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Interview   

Orianthi, le « drôle d’oiseau »


La carrière d’Orianthi Panagaris a tout du conte de fées. Née en Australie et d’ascendance grecque, elle se met à la guitare à six ans et croise à son adolescence la route de Steve Vai et Carlos Santana – celui-là même dont la musique avait changé sa vie toute petite. A partir de là, Orianthi va de rencontre en rencontre, de collaboration en collaboration, jusqu’à travailler et se lier d’amitié avec des géants – Michael Jackson, Prince, Alice Cooper… La liste est immense : tous ont vu en elle une artiste et un talent à part.

Ayant commencé une carrière solo en 2007 et après une collaboration avec Richie Sambora sous le nom de projet RSO, la voilà qui revient avec un quatrième album, sobrement intitulé O. Elle y revisite à sa manière son amour pour le rock, modernisé, tantôt heavy, tantôt électronique. Orianthi fait les choses à sa manière. Elle nous en parle ci-après, revenant également, à coups d’anecdotes, sur les artistes qui ont marqué sa vie et sa carrière, mais aussi sur son amour pour la guitare et sa spiritualité.

« J’ai toujours été du genre à faire mon propre truc et à ne pas regarder ce que les autres font, j’ai fait ça toute ma vie. »

Ton dernier album studio, Heaven In This Hell, est sorti en 2013. Tu as bien fait un album en tant que RSO, mais pourquoi est-ce qu’il t’a fallu autant de temps pour revenir avec un album solo ? Quelle a été ta vie durant ces sept ans ?

J’ai fait plein de choses différentes. Comme tu l’as dit, nous avons fait l’album de RSO et c’était il y a deux ans. Durant ces deux années, j’ai collaboré, j’ai composé, j’ai joué, j’ai fait un tas de trucs différents avec différents artistes. Je n’ai pas arrêté de travailler sur différentes choses, comme un film d’animation, etc. C’était donc maintenant le bon moment pour faire un autre album.

Quel était ton état d’esprit au moment de te mettre sur ce quatrième album solo ?

Je voulais faire quelque chose de très organique. L’idée, c’était de se dire : « On va en studio aujourd’hui et on voit ce qui en ressort. » C’était un peu l’esprit avec chaque chanson. Je ne voulais pas trop cogiter, je voulais juste bien me sentir et faire quelque chose qui représente où j’en suis aujourd’hui. Je voulais beaucoup expérimenter. Je me disais que ce serait cool d’expérimenter avec différents sons et sonorités, afin d’apporter quelque chose de différent. On y trouve notamment différents beats et tout. On peut entendre dans des chansons comme « Sorry » ou « Company » qu’elles sonnent différemment, plus modernes. Je voulais juste essayer des choses, c’était mon but avec cet album, sortir des sentiers battus, car je n’ai pas envie de faire tout le temps le même album.

Avec O, tu sonnes effectivement très moderne, tu vas un peu à l’encontre de la tendance rétro qu’on constate depuis quelque temps dans le rock…

Oui, mais je ne trouve pas que ce soit un mal non plus, je trouve ça cool ! C’est très sympa de voir les gens faire du rock rétro ou essayer des choses différentes. J’ai fait ma propre version du rock avec cet album et il représente où j’en suis aujourd’hui. Mon approche actuelle est d’utiliser de l’électronique, d’être heavy, il y a un petit de blues là-dedans aussi… J’ai toujours été du genre à faire mon propre truc et à ne pas regarder ce que les autres font, j’ai fait ça toute ma vie. J’ai simplement fait ce que je voulais faire. Je ne réfléchis pas trop. Si quelque chose me paraît bien, alors je le fais. J’ai toujours procédé comme ça avec la musique. Je ne me dis pas : « Je vais faire un album qui sonnera comme ce que tout le monde fait en ce moment », car ça ne serait pas bien. Il faut suivre son cœur.

Tu as travaillé de manière très rapprochée avec le producteur Marti Frederiksen, qui a travaillé avec de nombreux artistes de rock et de classic rock, parmi lesquels Aerosmith ou Mick Jagger. Quelle importance a-t-il eue dans la conception de cet album ?

