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Interview   

Pain Of Salvation : Léo Margarit, la touche française chez les Suédois


Après Daniel Guildenlöw, le maître à penser de Pain Of Salvation, il y a trois mois c’était au tour du batteur Léo Margarit de répondre à nos questions dans Anarchy-x le 25 octobre dernier.

Léo a intégré le groupe suédois en 2007 suite au départ de Johan Langell. Un remplacement que l’on n’imagine pas forcément évident étant donné l’aura et le jeu de ce dernier très appréciés par les fans. Mais force est de constater que Léo a parfaitement su trouver sa place au sein du groupe et parmi les fans. Rien d’étonnant vu son talent, non seulement en tant que batteur mais également vocaliste, un critère déterminant pour Pain Of Salvation dont la musique fait la part belle aux harmonies vocales les plus riches.

Léo avait donc été notre invité au téléphone. L’occasion de faire le point avec lui et d’évoquer les deux albums qu’il a faits au sein de la formation. Deux albums qui plus est très particuliers dans son histoire, puisque mettant de côté la composante metal au profit d’une sensibilité toute seventies. Nous avons essayé également d’en savoir davantage sur le tout récent départ de Johan Hallgren, guitariste et vocaliste qui sera, à n’en pas douter, difficile à remplacer.

A noter que Léo a également travaillé, entre autres, avec le groupe Zubrowska et a participé au nouveau projet du guitariste de Within Temptation Ruud Joli, intitulé For All We Know, paru en avril dernier.


Réécoutez l’interview :

[audio:interviews/Pain Of Salvation – Leo Margarit.mp3|titles=Interview Leo Margarit (Pain Of Salvation)]



« C’était pour moi l’occasion de me retrouver dans un groupe international, de me retrouver sur des grandes scènes et de côtoyer des gens que j’adore depuis ma tendre enfance. »

Radio Metal : Les gens te connaissent assez peu d’avant Pain Of Salvation. Est-ce que brièvement tu peux nous dire comment, à un moment donné, tu t’es retrouvé à rejoindre un groupe suédois ?

A la base, je suis du sud de la France, je viens de Carcassonne. Je vivais de la musique, j’avais une carrière de musicien modeste. J’avais plein de groupes différents, de différents styles de musique, je faisais du bal, de la variété, je faisais un petit peu de metal aussi, de la salsa, du latin jazz, bref plein de trucs différents. Mais, à côté de ça, j’étais fan de beaucoup de groupes et en particulier de Pain Of Salvation. Un beau jour, un ami m’appelle en me disant :« Tu as vu ? Johan Langell quitte le groupe, tu devrais postuler ! » Moi je me suis dit que c’était complètement ridicule et que, de toute manière, ils allaient prendre quelqu’un qu’ils connaissaient, un Suédois. Ce n’est pas ça qui manque, les bons batteurs en Suède ! Cependant après réflexion, je me suis dit que ça ne coûtait rien d’essayer. Alors, j’ai envoyé ma candidature avec quelques démos et puis, évidemment, je n’ai eu aucune réponse, ce qui était ce à quoi je m’attendais. Quelques mois après ça, je jouais avec mon groupe de l’époque, Zubrowska, au Hellfest et il se trouve que Pain Of Salvation jouait le même jour. Par conséquent, je me suis faufilé dans leur backstage avec mon pass artiste et on a parlé un petit peu. En fait Daniel se souvenait très bien de moi, de ma démo et tout ça. La première chose qu’il ait faite, c’était de me décourager en me disant que c’était de la folie de déménager du sud de la France pour aller en Suède [rires] ! Au final ils m’ont quand même invité à l’audition et puis j’ai été pris et donc j’ai déménagé !

Justement je me souviens que lorsqu’ils cherchaient un bassiste l’un des critères obligatoires qu’ils listaient était le fait qu’il devait habiter en Suède. Tu n’as vraiment pas hésité une seule seconde par rapport au fait de déménager en Suède ?

Non, parce que c’était une opportunité unique en tant que musicien local, si je puis dire. D’un seul coup c’était pour moi l’occasion de me retrouver dans un groupe international, de me retrouver sur des grandes scènes et de côtoyer des gens que j’adore depuis ma tendre enfance. Et puis j’étais célibataire, je n’avais pas d’enfants, c’était le meilleur moment pour déménager donc je n’ai pas hésité.

Et puis tu as pu aller voir les petites Suédoises comme ça ! [Rires]

Oui, apparemment il y en a beaucoup ici ! [Rires]

« Apparemment » ou c’est vrai ?

Il y a environ 50% de filles ici je pense comme dans le reste du monde. [Rires]

Est-ce que, comme on le dit, elles sont plus jolies qu’ailleurs ?

Je pense que c’est un peu le cliché qu’on a en France : des blondes avec les yeux bleus, mais, après, c’est aussi le manque d’habitude. C’est un type différent alors, évidemment, quand on arrive ici on trouve toutes les filles belles. Mais quand tu parles avec les garçons suédois ils te disent que les filles françaises sont les plus belles du monde, donc, en fait, je pense que c’est juste une histoire d’habitude. Mais il y a de très jolies filles ici oui.

