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Chronique   

Pain Of Salvation – Falling Home


Après avoir traversé une énième zone de turbulence à la suite de Road Salt Two – les départs des deux membres restants du line-up dit « classique », le retour d’un ancien bassiste, Gustaf Hielm, pour permettre le transfuge de Daniel Karlsson aux claviers, sans compter le leader Daniel Gildenlöw récemment victime d’une fasciite nécrosante – Pain Of Salvation ne revient pas forcément par là où on l’attendait. Plutôt que de revenir avec du matériel neuf, montrant ce dont le Pain Of Salvation nouveau est capable d’un point de vue créatif, c’est avec un nouvel album de réinterprétations acoustiques qu’il se montre cette année. En même temps, d’une part, Pain Of Salvation reste avant tout mené et pensé par Gildenlöw, d’autre part, il faut toujours s’attendre à tout avec ce groupe, autrement on risque de ne pas être préparé à un album comme ce Falling Home.

A commencer par cette nouvelle version de « Stress » qui initie le recueil : batterie qui swing et petit clin d’œil au « Immigrant Song » de Led Zep à l’orgue Hammond façon Deep Purple, avant un déballage acoustico-jazzy-boogie où le groupe s’amuse avec la chanson comme avec une pâte à modeler. « Linoleum » est revisitée en version « smooth », tout en retenue et avec grâce. « To The Shoreline » se rapproche un peu plus encore des ambiances westerns d’Ennio Moriconne ou d’un « House Of The Rising Sun ». « Flame To The Moth » dévoile son cœur hispanique, pendant que « Spitfall » met le sien à vif avec volupté. Le groupe joue sans cesse – mis à part quelques chansons qui surprendront un peu moins – avec nos repères, et ne pas connaître le répertoire de Pain Of Salvation, c’est déjà passer à côté d’une bonne partie de l’expérience, même si cela n’enlève évidemment pas l’appréciation intrinsèque de la performance en tant que telle. Mais il y a bien quelque chose d’élitiste dans l’idée même de cet album, en ce sens que les vrais connaisseurs se sentiront privilégiés de pouvoir goûter et apprécier tout le raffinement de l’exercice proposé. Le summum étant la reprise décalée version jazz, avec une petite touche de reggae au milieu, du « Holy Diver » de Dio, se plaçant quelque part entre l’œuvre du Alex Skolnick Trio et celle du crooner Richard Cheese, tandis que l’autre reprise, « Perfect Day » de Lou Reed, cherche, semble-t-il, à se rapprocher du « Hallelujah » de Leonard Cohen par Jeff Buckley (que Pain Of Salvation a régulièrement repris). Et c’est encore l’influence de Jeff Buckley que l’on devinera dans « Falling Home », chanson folk inédite qui clôture l’opus, interprétée le plus simplement du monde à deux voix et une guitare.

A rapprocher naturellement du live 12:5 pour ses prises de liberté acoustiques, mais sans le côté fouillis / medley qui en caractérisait certains passages, Falling Home est presque à prendre comme un nouvel album tant il fait du neuf avec le vieux et, finalement, se révèle en bonne introduction à ce Pain Of Salvation au line-up lui-même remanié. Le contexte acoustique ne trompe pas et est réputé pour ne pas faire de cadeaux. Or voilà une belle brochette de musiciens, larges dans leurs baskets – y compris vocalement, avec un Gildenlöw confiant en son groupe jusqu’à se permettre de lâcher le chant principal (« Chain Sling », « Falling Home ») -, en pleine éclate avec le répertoire passé du combo. A tel point qu’on remarque à peine qu’ils aient pu oser se dispenser de l’indispensable « Ashes »…

Album Falling home, sortie le 10 novembre 2014 chez Inside Out.



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