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CR De Festival   

Paris Extreme Fest dimanche 28 Mars, Scène Metal


Commençons par saluer Garance qui est à l’origine de cette belle initiative. Le festival en a proposé pour tous les goûts et tous les âges – imaginez l’écart entre un Discharge et un Dark Funeral – et a permis à nos oreilles de bien se déboucher pour profiter du chant des oiseaux revenus en ce tout jeune printemps.

« C’est pour nous, tous les styles sont les bienvenus » comme le clame le dos du tee-shirt du festival. Ce qui est vrai avec trois jours, trente groupes, trois scènes, une punk, une hardcore et une metal. C’est beaucoup. Trop ? Il est vrai que les premiers groupes ont joué devant plus de photographes que de public et que Arch Enemy a assuré sa prestation devant une salle qui s’était déjà vidée. Ils ont quand même commencé leur prestation dimanche soir à 23h45 !

Dernier point avant de renter dans le vif des prestations de chaque groupe, remarquons en toute objectivité que le public a été très calme le premier jour à part pour les têtes d’affiche, très violent sur la journée hardcore mais sans réelle émulsion globale et qu’il a fallu attendre la journée metal pour voir un public réveillé, réceptif et qui bougeait !

Paris Extreme Fest dimanche 28 Mars, Scène Metal

Lieu : Elysée Montmartre
Public : 800 à 1000 personnes

Reports : Lost sauf As They Burn et Betraying The Martyrs, Nicolas Gaire

Photos Scène Metal : Nicolas Gaire


Gorod

Franchissons sans crainte le pas qui sépare Gorod des BTM pour plonger dans le death de très bonne facture des Bordelais. Notez que Gorod apporte vraiment sa touche d’originalité et ne se contente pas de copier ses aînés. Le groupe assure carrément sur cette petite scène dont le fond est couvert d’un backdrop reprenant leur logo assez soigné. Les cinq musiciens proposent une prestation bien agitée avec une bonne attitude de gros metalleux. Le public est là et répond présent. Normal, le groupe se démène, que cela soit Guillaume avec sa voix grawlée ou Barby qui impose son physique et sa présence à la basse. Il jouera même plusieurs passages sur le manche en véritable « bass hero ». L’effet est garanti ! Côté guitaristes, ça headbangue sévère. « Faites du bruit » demande Guillaume. Pas de problème de ce côté-là. En trente minutes qui auront alterné anciens et nouveaux morceaux – le groupe a tout de même quatre opus à son actif, dont le dernier, Process Of A Decline date de 2009 – Gorod aura prouvé qu’il faut vraiment compter avec eux. Ceci explique sûrement leur programmation au HellFest et les quelques dates prévues aux Etats-Unis où ils partageront la même affiche que Entombed et Obituary !


No Return

Il est 15h00 quand les vétérans de No Return attaquent leur set. No Return, c’est vingt ans d’existence, huit albums et une musique plus orienté trash et heavy. Moreno Grosso avec ses airs à la Chuk Billy de Testament flatte le public en lui disant qu’il est beau. Côté musiciens, là aussi, cela headbangue sévère. Le public répond à nouveau présent et les premiers rangs lèvent les bras à l’invitation du chanteur qui arrose régulièrement le public avec ses bouteilles d’eau. Moreno dira tout le plaisir qu’il a de jouer ce soir et remerciera Guillaume de Garance. Ces remerciements déclencheront spontanément de la part du public des « Guillaume ! Guillaume ! ». Public nettement plus actif que lors des deux jours précédents où il aura fallu attendre le haut des affiches pour trouver du répondant chez les fans. Côte musique, la setlist est essentiellement axée sur Manipulated Mind, le dernier de No Return sorti en 2008 et seul Loaded Gun #13 rappelle le passé du groupe. Globalement, il manque un zeste d’originalité et une prestation plus enlevée pour que ce set de trente minutes soit vraiment marquant. Sympa, à la fin du concert, le chanteur propose à ceux qui le veulent deux places disponibles dans leur tour bus.


L’Esprit du Clan

Changement de matériel – le premier- , installation du backdrop reprenant la pochette du Chapitre IV, la scène se prépare à recevoir L’Esprit du Clan. Le public attend tranquillement et se repose assis. Il est 15h55 quand, après les derniers réglages, les lumières s’éteignent, les fumigènes sont envoyés du balcon de l’Elysée et que la bande son annonce l’arrivée imminente du groupe. Immédiatement, le public se manifeste. « Paris, bandes d’enfoirés, est-ce que vous êtes-là ? » attaque Arsene. Le groupe est dans la place et est salué dès son arrivée. Après une intro lourde et pesante, l’EdC attaque avec «l’Enfer C’est Le Nôtre». Il y a aura aussi «La Théorie Des Armures», «Le Temps Assassine» et «Etc.», qui clôturera une nouvelle prestation explosive du groupe où chacun des musiciens assure sa part de spectacle. Le groupe se produit sans Shiro dont l’impact physique et visuel manque. Ceci dit, dans cette configuration, le groupe met tout de même le feu et Arsene s’impose en vrai leader. Il y a peut-être un peu moins de monde dans la fosse mais c’est du chaud. Ca pogote, le circle pit est extra et que dire du braveheart ? Enorme ! Arsene communique, remercie les techniciens, l’organisation, se dit très fier de jouer dans cette salle et explique que même s’il a énormément de respect pour tous les groupes de ce soir, il tient à faire une dédicace spéciale aux gars d’Entombed. Et sur le dernier titre, avec cette gouaille qui le caractérise, il s’adressera au public à peu près en ses termes : « Je vous ai assez remercié comme cela, alors allez tous vous faire foutre et foutez-moi le bordel ! ». Dans cette configuration très… panteresque, l’EdC aura vraiment mis le feu. Excellent !


