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Live Report   

Paris lève le poing pour les prophètes de la rage !


Durant la campagne très controversée de Donald Trump aux États-Unis, on a vu de nombreuses protestations apparaître. L’une d’entre elles fut la renaissance d’un son que l’on n’avait plus entendu depuis longtemps, celui de Rage Against The Machine. En effet, les musiciens du groupe ont décidé de former Prophets Of Rage pour contrer un candidat jugé dangereux. Zack De La Rocha ne faisant pas partie de l’aventure, ils ont décidé d’emmener avec eux deux légendes du hip-hop : Chuck D de Public Enemy (ainsi que son collègue DJ Lord aux platines) et B-Real de Cypress Hill. Un combo dynamique, explosif, avec une assurance de qualité en live. Et même si à leur grand regret Donald Trump fût officialisé président des États-Unis, leur combat ne s’arrête pas et Prophets Of Rage souhaite malgré tout faire entendre son message à tout le monde ! Même avec un seul EP – le premier album n’arrivant que quelques mois plus tard -, ils ont déjà marqué les esprits en France au Download Festival et au Hellfest avec des concerts qui ont fait resurgir beaucoup de souvenirs chez les fans.

Il était donc temps de les voir débarquer sur scène dans la capitale française. Pendant que Trust finit son épopée parisienne au nom de la rage à l’Élysée Montmartre, c’est une vague de protestation américaine qui débarque au Zénith de Paris. On va passer tout le concert debout, même dans les gradins, à danser, crier, chanter, sauter et libérer notre rage. Levez votre poing en l’air et préparez-vous au premier concert en salle à Paris de Prophets Of Rage !

Artistes : Prophets Of RageNova Twins
Date : 10 novembre 2017
Salle : Zénith de Paris
Ville : Paris [75]

Nova Twins

En ouverture de cette soirée, c’est le duo londonien Nova Twins qui affronte un Zénith bouillant. Ces deux jeunes femmes à la vingtaine d’année n’ont pas sorti beaucoup de matériel dans leur discographie, à part un EP de cinq titres. Afin de s’échauffer juste avant leur concert au Point Ephémère quelques jours après, l’expérience Prophets Of Rage devait en tout cas être sacrément enrichissante pour elles. Une à la basse, l’autre au chant et à la guitare, avec derrière elles l’appui d’une batterie. Le son ne nous changera pas beaucoup de Rage Against The Machine en live même si le tempo se veut plus lent. Saturé et entraînant, le set sera un peu trop long avec une musique ne se diversifiant pas assez et des passages de guitares assez désagréables. Et comme souvent avec les premières parties, on a droit à des lumières aux couleurs trop saturées. Mais ne soyons pas trop durs, la formation étant toute jeune, elle a largement le temps de progresser sur le volet musical. D’ailleurs, la dominance de la basse et leur style vestimentaire (penchant vers le rock indé) va sûrement leur permettre de se différencier des autres groupes de la scène. C’est en tout cas ce que nous leur souhaitons.

DJ Lord

Un concert retransmis en direct sur internet, un passage télé et une promo qui n’est pas terminée : le concert de Prophets Of Rage est bien plus qu’une simple date mais un véritable événement. Et si Nova Twins ne suffisait pas, on s’assure de bien chauffer le public avec DJ Lord aux platines offrant dix minutes de mix de différents tubes. De Mickael Jackson à Metallica, de Eurythmics à Black Sabbath, du Wu-Tang Clan à White Stripes. L’occasion pour le public de pogoter sur « Enter Sandman » et de montrer qu’il n’attend plus qu’une chose : retourner la salle. Les sirènes retentissent et les membres de Prophets Of Rage arrivent sur scène, le poing levé. La basse et la batterie retentissent et le tout démarre avec le titre éponyme du groupe sous les spots de lumières appuyant la frénésie que prend le public. B-Real porte toujours sa shemagh sur la tête, avec en combinaison son survêt de sport. La bête est libérée, le premier rang se tient comme il peut, la sécu’ ne sait plus où donner de la tête et les photographes sont perdus face à deux chanteurs charismatiques et un Tom Morello prenant la pose. Et cela ne s’arrête pas pendant plus d’une heure trente de musique.

Tim Commerford

Ceux n’ayant jamais vu Rage Against The Machine, Public Ennemy ou Cypress Hill en live peuvent enfin rattraper le temps perdu et chanter sans que cela ne soit complètement des covers. Car même si Zack De La Rocha est un élément unique dans cette musique, B-Real et Chuck D apportent une pâte propre dans cet univers. Le flow de B-Real et son ton si particulier, hypnotique, détonne vraiment dans les morceaux. Et même si Prophets Of Rage joue beaucoup sur sa proximité et sa ressemblance avec Rage Against The Machine, les chanteurs réussissent à en faire quelque chose de bien à eux. Même sur « Bullet In The Head », où le cri doit se faire entendre, c’est B-Real qui avec des effets sur sa voix va réussir à créer quelque chose de très convaincant. Il est évident qu’on est ici face à des musiciens plus que talentueux. On ne présente plus Tom Morello, ce charismatique guitariste au son de guitare unique. Aimant la distorsion, le magicien de la six cordes offre toute la palette de son talent pour métamorphoser le son d’un instrument dont on pensait avoir fait le tour. Et c’est en live que son univers se transforme et que l’on redécouvre son jeu et son énergie.

