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Interview   

Orden Ogan : il était une fois dans l’ouest


Avant de sortir son nouvel album Gunmen, Orden Ogan a travaillé sur la réalisation d’un documentaire retraçant toute la carrière du groupe en compilant notamment de nombreuses images d’archives qu’il a réussi à garder durant toutes ces années. Bien que le frontman Sebastian « Seeb » Levermann avoue avoir sous-estimé la charge de travail que ce Book of Ogan impliquerait, il n’est pas étonnant que cela ait pris du temps, quand on sait à quel point le partage avec ses auditeurs est important pour lui et ses collègues. Un projet évidemment nostalgique qui fournit aussi un regard plus transversal sur les prises de décisions artistiques et liées au business de la formation.

On pourrait croire que, de l’analyse de carrière qu’a permis ce documentaire, le groupe aurait, consciemment ou non réadapté sa manière d’écrire de la musique. Or, il apparaît que le processus d’écriture de Gunmen s’est avéré très spontané, voire plus que sur les disques passés. Levermann nous raconte dans cette interview ce processus en partageant généreusement de nombreuses anecdotes notamment quant à l’élaboration de l’univers de l’album, centré sur une version fantastique du Far West, et à son enregistrement dans quelques endroits inattendus, dont l’acoustique a émerveillé le producteur qu’il est.

« Le groupe grandit, nos fans semblent vraiment aimer ce que nous faisons, donc ne réfléchissons pas trop à ce que nous faisons, contentons-nous de commencer à écrire de la musique, et nous ferons les meilleurs choix quoi qu’il arrive. »

Radio Metal : L’année dernière, vous avez sorti The Book Of Ogan, un DVD qui contient deux concerts complets, un documentaire, tous les clips, des clips live additionnels, des making of et autres. Vous avez même inclus une de vos toutes premières démos. Apparemment, travailler là-dessus était plus dur que prévu, vous avez « complètement sous-estimé la dimension de ce projet. » Quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Sebastian « Seeb » Levermann (chant & gutiare) : Le truc est que c’était prévu depuis longtemps que nous ferions ce Book Of Ogan et Timo d’AFM Record, notre responsable de label, a toujours voulu ne faire qu’un concert et un best of, des trucs comme ça. C’était moi qui ai dit : « Non, si nous faisons quelque chose comme ça, il faut que ce soit spécial. Voyons si nous pouvons faire un petit documentaire. » « Un petit documentaire… » Ouais [petits rires]. Car au cours des vingt dernières années, depuis le moment où j’ai pris pour la première fois une guitare et commencé à faire ma propre musique, nous avons toujours eu une caméra avec nous et filmé des petits trucs, et d’une façon ou d’une autre, je suis parvenu à transférer ça de disque dur en disque dur et toujours conserver ces vieilles images. Comme c’était une période très intéressante pour le groupe, car il est venu de nulle part pour devenir aujourd’hui un groupe de metal établi internationalement, je trouvais que ce serait assez intéressant de faire ce documentaire. Je pensais que ça pourrait me prendre deux semaines ou quelque chose comme ça à éditer, et au final, ça a pris quatre mois et demi de travail à plein temps pour réaliser le documentaire ! Mais je pense que le résultat vaut le coup. C’est très, très intéressant pour tout type de personnes qui travaillent dans ou sont liés à l’industrie de la musique. S’ils jouent eux-mêmes dans un petit groupe ou qu’ils sont journaliste ou peu importe, c’est toujours intéressant de voir comment un groupe se développe avec le temps. Je pense que plein de gens, pas seulement les fans d’Orden Ogan ou les gens qui peuvent s’identifier au groupe, peuvent trouver ça intéressant.

The Book Of Ogan est clairement un projet à caractère nostalgique. Quel était ton état d’esprit en compilant toute cette matière et ces souvenirs ?

