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Conférence De Presse   

Orange Goblin : vivre de son art, c’est tout un art


Ben Ward impressionne. Par sa carrure, il ne saurait s’en laisser conter par quiconque. Une bonne tête au dessus de tout le monde, quand il parle, l’audience se tait. Et pas forcément par une présence physique impressionnante mais plutôt parce que sa perspective de l’industrie musicale et du métier de musicien est plutôt originale et atypique. C’est en effet en position de jeunes quadras que le bonhomme et ses potes ont décidé de vivre d’Orange Goblin, après dix huit années passées à imposer leur stoner aux relents doom, voire punk sur les scènes du monde entier.

Fier représentant de l’incroyable scène stoner britannique au Motocultor de Saint-Nolff où ils ont joué le dimanche soir parmi les têtes d’affiche, le groupe a forcément d’autres impératifs de tournée et de sorties de disques maintenant qu’il doit vivre de son art. Cela a-t-il entaché leur propension à créer ? Cela a-t-il diminué leur enthousiasme à tourner ? Apparemment pas le moins du monde, car quand on a la chance de vivre de sa passion, la pilule est tout de même plus facile à avaler. Ben Ward (chant), Chris Turner (batterie) et Martyn Millard (basse) nous ont raconté, entre autres, comment ils vivent cette période si particulière de la vie d’un groupe.

« Nous avons choisi d’en vivre, on voulait faire entre 150 et 200 concerts par an. C’est ce que nous faisons, et il n’y a pas moyen que nous nous lamentions ! »

Alors, cette vie sur la route ? « C’est marrant. C’est vraiment bien » se réjouit Ben Ward. « On ne peut pas s’en plaindre. Nous avons choisi d’en vivre, on voulait faire entre 150 et 200 concerts par an. C’est ce que nous faisons, et il n’y a pas moyen que nous nous lamentions ! » Effectivement, le programme de l’année est apparu plus que chargé : « Nous avons déjà fait 107 concerts cette année, nous avons eu une année très occupée. Nous avons fait le Royaume-Uni en janvier-février, puis nous sommes descendus en Australie pour le Soundwave Festival. Après cela nous sommes allés directement en Amérique du Nord pour sept semaines avec Clutch, avant de revenir en Europe. Et le Motocultor est notre dernière date. » Ward et ses acolytes découvrent en notre compagnie qu’ils sont en tête d’affiche de cette ultime date de leur tournée, une habitude qu’ils prennent apparemment avec humour : « Ha bon, on est tête d’affiche ce soir ? Tu sais la semaine dernière on était tête d’affiche avant Slayer… » (Rires). Chris Turner (batterie) nous explique qu’effectivement, le groupe a joué après Slayer lors d’un festival en Finlande cette année, un privilège qu’ils ont apprécié, mais aussi pris comme une leçon pour leur carrière.

Et jouer en tête d’affiche du Motocultor fait aussi partie de ce processus d’acquisition d’expérience : « C’est un honneur. Nous jouons sur une scène avec des groupes vraiment bien établis. C’est un apprentissage. Ce soir, je vois cela comme un challenge. Je crois qu’Exodus est un bon exemple dans la programmation de ce soir. Nous sommes différents d’Exodus. Ce sont des légendes. Et nous sommes des idiots. Mais les gens ne vont pas nous comparer à eux ! » Ils avaient effectivement la lourde charge de succéder aux mythiques thrasheurs d’Exodus, un défi qu’ils ont plutôt aisément relevé. Toutes ces problématiques typiques de programmation et de tournée, ce sont d’ailleurs eux-mêmes qui les règlent. Car ils n’ont pas vraiment les moyens, ou en tout cas l’envie, de se payer un Tour Manager et de s’engager dans des frais de tournée dantesques, alors c’est toujours le « Do It Yourself » qui prime, comme nous le rappelle Ben Ward : « Nous devons tout faire nous-mêmes. Mais nous avons quand même une petite équipe avec nous. Nous ne pouvons pas nous permettre d’emmener un entourage énorme avec nous. »

