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Chronique   

Panzer – Send Them All To Hell


Bâti sur une idée de Norbert Mandel, gérant du Z7 de Pratteln, salle de concert de la banlieue de Bâle en Suisse, ce nouveau groupe surprise, Panzer ou encore The German Panzer – car à ne pas confondre avec l’homonyme groupe chilien de heavy metal – allie les forces de trois musiciens confirmés outre-rhin, en les personnes de Marcel « Schmier » Schirmer, bassiste et chanteur de Destruction, puis d’Herman Frank et Stefan Schwarzmann, respectivement guitariste rythmique et batteur d’Accept. Le choix de Panzer comme nom du groupe a de quoi alimenter certains débats post-nocturnes de fin de soirée, bien qu’il faille y voir chez ce groupe allemand un goût pour la dérision ou sinon un zeste de provocation. D’autant que le groupe ne fait aucune apologie sujette à polémique et que le concept cerne un fait historique, en l’occurrence les cuirassés de guerre du même nom, réputés inarrêtables pendant la Guerre Eclair, une toile de fond qui sied parfaitement à la clef de voûte heavy-thrash (teintée de speed à l’accent teutonique typique) que ce power trio distille.

Pas d’introduction ni de tergiversation, le groupe démarre en trombe avec un « Death Knell » très représentatif, de même que l’hymne éponyme « Panzer » qui conjugue une rage guerrière avec des guitares criantes empruntes de mélancolie. À peine le temps de réinjecter quelques gouttes d’huile dans les rouages que le char poursuit inlassablement sa charge avec le thrash’n’roll direct de « Freakshow », puis plus tard avec un « Virtual Collision » saignant mais mélodique, aux guitares harmonisées, arrondies et agrémenté d’une petite gamme orientale. En cours de route, « Mr Nobrain » fonce tête baissé, en roue libre, mais accroche par son refrain mélodique entêtant alors que « Why » temporise en refrénant les ardeurs, agrémenté de discrètes notes de clavier « symphonique » et percussions.

En pilote avisé et expérimenté, Herman Frank trouve en Panzer un nouveau terrain propice à son expression musicale, lui qui demeure largement (injustement ?) en retrait du processus de composition au sein d’Accept. Le gaillard puise dans sa mine de riffs et on notera quelques similitudes avec des pièces de sa carrière solo – par exemple « Roll The Dice » qui mime légèrement « Falling To Pieces », extrait de son second album Right In The Guts (2012). Le guitariste n’est pas avare non plus en hommages, ou influences, c’est selon, tel que le solo au long cours de « Virtual Collision » qui évoque « Doctor Doctor » du groupe UFO, ou celui fait à Motörhead tout au long du revigorant « Temple Of Doom », qui étrenne une rythmique New Wave Of British Heavy Metal saupoudrée d’une touche de rock’n’roll. Si Schwarzmann à la batterie procède lui aussi à un véritable exutoire avec certaines parties déchaînées, c’est surtout la performance de Schmier qui représente le trait le plus surprenant de l’album, tant le frontman au timbre rocailleux appose bien sûr son empreinte vocale typique, mais démontre aussi de réelles aptitudes à chanter dans un registre plus heavy. Des capacités de ton qui certes ne l’autorisent pas à enchaîner les octaves et monter dans les aigus soniques des power bands allemands, mais qui donnent une saveur chaude sur les refrains (« Hail And Kill »).

Confectionnée par d’authentiques artisans du heavy-thrash allemand – en particulier Herman Frank et Schmier ayant tous les deux débuté en 1982 dans des groupes fondateurs -, la musique de Send Them All To Hell n’est pas là pour renouveler le genre mais plutôt pour le célébrer. La force de conviction et la passion insufflées par les trois musiciens en font un récital qui ne pourra que ravir les fanas de cette scène traditionnelle et historique. Et avec le plaisir évident qui émane de la collaboration, le trio serait bien inspiré de prolonger la guerre sur scène ; nul doute qu’ils y remporteraient là encore quelques batailles.

Ecouter les morceaux « Panzer » et « Mister No Brain » :

Album Send Them All To Hell, sortie le 28 novembre 2014 chez Nuclear Blast Records.



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