[Rires] Ouais, tu te retrouves quelque part entre des sentiments forts parce que tu vois plein de choses marrantes du passé, et de l’autre côté du spectre, il y a presque un genre de dépression [petits rires], car tu dis : « Oh mon Dieu, comment le temps a-t-il pu passer si vite ?! » Ça te fait te sentir vraiment vieux, même si nous ne sommes pas vraiment vieux [rires]. Ça te rend vraiment nostalgique, tu penses à plein de vieux moments. Je ne pense pas que beaucoup de gens rencontreront une telle chose dans leur vie, je ne pense pas que les gens se posent et essaient de faire un documentaire sur eux-mêmes et toutes les choses qu’ils ont vécues au cours des derniers, je ne sais pas, environ quinze ans. Je pense alors que c’est parfaitement normal de se sentir nostalgique.

Penses-tu que cette nostalgie a affecté l’écriture du nouvel album d’une certaine manière ? Penses-tu que travailler sur ce documentaire t’as permis de te reconnecter à « l’esprit originel d’Orden Ogan », si une telle chose existe ?

Non, absolument pas. Je pense que la plus grande motivation pour le nouvel album était… Je dois préciser que je travaille personnellement en tant que producteur, donc je travaille constamment avec la musique et j’ai vécu deux dernières années très chargées. Donc les choses qui me sont arrivées par le passé ou lorsque j’étais plus jeune, le fait de se poser, juste attraper une guitare et jouer un peu de musique, c’est devenu très, très rare. Donc ce qui s’est passé lorsque nous composions les musiques pour ce nouvel album est que nous nous sommes délibérément dit : « Ok, on se voit lundi, on se pose et on essaye de composer des chansons. » Ceci nous a donné un vrai boost créatif, car si tu n’as pas été créatif, en termes de composition musicale, pendant un an ou quelque chose comme ça, alors tu as le sentiment d’avoir énormément à dire.

A propos des enregistrements live de The Book Of Ogan, tu as déclaré : « Pour moi, ça n’a pas de sens de trop retravailler des enregistrements live plus tard en studio. Evidemment, tout doit être correctement mixé, mais s’il y a des erreurs dans la prestation, il faut que ça reste authentique. Autrement ce n’est pas ‘live’. » Est-ce que cette philosophie s’applique aussi à la façon dont tu enregistres des albums ?

[Rires] Non, je pense que c’est quelque chose de complètement différent, car les albums sont là pour l’éternité et devraient représenter la meilleure version possible d’une chanson. Donc dans ce cas, il n’y a pas l’approche qui consiste à jouer une chose une fois et c’est bon, au lieu de ça, nous la jouons dix ou vingt fois jusqu’à ce que ça colle parfaitement. Nous voulons le meilleur résultat possible. Donc selon moi, c’est quelque chose de complètement différent.

La dernière fois qu’on s’est parlé, tu as dit à quel point c’était important pour vous de vous concentrer sur deux aspects : les riffs et les refrains. Sur Ravenhead, vous avez expérimenté une nouvelle façon d’écrire la musique, tu as « commencé par les refrains, et ensuite [tu es] passé aux riffs. » Etais-tu satisfait de cette approche ? Comment le processus d’écriture a évolué pour Gunmen ?

J’étais satisfait de ce processus. Je pense que ça a bien marché pour Ravenhead. Le truc, c’est que nous avons bien réfléchit avant de faire ça avec Ravenhead, et pendant que nous commencions à composer des chansons pour Gunmen, nous étions là : « Tu sais quoi ? Le groupe grandit, nos fans semblent vraiment aimer ce que nous faisons, donc ne réfléchissons pas trop à ce que nous faisons, contentons-nous de commencer à écrire de la musique, et nous ferons les meilleurs choix quoi qu’il arrive. Donc ne nous focalisons pas trop sur le fait d’avoir d’abord des refrains ou peu importe. Ce qui viendra, viendra. » Donc nous avons démarré de zéro et, par exemple, la chanson éponyme, « Gunman », c’est peut-être une histoire marrante : j’ai écrit cette chanson avec Tobi [Tobias Kersting], notre guitariste, et nous avions l’intro, nous avions le couplet et puis nous avions le pont, et ensuite, nous en étions à ce stade où nous pensions, ok, maintenant il faudrait un refrain qui suit, mais nous n’avions aucune idée de ce que nous devions faire ! Et il y avait une guitare acoustique qui trainait dans un coin, je l’ai prise, je l’ai joué et j’ai chanté, juste pour m’amuser [chantant aigu] : « I am a cowboy ! » (« Je suis un cowboy », NDT) [Rires] Parce que nous savions que ça allait être un album basé sur le Far West, et Tobi, évidemment, se marrait et disait : « Il n’y a pas moyen que tu fasses ça ! Tu ne peux pas chanter ‘I am a cowboy’, c’est complètement stupide ! » Et puis il était là : « Peut-être que tu peux juste chanter ‘I am the gunman’. » Ensuite nous avons essayé la même ligne mélodique, la même chose qui était censée être une blague, en fait, et nous l’avons essayée avec ‘gunman’ et puis, tout d’un coup, nous nous sommes dit : « Oh, eh bien, en fait c’est super ! Ça sonne super, ça pourrait être un refrain vraiment accrocheur. » Donc nous avons travaillé là-dessus et c’est devenu ce que c’est maintenant, c’était le premier single. Donc comme je l’ai dit avant, cette fois, nous n’avons pas trop réfléchit là-dessus, nous avons juste commencé et ça a plutôt bien marché aussi.