Le pré du voisin est toujours plus vert en fait…

Voilà, exactement !

« J’ai essayé de rester le plus possible dans Zubrowska mais il est vrai que lorsque tu habites à 2500 km, pour répéter, ça n’est pas l’idéal. Par conséquent on en a discuté avec les gars et on a décidé que c’était mieux pour eux que j’arrête et qu’ils trouvent quelqu’un d’autre. »

Tout à l’heure, tu parlais de Zubrowska, tu as quitté le groupe en fait ? Était-ce une obligation par rapport à Pain Of Salvation ? Tu n’avais plus le temps ?

On a essayé de faire marcher les deux au début. Avec Pain Of Salvation il n’y a pas de problèmes, je suis quand même assez libre de faire ce que je veux à côté. J’ai essayé de rester le plus possible dans Zubrowska mais il est vrai que lorsque tu habites à 2500 km, pour répéter, ça n’est pas l’idéal. Par conséquent on en a discuté avec les gars et on a décidé que c’était mieux pour eux que j’arrête et qu’ils trouvent quelqu’un d’autre. C’est ce qui est arrivé.

Est-ce toi qui joue de la batterie sur le dernier album de Zubrowska ?

Non, ce n’est pas moi, c’est le batteur qu’ils ont eu après moi mais, pour la petite histoire, ils ont enregistré leur album à Orebro, c’est en Suède aussi, à une heure de là où j’habite. Donc je suis allé au studio et j’ai enregistré l’introduction de voix claire qu’il y a sur l’album. C’est tout ce que j’ai fait sur l’album.

En termes vocaux, je sais que les chœurs sont quelque chose de très important pour Pain Of Salvation. Est-ce quelque chose que tu as travaillé spécialement pour le groupe ou avais-tu déjà une certaine expérience du chant avant ?

Dans pratiquement tous les groupes où je jouais avant je faisais tout le temps les chœurs, en particulier dans les trucs de variété car c’est là où on en a le plus besoin. J’avais donc l’habitude de chanter et de jouer en même temps. Certes, il a fallu m’adapter un petit peu car il y a quelques chansons dans le groupe qui demandent quand même pas mal d’adaptation et de travail pour synchroniser la voix et la batterie car c’est assez différent. Mais, l’un dans l’autre, ça n’a pas été si difficile que ça, à part peut-être un morceau ou deux où ça demandait un peu plus de travail mais je ne m’en suis pas trop mal sorti, je pense.

Tu penses que c’est l’une des raisons pour laquelle tu as été choisi ? Cet atout au niveau du chant ?

Je pense que ça n’a pas « déjoué » en ma faveur. Je ne pense pas que c’était le truc le plus important bien qu’il fallait quand même chanter. Mais disons que ça a dû peser dans la balance, oui.

Tu es arrivé à un moment assez particulier dans le groupe car les deux albums que tu as fait avec eux, Road Salt One et Road Salt Two, sont deux albums où le groupe a emprunté une voie musicale un peu surprenante, encore plus que d’habitude car Pain Of Salvation a l’habitude de surprendre d’album en album, mais là un peu plus dans le sens où ils ont un peu abandonné le côté metal et viré sur ce côté très seventies. Est-ce que, quelque part, tu as eu une influence là-dessus ou pas du tout ?

Peut-être pas directement. Je dirais que cette direction, c’est Daniel qui l’a choisie de toute manière. Dès le début, quand je suis arrivé et même avant que je déménage en Suède et que je sois pris dans le groupe, il m’avait mis en garde en me posant la question typique : « Est-ce que ça te dérange si le groupe change de direction ? Si on se rapproche plus d’un truc des années 60-70 ? » Moi, évidemment, j’étais totalement pour, mais, en fait, je pense que j’y ai contribué dans ma manière de jouer de la batterie. C’est vraiment mon style, ce côté un peu improvisé, ce côté live en fait. Je peux très bien jouer des parties écrites mais ce n’est pas là où je m’éclate le plus. Je pense que ça n’est pas moi qui ai choisi le style de toute manière mais je pense que j’ai contribué un peu à l’amener. Je ne pense pas que Johan Langel, l’ancien batteur, aurait pu faire ça car lui c’était vraiment un batteur qui voulait avoir tout écrit et qui n’écrivait pas du tout ses parties. Donc, peut-être que Daniel aurait voulu faire ça plus tôt, mais il n’avait pas eu la chance de le faire.

D’ailleurs, as-tu eu des échos de la part de l’ancien batteur par rapport à ces albums ?

On ne se croise pas très souvent. La dernière fois, c’était au mois d’août, on a fait un concert avec le groupe et, en fait, je ne crois même pas qu’on ait parlé musique. On a passé la soirée ensemble à faire les couillons, à picoler, mais je ne crois pas qu’on ait parlé musique une seule fois. [Rires] Si ça se trouve il n’aime pas du tout, je n’en sais rien. C’est vrai, maintenant que tu le dis, je lui demanderai la prochaine fois que je le verrai.

Tu nous rapporteras la réponse ! [Rires]

Oui, je vous enverrai un e-mail.

