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Chronique   

Overkill – The Grinding Wheel


Stakhanovistes. Voilà comment définir les pionniers d’Overkill, véritables bêtes de somme du thrash et ce depuis 1980. Moins médiatisés que les titans Metallica, Anthrax ou Slayer, le groupe originaire du New Jersey n’a cessé, en plus de trente ans depuis le premier opus Feel The Fire (1985), de délivrer une musique sans compromis. Leur dix-huitème album intitulé The Grinding Wheel ne fait pas exception. Overkill martèle sans jamais s’arrêter, jusqu’à l’épuisement. Évidemment, il ne surprendra personne. Il s’acharne simplement à affiner un savoir-faire.

Première chose à retenir, Overkill paraît avoir trouvé un équilibre dans son line-up. Terminé les errances et les remaniements : The Grinding Wheel est la cinquième réalisation offerte par Bobby « Blitz » Ellsworth, les guitaristes Dave Linsk et Derek Tailer, le bassiste Carlos D.D. Verni et Ron Lipnicki aux fûts. Une stabilité qui n’est pourtant pas synonyme de stagnation : prétendre que The Grinding Wheel est identique à ses plus récents prédécesseurs est un constat un peu rapide. À l’inverse des cinq derniers albums du groupe, autoproduits, celui-ci voit Andy Sneap (Machine Head, Megadeth, Exodus…) passer aux manettes. En résulte un son de guitare plus dense et plus massif, unique dans la discographique d’Overkill. L’une des premières forces de The Grinding Wheel est effectivement sa partie rythmique plus tranchée, fait indéniable dès les premières secondes du titre d’ouverture « Mean Green Killing Machine ». Alors oui, le timbre de Blitz Ellsworth semble immuable (il suffit de l’entendre scander « Our Finest Hour » pour savoir que l’on est en terrain familier) et les soli ne tromperont personne (mention spéciale aux leads heavy de « The Long Road » et « Come Heavy » justement) : Overkill ne réinvente pas la roue. Pourtant, il distille suffisamment d’éléments pour ne pas faire de The Grinding Wheel une simple répétition. Blitz Ellsworth s’essaie parfois, avec une réussite mitigée certes, à des lignes de chant plus ténues, à l’instar du titre éponyme.

Surtout, The Grinding Wheel montre un panel des influences qui ont alimenté la musique d’Overkill durant leur carrière, à savoir du punk, du heavy metal et un certain amour du groove – à l’image du jouissif et absolument irrésistible « Goddamn Trouble ». The Grinding Wheel, si on ne peut pas vraiment dire qu’il est varié, a le mérite d’être un album de thrash tempéré et décemment inspiré. Un titre speed tel que « Our Finest Hour » va laisser place à un « Come Heavy » au feeling résolument plus rock, tandis que « Red, White And Blue » confirme qu’un bon thrash ne se fait pas sans culture punk. Le point d’orgue de l’opus est définitivement le titre éponyme et ses huit minutes mouvementées, entre riff lourd, mélodies qui rappellent les heures de la New Wave Of British Heavy Metal (merci la ligne de basse à la Steve Harris), accélération « slayerienne » et conclusion grandiloquente avec chœurs en fond s’il vous plaît. Overkill se montre sous un beau jour, profitant d’un mix impeccable qui met en avant le jeu de Ron Lipnicki et les lignes de basse de D.D. Verni. Principal bémol, une complexité de certains titres qui, si elle peut apporter de la richesse et de la fraicheur (« Mean Green Killing Machine » et son passage inattendu où Blitz sort sa voix la plus mélodieuse), s’avère aussi parois malvenue et entraîne irrémédiablement une perte en efficacité, à l’image de « Let’s All Go To Hades » (pas la plus grande heure de Blitz Ellsworth) qui n’a pas véritablement de cachet. Trop d’Overkill tue l’Overkill.

The Grinding Wheel est un titre à propos pour le groupe. Il souligne l’extrême dévouement et l’acharnement dont les membres d’Overkill ont fait preuve, une réputation qui ne s’est pas construite sur des coups d’éclats mais au fil des années de tournées, le fait de « grinder » en somme. Overkill en est arrivé à un stade où tout ce qui a aidé à forger sa musique se retrouve condensé avec une aisance certaine. The Grinding Wheel n’apporte rien au thrash, si ce n’est un produit chiadé, poli et sans accrocs ; au final, l’œuvre d’un véritable artisan.

Clip vidéo de la chanson « Goddamn Trouble » :

Lyric video de la chanson « Mean Green Killing Machine » :

Lyric video de la chanson « Our Finest Hour » :

Album The Grinding Wheel, sorti le 19 février 2017 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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