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Live Report   

Paradise Lost et ses multiples visages


En ce vendredi 27 octobre, le public est peu nombreux à La Belle Electrique de Grenoble lorsque les Portugais de Sinistro montent sur les planches. Heureusement, plus les minutes défileront et plus les spectateurs rempliront les trous présents dans cette magnifique salle. En effet, il aurait été dommage de passer à côté du set de Sinistro qui aura délivré une prestation prenante. Le groupe propose un univers personnel qui trouve en Patricia Andrade, une figure totalement habitée qui n’hésite pas tout au long du set à laisser son corps s’engager dans des contorsions et postures originales. Ses acolytes sont tout aussi impliqués, bien que plus réservés, et ferment aisément les yeux pour profiter à fond de ces quelques minutes sur scène.

Embelli par de magnifiques jeux de lumières et par la présence d’un écran géant (mettant en avant notamment les clips du groupe de sludge/doom), ce concert de Sinistro aura reçu un bel accueil du public dont on pouvait sentir que beaucoup dans ses rangs découvraient cette formation dont le quatrième album, Sangue Cássia, sort le 5 janvier chez Season Of Mist.

Artistes : Paradise LostPallbearerSinistro
Date : 27 octobre 2017
Salle : Belle Electrique
Ville : Grenoble [38]

Pallbearer

Une audience qui, lors des trois concerts du soir, aura eu le privilège de profiter d’un son de très bonne qualité. Même si, pour Pallbearer, il fut parfois un peu trop élevé. Les Américains auront en tout cas impressionné par leur maîtrise. Leur musique lourde et accrocheuse a réussi à séduire une foule qui a pu noter la particularité de ce groupe en live : avoir un chanteur/guitariste sur le côté gauche de la scène et un bassiste au centre. L’idée est bonne car ce Joseph D. Rowland a tout du showman et on voit bien qu’il prend beaucoup de plaisir à bavarder avec le public et à l’inciter à participer au show. Il donnera aussi régulièrement de sa personne pour les chœurs. Question musique, leurs riffs pachydermiques sont d’une efficacité remarquable (quelle claque que ce « Worlds Apart » !). L’audience étant en mesure de savourer chaque seconde du set grâce à ce son qui permet de bien distinguer les instruments. Un excellent concert où le chanteur/guitariste Brett Campbell aura assuré de main de maître ses parties vocales avec un timbre parfois pas si éloigné de Julien Pras, le chanteur/guitariste de Mars Red Sky, tout en assurant des solis de haut vol.

Sous un jeu de lumière digne d’une tête d’affiche qui aura fait honneur à ses compositions, le quatuor aura bien marqué les esprits.

Paradise Lost

Paradise Lost fait partie des très rares artistes à être toujours bons dans ce qu’ils font, et ce quel que soit le style de musique pratiqué ! Le doom/death des débuts, l’accroche électro/newwave d’un Host ou le retour au bon vieux death qui arrache des dernières années : les Anglais font preuve d’une incroyable maîtrise dans la diversité musicale qui caractérise leur carrière. Si le groupe n’a jamais été réputé pour des concerts live extraordinaires, notamment à cause des prestations parfois inégales de son chanteur Nick Holmes, force est de constater que ces dernières années la formation a su être régulière dans la qualité des sets proposés. Ce concert de Grenoble n’aura pas été un contre-exemple, loin de là.

Voir Paradise Lost en live est toujours un plaisir pour des raisons globales et individuelles. Globales car le groupe partage à chaque fois une ribambelle de hits 100% efficaces qui montre la richesse de sa discographie dotée, tout de même, de quinze disques. Mais le plaisir est également individuel car Paradise Lost sur scène donne, lors de chaque prestation, la possibilité au public d’observer les jeux de scènes différents des membres du quintet. Si Greg Mackintosh est concentré sur sa guitare sur la droite de la scène, Nick Holmes lui n’hésite pas à taper dans ses mains pour inciter l’audience à faire de même ou à communiquer avec le public pour l’engager au circle pit (cela ne marchera pas vraiment, mais belle tentative tout de même !). Alors que le massif Stephen Edmondson toise la foule droit dans les yeux en étant plus statique, Aaron Aedy est lui comme à son habitude dans son monde et passe son temps à solliciter ses cervicales avec son expression scénique qui lui est propre. Et n’oublions pas le batteur Waltteri Väyrynen, le petit nouveau arrivé en 2015, qui a donc rejoint quatre collègues qui eux sont là depuis la création du groupe en 1988, qui envoie du bois derrière son kit.

Paradise Lost

On pourrait à priori penser que ces attitudes différentes poseraient des soucis en termes de cohésion live. Mais, bien au contraire, chaque zicos de Paradise Lost a une telle personnalité que c’est bien l’ensemble de ces caractères qui, justement, donne du caractère à l’ensemble. Une analyse qui pourrait aussi être valable chez un Faith No More, par exemple. Bref, on ne s’ennuie pas une seule seconde sur ce concert et on prend plaisir à se dandiner sur « Erased » avant que nos âmes vibrent sur un « Embers Fire ». Quoi, déjà le dernier titre du concert ? « Nous reviendrons peut-être » glisse avec malice Nick Holmes avant de quitter la scène. Incroyable comme ce concert sera passé vite ! Il faut dire que le groupe a joué une heure vingt, ce qui est tout de même un peu court…

Régulièrement orientées sur la couleur rouge, les lumières du soir auront contribué à la réussite de ce concert où les spectateurs chanteront en chœur, et avec un plaisir non-dissimulé, des tubes comme « As I Die » tout en serrant le poing avec conviction. Medusa, le dernier album du groupe étant sorti le 1er septembre, il aura particulièrement été à l’honneur ce soir avec cinq titres interprétés. Le choix du Lost aura été de piocher dans sa vaste discographie sur le reste des compos jouées puisque il interprétera un titre de chacun des albums suivants : Draconian Times, Faith Divides Us – Death Unites Us, Icon, Shades Of God, Symbol Of Life et Tragic Idol alors que The Plague Within et One Second seront, pour leur part, respectivement crédités de trois et deux titres. Un choix de setlist forcément frustrant pour une raison que tout le monde peut facilement saisir : pour contenter tous ses fans, le groupe devrait tout simplement jouer quatre heures (voire plus) !

Messieurs, restez comme vous êtes et nous célébrerons avec joie vos trente ans de carrière l’année prochaine.

Paradise Lost

Setlist :

From The Gallows
Tragic Idol
One Second
Gods Of Ancient
Erased
Shadowkings
Medusa
An Eternity Of Lies
Faith Divides Us – Death Unites Us
Blood And Chaos
As I Die
Beneath Broken Earth
Embers Fire
Rappels :
No Hope In Sight
The Longest Winter
Say Just Words

Report : Amaury Blanc.
Photos : Nicolas Gricourt.

A voir également :

Galerie photos Paradise Lost.
Galerie photos Pallbearer.
Galerie photos Sinistro.



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