Lui et moi sommes de très bons amis depuis que j’ai vingt ans. C’était l’un des premiers compositeurs avec qui j’ai travaillé quand je suis venue à Los Angeles et nous sommes amis depuis cette époque. C’est juste un bon ami. Il y avait un bon feeling. C’est un super producteur et un super compositeur. Le truc, c’est que si je suis coincée sur quelque chose… Certains producteurs ne composent pas, mais lui oui. Il est là : « Tu devrais essayer cet accord ou essayer ça. » C’était sympa de collaborer comme ça. C’est un grand fan de musique. Quand tu travailles avec lui, il sait comment obtenir le son que tu veux, tout simplement. C’est un producteur et un être très talentueux.

Il est localisé à Nashville. A quel point est-ce inspirant de travailler dans ce cadre ?

J’adore Nashville ! J’adore faire des albums là-bas. C’est l’un de mes endroits préférés pour faire des albums. C’est la Music City, on s’y rend et dès qu’on arrive à l’aéroport, on tombe sur quelqu’un qui joue de la musique, dans l’aéroport. La musique est partout et il y a quelque chose dans l’atmosphère de cette ville qui t’inspire. Même ton conducteur Uber est un chanteur ! [Petits rires].

Beaucoup de gens avaient participé et joué sur Heaven In This Hell, alors que cette fois vous n’étiez que trois sur cet album ; tu n’as pas vraiment de groupe, c’est Evan Frederiksen qui a joué la batterie et la basse…

Exact ! C’est le fils de Marti. Il est génial ! Il est tellement doué. Il a genre vingt ans et c’est un tueur en tant que musicien, c’est dingue. Il se baladait dans le studio un jour et Marti était là : « C’est mon fils ! Il joue de la musique et il est très doué » [rires]. Evan est un super batteur et il a une excellente oreille, il a encore une jeune ouïe – pas que je sois vieille ou quoi [petits rires]. Le fait d’avoir à nos côtés quelqu’un avec une telle oreille, c’est super, et ça a été génial de travailler avec lui, nous avons pu faire plus ample connaissance et devenir amis. Il y avait une super atmosphère. De même, Chuck Garric d’Alice Cooper vivait de l’autre côté de la rue, il est lui aussi venu avec son épouse, Lindsay Garric, et elle a écrit quelques paroles sur un morceau. Nikki Sixx de Mötley Crüe a aussi écrit des paroles. Nous nous sommes éclatés ! Nous avons fait tout l’album en vingt-huit jours.

« Je n’ai pas continué l’école, pas tant parce que je n’étais pas une bonne étudiante que parce que je n’aime pas tellement l’autorité. J’aime établir mes propres règles. »

Tu viens de mentionner Nikki Sixx et il se trouve qu’il a eu une approche relativement similaire avec son groupe Sixx A.M., en ne se reposant pas sur le passé : te sens-tu proche de lui ?

Oui, je le trouve super ! Il est à part avec ce qu’il fait. Il est vraiment investi quand il joue et quand il écrit des textes. C’est un modèle. Nikki et sa femme sont devenus des amis à moi ; nous ne sommes pas des amis proches, mais nous avons sympathisé après mon passage dans le groupe d’Alice Cooper – je n’ai pas participé à la tournée avec Mötley Crüe, j’ai quitté le groupe juste avant pour créer RSO avec Richie [Sambora]. Nous avons traîné ensemble au Hollywood Bowl et nous avons sympathisé, il était très sympa. Sa femme est juste merveilleuse, elle est adorable. Nous nous sommes échangé des textos un jour et j’ai dit que j’étais en train de faire un album, et j’ai dit que si ça intéressait Nikki de collaborer, ce serait génial. Une minute plus tard, il m’a lui-même envoyé un texto, nous avons commencé à parler, puis il m’a envoyé des paroles et j’étais là : « Wow, c’est génial ! » Il a beaucoup de talent. Je suis une grande fan !

Ton premier single s’intitule « Sinner’s Hymn ». Te considères-tu comme une pécheresse ?

Non [rires]. J’essaye de faire les bonnes choses. En fait, cette chanson, c’est une histoire, l’histoire blues classique à propos d’un musicien de blues du passé qui fuit ses démons… Soit il s’enfuit, soit il les noie dans l’alcool, soit il va voir des femmes… Ça parle de ce genre de cycle, ce manège dans lequel ils s’embarquent, le truc à la « Hellhound On My Trail », façon Robert Johnson. C’est de ça que ça parle.

Les péchés sont souvent associés au rock n’ roll. Penses-tu que ce soit une idée reçue ?

