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Chronique   

Papa Roach – F.E.A.R.


« Face Everything And Rise » : voilà la signification de l’acronyme F.E.A.R., titre du nouvel effort de Papa Roach. Annoncé comme l’album le plus « dingue » du groupe à ce jour par Jacoby Shaddix, difficile de ne pas être intrigué. Après tout, utiliser le mot « dingue » peut présager d’une prise de risques sans précédent pour le groupe, enclin aux innovations. Lui qui avait fait un virage glam sur une partie de Metamorphosis (2009) ou introduit des éléments électroniques très actuels sur son précédent opus The Connection (2012). Alors, audacieux Papa Roach ?

Ce qui est certain, c’est que ce dernier reste cohérent. F.E.A.R. prolonge l’utilisation de l’électronique, mais celle-ci se fait peut-être moins grossière, plus discrète, hormis l’ouverture et « Warriors » qui use de samples rappelant les grandes heures de la B.O de Mortal Kombat. De même, la principale force de Papa Roach est encore bien présente : le refrain. Dans ce domaine, le titre éponyme « Face Everything And Rise » est destiné à être un véritable hymne en live. On se surprend à reprendre les paroles, le refrain est parfaitement amené et sera sans doute celui qu’on gardera le plus en tête. Impossible pourtant, malgré les accroches mélodiques qui s’enchaînent, de ne pas éprouver une lassitude ; parfois même de l’exaspération tant les riffs et les breaks se ressemblent sur les douze titres. Rien ne se démarque réellement, le son est aseptisé et surproduit, quand bien même les grosses guitares ici et là donneront machinalement envie de remuer et que le tout sonne « joli » (« Never Have To Say Goodbye » et ses sons à la Robert Miles ou cette basse hypnotique sur « Devil »).

Papa Roach semble avoir fait acte de fainéantise. « Broken As Me » est tout simplement irritant, comme pourrait l’être la sempiternelle complainte d’un enfant gâté. À l’écoute, on en vient à se demander si le groupe ne se parodie pas lui-même. Frustré, on recherche alors l’innovation, ce côté « dingue » censé apparaître dans l’opus. On croise alors le fameux mélange des genres qui faisait fureur au début des années 2000, le combo hip-hop/metal qui fait office tout au long de « Gravity ». Mais même la participation de Maria Brink (In This Moment) n’empêchera pas l’auditeur d’oublier aussi tôt terminé ce titre larmoyant et un peu caricatural. Papa Roach ne parvient pas à transporter, si ce n’est dans une fête d’adolescents américains ; celle où l’on caresse notre gobelet en plastique rouge rempli de mauvaise bière. « Hope For The Hopeless » ? F.E.A.R. en aurait besoin.

Papa Roach est pourtant un groupe qui suscite le respect, tant pour la longévité de sa carrière que pour la qualité de certains de ses opus : on se souvient du succès d’Infest (2000). Malheureusement, l’alchimie ne prend pas pour F.E.A.R.. Il faut être lucide, attendre de Papa Roach quelque chose de radical dans leurs compositions est complètement hors de propos. Là où le bât blesse, c’est que l’audace n’est pas à considérer non plus. Papa Roach s’enferme malheureusement dans sa réputation F.M. sans émouvoir, à l’inverse des excellents Nothing More, par exemple, sur le même label. Au final qu’est ce que F.E.A.R ?

3 minutes 30 x 12. C’est « dingue ».

Ecouter les morceaux « Never Have To Say Goodbye », « Broken As Me », « Face Everything And Rise » et « Warriors » :

Album F.E.A.R. (Face Everything And Rise), sorti le 27 janvier 2015 chez Eleven Seven Music.



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  • Ouuuuh dommage

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  • Vos commentaires sont de la merde!

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  • Entre Metamorphosis et ces 4 chansons ce groupe a eu le temps de se greffer un utérus pour rejoindre le délire de Linkin Park.

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  • Oh la belle merde.

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  • Game-system dit :

    Papa Roach n’a plus aucune raison de continuer à exister. Ce groupe ne ressemble plus à rien. L’une des pires « évolutions » que j’ai pu voir venant d’un groupe.

    Pour passer du véritable chef-d’œuvre d’Infest (inoubliable celui-là) à cette bouse infâme qui n’est qu’une caricature du typique et stupide groupe rock américain, fallait le faire. Tous les membres du groupe ne sont devenus que des parodies d’eux-mêmes. Même en 2000 ils étaient infiniment plus mature.

    C’était un de mes groupes préférés. RIP.

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