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Live Report   

Paris tremble encore du passage de Conan


Tournée arrivée relativement tard par rapport à la sortie de l’album, mais on ne va pas reculer face à une occasion de voir Conan, l’un des groupes les plus intenses de ses dernières années. 

Peu de monde se présente à la Boule Noire en début de soirée, et on ne sait pas si les quatre groupes prévus vont ramener foule. Une date qui se remplira progressivement et finira sur une salle qui se remuera fortement en fin de set de Conan. Pour finir sur une vibration globale de la salle et de la scène, nous laissant avec un grand acouphène et un grand sourire.

Mais avant ça, quelle meilleure manière de commencer la soirée qu’avec une allemande qui débarque sur scène bière à la main ? High Fighter avait la dure tache d’arriver à Paris en tant qu’inconnu, devant peu de monde, mais de chauffer la salle tout de même.

Artistes : Conan – Downfall Of Gaia – Hark – High Fighter
Date : 22 mars 2017
Salle : La Boule Noire
Ville : Paris [75]

Intrigant visuellement, et se rapprochant de groupes comme Electric Wizard, le combo suscite vivement l’intérêt. Ayant sorti leur premier album l’an dernier, Scars & Crosses, la setlist est composée essentiellement de titres de celui-ci, ainsi que de leur précédent EP The Goat Ritual. Tout ça donnant un début de soirée à l’aspect très rock’n’roll aux ambiances sludge, psyché, voire stoner. Et même si la voix de la chanteuse sonne finalement assez masculine par moment, par ses accentuations scream, cela donne un aspect très frais d’entendre du chant clair féminin, qui contraste dans un style puant la sueur, la bière, le poil et la barbe. Des aspects de Nashville Pussy chez cette front-woman, qui renforce le charisme du groupe et dont les mouvements de danse sur scène donnent envie de se lâcher face aux riffs énergiques que propose le groupe. Le tout baigné dans un son de basse bien gras et des guitares saturées à outrance, qui caractériseront toute notre soirée à la Boule Noire.

Setlist High Fighter :

Black Waters
Two Steps Blueskill
Portrait Mind
Scars & Crosses
Down To The Sky
Darkest Days

Ça joue fort, ça joue énergique, Hark arrive sur scène. Le groupe vient tout juste de sortir cette année Machinations, leur second album. Avec un chanteur qui va régulièrement derrière ses retours pour se rapprocher du public et échanger des regards, une certaine connexion bien venue se créée rapidement entre lui et le public. Une énergie qui est rendue par Paris scandant le nom du groupe à plusieurs reprises. Ajoutons à cela les nombreux passages instrumentaux qui permettent de se remettre d’un chant intense. Finalement assez proche d’un Orange Goblin, le trio prouve qu’il peut rivaliser avec les plus grands noms du genre pour donner le ton à la soirée. Avec sa grande maîtrise des instruments, ses solos endiablés, un jeu de batterie des plus vifs et la basse incrustant le rythme en nous pour nous faire bouger, le groupe nous embarque rapidement dans son univers. On appréciera notamment les efforts apportés à la lumière, globalement, durant les quatre concerts, car même si assez unis pour les deux premiers groupes, on a tout de même à faire à un light show plus travaillé que la moyenne des concerts d’ouverture.

Setlist Hark :

Myth
Fortune
Disintegrate
Scarlet
Fates
Prem
Palen

Définitivement plus black, plus atmosphérique, Downfall Of Gaia vient ravir les fans et donner plus de diversité à la série de concerts, avec un chant se rapprochant d’un The Great Old Ones ou encore Déluge (pour rappeler la dernière soirée à la Boule Noire) et des guitares apportant plus de mélodie. Des lumières beaucoup plus sombres, bleues, avec une présence plus importante des effets de fumées. Venant défendre leur dernier album de 2016, Atrophy, de longs morceaux de presque dix minutes sont à prévoir, mais une telle bouffée d’air frais nous en fait réclamer toujours plus. Les allemands jouent avec une grande intensité leur musique et on sent une certaine complicité entre eux, par leurs rapprochements scéniques à jouer de la guitare les uns près des autres.

Évidemment, par le style et la soirée, on voit mal comment le groupe peut s’intégrer. On passe d’une énergie forte entre la scène et la fosse, à un style gorgé de bière et headbang effréné, à un style assez froid, ambiant, voulant nous faire voyager. Et c’est cela qui permet une certaine variété, tout en n’étant pas complètement incongru. Car ils ont un point commun avec les autres formations du plateau, et pas des moindres : la passion du jeu. Lorsque les chanteurs sont derrière leur micro, on voit leurs veines sortir, affichant toute la puissance et l’effort fourni pour reproduire une musique avec la plus grande fidélité et authenticité. On espère voir le groupe arriver en tête d’affiche des concerts assez rapidement. Ou mieux : une affiche partagée avec un groupe tel qu’Imperium Dekadenz.

Setlist Downfall Of Gaia :

Brood
Woe
Ephemerol
Ephemerol II
Atrophy
Petrichor

C’est en début d’année 2016 que Conan livrait son dernier opus, Revengeance, qui avait la lourde tâche de succéder à Blood Eagle, mais on savait les anglais encore pleins de ressources ; il semblerait que l’album soit loin d’avoir déçu les fans. Toujours une lourdeur stoner, une énergie punk et une profondeur doom. Sachant mêler le chant aigu du guitariste, ainsi que le growl profond du bassiste, à des rythmes rapides favorisant les pogos, chez les anglais de Conan, on a tout ce qu’il faut pour contenter tout le monde. Et si l’album pouvait souffrir d’un mix un peu faible et sembler parfois difficile d’approche, le live est une occasion en or pour découvrir de la meilleure des manières l’univers sonore du groupe. Et justement, voir le groupe en live permet d’apprécier davantage la lourdeur, en ressentant toutes les vibrations environnantes générées par des amplis si massifs qu’ils occupent la moitié de la scène.

On connait l’univers visuel de Conan et ses artworks fabuleux, en live ce sont derrière des lumières majoritairement unies que l’on observe le groupe. Du rouge, ou du vert saturé, tout en restant finalement assez sombre. Mais on passe la majorité du temps du concert les yeux fermés à balancer la tête au rythme des riffs de guitare, tandis que le corps bouge au son de la basse. Et en regardant toute une foule secouer au même moment leurs têtes, dans une union parfaite, on se rend davantage compte de la puissance du groupe en salle.

Vers la fin du set, les pogos s’enchaînent sous un son destructeur, saturé comme jamais. Sur scène, cela donne un bassiste comme désarticulé, se penchant tel un serpent vers son micro pour hurler ses paroles, tandis que le batteur et son instrument massif frappe comme jamais ses toms. « We are Conan, good night », le groupe part et nous laisse plein de bons souvenirs. On sort de la salle, en observant les immenses steppes de Pigalle, en courant vers le métro rapide comme un coursier, les faucons au poing et le vent dans les cheveux…

Setlist Conan :

Throne of Fire
Thunderhoof
Revengeance
Hawk as Weapon
Battle in the Swamp
Foehammer
Satsumo
Total Conquest
Earthguard

Photos et texte par : Matthis Van Der Meulen



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