Que ce soit dans le rock n’ roll, dans la musique ou dans la vie, on fait tous des choses qu’on regrette, mais avec un peu de chance, ce ne sont pas des choses trop mauvaises. Je me considère comme une très bonne personne et je traite tout le monde très bien, mais on fait tous des choses regrettables ou stupides. Je ne pense pas que le rock n’ roll et le fait de pécher aillent de pair. Il y a eu beaucoup de folie par le passé dans le rock n’ roll, avec la drogue, la bibine, les fêtes de dingue et les comportements extravagants. C’est un peu de l’histoire ancienne maintenant, les gens se sont calmés. Ce n’est plus aussi fou, même s’il y a encore des trucs fous qui se passent de temps en temps. Le truc, c’est que je ne pense pas qu’avec le rock n’ roll il s’agit d’être un pécheur. Il s’agit plutôt de l’attitude et de faire ce que bon nous semble. C’est plus un truc de rebelle que de pécheur, je pense. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas continué l’école. Pas tant parce que je n’étais pas une bonne étudiante que parce que je n’aime pas tellement l’autorité. J’aime établir mes propres règles.

Souvent, de nos jours, si on ne joue pas selon les soi-disant règles du rock, on peut subir un tollé, et il est clair que ton album ne suit pas les règles : as-tu parfois l’impression qu’on a perdu un peu de l’essence rebelle du rock ?

Oui, mais le monde est différent aujourd’hui. La musique est différente aujourd’hui. L’industrie de la musique est différente. Tout ça, c’est un peu bizarre, c’est devenu un peu conservateur parfois, et je n’adhère pas à cet état d’esprit. Je fais ce que je fais et je continue à faire de la musique à ma manière, et c’est ce que j’ai envie de faire pour le restant de mes jours. Je ne crois pas au fait d’être contrôlé ou qu’on nous dise quoi faire ou de suivre les modes. Je crois au fait d’ouvrir notre propre voie, d’inspirer les gens, de dépasser les schémas établis et de faire ce qu’on veut faire. On ne vit qu’une seule fois, n’est-ce pas ? Ceux qui établissent ces règles ou ces tendances sont généralement dans les médias, à essayer de rentrer dans la tête ou l’esprit des gens, mais on peut très facilement changer les idées des gens.

Même si tu ne te considères pas comme une pécheresse, quel serait le plus grand péché que tu aurais à confesser ?

J’imagine que quand j’étais plus jeune, j’ai fait des choses dont je ne me souviens plus [petits rires]. Quand j’ai commencé dans des groupes de reprises et autres, j’ai commencé à boire avec les gars, puis j’ai veillé, etc. mais je n’ai jamais rien fait de vraiment affreux – en tout cas, rien qui me vienne à l’esprit. Il faudrait demander à mes amis ! J’ai peut-être fait des choses auxquelles je n’ai pas trop réfléchi. Enfin, il y a une fois – c’était il y a belle lurette – en tournée, je me suis perdue dans les bois parce qu’un mec de l’équipe m’avait filé du hasch, et j’étais… Je ne sais même pas où j’étais, et j’ai fini par péter les plombs dans les bois et je me suis perdue, mais quelqu’un m’a retrouvée et j’ai pu faire le concert [rires]. Mais en dehors de ça… C’était il y a longtemps ! J’étais beaucoup plus jeune et à cet âge-là, on fait des trucs stupides.

« Carlos Santana est la raison pour laquelle je joue de la guitare électrique. Quand j’ai entendu ‘Europa’ pour la première fois, ça a changé ma vie. »

L’album s’appelle O, évidemment en référence à la première lettre de ton prénom, mais qu’est-ce que cette lettre représente pour toi, en dehors de ça ?

Ça représente un peu un nouveau départ. On retrouvait ce O sur mon merchandising et tout, et tout le monde m’appelle O, donc je me suis dit : « Tu sais quoi ? Je vais appeler ce truc O ! Pourquoi pas ? » Ce n’est pas vraiment un album sans titre, mais c’est un peu une manière de renouveler ma marque et de me révéler à nouveau au public, après un certain temps. Puis certaines personnes sont là : « O ? C’est quoi ? Comment ça sonne ? » [Rires] Je me suis juste dit que ce serait quelque chose de facile et de cool. Ça n’a pas été beaucoup réfléchi, c’était un titre naturel à donner à l’album.

Tu as participé à un grand nombre de collaborations et projets dans ta carrière : comment ces expériences diverses et éclectiques t’ont façonnée en tant qu’artiste ?