« Pour l’instant, on n’a pas du tout parlé de l’avenir. On vient juste de sortir cet album, on est rentré de tournée avant-hier. […] L’an prochain sera aussi beaucoup consacré à la scène et après on verra pour le nouvel album. »

Est-ce que, finalement, avec ces deux albums, tu as vraiment l’impression d’avoir joué avec Pain Of Salvation ? Il faut dire que ce jeu est tellement différent de ce qu’il a pu être par le passé…

Si, j’ai quand même le sentiment d’avoir joué avec le groupe. Il y a quand même la voix de Daniel qui fait au moins 80% du son du groupe. Pour moi, ce qu’il y a de plus important dans ce groupe, c’est que depuis le début, et ce quoi qu’il arrive, il y a une émotion que cela soit plus ou moins agressif ou calme tu retrouves toujours cette émotion, tu es toujours touché par la musique. Je pense que c’est toujours le cas avec les deux nouveaux albums. Donc, même si l’approche est différente, si c’est beaucoup plus live et improvisé et plus… Je dirais que c’est plus chaud de manière générale car je trouvais que l’album Scarsick était un album assez froid. Les deux nouveaux sont très chauds, tu te sens vraiment – du moins, c’est l’impression que j’en ai – dans un truc chaleureux, tu es vraiment au cœur du groupe. Je ne sais pas comment expliquer ça mais pour répondre à ta question, je me sens vraiment dans Pain Of Salvation, et pas avec les mêmes gars dans un autre nom, si tu vois ce que je veux dire.

Et, quoi qu’il arrive en live, tu joues des morceaux de toute la discographie du groupe…

Oui, bien sûr.

Est-ce que tu aimerais faire un album avec eux plus dans le genre de ce qu’ils faisaient avant : un petit peu plus metal, un petit peu plus moderne ?

Je ne sais pas, en fait. Comme je le disais, je suis un batteur assez ouvert sur l’improvisation. Les trucs carrés, c’est rigolo, mais ça m’intéresse un peu moins que ce qu’on a fait avec les deux albums. Donc, revenir sur des choses que le groupe a déjà fait avant je ne sais pas si ce serait vraiment mon truc. Après, c’est toujours pareil, ça dépend comment c’est fait. Dans la mesure où il y a toujours cette émotion présente, je pense que ça pourrait marcher aussi.

Est-ce que vous avez déjà parlé de la prochaine étape ? Lorsque j’avais discuté avec Daniel au dernier Hellfest, il nous avait dit que c’était son trip du moment, ce côté seventies, mais qu’il allait bien s’en lasser un jour ou l’autre.

C’est un peu comme ça qu’il fonctionne, c’est vrai. Pour l’instant, on n’a pas du tout parlé de l’avenir. On vient juste de sortir cet album, on est rentré de tournée avant-hier, on repart dans une semaine et demi. Pour l’instant, on est concentré sur le live. L’an prochain sera aussi beaucoup consacré à la scène et après on verra pour le nouvel album. Pour l’instant, on n’a pas vraiment de but ni d’idée.

En tant que batteur, tu nous disais que tu aimais bien ce côté improvisation mais est-ce que, pour ces albums en particulier, tu as essayé de t’inspirer voire d’étudier un peu plus le jeu de batteurs des années 1970 pour ces albums, comme John Bonham ?

Non, en fait, j’ai fait mon histoire la plupart du temps, je n’ai pas trop réfléchi. Quand on a écrit les morceaux, bien que cela soit Daniel qui ait amené les riffs et tout ça, on a commencé par faire le bœuf, on a jammé sur les morceaux et on les a plus ou moins écrits tous ensemble.
Daniel a les idées principales mais on a arrangé les morceaux tous ensemble. J’ai simplement fait ce que je fais d’habitude, j’ai fait mon histoire, je n’ai pas vraiment trop pensé à essayer de m’inspirer d’autres personnes.

On va s’écouter le titre « Eleven » de l’album Road Salt Two. Est-ce que tu as quelque chose à dire sur ce morceau ?

C’est le dernier morceau qu’on a enregistré pour cet album, ça a été fait en juin dernier il me semble. La partie centrale est très improvisée. Je dirais que ça a été fait en l’espace d’une journée : on a joué tous ensemble et puis on a gardé les meilleures prises, on les a mises ensemble et voilà !

Sur le chat il y a un peu de réactions par rapport au morceau, certains disent que ça fait presque stoner, d’autres que ça fait aussi un peu Robert Plant, un peu The Who en live… Est-ce que tu es d’accord avec cette analyse des chatteurs ?

Je n’en sais rien [rires] ! Je n’ai entendu ni l’un ni l’autre. Enfin si, peut-être Robert Plant avec Led Zep. Je l’ai vu en concert il y a six ou sept ans, il a fait une tournée en France à un moment donné alors oui, pourquoi pas en fait ! La ressemblance n’est peut-être pas tellement folle je pense. Après, l’autre groupe, je ne connais pas.

The Who ?!

The Who ? Ha, oui, d’accord… J’avais compris complètement autre chose. Alors bien sûr que je connais The Who ! Dans l’idée, pourquoi pas, oui. De toute façon ce sont des acteurs directs des années 1970, ce sont eux qui étaient là à l’époque ! [Rires]

Sur l’album, il y a un morceau où Daniel chante en français. On voulait savoir s’il y avait un rapport avec toi, t-a-t-il approché pour la prononciation, etc. ?

