ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Metalanalyse   

Paradise Lost fait un pas de plus vers ses premières amours


En regardant la carrière de Paradise Lost sur sa globalité – s’étalant sur déjà près de vingt-cinq ans – la courbe d’évolution que l’on constate s’avère tout à fait étonnante. Là où un Anathema, un autre groupe anglais qui a fait ses premiers pas dans un doom death comparable au groupe de Nick Holmes et ce à la même époque, s’est engagé dans une évolution sans retour les ayant menés aujourd’hui loin, très loin, de leurs origines, Paradise Lost, lui, l’a amorcé – son retour – depuis près de dix ans. Comme si, après avoir exploré les contrées de la new-wave gothique avec Host, Believe In Nothing et Symbol Of Life (qui voyait déjà la lourdeur métallique réapparaître), le groupe faisait son voyage de rentrée au pays, parce que, en fin de compte, on ne se sent jamais aussi bien qu’à la maison. Les vacances, on en rêve à longueur de temps mais, une fois qu’on y a passé un bon moment, on se rend parfois compte qu’on ne veut pas forcément y passer toute sa vie.

Paradise Lost n’est d’ailleurs pas le seul à avoir fait machine arrière : on peut citer Metallica avec son Death Magnetic ou Megadeth avec ses quelques derniers albums, pour les plus emblématiques. Car, après tout, on n’est peut-être – pour certains d’entre nous tout du moins – jamais meilleur que lorsqu’on s’adonne à ce à quoi on a été programmé pour. Ne voyez pas une quelconque théorie sur la génétique dans cette affirmation mais plutôt une référence à ce petit coin en nous qui nous appartient à nous seuls que l’on appelle la personnalité et qui nous a été légué par nos parents, forgé par la vie et certainement notre enfance en particulier et qui n’a de cesse de s’affiner avec l’épreuve du temps. En 1990, un groupe ne façonne pas un album comme Lost Paradise – le point de départ d’une carrière – par hasard. C’était ce qu’ils avaient au plus profond d’eux-mêmes. Cet album était certes immature et maladroit mais il était authentique. Paradise Lost était encore vert, il avait besoin de prendre des formes et de la couleur mais l’essence était là, à l’état brut. La preuve que le jeune adolescent vit toujours parmi les membres de Paradise Lost, lorsque Gregor Mackintosh a dévoilé son projet Vallenfyre dans lequel il est brutalement revenu sur ses premiers pas au cœur du death metal et du doom. Un album en réaction au décès de son père, celui qui a justement accompagné cet adolescent vers l’entrée à l’âge adulte.

Et l’entrée à l’âge adulte pour Paradise Lost, c’est assurément le mythique Draconian Times. Pas étonnant alors de constater que malgré les errances, le groupe d’Halifax n’a jamais su – ni voulu – renier ce qui a accompli son caractère en 1995, à savoir la mélodie, la mélancolie, la tristesse mais aussi la colère à peine retenue et les nuages noirs qui planent au-dessus de sa tête. « La noirceur et la tristesse font partie intégrante du groupe, je n’ai aucune envie de m’en débarrasser. C’est ce que j’aime, c’est ce qui définit le groupe, c’est l’étoffe de ce que nous sommes. Je ne veux surtout pas m’en séparer. Plus il y en a, mieux c’est ! » nous affirmait Nick Holmes récemment. Voilà ce qui fait de Paradise Lost ce qu’il est. Voilà pourquoi aujourd’hui sort Tragic Idol, probablement le plus proche qu’ils n’aient jamais été de l’inoubliable Draconian Times. Mais attention, il ne s’agit pas ici de parler en termes de valeur mais bien de caractère.

L’année dernière avait justement vu le groupe réinterpréter son album emblématique dans son intégralité. Peut-être est-ce ce qui a influencé la teneur de Tragic Idol. Rien n’est moins sûr comme l’indique Holmes lorsqu’on lui pose la question : « Personnellement, pas vraiment. Il y a peut-être eu une influence inconsciente, je ne sais pas. » C’est, en réalité, peut-être davantage la volonté de se recentrer sur sa vraie nature qui a été à l’origine à la fois de cette tournée et de ce nouvel album. D’ailleurs, à ce stade, Tragic Idol n’est plus une surprise : on le sentait venir. In Requiem et Life Divides Us – Death Unites Us, deux albums sombres et lourds, sont en effet passés par là pour le plus grand bonheur des nostalgiques des années ’93 à ’97. Tragic Idol est donc la suite logique, allant un peu plus loin dans ce retour arrière. « Nous avons commencé notre carrière en tant que groupe de metal et nous la finirons en tant que groupe de metal. » soutient Holmes sans ambigüité.

Avec Tragic Idol, une partie de la composante mélodique que l’on retrouvait sur son prédécesseur s’en retrouve plus amère encore, moins facilement domptable également, mais toujours aussi affutée. Sûrement que Mackintosh avait encore en lui des restes de rage qui n’ont pas trouvé place dans Vallenfyre. Pour preuve ce « Theories From Another World » dévastateur aux riffs presque death metal. Il ne faut pas croire pour autant que Paradise Lost rajeunit. La maturité est là, avec le poids des expériences passées, soutenant cet album à bout de bras. Peu de place à la spontanéité mais, au contraire, à un savoir-faire bien ancré.

