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Chronique   

Overkill – White Devil Armory


On ne change pas une équipe qui gagne. Voilà une expression qui sied parfaitement aux Américains intangibles et insatiables d’Overkill qui continuent de tailler leur chemin dans la même direction. Dernier né d’une famille enfantée chez Nuclear Blast voilà quatre ans, enregistré et mixé au studio personnel de D.D Verni (basse) situé à Shrewsbury dans le New Jersey – une constante depuis 2002 – ce White Devil Armory demeure dans la continuité directe de ses deux prédécesseurs que furent Ironbound, souverain et ambiancé, et The Electric Age particulièrement brut de décoffrage et euphorisant.

Ce dix-huitième album en près de trois décennies de carrière se nourrit en effet des mêmes forces – en premier lieu une production de qualité qui permet de donner ses lettres de noblesse au thrash old-school d’Overkill, groovant, progressif, grandement incarné par le chant criard et déchaîné de Bobby « Blitz » Ellsworth couplé aux lignes de basses métalliques et aiguës, fouettées à un train d’enfer par D.D Verni. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les deux hommes sont les deux derniers membres d’origine et surtout les compositeurs prédominants du groupe. Passée la courte intro « XDM », c’est l’efficace single « Armorist » qui embraye à la manière incisive d’un « Electric Rattlesnake » ou d’un « Bring Me The Night ». Le flibustier « Pig » assène une volée de bois vert dès sa première mesure, rompant avec « Bitter Pill » et « Freedom Rings », authentiques pièces maîtresses « overkilliennes » qui instaurent une ambiance et alternent le thrash corrosif avec les passages plus rock’n’roll.

Évidemment, le cuirassé du New Jersey n’évite pas l’écueil du déjà-vu, à l’instar de « Down To The Bone » qui se calque sur « Good Night » de The Electric Age, ou va jusqu’à repasser sur les traces de Metallica au détour de « Where There’s Smoke » mixant les riffs principaux de « Metal Militia » et « Fight Fire With Fire » puis – pour ceux qui se procureront l’édition limitée – de « The Fight Song » aux accents rock’n’roll, qui penche tantôt sur la chanson à boire façon punk irlandais, tantôt sur les guitares d’un « No Remorse ». Overkill, copieurs des Four Horsemen ? – déjà en 1989 le titre « Elimination » de l’album Years Of Decay semblait avoir été cloné à partir de « Master Of Puppets » – à moins qu’il ne s’agisse d’un clin d’œil prémédité ? Le groupe ne s’en laisse pas compter et continue de défourailler en règle sur l’immense « Freedom Rings », sans doute le titre le plus riche du disque.

Le deuxième bonus de l’édition limitée, enfin, est pour le groupe l’occasion de terminer en roue libre avec « Miss Misery », reprise modernisée du groupe de hard écossais Nazareth, avec Mark Tornillo (Accept) qui vient seconder Blitz au chant. Si tout effet de surprise semble irrémédiablement dissipé, quitte à parfois lasser sur la durée, Overkill, conforme à ses racines thrash old-school, ne s’est au demeurant jamais senti aussi bien dans sa peau et sa musique – un état d’esprit payant et salutaire. Les ailes de Chaly – leur mascotte aux allures de chauve-souris squelettique – ne sont donc pas près de battre en retraite.

Ci-dessous les clips de « Armorist » et « Bitter Pill » :

Album White Devil Armory, sorti le 18 juillet 2014 chez Nuclear Blast.



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