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Interview   

Our Theory mélange les cultures


Our Theory

Our Theory n’a pas peur d’assumer aimer la pop, s’en inspirer pour ses mélodies et même de lui rendre hommage par de fréquentes reprises qui feraient hurler ET jubiler n’importe quel internaute taquin qui se respecte. Our Theory pioche aussi dans un registre hip-hop et mélange ça avec un metal agressif pour un résultat néanmoins cohérent et efficace.

Le groupe, ayant déjà quelques années et disques au compteur, présente avec sa nouvelle réalisation un nouveau line-up et choisit le format plus restreint de l’EP. Son nom, Renaissance, est donc plus qu’approprié. Retour donc sur ce qui a poussé Our Theory à voir cette étape de sa carrière comme un nouveau départ.

« Pour nous, faire quelques chose de très pop, avec des touches un peu urbaines dans une musique assez heavy, ça coule de source. »

Radio Metal : Avant de parler de votre nouvel EP, revenons sur le départ de Bastien et sur les raisons qui l’ont poussé à partir.

Mehdi Major (chant/guitare) : À ce moment-là, il traversait des trucs dans sa vie personnelle et voulait aller de l’avant. Il était donc de moins en moins investi dans Our Theory et c’était de plus en plus difficile de travailler. Du coup ça ne fonctionnait plus et il est parti tout naturellement.

J’ai cru comprendre qu’il avait déjà commencé à enregistrer des parties pour l’album. Finalement, vous avez pris la décision de ne pas les garder et de réenregistrer. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?

Il est parti du groupe avant qu’on ne sorte l’EP et même si on était proche de la fin de l’enregistrement, on s’est dit qu’on pouvait pallier à ce problème-là tout de suite. On savait que si Bastien n’était plus dans le groupe, ce serait moi qui allait assurer les chants clean. On a réenregistré pour que ça soit le vrai line-up parce qu’on partait le défendre en tournée après.

Est-ce qu’il y a des choses qui ont changé dans le disque au moment du réenregistrement ?

En vrai, ça a été très très vite. On a tout refait et j’ai peut-être ajouté un chœur ou deux, je ne m’en rappelle même plus mais on était vraiment hyper proche de ce qu’on avait à la base. La seule chose qui a vraiment changé, c’est que c’était ma voix.

Il y a donc un nouveau membre qui s’appelle Alex. Est-ce que tu peux nous dire ce qu’il apporte ? J’imagine qu’il n’a pas eu le temps d’apporter grand-chose à l’enregistrement mais est-ce que vous avez pu constater ce qu’il apporte à l’alchimie globale du groupe ?

Alex est hyper jeune, quand il est rentré dans le groupe il avait 17 ans. Il apporte déjà son timbre, enfin sa voix qui est exceptionnelle pour un groupe de metal. On est super heureux d’avoir cette voix-là, cela correspondait exactement à ce qu’on cherchait en terme de scream dans le groupe. Il a aussi apporté un élan supplémentaire, en arrivant il était sur-gonflé, sur-chaud pour avancer, pour faire des trucs. Ce gros élan de motivation et d’énergie est encore là.

L’album s’appelle Renaissance. À quoi ce titre fait-il allusion ? Est-ce que c’est la renaissance du groupe après le changement de line-up ? Ou s’agit-il d’autre chose ?

En fait, c’est un peu tous ces trucs-là. Il y a un petit changement d’orientation de style vers quelque chose d’un peu plus violent. C’est un plus assumé aussi, en terme de son. C’est donc bien ce changement de line-up et ce côté où on propose quelque chose de nouveau. C’est un peu Our Theory qui renaît de ses cendres.

Vous aviez déjà sorti un album par le passé, pourquoi avoir orienté cette sortie vers quelque chose d’un peu plus restreint en nombre de chansons en faisant un EP ?

À l’époque où on a fait l’EP, la situation avec Bastien était déjà un peu compliquée. On venait de sortir un album et on s’est dit que si on voulait définir notre nouveau son, on devrait commencer juste par faire un EP pour tester. On voulait pouvoir sortir quelque chose le plus vite possible. Le temps que ça nous a pris, c’est juste le temps qu’il a mis à sortir.