Mais peu importe la forme, même si elle fera assurément plaisir à ceux qui sont les plus attachés aux valeurs métalliques, le fond reste toujours le même. Toujours cette satanée tristesse qui accable mais aussi chatouille une colère grondante en sous-sol, prête à exploser pour de bon à tout moment. Et c’est bien parce que cette colère n’explose pas que la tristesse est si belle. Tout du long de la durée de l’album, Paradise Lost remue le couteau là où ça fait mal. Il laisse même son auditeur pour mort à la fin du bien nommé « The Glorious End ». Un titre lancinant dans une première moitié qui ne laisse pas présager des hauteurs qu’il va pourtant atteindre sur sa seconde moitié. « On aime le dramatique. Plus c’est pompeux, mieux c’est ! » nous avouait Holmes à son propos. On peut le croire sur parole. Cette conclusion s’élève à des hauteurs émotionnelles telles que plus rien ne semble avoir de saveur lorsqu’elle vient à s’achever.

Le parallèle avec l’amour semble tout tracé. N’est-ce d’ailleurs pas le nom que l’on donne à cette relation qui érige un homme ou une femme en idole et se conclut en tragédie ? En réalité, plus que jamais, Paradise Lost est comparable à l’amour : inévitablement triste et beau à la fois. Quand c’est fini, on a beau avoir encore mal, des plaies encore béantes, si tant est qu’on soit encore en vie, on ne peut s’empêcher de retomber dedans, sachant pertinemment comment tout cela va finir.

En sus, quoi en ce monde laisse des cicatrices aussi profondes qu’un premier amour ? Ce que Paradise Lost démontre justement via Tragic Idol est, en effet, que les premières amours ne s’oublient jamais vraiment.

Tragic Idol : sortie le 23 avril 2012 via Century Media.



Laisser un commentaire

  • DigipackDeBieres dit :

    C’est la chronique de l’album ca ??

    Bah putain.. un arnaqueur ce deguise en fan et parle pour ne rien dire.

    Concretement y’a quoi dans c’t’album au juste ? les 8 autres titres sonnent comment ? valent quoi ?

    [Reply]

    Kherua

    « Valent quoi » ? Genre, une note ? Ou un nombre de « Like » sur Facebook, peut-être ? ^.^
    Et « Concrètement y’a quoi » : tu veux les tablatures ?

    Sérieux, un article qui raconte, analyse le parcours du groupe qui l’a mené là, puis décrit l’album du point de vue du ressenti et de l’expérience tant des musiciens que du public… Et c’est « un arnaqueur » ? Il parle pour ne rien dire ?

    Soit t’as pas bien tout lu (trop de mots ? :p), soit on a pas la même définition d’une bonne chronique.

    Je trouve ce style limite lyrique bien plus agréable et intéressant qu’une review « C’est pas mal, surtout la 1 et la 5, mais la 3 et la 2 bof… ». Tu ne peux pas décider pour les auditeurs de s’ils vont aimer ou pas. Dès qu’on tente de juger (noter, donc ?) la qualité d’une musique dans l’absolu, on est sûr de se mordre le nez…
    Là, en expliquant moins scolairement, mais plus précisément, son ressenti de l’album, il ne nous impose pas ses goûts, tout en nous indiquant bien à quoi s’attendre.

    Nan, vraiment, si ça c’est une chronique « arnaque », je serais curieuse de lire ce que tu considères comme un bon article. :/

    Spaceman

    Tu confonds chronique et critique descriptive.

    Tu veux savoir comment sonnent les titres ? Tu as tous les éléments de réponse dans la chronique. Tu veux savoir ce qu’ils valent ? A quoi bon ? Quand tu l’écoutra tu leur accordera certainement une autre valeur.

    Comme évoqué dans un autre commentaire, on est davantage adepte de l’analyse des albums que du fait de bêtement décrire et donner notre avis. Le but est de donner une manière d’appréhender l’abum, lui donner un contexte, d’expliquer pourquoi l’album est ce qu’il est. Aujourd’hui où la musique est facilement accéssible, où les groupes mettent eux même leur musique en écoute avant leur sortie et où le public peut facilement se faire lui même son propre avis, la description pure n’a que peu d’intérêt.

    Et puis très franchement des mecs qui donnent leur avis sur les albums il y en a des sites (pour certains qui font très bien leur boulot) et même des forums entiers. Alors, on essai humblement de proposer quelque chose d’un peu différent.

    DigipackDeBieres

    Et bien cette article dresse le constat du fameux « changement de direction facon 1995 puis retour au bercaille mode 2005 » vite fait. Rabache. Connus. Rien de plus. C’est pour moi une chronique arnaque(gentillement hein..) ou un article bof bof deguise comme une chronique … on se demande si le skeud a vraiment ete ecoute..

    Bref, pas grave. L interview de nick holmes est plutot interressante par contre.

  • Nécrodaemon dit :

    Vivement la galette dans les bac !!! … plus qu’à choper les places pour le live maintenant !! 😀

    [Reply]

  • SilentScream dit :

    Magnifique article qui retranscrit parfaitement ce qu’est l’essence du groupe et la passion mélancolique de ses fans.

    [Reply]

  • Dimebag Darrell dit :

    « Premières » amours.
    Je suis déçu, Spaceman, tu écris comme Métalo maintenant.

    [Reply]

    Spaceman

    C’était une érnoooooooorme erreur ! 😉

  • HAHAHA. Comme j’ai bien fait de prendre ma place les yeux fermés. Cet album je l’aime déjà.

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Alice Cooper @ Paris
    Slider
  • 1/3