Enormément ! J’ai appris de tous ceux avec qui j’ai travaillé, c’est obligé. Il faut prendre et apprendre quelque chose, différentes manières de composer, de jouer, de se produire, tout, en travaillant avec Alice Cooper, Michael Jackson, Billy Gibbons, Richie Sambora, Carrie Underwood… J’ai joué avec tant de gens différents qui sont excellents dans leur domaine. On n’arrête jamais d’apprendre ! On apprend à y aller et à être tout le temps à cent pour cent, c’est très important.

Tu as déclaré ne pas arrêter de changer. Et effectivement, tu n’arrêtes pas de changer de projet, de collaboration et même ta propre musique. Mais n’est-ce pas difficile pour tes fans de te suivre ?

J’espère qu’ils m’accompagnent dans cette virée folle ! [Rires] J’espère qu’ils sont partants, parce que ça ne va que devenir plus fou. J’ai d’autres trucs à sortir. J’ai déjà composé un autre album et j’aimerais l’enregistrer et le sortir aussi. Je n’arrête jamais ! Je pense que désormais, tout le monde s’attend à de l’inattendu et à des trucs sortis de nulle part [rires], y compris concernant les gens avec qui je travaille. Je travaille avec tellement de personnes différentes, d’A.R. Rahman, qui est l’un des plus grands artistes de Bollywood en Inde, à Michael Bolton avec qui j’ai fait deux albums ; j’ai écrit des choses et j’ai travaillé avec Anastasia, Chris Brown, Mary J. Blige, Steve Vai, David Garrett, Robby Krieger, Carlos Santana, Carrie Underwood… punaise, tellement de gens ! Je travaille avec toutes les personnes que j’apprécie. Elles m’appellent et je suis partante. Ca a été une sacrée aventure jusqu’à présent.

D’un autre côté, tu as toujours été une artiste très indépendante, tu n’as jamais vraiment eu ton groupe. Est-ce que cette indépendance est un choix de ta part ?

Oui, je fais avec les musiciens qui sont disponibles sur le moment. J’ai une poignée de musiciens avec lesquels je travaille, suivant leur disponibilité, ça dépend. S’ils sont dans le coin, je suis là : « Hey… » Et ce sont tous des amis. J’ai deux ou trois bassistes, claviéristes et autres, mais c’est en fonction de qui est disponible. J’ai eu un groupe qui a tourné avec moi pendant quatre ans d’affilée, avec Mike Baker, Brian Chiusano et Viv Rama sur ma première tournée. Dès que je vais recommencer à tourner, je remonterai un groupe précis.

Maintenant, je vais mentionner plusieurs personnes qui ont marqué ta carrière et je te demanderai de m’en dire plus sur eux, sur leur importance dans ta vie. En commençant par ta mère et ton père.

Mon père est guitariste, donc il était toujours en train de gratter à la maison. Il m’a vraiment donné envie de jouer quand j’avais six ans. Il y avait une guitare qui traînait et je me suis dit : « Je vais faire ça, ça a l’air tellement cool ! » Puis il m’a fait écouter Abraxas [de Santana] et j’étais là : « Ouah, c’est génial ! » Quand j’ai entendu cet album pour la première fois et que mon père jammait sur ces morceaux et ceux des Beatles, de Jimi Hendrix, d’Eric Clapton, etc., je me suis dit : « C’est ça que je vais faire. » La toute première chanson que j’ai appris à jouer était « Twist And Shout » des Bealtes, parce que ce sont de simples accords de quinte et les Beatles m’obsédaient ; j’avais même une coupe de cheveux façon Beatles, ce qui était très bizarre [petits rires]. J’ai aussi commencé à chanter à l’âge de six ans, et j’ai écrit ma première chanson au même âge, ça s’appelait « Spin Your Jacket Around » [rires]. C’était une chanson bizarre. Ma mère aussi est très créative. C’est une écrivaine. Elle écrit des romans d’amour pour Mills & Boon à Londres. Je me débrouillais très bien en en cours d’anglais à l’école, j’étais dans une classe d’anglais avancée, où on apprenait l’écriture créative et tout ça. J’ai assurément hérité ça d’elle. C’est aussi une grande fan de musique. Elle écoute Frank Sinatra, Tom Jones, et elle adore la country. J’ai énormément appris en écoutant la discothèque de mes deux parents. Mes parents avaient aussi pour habitude d’aller à des spectacles de dance grecque ensemble – parce que je suis à moitié grecque – et je jouais parfois avec mon père. Mon père jouait lors de baptêmes, de mariages et ce genre de trucs quand j’étais plus jeune. Le bonheur de la musique était toujours partout dans la maison. Et ma sœur est une artiste, elle est peintre et professeure d’art. Donc c’est une famille très artistique !