« Comme mon père écoutait souvent ce genre [de la beat music des années 60], moi aussi j’en écoutais quand j’étais enfant. Donc je pense que c’est l’une de mes plus grosses influences en production vocale. »

Vous avez enregistré la batterie dans un lieu assez inhabituel : le Western Saloon du parc de loisir Fort Fun. Comment avez-vous eu l’idée d’enregistrer là-bas ?

Comme je l’ai dit avant, je travaille en tant que producteur et je suis tout le temps assis en studio, donc ce n’est pas forcément l’environnement le plus créatif qui soit pour moi. Donc nous songions à aller ailleurs depuis un petit moment, et nous visions cette énorme ambiance années 80 sur la caisse claire, donc si tu la frappes, ça fait un « spah ! » Donc nous recherchions en fait une grande pièce et regardions du côté des châteaux et ce genre de choses dans le Sauerland, la région d’où nous venons en Allemagne, et lorsque ce thème sur le Far West est arrivé, un ami à moi a dit : « Hey, tu sais, il y a ce parc de loisir Fort Fun là-bas, il y a un saloon, peut-être que tu devrais aller voir ça. » Et nous riions, évidemment, parce que ça paraît stupide d’aller dans un parc de loisirs [petits rires] pour y enregistrer la batterie. Mais nous avons considéré la suggestion et nous y avons été, et la pièce était juste géniale ! Ça sonne extraordinairement bien parce que c’est tout en bois, avec de très hauts plafonds et de l’espace pour six-cent personnes. C’était l’ambiance parfaite pour la batterie. En fait, je dois dire que ce sont les meilleurs enregistrements de batterie que j’ai réalisé à ce jour dans ma carrière et la pièce est en grande partie responsable de ce son.

Gunmen est une fois de plus un album conceptuel, et le côté narration est un autre aspect important d’Orden Ogan. Comment avez-vous abordé ça cette fois ?

Ce n’est pas forcément un vrai album conceptuel. Il a ce cadre commun à toutes les chansons et cette fois c’est une version fantastique sombre du Far West, disons, genre, notre Far West horrifique [petits rires]. Toutes les chansons ne sont pas liées, c’est plus que certaines chansons ont leurs propres histoires et ce genre de choses. Il se peut que certaines chansons n’utilisent que l’imagerie du Far West comme une métaphore. Par exemple, « Vampire In Ghost Town », ce n’est pas une chanson qui parle d’un vampire dans une ville fantôme, elle ne fait qu’en utiliser l’imagerie, mais c’est une chanson qui parle d’un gars qui est dans une relation avec la mauvaise fille, si tu vois ce que je veux dire, et il commence à changer, ses amis s’éloignent de lui et donc il devient ce gars qui est là tout seul parce que plus personne ne veut faire partie de son entourage. Et c’est elle qui lui dit que c’est sa faute, qu’il vide les gens qui l’entourent de leur énergie. C’est grosso-modo une métaphore. C’est ce que j’aime très souvent faire, utiliser une imagerie et des métaphores qui semblent être dans le même cadre, comme ici le Far West, mais qui en réalité parle de totalement autre chose.

Comment concevez-vous l’environnement dans lequel vous créez vos albums ?

