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CR De Festival   

PAGAN FEST 2009 A LA LOCO DE PARIS



Artistes : KorpiklaaniUnleashedDie Apokalyptischen ReiterAlestormEx DeoSwashbuckle
Ville : Paris
Lieu : La Loco
Date : 21/09/2009
Public : environ 700 personnes


Swashbuckle

Il est 20h tapantes et notre mini-fest démarre en beauté avec les Américains de Swashbuckle. Vêtus de tricornes, de bottes à revers et de redingotes tout droit sorties de la garde-robe de Jack Sparrow, les trois musiciens font leur entrée sur scène avec une intro R’n’B surprenante et copieusement huée par le public. Avec une bonne humeur communicative, les pirates du New Jersey nous offrent un death/thrash survitaminé et un jeu de scène des plus originaux : ce n’est pas tous les jours que l’on voit des figurants investir la scène déguisés en requins et en perroquets, ou qu’un groupe sacrifie un requin pneumatique à la foule en délire ! Mention spéciale au très sympathique chanteur (un descendant du célèbre Barbe Noire ?), qui parvient d’emblée à se mettre l’auditoire dans la poche en encourageant les battle pits.

L’ambiance piratesque est évidemment soulignée par des titres comme « Walk The Plank » ou « Cruise Ship Terror », interprétés par nos thrasheux. A noter également que les traditionnelles « devil’s horn », pas assez « Pirate Fest » au goût du groupe, sont remplacées par un nouveau signe de ralliement : le crochet du Capitaine du même nom ! Pour vous faire une idée, rentrez le pouce et les trois derniers doigts puis pliez légèrement l’index. Succès garanti ! Au final, une seule chose à reprocher aux pirates de la côte est : un son poussé au maximum, et un guitariste contraint de réclamer « less guitars » entre chaque chanson.


Ex Deo

Le temps pour la foule en délire d’achever le malheureux requin en plastique, et c’est au tour d’ Ex Deo d’entrer en scène, accompagné d’une introduction grandiloquente qui n’aurait pas dépareillé dans la bande originale du Roi Arthur. Le ton est donné, et les Québécois se lancent alors dans 25 minutes de « death metal antique » saupoudré de grandes batailles et de mythologie romaine. Vêtu d’une armure de centurion, le grand Maurizio Iacono projette sa voix gutturale vers la foule avec l’habileté d’un tribun romain, et même si la présence scénique du groupe reste un brin terne, on ne peut s’empêcher d’être conquis (oui, Romains, conquis, tout ça… Il fallait bien la faire, non ?!).


25 minutes de show, c’est bien peu pour aborder pleinement la musique d’un groupe comme Ex Deo, mais nos cousins Québécois auront, malgré tout, su électriser le public. Quelques slammeurs parviendront même à se glisser sur scène aux côtés des musiciens et à bouger la tête le temps de quelques mesures, avant de se jeter à nouveau dans la fosse. Le groupe prend la chose avec le sourire et se fend alors d’un “Romulus” pas piqué des hannetons. Bonne prestation, que l’on aurait aimé voir se prolonger un peu. Et chapeau bas à l’ingé son pour avoir, cette fois, réussi à rendre le set écoutable sans boules Quiès.


Alestorm

Les pirates font leur grand retour avec Alestorm. Les fans ont fait le déplacement en masse, et c’est donc une foule déchaînée qui accueille l’arrivée des Ecossais. Ceux-ci proposent un « pirate metal » plus soft et plus entraînant que celui de leurs collègues de Swashbuckle, et il faut se faire violence pour ne pas brandir sa chope en débitant l’intégralité des répliques d’un opus de Pirates des Caraïbes.

Nos Ecossais préférés font preuve d’une belle énergie, et le public, qui redouble de slams et de battle pits endiablés, ne s’y trompe pas. Christopher, aux claviers et au keytar, communique énormément avec la foule et prend le temps d’introduire chacune des chansons. Le groupe s’offre même le luxe d’un duo avec l’héritier de Barbe Noire, alias le chanteur de Swashbuckle, pour une orgie piratesque du meilleur effet. En guise de conclusion, Alestorm propose au public parisien deux de ses titres les plus connus, “Captain Morgan’s Revenge” et “Terror On The High Seas”, qui mettront littéralement le feu à la salle et souligneront, s’il en était encore besoin, que le groupe a encore de beaux jours devant lui.


Die Apokalyptischen Reiter

Changement de décor pour les Cavaliers de l’Apocalypse. On se consulte, on s’interroge – est-ce bien une balançoire que les roadies sont en train de construire ? Affirmatif, cher lecteur. Plus surprenant encore, cette balançoire est destinée à un claviériste sado-maso vêtu de cuir et armé d’un fouet dont il n’hésitera pas à se servir sur les infortunés spectateurs du premier rang. Original !