Chuck D

À la basse, Tim Commerford est toujours très discret et concentré. Le nez sur son instrument, il saute parfois et chante de temps en temps mais la plupart du temps il reste en retrait de la scène. Difficile de pouvoir marquer le coup avec deux chanteurs et un guitariste comme Morello ! Mais Tim n’a jamais été dans un désir de se mettre en avant : le son de sa basse et son groove sont suffisants pour faire de lui un musicien que l’on remarque sur scène. Sur un autre sujet, il est également à signaler que la réunion du soir se déroule dans un lieu tout particulier pour les groupes. En effet, le Zénith est une salle mythique de Paris qui a eu le plaisir d’accueillir de nombreuses fois Rage Against The Machine, Public Enemy ainsi que Cypress Hill. Il était donc riche en symbole que tout le monde se rejoigne au même endroit des années après. Car même si Tom Morello nous délivre un discours sur la politique, le monde et le changement qui doit avoir lieu, il s’agira surtout d’une fête et d’une célébration d’une musique qui n’a pas encore fait sonner sa dernière corde.

Tom Morello

« Testify », « Take The Power back », « Guerilla Radio », les tubes s’enchaînent. « Know Your Enemy », « Bombtrack », tant de titres iconiques et révolutionnaires que l’on crie avec joie. Mais le set nous réserve d’autres surprises comme une reprise du morceau « Like A Stone », titre d’Audioslave, également avec les membres de Rage Against The Machine, mais surtout au chant le regretté Chris Cornell. Aucun chanteur sur scène, c’est le public qui se mettra à reprendre en cœur le morceau. Un moment émouvant pour des musiciens regrettant toujours leur ami. Et en plein milieu du concert, il ne reste plus que DJ Lord, Chuck D et B-Real, pour un bon quart d’heure placé sous le signe du hip hop. On laisse les guitares saturées pour le moment et on prend les bonnes énergies avec un concentré de ce que Cypress Hill et Public Ennemy nous ont servis au fil des années. « Insane In The Brain », « Fight The Power », « Bring The Noise » : des tubes qui ont marqué la musique urbaine à tout jamais. Et lorsque le groupe reprend « Jump Around », tout le public se baisse, même dans les gradins, et quand le morceau commence c’est la frénésie, l’explosion de joie où tout le monde se bouscule. Même si, malheureusement, le groupe ne remplit pas la grande configuration du Zénith, l’ambiance conviviale et la proximité de tout le monde rend une ambiance de fête sans pareil.

B-Real

On termine le concert sur une brochette explosive : « Unfuck The World » et « How I Could Just Kill A Man ». Ce dernier étant un célèbre titre du premier album de Cypress Hill (1991) repris des années plus tard par RATM, il marque à la fois l’amitié liant ces deux formations depuis bien des années mais également l’influence qu’a pu exercer la première sur la seconde. Et pour achever les Parisiens, on ne pouvait pas passer à côté de deux incontournables, mainte fois repris par d’autres artistes : il est en effet probable que les habitués des concerts aient vu ces titres joués par Parkway Drive, Le Bal des Enragés, etc. « Bulls On Parade » et « Killing In The Name » sont donc les clous du spectacle. L’équipe de sécurité est déjà bien occupée par les slammeurs mais ils n’auront rien vu pour ces titres, climax du concert, où l’excitation sera à son apogée.

Brad Wilk

Que ce soit pour des convictions politiques ou non, on espère que Prophets Of Rage restera un moment dans le secteur des festivals et reviendra en salle. Car ce mélange entre hip-hop et rock, avec tous ces hits que tout le monde connait par cœur, est une solution assurée pour faire passer un moment fédérateur et plein de bonne humeur. Peu importe la génération, tout le monde peut passer une excellente soirée devant le groupe en salle pour décompresser ou dans une fête générale en festival. On ne connait pas la suite du programme pour ce super-groupe (un deuxième album ?) mais, en attendant, ils peuvent compter sur nous pour garder la rage jusqu’au prochain rendez-vous.

Setlist Prophets Of Rage :

Prophets Of Rage
Testify (reprise de Rage Against The Machine)
Take The Power Back (reprise de Rage Against The Machine)
Guerilla Radio (reprise de Rage Against The Machine)
Living On The 110
Hail To The Chief
Bombtrack (reprise de Rage Against The Machine)
Fight The Power (reprise de Public Ennemy)
Hand On The Pump (reprise de Cypress Hill)
Can’t Truss It (reprise de Public Ennemy)
Insane In The Brain (reprise de Cypress Hill)
Bring The Noise (reprise de Public Ennemy)
I Ain’t Goin’ Out Like That (reprise de Cypress Hill)
Welcome To The Terrordome (reprise de Public Ennemy)
Jump Around (reprise de House of Pain)
Sleep Now In The Fire (reprise de Rage Against The Machine)
Like A Stone (reprise de Audioslave)
V.H.
Know Your Enemy (reprise de Rage Against The Machine)
Bullet In The Head (reprise de Rage Against The Machine)
Legalize Me
Unfuck The World
How I Could Just Kill A Man (reprise de Cypress Hill)
Bulls On Parade (reprise de Rage Against The Machine)
Killing In The Name (reprise de Rage Against The Machine)

Report et photos : Matthis Van der meulen



Laisser un commentaire

  • Je vous trouve un peu dur avec Nova Twins, que j’ai trouvé largement mieux que DJ Lord en terme d’ambiance.
    Parce que ses 20 minutes de mix (et pas 10 comme vous l’avez dit) c’est long et je trouve que ça a plus refroidi l’ambiance qu’autre chose à part sur les chanson de MJ ou Metallica !

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  • Sergeï "Cercueil" Poète dit :

    Prophets of Shit, ouais !

    [Reply]

  • Sleep Now In The Fire est une chanson de RATM les gars, figurant sur The Battle of L.A

    [Reply]

    Spaceman

    Surement juste une erreur d’inattention du rédacteur vu que ce titre et « Like A Stone » étaient enchaînés. Merci en tout cas de l’avoir signalé, c’est corrigé. 😉

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