Je pense que c’est juste de la pure créativité [rires]. Ça sonne stupide mais nous avons eu cette idée de Far West… En fait, il y a de ça des années nous parlions déjà de peut-être faire une version sombre d’un Far West un jour. Cette fois, nous avons écrit « Vampire In Ghost Town » et « Down Here », c’était deux des premières chansons que nous avons écrites, et elles possédaient toutes les deux ces sortes de mélodies façon Far West. Donc nous étions là : « Ok, ça sonne comme le Far West. Alors peut-être est-ce le moment de faire l’album Far West. »

Quelle est ta relation aux westerns ?

Je n’ai pas de relation particulière aux westerns. Je veux dire que j’en ai beaucoup regardé lorsque j’étais plus jeune. Ce n’est pas comme si j’étais un super gros fan du Far West. J’aimais beaucoup l’imagerie, j’aime l’idée de la liberté, des montagnes, des pionniers, des grandes plaines et ce genre de choses. Mais ce n’est pas comme si c’était enfoui dans mon cœur, que j’étais un cowboy et que je devais me rendre dans le Far West pour m’y installer [petits rires], mais c’était cool pour cet album.

Vous avez récemment sorti un clip vidéo pour la chanson « Gunman ». A quel point est-ce un défi d’adapter cet environnement que vous avez imaginé pour l’album dans un clip plus « tangible » ?

Oui, c’est assez difficile, en fait [rires]. Si tu as vu le clip, nous avons été à Monument Valley dans l’Utah et l’Arizona, aux Etats Unis pour filmer. On ne pourrait pas faire ça en Allemagne ou ailleurs en Europe, ce ne serait pas pareil, il faudrait se rendre dans les lieux d’origine, je dirais. Nous avons eu la chance de pouvoir filmer une bonne partie du reste de la vidéo dans ce parc de loisirs Fort Fun, dans ce saloon où nous avons aussi enregistré la batterie, c’est exactement la même pièce, car ça aurait couté très cher de construire un tel endroit ici. Il faut aller ailleurs où ce genre d’endroit existe. Dans le cas présent, ça a pas mal marché, mais ça peut s’avérer être un vrai défi. Donc si ce parc de loisir n’avait pas existé ou été disponible pour y filmer, alors ça aurait été vraiment casse-couilles.

Le clip donne l’impression d’un blockbuster hollywoodien. Serais-tu intéressé pour t’impliquer dans des films ? Que ce soit en tant qu’acteur ou compositeur de musique de film ?

En fait, j’ai été impliqué dans un projet de film parce que j’ai fait la musique pour Masks d’Andreas Marshall en 2011. Je ne sais pas, je ne suis pas trop sûr. Peut-être pour une apparition en tant qu’invité dans un film hollywoodien ou quelque chose comme ça, oui. Je ne pense pas que j’aimerais à nouveau travailler en tant que compositeur pour un film. Il y a d’autres gens qui font ça mieux, je suppose. Je suis assez content avec le côté studio et production que je fais, et aussi Orden Ogan qui fonctionne plutôt bien. Mais s’il y avait une occasion de faire quelque chose comme un petit rôle d’invité dans un blockbuster hollywoodien, pourquoi pas.

Le titre de l’album, Gunmen (tireurs, NDT), est au pluriel, donc j’imagine qu’il se réfère au groupe lui-même. Dans quelle mesure vous considérez-vous comme tels ?

En fait, je dois dire que je n’avais pas pensé à ça ! Ce n’était pas une décision de dire que nous sommes les tireurs et donc, pour ça, de mettre le terme au pluriel. L’idée était plus que la chanson parle d’un gars et que tout l’album parle de différentes personnes qui sont des tireurs dans le Far West. C’était donc pourquoi nous avons mis le titre au pluriel. Mais ça aussi créé la confusion, parce que plein de gens ne savaient plus quoi est quoi [petits rires]. Donc nous aurions peut-être dû rester sur Gunman, le mot au singulier. Mais ça ne renvoie pas délibérément au groupe ou quoi que ce soit de ce genre.

L’album se termine sur la chanson épique « Finis Coronat Opus », qui est votre seconde chanson la plus longue. Peux-tu nous en parler ?

