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Metalanalyse   

Orphaned Land lance un nouvel appel à l’unité avec All Is One


« Orphaned Land est plus qu’un simple groupe de musique ». S’il y a bien un groupe pour lequel le message est aussi, voire peut-être plus important que la musique, il s’agît bien d’Orphaned Land. Voilà ce que nous déclarait tout récemment encore Kobi Fahri (chanteur du groupe), dans une interview à paraître bientôt dans nos colonnes. Le groupe de metal israélien s’est fait connaître dans tout le Moyen-Orient et le reste du monde par sa musique et son message pacifique. Thème récurrent dans les albums du groupe, l’une des photos de groupe pour la promotion du précédent album The Never Ending Way Of ORwarriOR illustrait explicitement le propos d’Orphaned Land : chaque membre du groupe immortalisé côte à côte sous les traits d’un membre d’une des trois religions monothéistes majoritaires dans la région du Moyen-Orient.

Si Orphaned Land a atteint ce niveau d’influence et touche des publics très différents, c’est avant tout grâce à sa musique. Orphaned Land tient sa renommée du fait qu’il a su trouver sa recette pour intégrer des influences de metal occidental avec les références musicales juives et arabes et un chant dans plusieurs langues (anglais, hébreux, arabe). Avec le magistral Mabool (2004), puis le conséquent The Never Ending Way Of ORwarriOR (2010), le groupe fait la démonstration d’un death metal progressif très mélodique et intimement réfléchi, intégrant les participations de nombreux artistes parmi lesquels comptent Shlomit Levi (chant yéménite) et Steven Wilson (claviers, production).

Trois ans plus tard, Orphaned Land est toujours aussi engagé avec All Is One, son cinquième album studio. Il n’est nul besoin de grands schémas ou de longues description pour expliquer le message d’All Is One : la pochette de l’album, entrelaçant les trois symboles des grandes religions monothéistes, l’exhibe frontalement, simplement. Et musicalement, Orphaned Land s’emploie à suivre le même chemin dans un but clairement affiché : toucher le plus de gens possible. C’est ainsi que All Is One prend le contre-pied de son prédécesseur. Plus court, plus direct, plus facile à saisir, l’album se démarque des 78 minutes longuement ciselées de The Never Ending Way Of ORwarriOR.

L’agressivité déjà en recul sur The Never Ending Way Of ORwarriOR s’estompe sur All Is One au profit de grandes mélodies. Le growl disparaît presque complètement, une condition certainement incontournable pour démocratiser la musique d’Orphaned Land. Une tendance aussi qui s’esquissait déjà sur l’opus précédent et qui s’affirme sur ce nouvel album, non pas dû à un désintérêt pour les hurlements, mais parce que All Is One est, selon les mots de Kobi Farhi, « plus tragique qu’en colère ». Le tragique, c’est un registre qui a toujours teinté la musique du groupe, comme avec le grandiose « The Storm Still Rages Inside » de Mabool. All Is One se termine quant à lui sur « Our Own Messiah » et « Children » tout aussi propres à laisser pensif. Un tragique qui aujourd’hui prend même de l’ampleur grâce à un travail orchestral et choral imposant, voire grandiloquent.

Les premiers morceaux de All Is One marquent par leurs mélodies directes et entraînantes sur lesquelles les instrumentations orientales sont franchement mises en avant (« All Is One », « The Simple Man »). Le morceau-titre se distingue en ouverture par des chœurs massifs pour un rendu théâtral, tandis que la ballade « Brother » vient pincer une corde plus mélancolique. Les références métalliques ne vivent que par les riffs électriques qui soutiennent la musique et les soli de guitare. Plus accessible donc, All Is One l’est certainement. Mais en avançant dans l’album, le propos retrouve des accents progressifs plus affinés propres à Orphaned Land. « Let The Truce Be Known » fait figure de transition en développant une structure de morceau moins standard. « Fail », plus sombre, comporte un peu plus loin les seuls growls de tout l’album.

Avec All Is One, Orphaned Land prend le parti de mettre sa musique davantage au service de ses idées, en tant que support. Par sa musique, le groupe s’emploie à propager plus largement son message. C’est ce qui explique le fait qu’une partie de All Is One soit si accrocheuse, quitte à perdre dans la subtilité qui caractérise bien des aspects de la musique du groupe. Mais Orphaned Land ne s’égare pas très loin et reste fidèle au cœur essentiel de sa musique : de la finesse dans les arrangements, un souci des mélodies et une émotion centrale, tragique parfois mais qui sait finalement rester positive. Les musiciens d’Orphaned Land poursuivent bien là la double mission dont ils se sont investie : produire et défendre une musique qui fait sens.

Album All Is One, sortie le 24 juin 2013 via Century Media Records



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