« J’étais tellement nerveuse parce qu[e Michael Jackson] s’est assis dans le canapé et m’a regardée fixement. J’étais là : ‘Oh mon Dieu, c’est dingue.’ C’était vraiment irréel, mais il était adorable. »

Steve Vai.

Steve Vai est comme un oncle pour moi. J’ai connu Steve quand j’avais quatorze ans. Il m’a énormément soutenue et a été génial. Son soutien compte énormément pour moi. Il a toujours été présent pour moi, et sa femme Pia aussi, les deux. Ce sont des gens merveilleux. Je suis vraiment bénie de les avoir dans ma vie. Il a vu quelque chose en moi quand j’avais quatorze ans, quand j’ai ouvert pour lui en Australie. C’était mon premier concert d’ouverture, je crois, c’était pour Steve Vai. Nous avons écrit ensemble une chanson qui s’appelle « Highly Strung » sur mon premier gros album en Amérique. C’est un ami précieux. C’est quelqu’un que je peux appeler pour dire : « Salut Steve, je traverse quelque chose en ce moment, est-ce qu’on peut parler ? » C’est aussi une personne très spirituelle. Il me donne de bons conseils. J’en suis très reconnaissante.

Carlos Santana.

Carlos Santana est la raison pour laquelle je joue de la guitare électrique. Quand j’ai entendu « Europa » pour la première fois, ça a changé ma vie, ainsi que l’album Abraxas et tout. Sa manière de jouer en notes simples, comme B.B. King, ça m’a tellement inspirée. C’est magnifique. Il a un véritable don de Dieu qui résonne vraiment dans le monde entier. Il a apporté tellement de joie à cette planète. Carlos est véritablement un être spécial, très spirituel, très éclairé. Carlos et sa femme Cindy sont maintenant de bons amis à moi. J’ai connu Carlos quand j’avais dix-huit ans et que j’ai eu l’occasion de jammer avec lui. C’était vraiment irréel ! Il est aussi en grande partie la raison pour laquelle j’ai eu un contrat avec une maison de disques et c’est en partie grâce à lui que j’ai eu le job auprès de Michael Jackson, car Michael Jackson recherchait un guitariste et Carlos m’a mentionnée à lui.

Carrie Underwood.

Elle avait la même équipe de management que moi – elle était managée par Simon Fuller. J’étais une grande fan d’elle, elle est tellement incroyable, c’est une super chanteuse, une super entertainer et une belle personne. Quand elle jouait aux Grammy Awards, elle est rentrée dans le bureau de mon manageur et elle a dit : « Hé, ça te dit de venir et de jouer aux Grammys avec moi ? » J’étais là : « Ouais, ce serait génial ! » Donc nous avons joué « Last Name » et ensuite nous avons fini par jammer et faire des trucs ensemble au fil des années. Je pense sincèrement que c’est l’une des meilleures. Elle est merveilleuse.

Michael Jackson.

C’est honnêtement quelque chose qui m’a paru tellement irréel et dément. Michael m’a vu aux Grammy Awards avec Carrie Underwood, puis est allé voir ce que je faisais sur YouTube, m’a appelée à l’improviste et, en gros, a dit : « Tu sais quoi ? Tu es exactement ce que je recherche. Viens, tu feras le solo de ‘Beat It’ et quelque chose dans ‘Dirty Diana’. » J’ai eu à peine une soirée pour apprendre ça. Le lendemain je suis venue et j’ai joué pour lui. J’étais tellement nerveuse parce qu’il s’est assis dans le canapé et m’a regardée fixement. J’étais là : « Oh mon Dieu, c’est dingue. » C’était vraiment irréel, mais il était adorable. Quand tu étais en sa présence, tu voyais à quel point c’était un incroyable entertainer, à quel point il se consacrait à son art, à quel point tout était très précis, que ce soit sa chorégraphie ou musicalement, il connaissait chaque partie de chaque chanson sur, je suppose, chaque album. Il avait une mémoire parfaite – une mémoire photographique, j’imagine – pour les sons de guitare, les sons de clavier, les parties vocales, les pas de danse, etc. Tout devait être parfait. C’était un perfectionniste, au final. Je ne peux véritablement pas trouver de mot pour exprimer à quel point je suis reconnaissante d’avoir pu travailler avec lui. J’aurais vraiment aimé qu’il soit encore parmi nous. Ce qui s’est passé était une fin vraiment bouleversante à ma collaboration avec Michael. Ça aurait été le plus grand spectacle au monde, c’est certain, ce que nous étions en train de préparer. Lors de sa commémoration, c’était très difficile pour tout le monde. Honnêtement, à ce moment-là, on était tous incrédules, on n’arrivait pas à croire ce qui s’était passé.

