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Live Report   

Pain & Moonspell : puissance et dissonance dans les ténèbres


Cinq groupes dans une même soirée, vous commencez à avoir l’habitude au vu de ces nombreux mini-festivals qui vous sont proposés de plus en plus fréquemment. Soyez ponctuels car ces soirées chargées commencent tôt et à l’heure. Suède, Finlande, Grèce et Portugal, l’union européenne du metal s’est réunie ce soir pour vous offrir un voyage au cœur des ténèbres puisque c’est sous le label Into Darkness que les groupes investissent le Trabendo ce soir.

Certains d’entre vous se rappelleront une première édition de cette franchise en 2009 avec une programmation différente et Deathstar en tête d’affiche. Autres temps, autres groupes, la cuvée 2012 est résolument plus extrême même si le lien est ténu entre tous les groupes talentueux présents ce soir. Ils sont tous européens, certes, aucun ne fait précisément dans la dentelle, mais entre l’introspectif et progressif metal de Swallow The Sun et le très industriel univers de Pain en passant par le death à tendance gothique de Moonspell, bien malin celui qui peut avancer sans sourciller que cette affiche est par essence fédératrice. Et c’est bien là l’intérêt – et le challenge – de cette programmation. Réunir un public dans les ténèbres de la diversité.

Artistes : PainMoonspellSwallow The SunLake Of TearsScar Of The Sun
Date : 13 novembre 2012
Salle : Trabendo
Ville : Paris

Lake Of Tears, pas la meilleure accroche de la soirée.

Les Grecs de Scar Of The Sun ouvrent donc la porte des ténèbres. Très tôt. Le site du Trabendo annonce un début des concerts à 17h30. On frôle le thé dansant ! Et donc, on rate ce démarrage. C’est par conséquent avec les Suédois de Lake Of Tears que la soirée débute pour notre équipe. La musique du combo, souvent lente et répétitive, suscite l’intérêt dans un premier temps mais ne convainc pas sur la longueur avec un chant assez moyen et une communication réduite à son strict minimum. Malgré tout le public encore peu nombreux – on circule aisément dans la salle – écoute sagement et applaudit respectueusement la performance. On sent un peu plus de ferveur sur la seconde partie du set – mention spéciale à l’enchaînement « The Greymen » / « Boogie Bubble » – mais ce n’est pas sur ce concert que le Trabendo va s’emballer. A noter que le bassiste pense à s’hydrater régulièrement pour compenser les efforts fournis à headbanguer. Et ne comptez pas sur lui pour utiliser une boisson énergétique à la mode. L’homme se réhydrate au vin rouge qu’il boit directement à la bouteille. Eddie Vedder, sors de ce corps ! La prestation se termine avec un morceau plus accrocheur dans un final stroboscopique. Au sujet des lumières, le groupe aura d’ailleurs bénéficié de quelques effets intéressants.

19h30, changement radical d’ambiance avec les Finlandais qui veulent avaler le soleil et leur doom/death tout en ambiance. A propos de soleil et de ténèbres, l’entrée des musiciens se fait dans la plus grande obscurité et les premières lumières sont des nappes de bleu qui laissent le groupe dans une certaine pénombre. Dommage pour les photographes !

