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Live Report   

PARADISE LOST AU BATACLAN DE PARIS



Artistes : Paradise LostMy Dying BrideAnathema
Ville : Paris (France)
Lieu : Bataclan
Date : 18-09-2008
Public : 1 000 personnes environ


Doom Over The World !

Ravi de pouvoir faire la démonstration de mes pas de salsa, je déboule dans la fosse du Bataclan. La boule à facettes de la salle étant on ne peut plus à sa place ce soir là ! En effet, 3 des plus drôles et des plus grands représentants de la scène clubbeuse anglaise sont réunis. Non je plaisante. Ce soir est le soir des leaders historiques du doom death. Comme l’annonce très justement le chanteur de MY DYING BRIDE, « il y avait bien longtemps que l’Unholy Alliance n’avait pas été réunie sur la même scène. Trop longtemps, même. »

Premier constat: la salle est comble. Dans la foule, j’aperçois un sosie de Nick Holmes ainsi qu’un individu qui apparemment fréquente le même barbier que notre copain Niklas Kvarforth (SHINING). Et, bien entendu, qui croise-je encore ? Nos amis de THE OLD DEAD TREE qui, encore plus que les envahisseurs martiens, sont partout !

Second constat : les groupes bénéficient d’un éclairage judicieusement sombre, qui contribue à l’atmosphère mélancolique de cette nuit.

Troisième constat : le public est particulièrement généreux en applaudissements. En effet, les spectateurs auront été aussi réceptifs et réactifs pour ANATHEMA et MY DYING BRIDE que pour la tête d’affiche, PARADISE LOST. Les fans sont venus pour les 3 groupes. Pour une fois que les premières parties ne sont pas ignorées : ça fait plaisir. Et quelles premières parties !


Anathema : l’émotion.

Oublions les concepts de « jeu de scène » où les quelques pains (dont un absolument superbe sur « Fragile Dreams »). En effet on ne regarde pas ANATHEMA, on vit ANATHEMA. On n’attache pas d’attention au batteur, au claviériste qui disparaitra pendant « Sleepless » ou au bassiste, inexistants sur scène. On se focalise essentiellement sur les frères Cavanagh et leur interprétation toujours poignante. Un concert d’ANATHEMA est un moment de partage, comme sur « One Last Goodbye » où la foule partage la souffrance de Vincent. Dans ce type de show, l’interprétation prime sur l’exécution des titres. Mention spéciale à « Flying » sur lequel Danny et Vincent se répondent au chant avant d’embrayer sur un solo simple mais émouvant et une fin de morceau que l’on voudrait voir ne jamais finir. Ah, la magie du fondu ! L’auditeur cherche à ne manquer aucune note alors que le morceau s’éteint petit à petit comme une bougie en fin de vie. Jusqu’à ce que le silence se fasse.

La prestation des anglais avait laissé entendre que les prochains concerts se voudraient plus énergiques et feraient plaisir aux fans de la première heure. Sans atteindre les sommets de groove d’un PRISONER OF TODAY ou le rentre dedans d’un THE GREAT BEYOND, le groupe propose quelques titres qui crachent : « Deep », « Empty » mais surtout « Sleepless », tiré de l’album Serenades, ainsi que « A Dying Wish », récemment réapparu dans les setlists. Enthousiaste, le public chante sur ce titre brillamment interprété avec un jam suivi d’une montée en puissance et un pétage de plombs nerveux typiquement Sigur rosien ! Durant l’interlude, ANATHEMA nous prouve son habileté à distiller des ambiances avec 2 notes qui se courent après.

Le set se termine par le tube « Fragile Dreams » introduit par la meilleure entrée en matière de l’histoire de la musique : le piano de « Shroud Of False », où les mains du public se synchronisent avec la grosse caisse.

L’improbable se produit alors. S’il y a bien un concert où je n’aurais jamais crû voir ça, c’est bien celui-ci. Et pourtant si, Danny se jette sur la foule et se met à slammer ! Et non ce n’est pas une blague : vous devriez le savoir, les mecs d’ANATHEMA ne plaisantent pas.

Anecdote à moitié amusante, à la fin du concert Danny fait des allers retours entre la salle et sa voiture, sans même que les gens sortant du Bataclan ne le remarquent. Merde, quoi, vous l’avez tripoté il y a à peine 2 heures !

Setlist ANATHEMA :

Deep
Empty
Closer (chanté au vocoder)
A Natural Disaster (avec Lee Douglas au chant)
Angelica
One Last Goodbye
Flying
A Dying Wish
Sleepless
Shroud of False / Fragile Dreams


My Dying Bride ou l’art de la musique sombre.

Comme le dit souvent Victoria (alias Spaceman), le doom est plus qu’un style de musique, c’est un état d’esprit. Avec certains groupes c’est juste un état d’esprit, mais passons. Le doom metal est l’incarnation musicale de la mélancolie. Contrairement à la tristesse, la mélancolie est une émotion sous jacente et ambiguë. Il s’agit d’un état où tristesse, ennui, colère, mais surtout un malaise intérieur, s’entrechoquent.