Je n’ai absolument rien à voir avec ça, ce qui est assez rigolo car Daniel ne parle pas du tout français… Enfin, il en a fait à l’école quand il avait quinze ans, donc il y a longtemps qu’il a tout oublié. Mais, un beau jour, il m’appelle, j’étais à la maison et il me dit : « J’ai écrit un texte en français » sans me dire vraiment pourquoi c’était fait et il commence à me le lire et me demander si je peux l’aider à corriger les fautes. Il y avait deux ou trois erreurs de grammaire mais c’était vraiment trois fois rien. Il m’a remercié, je me suis demandé pourquoi il avait fait ça et quelques jours ou quelques semaines après, on répétait avec le groupe et puis il nous a dit qu’il venait de finir d’enregistrer le mix d’un morceau qu’il voulait nous faire écouter, et là j’ai entendu le texte en français. Il m’a dit : « Ha, oui, au fait, la prononciation, ça va bien ? » Je lui ai répondu qu’il aurait peut-être pu me demander avant ! [Rires] Comme ça, j’aurais pu l’aider un peu plus mais on n’avait plus le temps de le réenregistrer. Mais, comme je l’ai dit, il y a peut-être deux ou trois mots qui ne sont pas super bien prononcés mais, de manière générale, c’est quand même assez compréhensible. Il a donc écrit le texte lui-même, et il a prononcé à l’intuition, et ça a pas mal marché.

Je pense que, en règle générale, c’est quelqu’un d’assez doué.

Oui ! On peut le dire. Il est doué pour les langues, il aime bien ça, ça l’intéresse. Il écrit bien, même en français, c’est rigolo quoi. Et surprenant !

Qu’est-ce qui l’a motivé à faire ce passage en français ?

Je n’en sais trop rien. Je crois qu’il a toujours bien aimé la langue. Comme beaucoup de gens qui ne sont pas français, il pense que le français est une belle langue et, du coup, je pense qu’il a voulu essayer. Je pense qu’il a aussi pris ça pour un nouveau challenge en quelque sorte puisqu’il ne l’avait jamais fait avant.

« Quand [Johan Hallgren] a annoncé [son départ], Daniel était choqué et triste […]. Je pense que, à ce moment-là, Daniel a probablement eu dans sa tête l’idée de tout arrêter, de dire : « Il n’y a pratiquement plus de membres d’origine, ça ne veut plus rien dire ». »

En début de semaine, il y a eu l’annonce du départ du guitariste Johan Hallgren et il a évoqué des raisons familiales. Est-ce que, selon toi, il y a éventuellement d’autres raisons ?

Non, Pain Of Salvation est un groupe qui est dans une catégorie « du milieu » donc on ne peut pas vivre complètement du groupe, tu es obligé d’avoir un travail à côté et Johan a déjà un enfant depuis un an et demi, il va avoir un deuxième enfant très bientôt et je pense que pour lui c’est devenu difficile de partir en tournée, de laisser le boulot et surtout de laisser la famille à la maison. Moi, j’ai du mal à m’en rendre compte, je ne suis pas parent mais je pense que, quand tu as un enfant, c’est difficile. Tout le monde n’est pas capable de partir quelques semaines et de laisser la famille, tes gosses à la maison. Je pense que c’est globalement ça.

Et quelle était la réaction de Daniel ? Car bientôt, dans le groupe, il n’y aura plus que lui du groupe d’origine.

Oui, quand il a annoncé ça la première fois, Daniel était choqué et triste mais après ils en ont parlé et je pense qu’il comprend. Je pense que, à ce moment-là, Daniel a probablement eu dans sa tête l’idée de tout arrêter, de dire : « Il n’y a pratiquement plus de membres d’origine, ça ne veut plus rien dire » mais après on en a parlé tous ensemble et, malgré le fait que ça va être très dur de remplacer Johan, on veut quand même continuer et moi en particulier. J’ai quand même déménagé de France pour ce groupe, ce serait donc dommage d’avoir fait tout ça pour rien. Enfin, même si ça ne sera jamais pour rien car j’ai quand même fait deux albums et quelques tournées. Mais j’espère qu’on va trouver un guitariste qui fait l’affaire et qu’on va continuer. Daniel a évidemment été très triste au début, comme tout le monde, car Johan est quand même une figure emblématique du groupe car en plus d’être un excellent guitariste et chanteur, il y a son caractère, son personnage dans le groupe va être difficile à remplacer alors on verra.

Mais tu penses vraiment que, à un moment donné, l’idée d’arrêter le groupe a réellement traversé l’esprit de Daniel ?

Oui, je pense, on en a parlé tous ensemble. On s’est dit : « Qu’est-ce qu’on fait ? On arrête ? On fait autre chose ? On continue ? » Et, après réflexion, on a pensé qu’il valait mieux continuer. On n’a pas envie d’arrêter mais, bon, je comprends qu’il ait eu cette idée-là. C’est un peu ce qu’il disait, il a pris cet exemple plusieurs fois dans le passé : avec ce groupe, tu construis quelque chose, tu montes une montagne et puis, d’un seul coup, tu es obligé de redescendre pour prendre quelqu’un de nouveau et remonter, tu n’arrives jamais au sommet. Ça risque d’être de nouveau la même chose, en quelque sorte : redescendre la montagne pour prendre un nouveau guitariste, tout réapprendre, tout repartir du début, c’est un peu décourageant.