« [L’album A Eulogy For The Damned et le live A Eulogy For The Fans] ont été bien accueillis par le public. Ils ont été en quelque sorte le tremplin dont nous avions besoin pour faire cela à plein temps. »

Alors qu’Orange Goblin se dirige vers l’écriture et la sortie d’un huitième album, Ben nous remémore que le dernier est sorti en février l’année dernière, mais que le groupe a aussi un sorti un DVD Live, enregistré à Bloodstock et au Hellfest, un festival qui reste pour eux l’un des meilleurs moments de leur carrière. Ces deux disques ont reçu un bon accueil : « Les deux ont été bien accueillis par le public. Ils ont été en quelque sorte le tremplin dont nous avions besoin pour faire cela à plein temps. » Et A Eulogy For The Damned a ainsi été la meilleure vente de disques du groupe à ce jour, malgré le difficile climat de vente actuel, combattu par un réseau de distribution plus large pour le groupe. Pour le nouvel album, en revanche c’est un peu « la panique », comme nous le confient les trois compères : « Nous avons un créneau réservé dans un studio dans deux semaines, et pour le moment nous n’avons encore rien fait ! » Mais cela ne les inquiète pas outre mesure : « On écrira tout la dernière semaine » se marre même Ward. Ce nouvel impératif de sortir des albums plus souvent n’est donc pas un problème, la créativité du groupe étant riche : « Je crois que nous avons de nouvelles idées tout le temps. Nous sommes constamment en train de lire des trucs, de regarder des films qui nous inspirent pour les paroles. Et je suis sûr que les gars ont toujours de nouvelles idées de riffs. » Et Joe Hoare, rentré plus tôt en Angleterre que prévu à cause d’une rupture de tendon d’Achille ne fait rien d’autre actuellement que composer les parties de ce nouvel opus.

La force d’Orange Goblin, selon Martyn Millard, c’est de fournir un effort de groupe : « L’un d’entre nous a une idée de base pour une chanson, et puis nous répétons autour de cela. Cela évolue. » Ben Ward insiste sur ce point : « Il y a toujours eu une démocratie dans ce groupe. Quand il y a quelque chose que nous n’aimons pas, nous le disons à l’autre… Nous sommes ensemble depuis dix-huit ans, nous nous connaissons tous plutôt bien maintenant. Nous savons par exemple, quand nous devons laisser de l’espace à l’autre…» Et effectivement, Orange Goblin est l’un des rares groupes à avoir gardé son line-up originel quasi intact (ils sont juste passés de quintet en quartet) près de vingt ans après les débuts de la formation. Et les petits nouveaux de la scène stoner britannique, comment s’en sortent-ils ? « Il y a beaucoup de bons nouveaux groupes. A Londres il y a un Festival qui s’appelle le Desert Fest qui aide les nouveaux groupes dans le doom, le stoner et même le rock plus classique… Cette année il y avait des groupes comme Black Storm, Conan, Mother Corona… » On aurait donc fortement tendance à écouter les sages conseils de Ben Ward et jeter une oreille curieuse à ces groupes. Car du premier Frequencies From Planet Ten (1997), au dernier A Eulogy For The Damned, en passant par l’étonnant Coup De Grâce, sorti en 2002, et des prestations live convaincantes, Orange Goblin en connaît un rayon sur la façon de pratiquer un stoner efficace et attractif. Et dorénavant, donc, sur la manière d’en vivre, également.



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  • Peu sont les groupes de Stoner qui peuvent se vanter de vivre de leur musique. Alors un grand bravo à Orange Goblin.

    En plus, ces mecs sont super accessibles. Se retrouver à boire une bière avec Ben Ward parce qu’on lui a filé une clope, ça fait plaisir !

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