Le doom, et dans le cas présent la musique de My Dying Bride, incarnent cette tristesse qui nous ronge et que l’on n’arrive pas à exprimer. Retranscrire avec des notes cet état d’esprit nécessite de maîtriser l’art du contraste. C’est le cas ici, puisque l’on navigue entre un métal lent, lourd, lancinant et malsain au possible et des moments où la violence est de mise. Et cela sans se sentir égaré. Musicalement et émotionnellement, ces ruptures sont naturelles.

Nous avions pu voir MY DYING BRIDE au Hellfest, mais les conditions n’étaient pas idéales. Pour apprécier et comprendre la musique du groupe, il faut un cadre adéquat propice à cet aspect noir de la vie.

La prestation des anglais est intense. Aaron Stainthorpe est froid, ténébreux et possédé. Un envoûtement qu’il transmet à une foule qui chante, headbangue et applaudit religieusement. Si, en apparence, les autres musiciens s’ennuient ferme, leur attitude contribue à cette atmosphère de lourdeur. Des ersatz de Bruce Dickinson qui courent, sautent et font du jet ski de part et d’autre de la scène, ça n’aurait pas collé. C’est pas EDGUY quoi !

Le son maintenant. Puissant et clair, mais à déconseiller sans capotes pour oreilles (ou boules quiès). La guitare agresse l’oreille, la basse et la grosse caisse provoquent des haut-le c?ur. Je suis le premier à militer pour la prévention des acouphènes. Cela dit dans le cas présent, vivre ce concert oreilles nues, pousser son ouïe au-delà de ses limites et se laisser agresser par la musique apporte des sensations que l’étouffement des protections auditives aurait (trop) émoussé. Le doom, c’est aussi le goût du risque et de l’extrême.


Aaron Stainthorpe : quel charisme !

On parle beaucoup d’atmosphère mais peu de musique finalement. MY DYING BRIDE, ce sont également des musiciens rigoureux et carrés, maniant les changements de tempo avec une précision métronomique. Côté setlist, on touche surtout aux premiers albums avec notamment « le premier morceau que nous ayons composé », « Vast Choirs », très bien accueilli par le public. Tout comme le morceau emblématique « The Cry Of Mankind » ovationné dès l’arpège introductif.

A la fin, la voix d’outre tombe d’Aaron remercie poliment les fans et annonce « The Great Paradise Lost ».

Une prestation de grande classe à vivre pleinement sur place plus qu’à écouter ou voir.

Setlist MY DYING BRIDE :

Here In The Throat
Songless Bird
Darkest Skies
I Walk With Them
Cry of Mankind
Snow In My Hand
Vast Choirs
Dreadful Hours


Paradise Lost live : une légère déception.

Rares sont les groupes dont le line up originel a à ce point réussi à traverser les âges. PARADISE LOST en est une belle preuve. Il est l’heure de la tête d’affiche.

Déjà très généreux en ovations, le public chante dès les premières lignes vocales de « Hallowed Land », un tube qui a le mérite de très bien ouvrir. Ce qui frappe dès les premiers instants, c’est la présence de la section rythmique. Scéniquement parlant, ce sont eux qui seront les plus agréables à regarder et qui captiveront l’attention. Mention spéciale à Aaron Aedy (guitare rythmique) qui a pris un plaisir communicatif à jouer, poussant de gros hurlements sur certains accords.

Cela fait la balance avec un frontman statique : c’est Nick Holmes qui, finalement déçoit avec une interprétation à peine correcte. Le chanteur semble peiner sur certains titres. Le sous-mixage de sa voix n’arrange pas les choses. Dommage car nous avons ici un orateur dont les interventions ne manquent ni de classe ni d’humour. On notera également l’originale habitude de Nick de s’alimenter de ses poils de barbe en parlant : on pige rien à ckildit l’aut’ !

PARADISE LOST attaque son show avec des titres rentre dedans, la basse groove, la batterie claque, les rythmiques et les mélodies accrochent l’auditeur. Une bonne partie des tubes sont passés en revue : « Erased », « Say Just Words » ou encore « One Second ». La carrière du groupe l’est également. On notera une version alternative de « Gothic » avec des lignes vocales modifiées.


Nick Holmes, frontman du Lost.

Une prestation agréable, mais loin d’être aussi prenante que MY DYING BRIDE ou variée qu’ANATHEMA. Pour peu que l’on ne soit pas un inconditionnel de PARADISE LOST, le moment peut devenir pénible et lassant. Si au départ, on ne peut s’empêcher de taper du pied, au bout de 2 heures l’ennui guette. La spontanéité se dilue dans un concert trop long. Dommage.

Setlist PARADISE LOST :

Hallowed Land
Rememberance
Never For The Damned
Erased
Elusive Cure
Shadow Kings
No Celebration
Ash And Debris
As I Die
The Enemy
Gothic
Enchantment
Requiem
Say Just Words
One Second
Last Time




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