« Je pense que la moitié des guitaristes sont des femmes maintenant, ce qui est génial ! Quand j’ai débuté, j’étais un oiseau rare et maintenant je suis juste un drôle d’oiseau [rires]. »

Alice Cooper.

Je n’ai que de super souvenirs avec Alice. Alice et Sheryl sont devenus comme une famille pour moi et le groupe, ce sont des frangins. Nous nous sommes éclatés, c’était dingue, nous avons vécu des moments de folie lors de différentes tournées. Pour la première tournée, nous avons tourné dans le monde entier, et je n’ai eu qu’une semaine pour apprendre toutes les chansons. Il m’a appelée quand j’étais en train de faire mon disque avec Dave Stewart à Nashville, et il a dit : « Mon guitariste vient de partir pour rejoindre Thin Lizzy. Ça te dirait de venir jouer ? » J’étais là : « Bien sûr, ça a l’air amusant ! » Ce qui s’est passé est que je suis rentrée chez moi à Los Angeles et je me suis enfermée pendant sept jours, j’ai appris toutes les chansons, je suis allée à la répétition du groupe, Robby Krieger était là avec Steve Hunter, car Steve Hunter était dans le groupe à l’époque. Nous avons décidé de jouer au Tonight Show de Jay Leno et ensuite nous sommes partis en tournée mondiale pendant environ un an, puis nous avons fait une tournée avec Iron Maiden et une tournée avec Marilyn Manson en ouverture. Ces trois ou quatre ans passés à tourner avec Alice étaient intenses. C’était dix mois par an, tous les ans, donc c’était dingue. Je suis partie parce que j’ai fait RSO avec mon partenaire Richie Sambora, mais depuis j’ai enregistré avec Alice sur le premier album d’Hollywood Vampires, et parfois je fais du remplacement pour Hollywood Vampires quand Alice a besoin de moi, si Joe Perry ou Johnny Depp ne sont pas disponibles.

Prince.

Prince était un ami. Il avait l’habitude de m’appeler de deux à trois fois par an, juste pour parler de musique ou autre, et nous avons traîné quelques fois ensemble, nous allions dans des clubs de jazz, nous jammions, etc. Il avait voulu produire mon premier album, mais ma maison de disques à l’époque a refusé, c’était très bizarre, mais bref, nous sommes restés amis. La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, c’était environ quatre mois avant son décès. Il m’a appelée et voulait jouer au ping-pong, en fait ! [Petits rires] Il était là : « Hé, est-ce que tu as une table de ping-pong ? » « Non, mais j’ai un panier de basketball ici. » « Bon, je joue au basketball, mais est-ce que tu peux te procurer une table ? » Je suis là : « Je suppose, on pourrait en louer une, bien sûr. » Il me dit : « D’accord, alors ce sera moi contre toi et Richie. » C’était assez fou ! Et puis il se met à dire : « C’est bien que tu aies conservé ton accent ! » Puis il enchaîne : « Qu’est-ce que tu fais ? Quelles sont les nouvelles ? » Généralement, quand il m’appelait, j’étais en Russie, en Allemagne ou quelque part en tournée avec Alice, et Alice était dans le bus avec moi, et une fois il était là : « C’était qui ? » J’ai répondu : « C’était Prince ! » Et il était genre : « Oh… » [Rires] C’était assez dingue, mais c’était une personne tellement cool. Je connaissais Prince depuis 2007. Je ne sais pas comment il a eu mon numéro, mais il m’avait appelée depuis un numéro privé le lendemain de sa prestation au Super Bowl – j’ai même cru qu’on me faisait une blague ! Il voulait jammer avec moi. Nous nous sommes rencontrés au Record Plant et nous avons jammé pendant cinq heures avec Sheila E à la batterie, lui était à la basse et moi à la guitare. Un autre jour, je suis allée au Roosevelt Hotel avec lui et nous avons traîné là-bas, il faisait une sorte de fête. Puis il a voulu que j’aille le voir dans son autre résidence à Los Angeles – je ne me souviens plus du nom –, c’était cool, et il y organisait des fêtes et des gens et musiciens y traînaient tout le temps. Il veillait beaucoup plus tard que j’en étais capable, il était parfois cinq heures du matin quand il mettait fin à sa « soirée » [rires]. J’étais vraiment dans le pâté, j’allais me coucher. Une fois, il m’a demandé de venir jammer, et j’étais là : « Il faut que j’aille me coucher ! » [Rires] C’était une super personne, il avait conservé son enthousiasme juvénile pour la musique, et quel artiste !