Die Apokalyptischen Reiter, c’est un peu la rencontre improbable entre Rammstein et In Flames : prenez une pincée de death mélodique, ajoutez une bonne grosse poignée de paroles en allemand, saupoudrez le tout d’une mise en scène barrée et de musiciens à la patate incroyable, et vous obtiendrez la meilleure performance de la soirée. Fuchs, le chanteur au look raspoutinien et au potentiel vocal époustouflant, déploie des trésors d’énergie, organise des pyramides humaines avec ses partenaires, se met à la guitare acoustique pour un titre et brandit un drapeau géant, le tout sans mettre une note à côté et sans paraître se fatiguer une seule seconde. Ses comparses ne sont d’ailleurs pas en reste et assurent le show à peu près autant que le frontman.

A la fin du set, Fuchs choisit une jeune femme dans l’assistance et la fait monter sur scène pour lui seriner l’excellent “Seeman”. Les Allemands sortent alors l’artillerie lourde : un radeau pneumatique destiné à faire naviguer leur invitée sur les bras tendus du public ! On s’esclaffe, on en redemande, mais il est temps pour cinq Cavaliers de l’Apocalypse de laisser la place au groupe suivant. Un show incroyable qui mérite bien le titre de moment fort du festival.


Unleashed

Il est 23 h 45 lorsque les membres d’Unleashed font leur entrée… et ça se sent. Voilà bientôt quatre heures que le public slamme, bondit, hurle et se lance dans des battle pits effrénés, et l’ambiance est franchement retombée lorsque les quatre Suédois entament leur set. A une heure un peu moins tardive, leur death metal viking aurait sans doute convaincu. Mais ce soir, c’est à un public épuisé (pour ne pas dire complètement somnolent) qu’ils ont affaire. Seuls quelques fans massés devant la scène tentent tant bien que mal de raviver la flamme, mais trop tard, le mal est fait…

La présence d’Unleashed à ce mini-festival, au milieu des pirateries et du folk finlandais barré, peut surprendre. Car la musique des Suédois n’a de « viking » que les paroles. Si “Midvinterblot” et consorts évoquent de grandes batailles gagnées par des guerriers aux nattes blondes trinquant à la santé de Thor, les riffs agressifs paraissent un peu déplacés par rapport aux groupes précédents. Encore une fois, sans doute aurait-il fallu profiter d’Unleashed avant que la fatigue ne gagne… Mention spéciale, cependant, à Johnny, bassiste et chanteur du groupe, dont les efforts remarquables pour motiver la foule nous auront presque fait oublier la monotonie des morceaux.


Korpiklaani

Le 21 septembre a laissé la place au 22 lorsque les têtes d’affiche de ce mini-festival font enfin leur apparition. Malgré l’heure, la fatigue, l’abus d’alcool et un sacré mal de dos, la foule trouve un dernier sursaut d’énergie et fait un accueil triomphal aux Finlandais. Accordéon, violon, grosses guitares et bonne humeur, tout est réuni pour que le public parisien ne regrette pas une seconde d’être resté jusqu’au bout.

Côté set-list, guère de surprises : “Vodka Vodka” en guise d’introduction, “Beer Beer” pour conclure le set, et entre les deux, des chansons à boire, des chansons à danser, des chansons pour faire la fête, tout simplement. Le Clan de la Forêt nous offre de la bonne humeur en boîte, un concentré d’énergie folk et de mélodies plus entraînantes les unes que les autres. Au micro, Jonne prend le pouls de la foule, l’incite à réclamer des chansons. L’ambiance est au beau fixe, et les grandes plaines finlandaises ne semblent soudain plus si lointaines.

Les rois du metal folk auront bien sûr droit au plus long set de la soirée : 1h15 de rythmes et de gigues endiablés, pour le plus grand bonheur des fans. Quelle meilleure façon de conclure une soirée placée sous le signe du pagan metal ?

En résumé, le seul point noir de cette soirée est à chercher du côté de l’organisation. En effet, malgré des roadies extrêmement efficaces et une configuration scénique permettant de réduire au maximum le temps d’attente entre les groupes (même set de batterie pour tout le monde, entre autres), les dernières notes du Paganfest n’auront résonné que très tard dans la soirée (ou très tôt dans la matinée, au choix). Les fans ont ainsi été nombreux à devoir quitter la Loco pour attraper le dernier métro, sans avoir eu la chance d’entendre la tête d’affiche. Pour les autres, le réveil a été dur… mais le jeu en valait la chandelle.

« Trinquons, mes jolis, yo-ho !!! »




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