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Live Report   

Paradise Lost s’exprime à sa manière


En ce samedi 5 mai le ciel fait grise mine à Lyon. Le temps maussade déverse son crachin sur les spectateurs attendant en file d’entrer dans le Transbordeur. Pouvait-on imaginer de meilleures conditions pour préparer ces derniers au doom gothique, parfois terriblement mélancolique, de Paradise Lost ? Sans compter que, ce soir, c’est la musique pleine de désespoir des Finlandais Swallow The Sun qui ouvre le bal. Un soleil radieux aurait donc été des plus déplacés. L’astre du jour a eu la décence de rester à l’écart d’une fête à laquelle il n’a pas été convié.

Pourtant, la dite fête est vite gâchée en entrant dans le Transbordeur. Le concert que nous croyions se tenir, comme les deux fois précédentes, dans la grande salle se déroulera en réalité dans le Trans-Club, petite salle à faible capacité, adjacente au bar et qui propose une scène basse de petite taille. Quand on se faisait une joie d’aller d’assister au concert sur une belle scène, ça refroidit d’autant plus les ardeurs. Mais le fait est là : ce duo de groupes pourtant talentueux n’a attiré que peu de monde, pas assez pour maintenir le show dans la grande salle, plus chère à la location.

Il a bien fallu s’en contenter. Et les groupes, eux, s’en sont-ils contentés ? Ont-il toutefois donné le meilleur d’eux-mêmes ?


Artistes : Paradise LostSwallow The Sun
Date : 5 Mai 2012
Salle : Trans-Club
Lieu : Villeurbanne

Swallow The Sun

Après une introduction funéraire quelque peu longuette, Swallow The Sun monte sur scène sans effusion et commence à jouer. La prestation est en accord pertinent avec la musique : sobre. Un peu trop, cependant, car cette sobriété est surtout due à la visible timidité des musiciens, les guitaristes ne communiquant pas ou peu, ni par la parole ni par le regard avec le public. Quant au chanteur, mis à part quelques certes élégants « merci », il est tout aussi renfermé, se mettant même parfois dos au public à la fin des morceaux. Le batteur, en revanche, exprime très visiblement par de nombreux sourires son plaisir d’être là mais aussi sa passion pour les morceaux qu’il joue.

Certes, sur le principe, il est normal de faire preuve de retenue sur du doom/death, une musique à l’atmosphère lourde et triste. Néanmoins, l’exercice est à double tranchant et, à moins d’avoir la classe d’un My Dying Bride, peut donner un résultat ennuyeux. Côté musique, le démarrage est difficile car la setlist commence par de nombreux titres lents se ressemblant tous. En milieu de set, quelques parties plus véloces font leur apparition et retiennent l’attention qui avait tendance à se dissiper, permettant par ailleurs au batteur de prouver sa maîtrise. Les titres les plus mélodiques, « Cathedral Walls » (sur lequel le chant d’Anette Olzon de Nightwish est diffusé en sample) et « New Moon » font mouche.

Après une prestation, certes honnêtes, où Swallow The Sun aura peiné à capter l’attention d’un bout à l’autre, le groupe s’apprête à jouer un dernier titre, mais on leur apprend qu’il n’ont plus le temps.

Nick Holmes (Paradise Lost)

S’il reste d’albums en albums un groupe très respecté quant à ses productions studios, Paradise Lost a toujours été loin de faire l’unanimité quant à ses prestations scéniques. Nous avons néanmoins essayé de mettre cet a priori de côté afin de vivre l’expérience avec le regard le plus vierge possible.

Il est vrai que, au premier abord, un concert de Paradise Lost peut décevoir, essentiellement pour le chant de Nick Holmes qui manque de puissance et pour son attitude scénique et ses mimiques parfois agacées qui donnent l’impression que la scène n’est pas ce qu’il préfère. Dans sa globalité, Paradise Lost est un groupe composé de membres très peu expansifs. On ajoutera à cela des enchaînements de titres expéditifs sans grands discours entre chaque. Et pour qui n’adhère pas plus que ça à l’univers de Paradise Lost, la similarité de la majorité des titres du set peut rebuter.

Mais s’arrêter là serait faire un constat de surface. Spaceman serait le premier à vous le dire : « Au pire, il y a ces chansons ». La setlist fait la part belle au dernier album du groupe et n’oublie pas les classiques tels que « One Second », « As I Die », « Erased » et l’incontournable « Say Just Words ». A noter que le superbe « Faith Divides Us, Death Unites Us », issu du disque précédent du même nom, est mis en valeur à juste titre, étant placé au moment des rappels.

