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Chronique   

Paradise Lost – The Plague Within


Paradise Lost - The Plague Within« Maintenant vous m’avez entendu dans Bloodbath, donc peut-être que ce ne serait pas une aussi grosse surprise que ç’aurait pu l’être, » nous prévenait le chanteur Nick Holmes en nous apprenant le retour du chant death metal dans Paradise Lost, qui avait disparu de la palette du groupe depuis leurs débuts il y a de cela vingt-cinq ans. Mais si c’est une chose que de poser un chant cradingue sur du death metal old school comme Old Nick (le pseudo qu’il donne à sa face sombre) le fait depuis peu avec Bloodbath, ç’en est une autre que d’intégrer ceci dans le Paradise Lost d’aujourd’hui, caractérisé par une certaine classe et élégance. Alors, si la surprise est quelque peu gâchée, l’intrigue, elle, est bel et bien là, amenant son lot de questions : quelle proposition pour le chant death ? Quel impact sur la musique elle-même ? Va-t-on assister à un véritable retour aux racines du groupe ?

Des réponses, Paradise Lost ne tarde pas à en donner avec la première chanson de l’opus « No Hope In Sight ». « Aucun espoir en vue », le ton est donné. Paradise Lost signe avec The Plague Within l’un de ses albums les plus noirs et dépressifs à ce jour. La musique touche en plein cœur notre âme mélancolique et fait ressortir nos douleurs, nos désespoirs, dans une forme d’abandon de soi, de lâcher prise, sous la lourdeur de nos angoisses (que le temps, au centre de plusieurs chansons, semble cristalliser dans cet opus qui, ironiquement, lui échappe) que l’on prend habituellement bien soin d’enfouir mais que Paradise Lost met à nu de manière terriblement impudique. Et la voix death metal n’est là que pour mieux révéler cette angoisse brutale, là où, par exemple, les violons et le chant d’Heather Thompson (Tapping The Vein) sur « An Eternity Of Lies » pleurent d’un profond et transperçant chagrin, pendant qu’un thème de guitare ère, fantomatique. Des violons que l’on retrouve plus loin sur « Sacrifice The Flame », pour un rendu doom plaintif proche de My Dying Bride, ou « Victims Of The Past », ici davantage pour appuyer le caractère dramatique de la chanson, à la manière d’un SepticFlesh ; une influence que l’on ressent également dans les arrangements sur l’intro et outro de « Return To The Sun ». On passe même un palier avec « Beneath Broken Earth », lent à se damner, sans conteste la chanson la plus proche du doom death de son premier opus (et plus particulièrement d’une chanson comme « Rotting Misery ») que Paradise Lost ait jamais écrit depuis lors, même si le sens mélodique et la maturité ne trompent pas. Mais la colère est aussi de la partie avec « Punishment Through Time » où Holmes sort son grain rocailleux sur des riffs plutôt rapides et heavy, voire grungy, à souhait ou, plus encore, sous les chœurs liturgiques, dissonances et trémolos black metal de « Flesh From Bones ».

On comprend assez vite que Paradise Lost ne s’est rien refusé, tout en restant dans le contexte d’un album organique et plutôt brut. Autant le groupe a largement voulu exploiter la composante death du chant de Holmes, certainement pas réduite à quelques gimmicks, une composante que l’on retrouve parfois jusque dans les guitares dans un titre comme « Cry Out » où Greg Mackintosh et Aaron Aedy sortent la pédale de distorsion HM-2, dont les amateurs de death metal suédois connaissent bien le son caractéristique, autant il n’a pas voulu perdre les mélodies et la capacité d’accroche qui placent, respectivement, Holmes et Mackintosh parmi les plus grands chanteurs et guitaristes gothiques. Ouvrir la gamme émotionnelle et les contrastes, là est véritablement le fond de la démarche de The Plague Within. Une ouverture qui ne se résume pas à une simple dualité de registres vocaux clairs et saturés. Holmes joue en réalité avec les grains, comme les guitares jouent avec le leur, qu’il mélange au gré des sentiments exprimés à travers les paroles. Et même lorsqu’il interprète « Terminal », chanson particulièrement entraînante (avec un petit quelque chose de Dark Tranquillity dans le couplet), entièrement avec sa voix death metal, il parvient à rendre un refrain diaboliquement entêtant, contribuant à faire de celle-ci un hit en puissance.

Après avoir maintenu son jeu sur ce que l’on pourrait presque considérer comme un triptyque (In Requiem, Faith Divides Us – Death Unites Us et Tragic Idol), une fois de plus Paradise Lost redistribue les cartes. On peut aussi bien voir The Plague Within comme un cycle elliptique qui se clôt – le groupe est en effet parti d’un doom death pour y revenir aujourd’hui, en partie, après être passé par une phase electro-pop-new wave aux antipodes -, que le considérer comme un nouveau départ tant il ouvre de portes. Mais au final, on ne peut que spéculer sur la symbolique de The Plague Within dans la discographie de Paradise Lost, car voilà bien un groupe dont on ne peut jamais prédire quel coup il jouera la fois suivante. Même si on sentait ces dernières années un « retour aux sources », qui les aurait imaginé capables d’aller si loin ? Et c’est bien ça, en plus de son indéniable talent dont cet album est une fois de plus la marque, qui rend Paradise Lost si excitant à suivre au fil des années.

Regarder le clip de « Beneath Broken Earth » et la lyric vidéo de « No Hope In Sight » :

Album The Plague Within, sortie le 1er juin 2015 chez Century Media Records.



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  • Bon, l(‘album est déjà sorti depuis quelques tps , et j’aime tjs pas, pas moyen d’accrocher ! trop lent, j’aime pas Nick avec ce chant . Je regrette tellement mon premier concert Metal la tournée « Draconian Times » en 1995 !

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  • merci « paradise lost »!!j’ai un putain de respect pour vous qui ne me décevez jamais!!

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  • Un grand groupe dans l’histoire du metal…

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  • Bonded By Blood dit :

    Pareil, je suis fan depuis des années et ce groupe ne m’a jamais déçu

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  • Et hop encore un nouvel album de Paradise Lost qui trouvera sa place dans ma collection.

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  • chapeau bas pour un groupe dont je suis fan depuis vingt ans maintenant et qui a toujours su évoluer et garder son identité vivement le premier juin.

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