Treponem Pal

A 18h45 pétantes, le festival reprend après l’entracte avec le très original Treponem Pal alors que l’Elysée ne s’est pas encore rempli. Que des groupes français jusqu’à maintenant. Comme quoi, il y a une belle scène chez nous. Sur scène justement, c’est lourd, c’est lent avec un set statique, des lights en demi teinte. Même côté public, le feu précédent est retombé. Normal, il y a eu la pause et la prestation en cours est des plus particulières. Marco le chanteur est clairement dans son trip, avec sa gestuelle, mais va-t-il nous emmener avec lui ? Eh bien oui. C’est hypnotique, minimaliste même côté lumières, presque dans un temps suspendu mais cela vous prend et vous emmène ailleurs parce que la musique est de qualité et bien exécutée. D’ailleurs, même si le public est moins nombreux qu’avant l’entracte – la musique est peut-être moins accessible aussi – il apprécie et applaudit le groupe. Marco remercie Garance et le Paris Extreme Festival, adresse un message fédérateur en saluant tous les groupes qu’ils soient punk, hardcore ou metal, cela n’a pas d’importance. Dans Treponem, il y a du NIN, du Ministry, du Rammstein même, mais toutes ces références ou influences sont digérées pour restituer quelque chose d’original et de personnel. Et finalement cette reprise tout en touché est parfaite. Il est 19h30 quand Treponem quitte l’Elysée clôturant ainsi la série française.

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Entombed

Hier nous avions les Parrains du hardcore new-yorkais, ce soir nous avons les Pères du death suédois. Entombed ! Il est 20h00 quand les cloches à la «Hell’s Bells» annoncent leur arrivée pour la plus grande joie du public. Et ça envoie, c’est rapeux, c’est sale, c’est du bon vieux Entombed. On laissera de côté les pains à la basse assez soulants pour se rappeler que L.G Petrov, l’espèce de lutin rigolard et malicieux, éructe son death et assure une présence physique énorme, arpentant la scène de long en large. Il n’y en a pas deux comme lui. Et puis il y a Alex Hellid et sa flying qui décoche ses solos. Côté public, cela réagit aussi très chaudement. Toute la salle applaudit à la demande du chanteur et réagit à l’excellente prestation que le groupe délivre. Deux fans, des filles, se font porter assez longtemps par la foule. L’ambiance est vraiment là. Sur scène, L.G réclame à boire, de la bière, du vin et les musiciens sont manifestement heureux d’être là. Et quand L.G, à la manière d’un sportif, se mouche dans ses doigts, on sent le public s’offusquer. Le chanteur ne se démontera pas et demandera « Sommes–nous des death metalleux ou non ? ». Il n’oubliera pas de saluer ses vieux potes de Dark Funeral et d’Arch Enemy. Côté set list, les morceaux sont piochés du début à la fin de la discographie du groupe avec «When In Sodom», «Chief Rebel Angel» ou encore «Left Hand Path» qui terminera un set de quarante minutes mené tambour battant. Et c’est sur un petit air country que les quatre musiciens finaliseront leur prestation en saluant un public enchanté.


Samael

Nouveau groupe, nouvelle ambiance et c’est vraiment ce qui est sympa dans cette journée avec le barnum metal où le visuel a autant d’importance que la musique pour un spectacle total. C’est ce que nous avions déjà pu constater hier avec The Arrs. Nous voilà donc partis en Suisse avec Samael et sa musique black-metalleuse industrielle ou l’inverse. A dire vrai, on s’en fout. Ce qui compte c’est que les Suisses ont assuré ce soir une prestation de qualité avec un gros son que le public a apprécié. A part le back-drop sobre juste flanqué du logo du groupe tout le reste est soigné. Vorph mène la danse avec ses yeux maquillés et son espèce de robe lui donnant des allures de maître de cérémonie. A ses côtés, Mas le bassiste, tout de noir vêtu, fait hélicoptères sur hélicoptères quand, de l’autre côté de la scène, Makro à la guitare, lui aussi en noir, headbangue à tout va. Aux fûts transparents et aux claviers, Xy donne aussi de sa personne. L’homme est aussi au c?ur de la musique du groupe qu’il écrit et qu’il produit, Vorph s’occupant plutôt des paroles. Le tout est très cohérent, bien exécuté et l’Elysée enfin correctement rempli apprécie. Avec des lumières élaborées, l’utilisation des stroboscopes, l’ensemble a vraiment un impact très fort. De plus la communication est facilitée car Vorph est francophone. Mais les morceaux défilent, le temps passe et au bout de quarante minutes intenses, les Suisses quittent la scène. A noter que l’on pourra voir Vorph traîner ensuite du côté du merchandising.