Est-ce que vous avez commencé à chercher un remplaçant ? Comme tu le disais : Johan avait quand même un sacré niveau de guitare mais aussi au chant et, en plus, il avait une sacrée présence scénique, il est clair que ça ne va pas être facile de trouver quelqu’un qui soit à la hauteur.

Oui, ça va être très dur. Pour l’instant, on a essayé de rassembler quelques noms auxquels on pensait entre nous. Mais vu que là on repart en tournée pendant cinq semaines dans une semaine et demie Johan sera encore parmi nous. On va donc avoir quelques mois après ça pour se retourner. Pour l’instant on n’a pas fait passer d’auditions, on n’a pas appelé de gars, on n’a pas vraiment fait grand-chose. Cependant, il est vrai que le challenge va être assez élevé, on va voir.

Tu disais que vous aviez des noms en tête…

Oui, pas forcément des gens connus mais des gens qui, selon nous, pourraient peut-être faire l’affaire. Pour l’instant, c’est vraiment des idées très vagues. Tu peux te dire que celui-là, il va bien mais il peut être bon guitariste mais mauvais chanteur ou inversement. Ou alors, il y a les deux mais visuellement, pour la scène, ce n’est pas ce qu’il faut. Donc, ça va être très délicat. Je pense qu’on se débrouillera à un moment donné ; il y a quand même de bons musiciens en Suède, ça ne devrait donc pas être impossible.

Pour le coup, avec toi, ils ont eu relativement de la chance, ils t’ont trouvé assez rapidement. Mais c’est vrai que pour le poste de bassiste, il me semble que c’était quand même un petit peu la galère. Si je me souviens bien, ils avaient trouvé Simon Anderson à qui finalement ça ne plaisait pas trop que Daniel soit un peu le seul maître à bord, du coup le poste n’a jamais été vraiment fixe. Même le bassiste que vous avez actuellement, je ne sais pas s’il est vraiment une partie intégrante du groupe.

Récemment, on a eu un autre bassiste pour la dernière tournée. Je dirais que le principal problème, c’est qu’il y a beaucoup moins de bons bassistes que de bons batteurs ou de bons guitaristes, c’est pareil avec les claviéristes. C’est difficile de trouver quelqu’un qui joue bien. Donc, pour la basse, ça a été délicat et, à l’heure actuelle, le problème, c’est qu’on a du mal à trouver quelqu’un qui veut vraiment faire partie du groupe en tant que tel, qui n’est pas pris par autre chose, donc ça reste délicat mais on ne perd pas espoir en tout cas ! [Rires]
En ce qui me concerne, je ne sais pas s’ils ont eu de la chance ou pas. Je pense, un petit peu, je n’en sais rien, mais il est vrai que je m’adapte facilement, je fais plus ou moins ce qu’on me demande, donc ça marche plus facilement qu’avec quelqu’un qui a un peu l’esprit rebelle, quoi. Après avoir toutes les conditions pour être la personne parfaite, qui habite dans le coin, qui fait tout bien, ça, c’est autrement plus délicat. Mais, comme je l’ai dit, on n’a pratiquement pas commencé à chercher, on va voir ce qu’il se passe. Mais il y a Stockholm qui n’est pas loin, c’est la capitale, donc, là, il y a quand même beaucoup de musiciens. Ici, où on habite, il y a pas mal de musiciens aussi, même si c’est une ville un petit peu plus petite, mais l’idéal ça serait d’avoir quelqu’un sur place, ça serait plus pratique pour répéter, etc. mais, bon, on va voir ce qu’il se passe.

« J’ai l’impression qu’en France, quand tu écoutes du rock ou du hard rock et que tu as passé quinze ans, c’est un peu la honte en fait, tu vois ce que je veux dire… « Coupe-toi les cheveux et trouve toi du travail ! ». »

D’ailleurs, par rapport à la Suède globalement, j’ai souvenir d’avoir parlé il y a un paquet de temps de cela, ça doit faire dix ans, avec les musiciens d’Hammerfall qui me racontaient qu’en Suède, le gouvernement motivait la création artistique en offrant notamment des salles de répétitions pour les jeunes groupes, etc. Est ce que c’est vrai ça ? Est-ce toujours le cas actuellement ?

Oui, il me semble, je ne suis pas trop au courant de ce qu’il se passe mais je sais que la culture est très importante ici. Les locaux de répétitions, si tu paies quelque chose, c’est une somme absolument dérisoire comparée à la France ou même la Norvège ou la Hollande. J’en parlais ce matin avec le groupe finlandais qui a fait notre première partie sur la dernière tournée, le chanteur est venu récupérer le matos avec un van aujourd’hui et, quand je lui ai montré notre local et que je lui ai dit le prix qu’on payait à l’année, c’était la moitié de ce qu’ils paient pour un mois, je crois. Mais c’est vrai que c’est le gouvernement qui prend ça en charge, c’est pour motiver les jeunes à faire de la musique, à simplement s’intéresser à la culture, et je pense que c’est une très bonne chose comparé à la France où c’est un peu plus délicat, surtout quand tu parles de rock ou de musiques actuelles.