Quand on écoute le disque, il y a vraiment une marque de fabrique qui est assez claire avec ces couplets qui sont agressifs et très syncopés et des refrains mélodiques. Qu’est-ce qui vous a poussés à partir sur cette recette ? Est-ce que vous considérez que ce type de structure est la marque de fabrique du groupe ?

Tout simplement cela vient des influences qu’on avait au moment de faire ce truc-là, c’est ce son qui nous plaît actuellement. Le groupe a vraiment plein d’influences, on n’écoute pas que du metal. Moi j’écoute pas mal de pop et même de la musique plus urbaine, des trucs plus hip-hop. Il y a des groupes qui ont ouvert la voie de ce son-là aux États-Unis. On a mis notre son à nous là-dessus, ce sont vraiment les influences qui nous correspondent à ce moment-là. Personnellement, j’aime bien quand ça envoie, mais je suis vraiment un fan de mélodies à la base. Donc pour nous faire quelques chose de très pop, avec des touches un peu urbaines dans une musique assez heavy, ça coule de source. Je trouve que c’est quelque chose qui marche plutôt bien. Le délire de covers qu’on a fait a permis d’affirmer que nous on aime bien être très pop et on l’assume. Ce n’est pas parce que c’est mélodieux et pop que ce n’est pas bon. C’est le son qu’on voulait avoir pour cet EP.

« Ce n’est pas parce que Rihanna l’a fait que c’est de la merde. Au contraire, ses chansons sont pleines de trucs hyper intéressants et il suffit de les réarranger différemment pour que les gens les apprécient. »

Vous avez fait des reprises de Rihanna et de Justin Bieber, quelles ont été les réactions de vos fans ? Et si vous en avez eu, quelles ont été les réactions des fans de ces artistes-là ?

Les gens qui écoutent Our Theory reçoivent le truc plutôt bien,. C’est un exercice assez répandu dans la scène, des groupes de metal qui reprennent des trucs du top 40. Donc ce n’est pas non plus une grosse surprise pour eux. Ce qui m’intéresse dans cet exercice-là, c’est de montrer aux gens qui écoutent du metal qui ne sont peut-être pas très ouverts d’esprit, que ce n’est pas parce que Rihanna la fait que c’est de la merde. Au contraire, ses chansons sont pleines de trucs hyper intéressants et il suffit de les réarranger différemment pour que les gens les apprécient. J’aime bien ce côté-là, de démonter un peu le truc et de dire qu’en fait c’était du Rihanna. La chanson on ne l’a pas changée, on l’a juste arrangée façon metal. On a juste mis des guitares électriques et un riff. En vrai c’est la même chanson. Sinon pour répondre à la deuxième partie de ta question, pour les fans de Rihanna ou de Justin Bieber je n’en sais rien. On n’est pas vraiment confronté aux gens qui écoutent ce genre de musique. Donc on reçoit globalement des retours plutôt positifs de ces covers.

Quels liens vous feriez entre votre musique et celle de Rihanna ou de Bieber, ou celle d’autres artistes pop connus, comme Katy Perry ou Lady Gaga ?

C’est au niveau des mélodies. On essaie de construire des mélodies assez riches, des choses assez harmonieuses et je pense que c’est là qu’on se retrouve. Peut-être aussi au niveau de l’efficacité, je ne dis pas qu’on tient les ficelles de l’écriture d’un single top 40. Mais je pense qu’on peut retrouver dans certaines chansons de l’EP cette efficacité au niveau des lignes de chant et ses refrains un peu catchy. Le tube de Rihanna « Bitch Better Have My Money » est quand même très lourd. Je pense qu’il y a ce côté heavy qui se retrouve dans les productions modernes. C’est un peu le mélange des deux, ce côté mélodieux et ce côté heavy.

