est-ce plus facile à mettre des mots sur l’orientation musicale de ce projet que pour l’album Heritage d’Opeth? « C’est du grindcore très influencé par Scum de Napalm Death (rires). Eh bien, parfois ça sonne un peu comme ce à quoi les gens sont habitués de notre part car, quand je chante, ça sonne un peu comme Opeth, j’imagine, et lorsqu’il chante ça sonne un peu comme Porcupine Tree. C’est… Je ne sais pas. C’est bon ! (Rires) Le projet ne comprend que nous deux mais nous avons embauché un ensemble de cordes. » Voilà qui contredit légèrement les propos de Steven Wilson, qui, lui, semblait ne pas vouloir voir de lien entre ce projet et les musiques de leurs groupes respectifs.

Pour finir, au cours ce cette édition 2011 du Hellfest, nous avons surpris le frontman qui s’introduisait discrètement dans la loge de Pain Of Salvation. Ça a notamment été l’occasion de constater la bonne entente entre les deux groupes. Pourtant Mikael nous atteste qu’aucune collaboration musicale n’est prévue. Mais simplement : « nous sommes devenus amis et ils vont nous accompagner en tournée en octobre. Je pense que nous avons beaucoup de choses en commun, comme notre amour pour les Beatles. Je les respecte. Je n’étais pas un grand fan de Pain Of Salvation jusqu’à ce que leur dernier album sorte. J’aime vraiment cet album. Ça me parle mieux que les autres trucs qu’il ont fait. Je pensais déjà avant que c’était un bon groupe mais cet album est vraiment quelque chose que j’écoute, ce qui n’était pas le cas de leurs précédents albums. »



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  • juste, j’ai hate! 😀 pochette magnifique, un groupe génial qui n’a pas finit de nous étonner! 😀

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  • mais la pochette de l’album et vraiment magnifique 🙂

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  • il a la même gueule que julien doré, mais avec la moustache…
    ok je sort…

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    Arkalord

    J’avais pas fait le rapprochement mais maintenant que tu le dis… Y’a des ressemblances. lol

  • La description qu’il fait de l’album est alléchante, vivement septembre pour avoir ça dans les oreilles!

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