En fait, plein de chansons ont été écrites lorsque j’étais très, très jeune. J’ai tendance à conserver les idées que j’ai sur des notes. J’ai aussi un dossier sur mon ordinateur avec plusieurs milliers de mp3 avec des idées que j’ai rassemblé au fil des années. Et « Finis Coronat Opus », le refrain, la partie d’intro et, je crois, une partie du premier couplet ont été écrits lorsque j’avais environ seize ans. J’ai trouvé ça sur une vieille notre écrite, genre une partition. Je me suis dit : « Hey, ça semble pas mal ! Peut-être que je devrais l’essayer. » Lorsque nous avons commencé cette chanson, il était très clair dès le départ que ce ne serait pas une chanson de deux ou trois minutes mais plus un retour à l’époque d’Easton Hope avec tous les éléments progressifs. Et je trouve que c’est un super final pour l’album.

« La plupart des gens ne comprennent même pas à quel point ils sont importants. Car les gens qui ne téléchargent pas et achètent des CDs, viennent aux concerts, achètent du merch, etc., ce sont eux qui maintiennent la musique en vie. »

Liv Kristine a été invitée à chanter sur « Come With Me To The Other Side ». Qu’est-ce qui vous a poussé à la faire contribuer à cet album en particulier ?

Nous connaissons les gars de Leaves’ Eyes depuis un bon moment et Niels [Löffler] a aussi joué parfois pour Leaves’ Eyes, donc nous connaissons Alex et Liv. Lorsque j’ai composé l’intro de « Come With Me To The Other Side », cette partie de guitare acoustique où elle commence à chanter, j’avais tout le temps à l’esprit qu’une douce voix féminine devait chanter cette mélodie pour que la mélancolie de cette partie transparaisse correctement. Liv était la première chanteuse qui me soit venue à l’esprit, je trouve que sa voix colle parfaitement à cette partie. C’était donc vraiment une décision artistique. Ce n’était pas pour afficher un nom ou quoi que ce soit de ce genre. C’était juste parce que sa voix était super pour cette partie. Comme nous connaissons tout le monde, j’ai croisé Liv au Wacken et je lui ai demandé : « Eh Liv, ça te dirait pas de venir chanter sur ce bout de musique pour moi ? » Et elle a dit : « Ouais, bien sûr ! » [Petits rires] Et voilà en gros toute l’histoire !

Il y a une nouvelle fois beaucoup d’harmonies vocales et de chœurs sur cet album, comme le démontre le single « Gunman ». Quelle est ton approche par rapport à ça ?

Plein de gens n’arrêtent pas de dire : « Ouais, tu vois, il y a clairement une influence de Blind Guardian ici » et ce genre de choses. Je dois dire que je ne suis pas d’accord [petits rires]. Ce n’est pas une influence de Blind Guardian. Tu sais, mon père avait pour habitude d’écouter plein de beat music des années 60, comme The Hollies, The Lords et aussi les Beatles et autre. Les groupes de cette époque étaient les vrais maîtres des arrangements vocaux, je trouve. Comme mon père écoutait souvent ce genre de trucs, moi aussi j’en écoutais quand j’étais enfant. Donc je pense que c’est l’une de mes plus grosses influences en production vocale. J’adore faire ça. Ça vient complètement naturellement pour moi. Lorsque je chante une ligne vocale principale, je vais toujours ajouter une harmonie, ou une seconde harmonie, ou plus, ça me vient tout seul. Je ne peux pas faire autrement [rires], il faut que je le fasse.

Vous avez une relation très forte avec votre public, vous allez toujours parler aux gens après vos concerts à votre stand de merch. Est-ce important de renforcer ce lien avec votre public, non seulement en jouant en live mais également en discutant avec lui ?

Ouais, nous pensons que c’est une partie importante. En fait, la plupart des gens ne comprennent même pas à quel point ils sont importants. Car les gens qui ne téléchargent pas et achètent des CDs, viennent aux concerts, achètent du merch, etc., ce sont eux qui maintiennent la musique en vie. Car s’ils n’étaient pas là, nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons, tout du moins pas au niveau où nous le faisons en ce moment. Donc nous sommes très, très reconnaissants envers ces gens d’être là et de nous soutenir. Aussi, je dois dire que tu rencontres plein de gens intéressants et plein d’amitiés se développent partout dans le monde. Il y a plein de gens partout dans le monde que nous pouvons aller voir. Par exemple, comme nous sommes à Paris aujourd’hui, nous allons voir une fille et un gars ce soir que nous connaissons depuis un bon moment maintenant mais qui au départ étaient des fans du groupe, et désormais ce sont des amis. Donc c’est génial de rencontrer de super personnes partout dans le monde.