Est-ce qu’il existe un parti pris de votre part pour défendre la pop auprès de certains fans qui sont peut-être un peu extrémistes ? Comme pour leur dire que ce n’est pas que de la soupe commerciale, qu’il y a des vraies mélodies derrière, un vrai talent de composition et que ce n’est pas pour rien que ces artistes sont connus aussi ?

C’est exactement ça. Ceux qui ne réfléchissent pas et qui te disent « ouais, c’est de la merde », ils n’ont juste pas compris que les gens qui travaillent, ce sont les mêmes qui sont au top top top de leur craft, de leur niveau dans ce qu’ils font. Mais on peut critiquer la façon dont un artiste est marketé, comment il est vendu et tout. C’est aussi une façon de dire « Les gars, ouvrez-vous un peu la tête, écoutez ça c’est vraiment cool même si ça vient du top 40. ».

À ton avis, d’où vient ce rejet de la pop en général par les fans de metal ? Pas forcément de tous les fans de metal, mais au moins certains.

Comme tu dis, je pense qu’il ne faut pas trop généraliser. C’est surtout lié à la façon dont est marketé le truc. Par exemple Justin Bieber, on le voit partout et tout le temps. On te matraque à longueur de journée et ce côté-là est chiant, emmerde un peu les gens. En vrai quand tu y penses un peu et que tu essaies de sortir un peu du circuit des majors et de tout ce qui est super marketé, il y a moyen de trouver quelque chose d’intéressant. Et le côté commercial aussi, les gens aiment bien dire « C’est de la merde, c’est commercial », mais en vrai ça ne veut rien dire puisque si tu fais de la musique et que tu veux en vivre, partir en tournées, il faut gagner de l’argent à un moment donné.

Quand on s’intéresse un peu à votre carrière et à votre groupe, on constate que chacun d’entre-vous avez des influences assez variées, y compris des influences rap. Apparemment le metal est loin d’être majoritaire au sein du groupe, c’est loin d’être ce que vous écoutez le plus.

Ça dépend des périodes. On peut écouter beaucoup de metal pendant un certain temps et à un moment donné on a envie d’écouter un peu autre chose. Effectivement ces derniers temps on écoutait un peu moins de metal, mais on en écoute toujours. Par exemple, on a fait la route pour venir à Lille et on écoutait à fond du metal.

Vu que vous en écoutez un peu moins, qu’est-ce qui fait que vous avez toujours envie d’en jouer ? Qu’est-ce qui vous a empêchés de partir sur un autre style ?

Rien, on est un groupe de metal et on aime ça. On aime en jouer sur scène. On aime cette musique c’est tout. Ça nous ressemble. Mais on aime bien apporter d’autres trucs que juste du pur metal. On n’a pas trop de raisons de changer de style comme ça.

Dans le groupe tu as plusieurs casquettes, tu t’occupes de l’écriture et de la production de la musique. Est-ce qu’il arrive que cela soit lourd à porter ?

Ce n’est pas toujours forcément évident mais si tu veux que ça avance tu es obligé de t’accrocher et d’accepter le fait que tu as des responsabilités importantes, mais chacun fait sa petite place. Je ne me sens pas seul dans le truc. Chacun a son petit rôle, moi je fais la production musicale et l’écriture de tous les morceaux. Damien s’occupe de la com’ et du management. Yohan s’occupe du merchandising. Ce n’est donc pas trop lourd à porter.

Vous avez une relation particulière avec le Japon. Est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?

C’est juste un endroit qui nous fait rêver depuis très longtemps. C’est une de mes destinations de rêve, que ça soit la culture, la nourriture, tout ce qui est media, le cinéma, les mangas. Enfin tout quoi ! On aime vraiment beaucoup cette culture et on a eu la chance de signer un deal avec un label japonais ce qui nous a plus ou moins ouvert des portes vers une tournée japonaise. On n’a pas encore de relation particulière avec le Japon, on n’y est jamais allé, mais c’est quelque chose qu’on rêve de faire et qui va se faire.

Interview réalisée par téléphone le 28 janvier 2016 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Gabriel Jung.
Introduction : Philippe Sliwa.

Site officiel Our Theory : ourtheoryband.com.



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