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Live Report   

ORIGIN AU LYON’S HALL DE LYON


Artistes : OriginFatal AgonyMSDF Stands For Fuck You
Lieu : Lyon (France)
Salle : Lyon’s Hall
Date : 27-04-2009
Public : 100 tout noirs environ


F Stands For Fuck You pour démarrer !

Les “groupes d’ouverture” doivent toujours s’attendre à ce que le public reste cloué. Il en est ainsi ce soir pour les grindeux de F Stands For Fuck You. Le formation stéphannoise joue pourtant un grind original et efficace: leurs riffs sont là pour en témoigner. C’est d’ailleurs là un des points qui singularisent FSFFY: des mélodies à la Converge alliées au groove des regrettés Nasum, pimentées d’une bonne fougue à la Napalm.

Une autre originalité qui peut faire la différence du groupe: la partie rythmique. Bien-sûr, nous savons que la puissance des groupes extrêmes se mesurent au talent du batteur. Et c’est là que l’on peut remarquer que les FSFFY font des choix judicieux. Leur goûts sont simples: ils prennent ce qu’il y a de mieux. Et dans la région, côté batteur, cela peut vouloir dire Kévin Foley, aka Kikou des Benighted.

Si dans les parties mosh Kévin fait montre d’une sacrée puissance de frappe, il illustre une honorable vélocité dans les parties blastées. Et puis bon, le Kikou, c’est un peu la bête de foire de la soirée: “Tiens on va voir ce que va donner l’autre groupe du batteur de Benighted” pouvait-on entendre en venant. Mais c’est là une bonne chose: aiguiser la curiosité des metalheads!

Le drum n’ bass est à coup sûr l’une des armes les plus infaillibles pour mettre en branle un public, encore faut-il booster la basse. En effet, le hic, c’est que la basse est aussi discrète qu’Alexis, son bassiste, alors que le volume est si élevé qu’il en devient franchement désagréable. Par contre, Adrien en veut et ça se voit: il violentera sa gratte comme il se doit tout le long du set. Il n’hésitera pas également à descendre dans la fosse pour agiter les plus pétrifiés.


Ne rien lâcher.

Ne rien lâcher, voilà un mot d’ordre que les FSFFY vont suivre à la lettre. C’est forcément désagréable de jouer face à un public immobile. Certes. Pire si l’on croit celui-ci peu réceptif à notre musique. Mais c’est là une des chimères dont il faut impérativement se déprendre avant même de rentrer sur scène.

Certains aiment la musique et n’éprouvent pas le besoin de l’illustrer en sautant dans tous les sens voire en headbangant. Un groupe peut donc marquer sans le remarquer. Et du grind original, cela se remarque. Ils ne livrent pas un “grind asymétrique” comme les très prometteurs Jumping Jack Riot, mais plutôt un grind qui a une profondeur de son qui les rapproche définitivement des hardcoreux de Converge.

Pour faire face à ce mauvais sort qu’est une foule sévère, il faut donc de la mélodie pour sortir du lot, de la drum n’ bass pour pilonner et ainsi avoir une chance de voir des caboches vaciller, mais surtout ceci: un groupe qui n’est pas dépendant des humeurs du public. Un combo qui peut prendre un plaisir, certes simple, à jouer, mais mieux vaut un plaisir simple que le sentiment d’être une merde.

Une dernière chose a retenu notre attention concernant FSFFY: le manque de voix. N’allez ni croire qu’Adrien émet de doux miaulements en l’honneur d’Arielle Dombasle, ni que sa voix est particulièrement fébrile. Oh que non: on a même une belle intro criée au début de “Cry And Pain” qui fait penser à « Casey Chaos » du groupe Amen.

Donc tout va de ce côté, même si les hurlements aigus d’un Mieszko n’ont pas le même pouvoir de ralliement qu’un Barney qui beugle à en réveiller tout un Goulag. Il ne s’agit donc pas de licencier inopinément le chanteur actuel. Bien au contraire: davantage de parties vocales, que ce soit des gueulantes ou des chuchotements, seraient bienvenues.

Lorsque l’on regarde les rhéteurs attiques, le pouvoir incantatoire des shamans voire les médiacrates contemporains, comment ignorer le pouvoir de la voix?

Setlist de F Stands For Fuck You

Cry And Pay
Fake
Grind
Blues
Melo 2
Jungle
The Burial
Love
Tagoudouga
Longue 2
Rock And Sanne
Sick Of It All
Rise Up
Bow Down


MSD : une bonne humeur à toute épreuve !

Le combo qui prend la suite, c’est MSD. N’allez pas chercher bien loin le sens de ce sigle: tout comme les mâconnais de JMPZ, MSD ne sont autres que les initiales de chacun des membres de la formation. Mick, Seb et Did prennent donc le relai avec ce qu’on peut appeler, en tout sincérité, et avec une courtoisie naturelle, du trash couillu. Le jeu de seb est communicatif: c’est puissant, c’est jovial.

