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Live Report   

Paris guidé par Russian Circles


Cela faisait longtemps que les Américains n’étaient pas venus partager en live leur incroyable musique. Car le groupe a fait comprendre avec Guidance (2016) qu’il faisait partie des artistes du haut du panier de la scène instrumentale. Alors quand on voit que le Trabendo fait ce soir sold-out, on est forcément très satisfait que la reconnaissance du public soit là car celle-ci est amplement méritée.

Faisant le déplacement uniquement pour cette date parisienne de Russian Circles, le premier des trois artistes à monter sur scène vient de France : Dirge. Rien à envier aux deux autres groupes question talent et encore une rareté que l’on aimerait voir davantage en concert car les Parisiens sont actifs depuis 1994 et nous ont déjà bercé avec six albums. Et lorsque la setlist du groupe indique que quelques morceaux ont été supprimés pour rentrer dans les horaires de la soirée, cela motive d’autant plus à attendre la prochaine venue du groupe sur scène.

Artistes : Russian Circles – Cloakroom – Dirge
Date : 16 mars 2017
Salle : Trabendo
Ville : Paris [75]

Dirge

Avec Dirge, l’audience à droit à du post-metal proche d’un The Great Old Ones par la lourdeur de certains riffs, notamment celui du titre « Hyperion Under Glass » qui ouvre le set. Le groupe a aussi cette capacité à manier en douceur le changement de genre, revenant ainsi à une ambiance se rapprochant de celle de Nine Inch Nails car beaucoup plus spatiale, aérienne. Et c’est avec quatre titres (pour quarante minutes de concert) que l’on appréciera ce moment rare de voir Dirge en concert. A signaler que les paroles des morceaux ont été imprimées sur des feuilles de papier afin de s’assurer de ne rien oublier ! Bref il est très clair qu’on ne se lassera jamais du son de Dirge et, c’est un fait, on pouvait difficilement imaginer meilleur groupe pour ouvrir pour Russian Circles.

Setlist :

Hyperion Under Glass
Venus Claws
Elysian Magnetic Fileds
Epicentre

Cloakroom

Pour accompagner la totalité de la tournée de Russian Circles, voici un groupe ayant cinq ans d’activité : Cloakroom. Avec ce dernier, l’audience a devant elle de jeunes américains ayant sorti leur premier album en 2015. Davantage plus rock et plus calme, la musique est ici plus abordable et repose, comme la tête d’affiche, sur un trio. Et même si la voix peut rappeler le chant d’Alex Turner d’Arctic Monkeys, la formation parvient à s’éloigner de ce type de référence en proposant une musique originale. On peut malgré tout passer des passages les plus empruntés à Radiohead, à un break nous enveloppant dans une grande amplification et distorsion de la basse qui elle se rapprochera davantage de Conan. Belle et douce découverte que ce Cloakroom. Avec ce combo, l’auditeur/spectateur a devant lui des membres assez charismatiques qui livrent une musique pouvant plaire à l’amateur de plus violent comme de plus doux, car sachant varier les émotions.

Setlist :

Paperweight
Big World
Sedimentary
Lossed Over
Moon Funeral
Farewell Transmission (Reprise de Songs :Ohia)

Russian Circles

Il est temps de retrouver la tête d’affiche dont la spécialité est de faire des merveilles avec finalement assez peu de moyens. Les derniers réglages se font sur leurs pédales et on est lancé. Le bassiste sera face à une vingtaine de pédales à ses pieds avec près de lui un synthétiseur. Pour rester cohérent avec la tournée, le concert démarre avec les deux premiers titres de Guidance, « Asa » et « Vorel », qui s’enchaînent parfaitement. Il est assez fabuleux de se dire qu’a trois le groupe parvient à produire une musique aussi intense. Et également de voir un bassiste pouvant à la fois gérer ses effets tel un one man band : à savoir gérer son synthé tout en jouant de la basse avec son auriculaire ! Un bassiste avec lequel on redécouvre en live toute la beauté de son instrument. D’ailleurs lorsque d’une simple pression de pédale, la distorsion de sa basse augmente, c’est tout le Trabendo qui tremble et headbangue à son rythme. Evidemment, aucun instrument n’est là par hasard dans Russian Circles et tous ont leur importance.

C’est d’une seule traite (les pauses furent très brèves) que l’heure et demi passe sans aucun message pour le public entre temps, mais également sans grandes différences visuelles. Beaucoup de lumières sont ainsi être régulièrement utilisées de nombreuses fois, ce qui donne une certaine redondance visuelle. Mais malgré ce constat, les nombreux éclairages de face sont généreusement répartis sur toute la scène du Trabendo pour un joli rendu. Et heureusement on retiendra avant tout de cette soirée que nous avons eu le privilège de voir trois groupes proposant des musiques plutôt longues mais ne tombant jamais dans l’ennui. Un constat qui se vérifie à la fin du set, durant le rappel de « Yougblood » (de l’album Station), où un étonnant mais compréhensif pogo se déclenche. Comme-ci, durant tout le concert, le public s’était contenu et voyant la fin arriver décidait subitement de lâcher toute son énergie qui bouillonnait !

Russian Circles

« Tu viens à Russian Circles ? » « Je ne connais pas ». On entendait souvent cette phrase à l’approche du concert et, pour être honnête, la peur d’une salle peu réceptive devant un tel groupe se sentait. Et pourtant c’est un Trabendo rempli qui aura applaudi les différentes formations présentes avec toute l’énergie qu’elles méritent. Le public américain aura d’ailleurs la chance de profiter de la présence de Russian Circles en ouverture de la tournée réunissant Mastodon et Eagles Of Death Metal dans les prochains mois. Tandis qu’en France on restera attentif aux prochains concerts de cet acabit a nouveau organisés par le magazine New Noise et Kongfuzi (que l’on remercie tous les deux).

Setlist :

Asa
Vorel
Deficit
309
Afrika
Harper Lewis
1777
Mota
Mlàdek
Rappel :
Youngblood

Live reports et photos : Matthis Van Der Meulen.



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