Jeu d’ombres sur fond bleu pour le démarrage de Swallow The Sun

Musicalement, même si le son est brouillon, ce qui sera une constante ce soir, il y a clairement quelque chose de prenant dans cette approche progressive du metal. La setlist propose un grand écart temporel avec trois titres du dernier album et trois titres puisés dans les premiers opus mais l’ensemble reste tout à fait cohérent.
Le groupe, sans en faire trop – nous y reviendrons plus tard – a plus d’impact que les précédents combos et les effets lumineux renforcent l’aspect hypnotique, invitant à la transe de la musique. La voix se fait tantôt violente et gutturale, tantôt claire et plus douce, laisse parler un trop plein d’émotion qui inonde la salle. L’ensemble est très puissant et rend vraiment bien dans le cadre intimiste du Trabendo. Le public apprécie et réagit spontanément. Tant mieux car côté communication et animation scénique, nous sommes en-dessous du strict minimum, et seuls le bassiste et le clavier haranguent la foule… en silence. Vous allez monter sur vos grands chevaux, arguer que parler n’est pas dans les gênes de Swallow The Sun, que la musique se suffit à elle-même, rejeter même cette conception classique d’un concert, peut-être même étriquée, qui voudrait que le groupe communique forcément avec le public. Et dans ce cas, vous aurez raison. La musique des Finlandais s’écoute, se ressent et toute parole serait superflue, interrompant les flux qui circulent.

Au bout de quarante-cinq minutes et de six titres, le concert s’arrête. Net. Le groupe quitte la scène, point barre. A peine merci. Assez curieux. Là, le charme est rompu brutalement et l’on regrette que le groupe n’ait pas été plus démonstratif pour au moins saluer le public à la fin. Même si cela n’est pas dans sa nature, il faut savoir se forcer parfois car d’aucuns pourraient y voir une certaine forme d’irrespect.

Setlist de Swallow The Sun :

Emerald Forest And The Blackbird
Out Of This Gloomy Light
Labyrinth Of London (Horror pt IV)
Hold This Woe
Descending Winters
Night Will Forgive Us

Sortez couverts, voilà Moonspell !

Avec les Portugais de Moonspell, l’introspection n’est plus de rigueur. Le classique rentre dedans est de retour. Plus dans l’humeur latine du groupe. Affublé de son casque pseudo-hellénique – qui a d’ailleurs l’air de le gêner – Fernando Ribeiro capte immédiatement l’attention avec son physique imposant et un indéniable magnétisme. ‘Axis Mundi’ et ‘Alpha Noir’ issus du dernier opus ouvrent le bal qui oscillera entre titres d’Alpha Noir et classiques plus anciens, venant du milieu des années quatre-vingt dix. Eh oui, pour ceux qui l’auraient oublié, Moonspell balance son death gothique depuis une vingtaine d’années déjà ! Un bail mais le poids des années ne pèse pas sur les épaules des Lusitaniens qui headbanguent à-tout-va. A la basse, Aires Pereira est celui qui participe le plus à l’animation scénique, Pedro Paixao restant coincé avec son clavier. Ceci dit, il n’oubliera pas de se déplacer de l’autre côté de la scène dès qu’il prendra une guitare.

En début de concert, Fernando s’exprimera un peu en portugais avant de repasser à l’anglais pour que tout le monde comprenne. Musicalement, c’est lourd, c’est puissant et le public plus nombreux désormais apprécie et manifeste son enthousiasme mais il faudra tout de même attendre ‘Alma Matter’, classique du groupe, pour que l’étincelle jaillisse enfin au Trabendo. Pourtant, juste avant, sur ‘Vampiria’, une danseuse orientale était venue nous offrir une danse du ventre sans pour autant déclencher de grandes réactions côté public.

Moonspell : la température monte.

La fin est très intense avec Fernando qui se saisit de baguettes pour jouer avec les cymbales. Tous les bras du public sont tendus. Ça y est, la salle entre en surchauffe et c’est tant mieux !

Fernando salue les groupes, insistant sur Swallow The Sun et le concert des Portugais se termine de manière bien plus chaleureuse – et agréable – que le précédent avec un groupe qui va au contact de ses fans en descendant dans la fosse des photographes pour serrer des mains , distribuer une setlist et des médiators et saluer un public qui aura clairement apprécié la prestation. Après un tel concert, Pain a du pain sur la planche (désolé !) pour assurer derrière. A noter que même si les Suédois jouent en dernier, il était précisé que Pain et Moonspell auraient le même temps de jeu, à savoir à peu près une heure, ce qui offre ce soir des prestations serrées et efficaces. D’ailleurs, sur les affiches la taille de la police utilisée pour écrire les noms des deux groupes est identique.