Comme tu as un lien fort avec ton public, n’as-tu jamais envisagé d’inviter un groupe de fans à chanter sur vos albums ?

J’y ai pensé, en fait, mais nous n’avions pas jusqu’à présent de chanson qui aurait convenu. Tous les chœurs que nous avons faits ont tous été faits par de très bons chanteurs professionnels, des chanteurs lead de certains groupes, ou de groupes avec lesquels je travaille ou peu importe. Donc les chœurs, disons que nous les faisons avec des chanteurs pro. Si on fait ça avec des fans, alors il faut que ce soit quelque chose de plus… Je ne sais pas, pas aussi focalisé sur le fait de chanter parfaitement juste. Il se peut que nous le fassions à l’avenir mais la chanson qui nécessiterait ça n’a pas encore été écrite, pas par nous en tout cas.

Tu as ton propre studio Greenman où tu mixes les enregistrements d’Orden Ogan, mais aussi des albums d’autres groupes, comme Rhapsody Of Fire. Comment es-tu devenu producteur ? Quel est ton background en termes de production ?

Je pense que c’est le parcours classique de la plupart des producteurs, car j’avais mon groupe et je voulais pouvoir enregistrer et mixer mon groupe, Orden Ogan. C’est tout simplement comme ça que ça a commencé. Comme tu fais référence au background, je dois préciser que j’ai aussi étudié la musique plus pop et les médias à l’université. Donc j’ai un master en musique pop, en gros. Mais ça n’a rien à voir avec ma carrière de producteur, c’était juste que je voulais la meilleure chose possible pour mon propre groupe parce que j’avais l’impression que les autres n’arrivaient pas à faire comme je voulais l’entendre. Comme mon travail s’est avéré pas mal pour certaines personnes [petits rires], il se trouve que d’autres gens m’ont approché, disant : « Hey, est-ce que tu peux mixer notre album ? Vos albums sonnent super, donc peut-être que tu peux faire pareil pour nous ! » Et voilà en gros comment ça s’est fait. Mais je pense que c’est la manière habituelle. Je pense que la plupart des producteurs ont commencé en enregistrant leur propre groupe.

Quelle est ton approche de la production ?

Si tu écoutes les trucs que je fais, tu vois que j’aime que ça sonne moderne mais pas trop artificiel, j’essaie de faire en sorte que ça soit réel, surtout au niveau de la batterie. Je ne supporte pas ce son hyper triggé qu’on entend partout aujourd’hui. J’aime que ce soit très transparent et pêchu. C’est aussi une des choses que mes clients font tout le temps remarquer. Ils disent que mes productions sont très, très transparentes et ont toujours beaucoup de punch et sonnent très modernes, et c’est quelque chose qu’ils n’entendent nulle part ailleurs. Et peut-être une chose à ajouter à ça, qui est importante pour moi, est le fait que je me fais assez d’argent avec Orden Ogan pour que ça me suffise. Je n’ai pas forcément besoin de faire du travail de producteur avec d’autres groupes. Donc ça me met dans une position très luxueuse parce que je peux choisir avec quels groupes je veux travailler. Donc je ne travaille qu’avec des groupes que j’aime vraiment et avec qui je veux travailler. Donc une autre chose qui va avec cette approche est qu’un album n’est fini que lorsque nous disons tous qu’il est fini, et pas lorsque le calendrier dit qu’il doit être fini. Souvent, je travaille plus sur les albums pour lesquels je suis sûr d’être rémunéré mais ouais, mon approche quoi qu’il en soit est que tout doit être parfait au final, parce que mon nom est aussi inscrit là en tant que producteur, donc c’est grosso-modo ma carte de visite.

Interview réalisée par téléphone le 23 mai 2017 par Philippe Sliwa.
Fiche de questions : Philippe Sliwa & Nicolas Gricourt
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel d’Orden Ogan : www.ordenogan.de.

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