C’est intéressant que cela soit un Français expatrié en Suède qui en parle, tu penses qu’en France on a beaucoup à apprendre des pays scandinaves ?

Ça dépend pour quoi mais en ce qui concerne la culture et le rock en général, peut-être. Je dirais qu’il n’y a pas de tabous ici en Suède. J’ai l’impression qu’en France, quand tu écoutes du rock ou du hard rock et que tu as passé quinze ans, c’est un peu la honte en fait, tu vois ce que je veux dire… « Coupe-toi les cheveux et trouve toi du travail ! » Alors qu’ici tu vois des gens qui ont la cinquantaine, la soixantaine, ils sont fans d’AC/DC, ils sont contents, ils sont fiers de le dire quoi. Alors qu’en France c’est plutôt : « Oui, oui j’écoutais du hard rock quand j’avais quinze ans. Maintenant j’écoute Pascal Obispo et je ne sais pas qui… » Sans vouloir critiquer Pascal Obispo, c’est pas ce que je veux dire.

Mais tu as le droit, ne t’inquiètes pas il ne nous écoute pas ! [Rires]

[Rires] Non, mais ça n’est pas du tout mon point : c’est une culture qui est très différente en ce qui concerne le rock en général même si c’est loin d’être la musique principale en Suède. On a cette idée aussi en France que la Scandinavie et la Suède en particulier, c’est la Mecque du metal. Mais, en fait, les groupes de metal que l’on connait nous à l’étranger, en dehors de la Suède, ne sont absolument pas connus à part In Flames, Meshuggah et Opeth un petit peu, et encore ils restent des petits groupes ici. Le reste, c’est complètement inconnu. Alors nous, même dans notre ville où il y a cent mille habitants, personne ne nous connaît, si ce n’est une poignée d’irréductibles. Mais, bon, je dirais que, d’une manière générale, la culture fait ici que tu peux très bien aller à la banque, par exemple, et avoir le banquier en face de toi qui peut avoir des dreadlocks jusqu’au cul et des tatouages partout et ça n’a aucune importance.

C’est vrai qu’en France, justement, on a aussi des politiques qui commencent à se mettre un peu à attaquer le metal…

C’est complètement ridicule.

J’imagine que c’est quelque chose qui serait complètement impensable dans un pays comme la Suède, surtout d’attaquer des concitoyens de cette manière.

Ici, ça serait complètement ridicule. D’ailleurs, pour exemple, en Norvège, il y a eu il y a quelques années, je pense que tout le monde se rappelle de ça, des groupes de black metal qui brûlaient des églises et qui foutaient un peu le bordel à ce niveau-là et, à l’heure actuelle, les gens ne jugent pas du tout les groupes de black metal ou quoi que ce soit mais je pense que si ça arrivait en France pendant au moins 125 ans le black metal serait interdit à la télé, à la radio, etc. Donc oui, la Scandinavie est plus ouverte pour la culture et pour les goûts différents des gens en tout cas.

Effectivement, comme tu le dis, s’il y avait eu ce genre d’événements en France, cela aurait été complètement interdit pendant 150 ans. Pourtant la religion a fait des massacres et aujourd’hui on la tolère, voire même plus.

C’est le côté un peu « double morale » comme on dit en Suède [rires]. C’est « Je fais quelque chose mais j’interdis de faire aux autres », c’est un peu spécial.

Tu as participé au projet de Ruud Jolie, le guitariste de Within Temptation, qui s’intitule For All We Know. Comment t’es-tu retrouvé à participer à ce projet ?

Ruud est un ami de Simon [Andersson], donc notre ancien bassiste, je ne sais pas du tout comment ils se sont rencontrés mais je sais que nous, on s’est rencontré lors d’un concert en Hollande. Il a invité tout le groupe chez lui parce qu’on jouait dans sa ville et on a donc papoté un petit peu. Il disait qu’il voulait monter son projet, qu’il avait les morceaux et il m’a demandé si je serais éventuellement intéressé. J’ai écouté les morceaux sur MySpace ou je ne sais plus sur quoi, peut-être qu’il m’avait envoyé des morceaux. J’ai trouvé ça très intéressant donc, évidemment, j’ai dit oui et, presque un an après, on a enfin trouvé un moment pour se rejoindre et commencer à enregistrer les batteries pour cet album.

D’ailleurs, c’est un peu amusant car dans ce projet on retrouve à la basse Kristoffer Gildenlöw qui est le frère de Daniel et l’ancien bassiste de Pain Of Salvation alors que tu ne l’as jamais connu au sein du groupe.

Non, c’est vrai. C’est rigolo car j’ai fait deux albums avec Kristoffer l’an dernier mais pas du tout avec Pain Of Salvation. C’est donc une drôle de coïncidence quand même.

Alors comment est le frère par rapport à l’autre ?