Richie Sambora.

Richie est un artiste, compositeur, guitariste, chanteur, etc. incroyable. Il fait tout ! Il est tout le temps très vite excité par la musique. Tous ceux qui sont dans la pièce autour de lui, à travailler avec lui, ressentent la même énergie. Il a écrit des parties de guitare vraiment légendaires que, j’imagine, tous les guitaristes aiment jouer. Et des textes aussi, c’est un super parolier ! Certaines personnes ne savent pas que c’est un excellent parolier. Alice Cooper nous a présentés lors du réveillon 2014. Nous faisions un concert caritatif avec Steven Tyler et un paquet de gens. C’était tellement marrant, nous faisions ça tous les ans. Richie est venu avec sa famille en vacances et nous avons échangé nos numéros et nous avons traîné ensemble. Nous avons tout de suite accroché. C’était vraiment cool. Nous avons créé un superbe album ensemble, dont je suis très fière. Nous nous sommes éclatés à travailler sur RSO ensemble. Nous faisons des projets solos maintenant – Richie est en train de faire un super album. Nous nous soutenons mutuellement et tout est cool.

« Tout le monde a une histoire différente, tout le monde a vécu des choses différentes, tout le monde mène des combats qu’on ne soupçonne pas. Quand les gens disent des choses, que ce soit gentil ou méchant, c’est une projection de ce qu’ils ressentent à l’intérieur et il ne faut jamais le prendre de manière complètement personnelle. »

Tu joues principalement sur des guitares électriques PRS et tu t’apprêtes à sortir ta guitare acoustique signature chez Gibson…

Oui, je suis tellement excitée ! Elle est vraiment spéciale et elle sortira l’année prochaine. C’est une Gibson J-200 hybride. Elle a un manche de guitare 345 électrique avec un corps de J-200, et un micro modifié. C’est la guitare acoustique ultime pour les guitaristes lead, elle est extraordinaire ! C’est tellement excitant. J’adore l’entreprise Gibson, ce qu’ils ont fait de cette marque est incroyable. La qualité de leurs guitares est juste démentielle. Je joue toujours sur PRS en électrique. J’ai utilisé une Flying V de temps en temps et des choses différentes, mais au final, PRS a été ma marque de prédilection pendant vingt ans, mais j’adore ce que fait Gibson aussi. Les guitares sont des instruments vraiment inspirants, ce sont des outils. Elles sont aussi magnifiques à admirer, ce sont des œuvres d’art, mais au final, elles sont là pour nous inspirer en tant qu’artistes et guitaristes à créer des chansons et à faire des concerts, et à trouver les différents sons et différentes textures que l’on recherche. Je suis très reconnaissante que Gibson m’ait contactée pour faire ça. C’est la première hybride qui aura jamais été faite dans l’histoire de Gibson.

Quelles sont les spécificités que tu recherches dans une guitare ?

Le confort. J’ai aussi envie qu’elle me résiste un petit peu, car par exemple j’adore faire de gros bends sur les cordes. J’aime que les micros soient disposés d’une certaine façon. Au final, c’est juste une question de confort, parce que tu n’as pas envie d’une guitare avec laquelle il faut vraiment te battre, tu veux une guitare avec une bonne prise en main, que le manche soit comme il faut, je règle la hauteur de mes cordes d’une certaine manière… C’est la jouabilité de l’ensemble, vraiment, et c’est différent pour chaque guitariste, parce qu’on est tous des personnes différentes, on a des tailles de main, des manières de jouer, de tenir le médiator, etc. différentes. Et ça varie selon les jours aussi : j’aime pas mal changer les choses.

Fut un temps où la guitare était un instrument très « masculin » dans le rock. Comment ça a évolué ?