Le hic, c’est que la musique de MSD recèle de subtilités qu’on n’entend pas ce soir. En effet, les parties chantées, les parties murmurées avec une voix à la Phil Anselmo ne seront que difficilement audibles. C’est frustrant, d’autant plus que le groupe y met du sien. Il faut ajouter que les MSD ont aussi levé la barre assez haut: le public deatheux est l’un des plus exigeants côté riffs, et peut-être que le thrash n’est pas du goût de la soirée… d’où une nouvelle accalmie.

Ils avaient ainsi joué au Biker’s Road, et cette salle a un nom tel que l’on peut comprendre que le feeling du trio rhônalpin y ait davantage trouvé son public. Or, un groupe se doit de convaincre, encore et encore, et c’est un vrai défi que de conquérir un public de non-habitués. Certes, plus la musique est cohérente et carrée, plus le charme opérera facilement… or ce soir MSD rencontre quelques problèmes de cohésion, peut-être le bon vieux problème de retour.


Prestation correcte des MSD.

En tout cas, Steph est décidément d’une bonne humeur à toute épreuve. Autant avouer qu’il est bon de croiser une pareille bonhomie… et puis le groupe sait faire headbanger mais on espère vraiment les revoir avec une playlist encore plus… chargée!

Setlist de MSD

Aneurysm
Kiss Laws
Insane
The Art Of Anger
Need Fuckin’ More
Biker’s Road


Tom des Fatal Agony !

Quelques minutes après les MSD, on peut voir déjà sur scène les désormais bien connus Fatal Agony. À force de tourner dans la région de Lyon, le groupe a littéralement recréé l’astuce des radios pour vendre un artiste: le matraquage. “Genetic Testimony” et son riff accrocheur sont par exemple déjà dans notre ciboulot lorsqu’elles s’immiscent dans nos écoutilles.

Le set est décidément encore plus carré qu’auparavant, dommage que l’on n’entende pas plus les subtilités du jeu de la batterie… pourquoi ne pas trigger la grosse caisse? C’est là le seul problème de son que vont rencontrer nos jeunes fans d’Aborted, Benighted et Kronos. Ils s’en sortent donc et c’est une bonne chose.

En effet, et c’est là un secret de polichinelle, le Lyon’s Hall est aussi bien un excellent moyen pour un jeune groupe de se faire connaître que… de se faire lyncher. Si le son du groupe est mauvais, peu travaillé, on le sentira tout de suite dans cet impitoyable taudis à métalleux.

Les vieux morceaux sont, disait-on, maîtrisés et le public l’approuve en sortant de sa douce léthargie. Tom, le chanteur/ bassiste a décidément gagné en assurance et n’hésite plus à faire participer la foule en lui lançant quelques “hails” fleurant bon l’intestin grêle. Les Fatal Agony arrivent donc à gagner le public pendant la première partie de leur set…

… ce qui signifie qu’il y a une deuxième partie: les morceaux sont plus frais et cela se sent. En effet, ce qui faisait le charme du groupe, ce brutal death au son si propre, s’évapore quelque peu. Non pas que le jeu ne soit pas carré, mais on parvient moins à distinguer les riffs. Le groupe a voulu évoluer dans la vitesse et la brutalité, voila qui est tout à son honneur, mais certaines parties restent à travailler.


Pierre (Fatal Agony) en fusion !

Et puis on entend dire que Fatal Agony se fait plus “core” de par leurs derniers titres. D’autant plus que le groupe invite un de leurs amis à hurler d’une voix bien perçante sur “Intrusive Hatred”. Mais attention, quand votre serviteur dit “perçante”, c’est loin d’être comparable à l’insupportable Trevor des Black Dahlia Murder…

À vrai dire, ces ragots de valets de chambre s’explique tout simplement par… le nouveau guitariste aux cheveux courts. Vous le savez bien: cheveux courts = hardcore/deathcore/shaved-cuntcore etc. Bref. Toujours est-il que l’arrivée de Mike a été l’occasion d’un vrai bol d’air frais pour les jeunes deatheux.

Et puis je ne me lasserai jamais de dire qu’un guitariste qui vibre avec son manche (hum) et l’une des choses les plus jouissives (hum) qui soient. Oui: mieux vaut un guitariste éprouvant chaque soir une dizaine d’orgasmes satrianesques qu’un épouvantail fagoté d’une gratte et de longues bouclettes.

Mike représente par conséquent une bonne nouveauté. Il y a eu un autre changement, moins bon cette fois mais qui pourra surement se rectifier… à savoir le fameux guest. Le souci ne vient, encore une fois, pas de la voix, qui est plutôt bonne. C’est juste que l’on sent que cette collaboration s’est faite à la dernière minute. Arguons que c’était pour se faire plaisir, et qu’un guest fait toujours du bien au groupe, mais là, concernant ce titre… c’était un peu du n’importe quoi, non?