Il est un peu plus terre à terre au niveau de son comportement. Tu sais, Daniel, il est un peu perdu dans ses pensées, il est un peu rêveur. Et Kristoffer est plus terre à terre mais il est très sociable comme peut l’être Daniel, c’est quelqu’un de très gentil, un très bon musicien aussi.

Effectivement. Et, justement, ça ne leur manque pas un peu de jouer ensemble ? Surtout qu’il me semble qu’ils sont séparés, Kristoffer vit en Hollande…

Oui, ça a été la raison pour laquelle il a quitté le groupe. Je ne sais pas trop comment ils sont l’un par rapport à l’autre. Pour moi, Kristoffer, je le rencontre à tout casser une fois par an et Daniel ne parle pas souvent de son frère non plus, donc, en fait, je ne sais pas trop ce qu’il en est à ce niveau-là. Il faudrait leur demander à eux [rires].

Par rapport à ce projet, ton rôle n’a été que l’enregistrement des batteries ou tu as vraiment eu un peu plus d’impact au niveau de la composition, ne serait-ce que la composition des batteries ?

Quand Ruud m’a envoyé les démos, il y avait déjà les batteries qui avaient été programmées donc, en fait, j’ai pratiquement repiqué tout ce qui avait été fait sur la programmation excepté quelques touches personnelles. Il y a un seul morceau où il n’y avait pas de batteries enregistrées donc, là, j’ai créé ma propre partie. Mais alors, je ne me rappelle plus du tout lequel ! [Rires]  C’est un qui est un petit peu plus funky, je crois, vers la fin de l’album…

« Open Your Eyes » ?

Oui, c’est celui là ! Il n’y avait pas de batteries au départ si je me souviens bien, il voulait que ce soit un instrumental et, finalement, ils ont rajouté de la voix dessus. C’est le seul morceau où j’ai pu plus ou moins faire ce que je voulais à la batterie.

Il y a un autre projet sur lequel je n’ai rien entendu, ça s’appelle Epysode. J’ai vu ça dans ta discographie. De quoi s’agît-il ?

Epysode, c’est un projet un peu à la Ayreon, il y a pas mal d’invités, il y a cinq chanteurs je crois, deux filles et trois mecs, il me semble. Kristoffer est à la basse aussi d’ailleurs. C’est donc rigolo. En fait, c’est un projet qui est un peu plus power-prog-metal sur les bords. En réalité, c’est un projet de Samuel Arkan qui jouait dans Virus 4. Il a écrit au moins trois albums jusqu’à présent. C’est une histoire de serial killer et de profiler qui est assez intéressante d’ailleurs. Il a écrit trois albums avec cette histoire et, donc, chaque personnage a son propre rôle, chaque chanteur. Il m’a contacté par le biais d’une connaissance commune et m’a proposé d’enregistrer les batteries. Ça a été plus ou moins à la même période que j’ai enregistré l’album de Ruud, quelques mois avant ou après je ne sais plus. C’est un peu plus metal que Pain Of Salvation ou For All We Know. Mais c’est vachement intéressant aussi, il faut y jeter une oreille.

« Je suis en train de monter un projet avec le guitariste d’Ark, Tore Ostby. […] On s’est vu une après-midi. On a commencé à faire un bœuf pendant une paire d’heures. On s’est dit qu’on tenait quelque chose et qu’il fallait qu’on essaie de faire un album ensemble. C’est donc un des futurs projets pour moi. »

Est-ce que justement tu as d’autres projets à venir comme ça ?

Je suis en train de monter un projet avec le guitariste d’Ark, Tore Ostby. C’est rigolo car, pour la petite histoire, Tore habitait à Castelnaudary, près d’Avignon, pendant deux ans et demi. Je parle d’il y a dix ans, et moi, à cette époque-là, j’étais vraiment fan d’Ark. C’est aussi, d’ailleurs, l’époque où j’ai commencé à être fan de Pain Of Salvation. Et j’ai un copain qui m’a appelé et me dit : « Tu connais ce groupe, Ark ? Le guitariste habite à Castelnaudary. » Je lui ai alors demandé : « Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Qu’est-ce qu’il vient faire ici ? » [Rires] Et, en fait, c’était vrai. On s’était rencontré à l’époque, il y avait même le batteur John Macaluso qui était descendu à ce moment-là. Ils avaient commencé à écrire le troisième album d’Ark qui, du coup, n’est jamais sorti. Maintenant Tore, qui est norvégien, habite à Stockholm car il est marié avec une Suédoise. John avait décidé de déménager à Stockholm aussi pour pouvoir reprendre le groupe mais apparemment ça ne s’est pas bien passé. […] Du coup, j’ai eu un coup de téléphone de Tore il y a quelques mois, il m’a dit que John était reparti et, comme on parlait depuis des semaines et même des mois – depuis que j’ai déménagé en Suède en réalité – qu’on devait faire un bœuf, du coup, on s’est vu une après-midi. On a commencé à faire un bœuf pendant une paire d’heures. On s’est dit qu’on tenait quelque chose et qu’il fallait qu’on essaie de faire un album ensemble. C’est donc un des futurs projets pour moi.

Ça a l’air bien prometteur ! Et vous avez d’autres musiciens avec vous ?