Il y a de plus en plus de femmes maintenant. Je pense que la moitié des guitaristes sont des femmes maintenant, ce qui est génial ! Quand j’ai débuté, j’étais un oiseau rare et maintenant je suis juste un drôle d’oiseau [rires]. Nous sommes tous des artistes. J’ai toujours vu ça ainsi. Je ne me suis jamais intéressée aux clichés. Avant, on voyait des gars débarquer dans une pièce avec un tas de filles à leur bras attraper une guitare, un peu comme un accessoire… Je ne leur en veux pas, c’était une autre époque et c’était un truc de mecs. Aujourd’hui, il s’agit surtout de jouer et de chanter avec conviction ; on peut mettre de l’intention dans un simple accord de La. Si tu vis pour ça, si ce n’est pas un gimmick, si ce n’est pas pour faire genre ou quoi que ce soit, alors c’est cool.

Penses-tu malgré tout qu’il y ait un côté féminin dans ton jeu ?

Oui, je pense, dans mes phrasés, dans ma manière de jouer, mais je suis aussi très agressive, je démolis les cordes [petits rires].

Tu as mentionné plus tôt le fait que Steve Vai et Carlos Santana étaient des personnes très spirituelles, et je crois que tu l’es également : comment est-ce que ça se traduit dans ta vie ?

Je suis effectivement quelqu’un de très spirituel. J’aime lire un tas de livres différents de Deepak Chopra, comme Les Sept Lois spirituelles Du Succès, ou Le Pouvoir Du Moment Présent d’Eckart Tolle, ou Les Quatre Accords Toltèques de Miguel Ruiz, ce genre de chose. Je recommanderai toujours de lire différents livres comme ceux-ci et des choses qui ouvrent vraiment notre esprit à une autre perception de la réalité, car parfois on reste coincés. Je suis toujours pour la lecture de livres qui aident les gens spirituellement et mentalement, parce que nous vivons dans un monde bizarre. Je crois que tout ce qu’on envoie dans l’univers revient vers nous. Je crois qu’on doit toujours traiter les gens avec respect, amour et compréhension, parce que tout le monde a une histoire différente, tout le monde a vécu des choses différentes, tout le monde mène des combats qu’on ne soupçonne pas. Quand les gens disent des choses, que ce soit gentil ou méchant, c’est une projection de ce qu’ils ressentent à l’intérieur et il ne faut jamais le prendre de manière complètement personnelle. Avant je faisais tout le temps ça, je pétais les plombs, mais je pense qu’on est tous tout le temps dans un état d’esprit différent. Quelqu’un arrive avec une énergie différente et on ne sait pas ce qu’il lui est arrivé dix minutes plus tôt. Tu peux te dire : « C’est vraiment une personne sympa. C’est vraiment sympa de sa part », mais quand quelqu’un dit quelque chose de très méchant, c’est qu’il a eu une journée merdique ou qu’il lui est arrivé quelque chose. Surtout quand ce n’est pas constructif, quand c’est destructif, il faut les laisser et essayer de ne pas le prendre personnellement, parce que comme je l’ai dit, chacun mène des combats différents. Que la personne soit amère ou joyeuse, on est tous humains, on a tous traversé des choses différentes. L’acceptation et le fait d’avoir le cœur ouvert sont très importants.

Interview réalisée par téléphone le 22 septembre 2020 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Patrick Rivera.

Site officiel d’Orianthi : iamorianthi.com

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    Threshold

    Je suis certain qu’elle suce superbement bien!

    Y’a pas à dire, sur RM on trouve des commentateurs très classieux…

    Arno

    Un commentaire qui n’a pas sa place ici…ça sent le mec frustré qui se croit sur Jackie & Michel ! Pour en revenir à Orianthi, j’ai eu l’occasion de la voir en live avec Alice Cooper et elle assure grave.

    Gael

    Eh Treshold, pauvre merde que tu es, ça va tu te mouilleras pas trop derrière un écran et un pseudo ?

    Pat

    mon cher Threshold , puceau tu dois être et puceau tu vas rester longtemps. En revanche et sans jeu de mots, ça fait un bail que tu as dépassé le seuil de la connerie.
    Allez , va te coucher avec ta chaussette.

    Threshold

    Dans Jacquie c’est un Q (ça tombe sous le sens quand on y réfléchit) et non un K.

    Ok Pat et promis on ne te réveillera pas ta maman et moi cette fois 😉

    Énorme, un beauf jusque dans la réponse (l’attaque sur la maman, comme au collège, j’adore!).
    Le mec, il affiche sa virginité devant tout le monde de sorte à ce qu’on se foute tous de lui, et il persiste, histoire de bien montrer à quel point c’est un boulet.

    Continue, moi je suis fan! <3

    Pat

    Bordel , c’est vrai qu’on est vraiment con à cet âge.

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