ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Où Eths inspire, le bateau chavire


Affiche ETHS V2Un vendredi soir en bord de seine, alors que le soleil se couche sous un vent glacial, un attroupement monochrome commence à se former devant le petit bain. Une horde de metalleux est prête à se défouler la nuque lors de cette soirée. Une soirée en forme de triple release party qui est menée par Eths, Acyl et Lutece, chacun sortant un album dans les semaines à venir. Les hostilités commencent dans une salle bien remplie, annonçant une soirée mouvementée.

Vainqueurs du Headbang contest 2013, les Parisiens de Lutece ouvrent la soirée avec un style revendiqué epic black metal nous faisant plus penser à un metalcore fourni aux allures death. La foule est surexcitée à l’arrivée du quintet et le concert commence sur les chapeaux de roue. Malgré un chanteur charismatique et présent, équipé de son micro au pied squelettique, et un batteur en place et bien puissant, le son comme la prestation des musiciens est incertain, pas constamment en place et peu riche en contenu comme en ensemble.

Artistes : EthsAcylLutece
Date : 5 mars 2016
Salle : Le Petit Bain
Ville : Paris [75]

DSC_1440

Lutece ouvre le bal

On ne parlera pas de déception, loin de là, car les compositions sont proprement structurées et le show visuel est réel et communicatif. Il est toutefois dommage qu’entre un son de basse bourré de medium et des guitares ultra sèches, le concert se supporte difficilement sur le plan plan sonore depuis la fosse. Recevant le son rêche directement dans les oreilles, il nous obligera à nous reculer de quelque pas pour l’apprécier. Le public savoure néanmoins et l’ambiance est bonne.

DSC_1619

Acyl sait changer l’atmosphère en un claquement de doigts

Les Algériens d’Acyl s’apprêtent ensuite à livrer une performance attendue par beaucoup, apportant tout un panel d’instruments orientaux traditionnels sur scène qui attisent la curiosité du public. La salle s’éteint et le projecteur nous envoie un compte à rebours sur le grand mur derrière la batterie, faisant monter la pression et l’excitation de manière efficace. La fin du compte à rebours résonne et Acyl se présente sur scène sous les applaudissements pour commencer le show avec une puissance incroyable, entraînant le public dans une prestation sonore et visuelle calculée au poil près.

Se balançant subtilement et de manière contrôlée entre ambiance orientale et death/thrash metal agressif, le combo donne tout ce qu’il a durant ses 45 minutes de set, faisant voyager le spectateur dans son monde complexe et ingénieux à la fois au travers de morceaux entraînants. C’est un show de qualité qui nous est présenté, l’interaction avec le public est constante et joviale. L’audience étant invitée par le quintet à, notamment, danser le pas traditionnel des Touaregs juste après un refrain des plus percutant. L’entrée des instruments traditionnels est incroyable, de la percussion à la mandoline algérienne traditionnelle, surplombé par le chant ethnique des quatre musiciens sur l’avant-scène, le concert est un délice apprécié d’une foule qui se défoule autant qu’elle ne s’amuse.

DSC_1809

Rachel d’Eths capte la salle d’un éclair

On ne présente plus l’un des combos français des plus renommés dans le pays. Venus ce soir pour présenter leur prochain album intitulé Ankaa, Eths est bien décidé à retourner la salle pour finir la soirée en beauté. D’entrée de jeu, c’est « Samantha » qui nous est joué, entraînant la foule dans des pogos endiablés et des chants scandés à tue-tête, pour enchaîner les morceaux sans arrêt, sans présentation. De la musique, et c’est tout ce qui compte ! La charismatique chanteuse Rachel se pavane d’une façon des plus érotiques et captivante, soutenue par la musique solide jouée par ses compères.

Le public en demande encore et toujours plus, secouant les têtes de manière acharnée et libératrice, c’est ce show qu’ils attendaient et ils ne vont pas en louper une miette. Le manque de dialogue avec la foule est cependant dommageable. L’enchaînement de titres étant trop succin, impossible d’avoir les oreilles qui se reposent. Mais tout est là pour nous faire passer une fin de soirée endiablée, le coup de grâce qui mettra tout le monde d’accord et satisfait de la prestation du quartet. Le concert se termine comme il aura commencé, puissant sous les acclamations de la foule, et nous aura fait passer un excellent samedi soir.

En ce samedi le petit bain n’aura une fois de plus pas coulé pour proposer à ses plaisanciers une soirée jubilatoire.

Live report: Valentin Istria
Photos : Garnet Angelsust (pour House Of Wolves)



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Def Leppard @ Hellfest
    Slider
  • 1/3