Pour l’instant, on est que tous les deux. On a fait deux, trois sessions de jam. On a enregistré les sessions et les trois fois on a fait quarante cinq minutes non-stop et sans même se rendre compte du temps qui passait ! Comme j’étais en tournée, on n’a pas pu se voir dernièrement, mais je crois qu’on se voit dans deux jours avec Tore. Il a dû écouter toutes les pistes qu’on a enregistrées et essayé de sélectionner les moments intéressants pour essayer de faire des morceaux en s’en servant de base.

Est-ce que, toi, tu as une idée en tête de qui tu aimerais avoir à vos côtés ?

Pas vraiment. J’aime bien le côté découverte. Avoir des gens pas forcément connus qui, peut-être, me mettront une claque monumentale quand je vais les entendre. On s’est posé la question de qui pourrait chanter dans le projet. Trouver un chanteur, c’est assez délicat, surtout que Tore a été habitué à des gens pas trop mauvais, comme Jorn [Lande] ou Roy Khan dans Conception. [Rires] Il aimerait donc avoir quelqu’un de cette trempe-là. Ça ne va pas être facile ! Pour l’instant, on se concentre sur la musique de toutes manières et quand le moment sera venu on commencera vraiment à chercher un chanteur, bassiste, claviériste, etc.

Après tout, pourquoi ne pas demander à Jorn Lande lui-même si le projet l’intéresse ? De l’eau a coulé sous les ponts depuis la dernière collaboration entre le guitariste et le chanteur…

Je ne sais pas. Il faudrait que j’en parle avec Tore ! Mais ça risque de ressembler peut-être un peu trop à Ark. […] J’étais censé le rencontrer samedi à Stockholm avec Tore mais je ne pourrai pas y aller car j’ai un concert avec l’orchestre. Mais, du coup, ils vont peut-être parler de ça tous les deux et se dire : « C’est dommage, il faut qu’on fasse quelque chose ». Après il ne faut pas avoir trop d’espoir car c’est un coup à être déçu. Mais, quoi qu’il arrive, ça ne sera pas Ark car c’était Tore et John. Moi, je suis un outsider là-dedans. Comme je disais, si on faisait ça avec Jorn, même s’il était ravi de le faire, ça donnerait peut-être un peu trop l’impression qu’on veut faire Ark sous un autre nom. On verra.

Et sinon, Roy Khan est libre lui-aussi à présent…

Effectivement, il a arrêté Kamelot ! Voilà une autre piste [rires].

Est-ce que tu as encore d’autres projets en vue ?

Là on repart avec Opeth dans deux semaines pour cinq semaines dans le reste de l’Europe. On a fait l’Europe de l’Est, donc, maintenant, on se consacre à l’autre côté. Ça va être chouette.

Vous avez déjà fait quelques dates avec Opeth ?

On n’a pas commencé la tournée avec eux. On a déjà joué plusieurs fois dans deux ou trois festivals ces dernières années mais jamais en tournée comme ça. Là, en fait, on était en tournée en tête d’affiche avec Von Hertzen Brothers en première partie, on a fait l’Europe de l’Est, on n’a pas pu jouer dans les mêmes endroits où on jouait avec Opeth, c’est une histoire de business : si on jouait aux mêmes endroits qu’avec Opeth, les gens ne viendraient pas nous voir parce qu’on ne jouerait que quarante cinq minutes. Du coup, on a fait l’Europe de l’Est car il y avait beaucoup de pays où on n’était jamais allé jusqu’à présent et, donc, là, maintenant, on part avec Opeth et on va faire notre histoire là-bas.

C’est bien vu cette tournée avec Opeth étant donné vos albums respectifs, parce qu’Opeth est parti avec Heritage sur quelque chose qui est justement très prog-seventies, ça colle plutôt bien.

Je ne sais pas quelle setlist ils vont faire. Je pense qu’ils vont mélanger avec leurs anciens albums aussi. Mais, effectivement, ça risque de plaire aux fans, en tout cas à leurs fans qui aiment ce côté-là d’Opeth et aux nôtres aussi. Je pense que ça peut faire une tournée très intéressante. On va voir comment ça se passe mais, a priori, ça devrait marcher. De toute manière, tous les concerts que l’on a déjà faits ensemble avant, les fans étaient toujours très réceptifs aux deux groupes, même les gens qui ne nous connaissaient pas, je pense qu’ils ont eu une bonne impression et, en général, tout nos fans connaissent Opeth ; c’est plutôt le contraire qui est moins fréquent. Mais d’une manière générale je pense que nos deux publics fonctionnent bien.

Je me rappelle avoir discuté avec Mikael Åkerfeldt qui me disait que Road Salt One était le premier album de Pain Of Salvation sur lequel il avait vraiment accroché et que ce qu’il y avait eu avant ne le touchait pas spécialement, que c’était votre virée seventies qui l’avait vraiment touché.

Ça ne m’étonne pas qu’il n’aimait pas les vieux albums, tu vois. Mais c’est super que les nouveaux lui ont plu ! [Rires] C’est toujours flatteur.

Transcription : Isa.
Site internet de Pain Of Salvation : www.painofsalvation.com
Site internet de Léo Margarit : www.leomargarit.com



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