Adrian Erlandsson (Paradise Lost)

Mais il convient aussi de contrebalancer les réserves à propos du jeu de scène. Car, sans le montrer outre mesure, Paradise Lost aime son public. Nick Holmes sait qu’il a affaire aux fans et ne leur fait pas payer ce (seulement supposé de notre part, rappelons-le) manque d’enthousiasme. A ce titre, il intervient de temps à autre avec quelques prises de paroles cyniques, très anglaises et élégantes. Le ténébreux Greg Mackintosh, visiblement réservé, adresse quelques regards de gratitude au public. Comme à son habitude, le guitariste Aaron Aedy est en transe et dégage un bonheur émouvant à jouer ses morceaux. Même le discret (pour ne pas dire éteint) Steve Edmonson adresse quelques polis regards de temps à autre. Adrian Erlandsson à la batterie n’est ni expansif, ni souriant, ni détendu. Mais cela reste un plaisir de le voir suer et grimacer sur ses fûts comme s’il était particulièrement mal à l’aise et qu’il faisait un effort surhumain pour jouer ses parties.

Paradise Lost, c’est ça, tant musicalement qu’humainement : des hommes qui ne veulent ou ne peuvent pas exprimer ouvertement leurs émotions et qui par conséquent les laissent filtrer par des voies subtiles, détournées… et élégantes, si vous voulez mon avis.

Setlist (source : Setlist.fm)

Desolate
Widow
Erased
Honesty in Death
Forever Failure
Soul Courageous
In This We Dwell
Praise Lamented Shade
Pity the Sadness
As I Die
Symbol of Life
Tragic Idol
The Enemy

Rappel :

One Second
Fear of Impending Hell
Faith Divides Us – Death Unites Us
Say Just Words

Compte Rendu : Philippe ‘Metal’O Phil’ Sliwa
Introduction : Nicolas ‘Spaceman’ Gricourt
Photos : Nicolas ‘Spaceman’ Gricourt

A voir également :

Galerie photos du concert de Paradise Lost
Galerie photos du concert de Swallow The Sun



Laisser un commentaire

  • pourtant cela c’est déja fait concernant le changement de salle, au kao c’est 600 places donc ça aurait été mieux ça me fait chier d’avoir payer 27 billets pour un set d’1 h 15 , un son moyen et une salle pas top et puis bonjour la scène , bouger un peu relève de l’exploit sans se prendre un coup de manche de guitare ou de micro pour les musiciens, non vraiment ça passe mal

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  • Le Druide dit :

    @ lestat : complètement d’accord avec toi sur la durée du set, beaucoup trop court !!! Paradise Lost c’est + de 20 ans de carrière et 13 albums studio alors non, pas 1h15 de concert !!!

    @ oliv : saches que Base Prod avait loué le Transbo, pas le Kao, c’est pas le même proprio, y’a des contrats en amont du concert, tu ne changes pas de salle comme ça …
    Le fait de passer de la grande salle du Transbo au Trans-Club permet au concert de ne pas être annulé en cas de faible affluence, ce qui fut la cas (400 personnes ce soir-là contre 600 la fois précédente).
    De plus, tu préfères quoi ? une grande salle clairsemée sans ambiance ou un Trans-Club blindé bien chaud ???

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  • Bonjour,
    J’adore Paradise Lost, mais c’est vrai que ce n’est pas un groupe réputé ses prestations scénique, et ce n’est pas ce soir qui changeront cette réputation.
    Néanmoins j’ai passé un très bon concert, car on se laisse appé par les chansons, d’ailleurs celle du dernière album passe très bien l’épreuve de la scène.
    Ma déception viens du fait que ce soir c’est au club, une salle qui n’a pas une très bonne acoustique, et qui souvent est très pauvre en lumière, et la scène est très basse.
    Mais mon coup de gueule viens de la durée du concert à peine 1h15 pour Paradise Lost, c’est vraiment abusé surtout quand on paie 27€n après on s’étonne qu’il y ai de moins en moins de gens au concert.

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  • j’étais à ce concert et j’ai été terriblement déçu de la soirée.
    j’étais mouiller jusqu’aux os par la pluie , le billet indiquait 19 h alors que normalement on aurait du rentrer bien avant mais non je n’aime decidement pas aller au transbordeur , je préfère la salle du kao ou au moins tu peux boire un biere en attendant et le son est bien mieux. Que dire de la prestation des 2 groupes ? J’ai préféré la première partie et paradise lost m’a vraiment déçu.Il y a un sacré fossé entre le chant de nick holmes en studio et la scène et la set list était moyenne. Après se retrouver pour 27 euros au transcub c’est nous prendre pour des abrutis mais ce n’est pas la première fois. La prod aurait pu faire un changement de salle , au kao par exemple mais peut être qu’elle n’était pas dispo ce soir la ? Bref j’aime énormément Paradise lost mais je reste sur ma faim. je n’aime pas rester sur une mauvaise note Vivement le prochain live , en l’occurrence ce sera le hellfest pour j’espère bien 3 jours de folie.

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