Dark Funeral

La scène se pare des couleurs de Angelus Exuro Pro Eternus, le dernier méfait des suédois de Dark Funeral. En plus du back-drop, deux tentures sont positionnées de chaque côté de la batterie. Aujourd’hui, les réglages entre chaque groupe prennent un peu plus de temps que les jours derniers et le combo scandinave n’échappe pas à la règle. Les metalleux seraient-ils plus exigeants ? A voir. Il est 22h25 quand le groupe attaque la scène de front. L’effet est évidement réussi avec les tentures dans les rouges orangés et les quatre musiciens, (le batteur étant derrière), arborant leurs maquillages noir et blanc et leurs armures de cuir. Les guerriers de l’Enfer ont assurément débarqué à l’Elysée et ils officient devant un public très réceptif qui fait les cornes du diable en réponse à l’invitation du groupe. L’horaire tardif a quelque peu clairsemé l’audience mais la prestation n’en est pas moins intense pour autant. Certes, quand on parle de Barnum metal, nous sommes en plein dedans mais la musique est de bonne facture, bien exécutée avec une voix qui alterne bien les passages aigus et les passages plus sourds et graves. Le maquillage ne faisant pas tout, le groupe a indéniablement une présence scénique avec des musiciens qui headbanguent sévèrement. Seul petit hic, la communication n’est pas leur fort. On ne peut pas tout avoir. Côté set list, le groupe présente évidemment des titres de leur dernier opus mais piochent aussi dans le reste de la discographie de manière équilibrée au premier album près qui est laissé de côté. Il est 23h15 quand les Suédois regagnent les loges laissant l’Enfer sur scène.


Arch Enemy

La scène se pare cette fois-ci des couleurs de The Root Of All Evil, l’album où Arch Enemy reprend des morceaux de ses premiers albums ce qui n’empêchera pas les Suédois de proposer une setlist basée plutôt sur ses albums sortis dans les années 2000. Allez comprendre. Il est 23h45, heure très tardive qui ne laisse dans l’Elysée que les die-hard, quand les Suédois investissent la scène avec «The Immortal» issu de leur dernier opus. Pas de temps mort, le groupe est au taquet dès les premiers instants et visuellement le contraste est fort entre Angela la blonde, Michaël le rouge et Sharlee le brun. On sentira d’ailleurs une grande complicité entre le guitariste et le bassiste. Michaël se paiera au début une petite glissade heureusement sans conséquence. Angela, physique, est un vrai leader arborant fièrement un tee-shirt flanqué de l’inscription « Fuck the Rules ». L’ensemble du groupe n’est pas en reste et a une vraie présence. A noter qu’ils ont toute la scène pour eux, les combos précédents ayant bénéficié d’un espace plus réduit, et ils la remplissent bien. Même si la salle s’est bien vidée, le public présent est loin d’être endormi et répond aux sollicitations du groupe. Comment faire autrement devant tant de puissance ? Arch Enemy délivre son Pure Fuckin Metal et l’exécute plutôt bien avec des bonnes parties à la guitare, des bons vieux solos, tout ce dont un metal freak a besoin. Côté lumières, là aussi, le groupe propose quelque chose d’élaboré et de percutant. Le look aussi est soigné, les musiciens étant en noir, brassard blanc. En introduction de «Shadows and Dust», Angela rappelle que ce titre compte pour elle car il est issu de son premier album avec le groupe, il y a dix ans. A 00h35, le groupe quitte la scène pour la pause avant les rappels. Christophe Amott revient seul pour une partie solo de guitare d’ambiance et le public, toujours là, applaudit pour marquer le rythme. Il est rejoint par son frère pour un passage à deux guitares qui aurait pu bénéficier d’un meilleur son. Daniel, le batteur, les accompagne rejoint bientôt par Sharlee et sa basse pour un instrumental à la cool. Et Angela débarque, hurleuse devant l’Eternel, et la furie revient sur l’Elysée. Le groupe conclut sa prestation laissant les deux lames guitaristiques achever ce festival et cette journée metal de toute beauté. Il est 00h45 ! Bonne nuit, les petits.

En conclusion de cette journée metal, il y a eu beaucoup de bon et de très bon.

A l’année prochaine donc. «This for us, all style welcome !»




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  • Lost / RM dit :

    Salut bloodenemy,

    Je suis un des photographes RM présents ce jour. Comme nous étions tous les deux plutôt court de cheveux, moi, je portais des lunettes 😉 C’était aussi cool de parler avec vous et merci d’avoir suivi la publication du report aussi assidûment que l’arrivée sur scène d’Angela et ses compères. A bientôt à d’autres concerts.

    [Reply]

  • bloodenemy dit :

    super concert l’esprit du clan a été le 1er groupe a réelement foutre le bordel.Arch enemy beaucoup trop cours a mon gout,2 ans qu’ils n’était pas passer en France et merci au photographe de RM d’avoir été cool avec nous lol

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