Setlist de Moonspell :

Axis Mundi
Alpha Noir
Opium
Awake
Nocturna
New Tears Eve
Lickanthrophe
En Nome Do Medo
Vampiria
Alma Matter
Full Moon Madness

Pain arrive pour nous achever.

En trainant du côté du stand T-shirts, vous verrez ceux de Pain flanqués de la phrase « We come in peace and leave you in pieces ». Tout un programme que vous pourrez retrouver sur le DVD dont le groupe fait la promotion sur cette tournée. En attendant, voyons si ce slogan ravageur se vérifie ce soir.

21h55, le groupe entame son set avec ‘Same Old Song’ qui met tout le monde d’accord. Nouveau groupe, nouveau changement radical d’ambiance avec le metal industriel de Peter Tägtgren et ses potes aux looks bizarres. Teint blafard et camisole de rigueur pour le prolifique leader de la bande, look indescriptible pour le bassiste, crête pour le batteur que les lumières empêchent de voir distinctement. Seul le guitariste arbore une allure plus traditionnelle, cheveux longs et chemise noire, plus trash qu’indus.

La camisole sied parfaitement à Peter Tägtgren (Pain).

La musique des Suédois fait mouche avec des titres comme ‘Dirty Woman’, le martial et fédérateur ‘Great Pretender’ ou le très Sisters-Of-Mercy-esque ‘Dark Fields Of pain’. Le public adhère, applaudit, scande des « Hey ! Hey » à l’invitation du chanteur et les premiers pogos apparaissent. Pain mérite sa pôle position avec des musiciens très présents qui participent tous à l’animation scénique. Les jeux de lumières sont bons et utilisés à bon escient pour renforcer l’impact d’une prestation assez noire finalement. Nous sommes dans les ténèbres, enfin ! Seul hic et pas des moindres : le son. Aïe, aïe, aïe ! Vraiment, vraiment dommage. Heureusement, il y a la qualité des titres et de la prestation. Pain aura en effet proposé la prestation la plus explosive de la soirée, avec une setlist équilibrée composée de morceaux de l’ensemble de son répertoire, premier album excepté. Peter ne manquera pas de rappeler la sortie prochaine du DVD et le groupe conclura son heure de concert par un ‘Shut Your Mouth’ non respecté par le public qui chantera à gorges déployées.

Finalement cette affiche éclectique aura su rassembler un public qui aura apprécié chacun des groupes même si les choses sérieuses auront réellement commencé avec Swallow The Sun, les deux premiers groupes chauffant à peine la salle. Swallow The Sun, Moonspell et Pain auront donc offert ensemble une diversité d’approche très intéressante, avec une puissance de feu impressionnante. Un meilleur son toutefois aurait été bienvenu !

Setlist de Pain :

Same Old Song
I’m Going On
Walking On Glass
Zombie Slam
Dirty Woman
Monkey Business
End Of The Line
Great Pretender
Dark Fields Of Pain
It’s Only Them
Let Me Out
On And On
Shut Your Mouth

Photos : Lost

A voir également :

Galerie photos du set de Pain
Galerie photos du set de Moonspell
Galerie photos du set de Swallow The Sun



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  • Avec une affiche aussi incroyable on était certains de passer une bonne soirée !
    J’ai moi aussi raté le premier groupe, en tout cas ça a été effectivement une sacrée montée en puissance de groupes en groupes, avec un enchaînement idéal pour qui veut se démonter les cervicales (3 jours de torticolis après ce concert).
    La pinte de bière entre chaque show aidant, le public a fini totalement déchaîné, et même si effectivement le son était moyen, c’était largement compensé par le talent de chacun des groupes présents.

    Rassembler des groupes aux univers aussi différents sous une même bannière pour un show d’un soir est une idée brillante, j’espère que l’on verra plus de concerts de ce genre à l’avenir.

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