Setlist des Fatal Agony

Intro
Genetic Testimony
Human Agony
Erased
Failed Reflexion
Destiny
Intrusive Hatred
Stained earth


Les dieux du death sont là !

Les Américains d’Origin s’installent nonchalamment sur scène: on fait les balances, on prend son temps et surtout on y met du soin. À vrai dire, on sent que nos gaillards ont perdu l’habitude de jouer dans ce genre de conditions: salle minuscule, scène lilliputienne, son franchement gras, crade et ingrat… Mais ils s’en accomodent avec le sourire.

Par contre, les quatres larrons s’échangent des regards perplexes lorsqu’ils entendent le sample lançant leur set. Ces derniers sont à peine prêts, et pourtant ça fait un bon quart d’heure qu’ils bossent leur sound-checks. Problèmes d’organisation, mauvaise blague de leur ingénieur du son?

Mike et Paul, respectivement bassiste et leader/guitariste du groupe, n’ont même pas eu le temps de faire quelques essais avec leur micro (vous l’avez compris, chez Origin, tout le monde gueule). Quoiqu’il en soit, ils font face…ça nous évite un mauvais remake de Marduk à Paris qui relance trois fois son sample d’intro. Et c’est là que les choses deviennent franchement pas croyables.

Dès les premières notes, la fosse s’active pour de bon. Le tout est brute, mais le tout est fin. Autant avouer d’entrée de jeu que côté musiciens le niveau est haut, très haut. Mike martèle sa basse avant une telle vélocité que l’on croit voir un solo perpétuel, le tout slapé, of course. Les yeux fermés, comme en pleine transe, notre porto-ricain cogne sa cinq cordes avec une précision à couper le souffle.


Paul Ryan : la rage.

Derrière le batteur à la bouille de trucker se cache un redoutable blasteur, et ce dernier fait pleuvoir les roulements martiaux de caisse claire sur “Wrath Of Vishnu”. Il tiendra ainsi tout le long du set, qui d’ailleurs fut plutôt court (moins de 50 minutes). Quant au guitariste, que dire de cet histrion qu’est Paul Ryan?

On avait déjà Trey Azaghtoth dans le genre bien allumé: sous son air de Born Again satanique, sous cette tignasse flirtant entre la gouffa pétardée et la mèche folle, on avait le meilleur guitariste du death. Avec Paul Ryan, Trey peut enfin ne serait-ce que tressaillir, et ce, point par point. Paul est en effet un farfadet souriant d’une triple rangée dentaire, affublé d’une serpière dés?uvrée en guise de crinière. Mais là encore, non seulement il maîtrise son instrument, mais monsieur hurle à pleins poumons.

Quant à James, c’est probablement le chanteur de death qui a le plus d’auto-dérision. Sans cesse il nous demandera s’il n’a pas un charme fou en caressant sa bedaine gargantuesque. Beaucoup diraient que James à la carrure d’une montagne, ce serait feindre d’ignorer que ses trois estomacs ont longtemps servi de chambre froide pour les Big Kahuna Burger de l’État du Kansas.

Toutefois, cette bonne convivialité ne doit pas voiler des musiciens de caractère. Ainsi, lorsque quelques membres en pleine lune de miel éthylique cherchent à tirer James hors de scène (ceci n’est pas une fiction: on a vraiment cherché à virer James de la scène) pour le faire slammer, c’est un beau “middle finger” qui sort.


Le très bon John Longstreth.

Mais le plus remarquable, ce sera ce magnifique coup de main (enfin, de pied) du bassiste; pour défendre son vocaliste, il envoie un coup de latte dans le tas. On aurait pu croire qu’à la fin du titre, tout s’arrêterait et bye-bye Origin, adios le bulldozer. Mais non, on s’explique, on se parle et tout le monde reprend avec la banane.

Le groupe enchaîne les morceaux avec le déjà culte “Staring From The Abyss”, et surtout avec une déferlante de titres de leur dernier album, Antithesis. Cet album peut d’ores et déjà s’inscrire parmi les dix meilleurs albums de death de tous les temps, on peut donc comprendre tous ces kids qui les regardent avec un grand sourire de Critters. Plus en détails, on aura droit, entre autres, à “Finite”, “The Aftermath”, et surtout “Antithesis”, la chanson-titre et nouveau manifeste du death.

James nous remerciera pour finir d’être “venus”. Il reprendra pour cela une blague d’un des membres de la fosse. Par ailleurs, ce membre n’est nul autre que le grand guignol exhalant des vapeurs de renard qui cherchait à faire slammer l’ami James. Et donc notre frontman nous lance, dans la langue de Shakespeare: “thank you for coming… euh… yeah! Thank you for cumming!”



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