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Interview   

Paul Allender : White Empress, sa réponse à une scène en perdition


Paul Allender a quitté Cradle Of Filth, groupe qu’il avait co-fondé au début des années 90, pour la seconde fois en avril dernier sans grand battage médiatique. En recoupant les propos du guitariste dans l’entretien qui suit, on comprend qu’il avait d’autres aspirations musicales que celles que lui offraient le fameux groupe anglais. Alors voilà, pour lui, aujourd’hui, Cradle Of Filth c’est de l’histoire ancienne : le guitariste qui a déménagé aux États-Unis fait désormais sa nouvelle vie dans les bras de White Empress.

Son ambition est claire et pourra même paraître un tantinet prétentieuse : mettre un coup de pied dans la fourmilière metal et innover, qualifiant White Empress de « lien qui a désespérément manqué à la scène musicale. » Rien de moins. Et pour cause, le guitariste se montre extrêmement critique quant à l’état de la scène metal actuelle, cherchant avec sa musique à se placer au dessus de la mêlée. Nous avons donc interrogé Allender pour mieux comprendre d’où vient White Empress et l’état d’esprit qui anime cette nouvelle formation avec laquelle il vient tout juste de sortir un premier album, Rise Of The Empress.

« Cette scène dans laquelle nous sommes est si quelconque, politiquement correcte et normale que c’en est risible. »

Radio Metal : Tu as récemment quitté Cradle Of Filth et, au départ, la nouvelle n’a pas fait grand bruit. Dani Filth a simplement dit que « c’est quelque chose qui couvait un peu depuis environ l’année dernière. » Peux-tu nous dire exactement ce qui a provoqué ton départ ?

Paul Allender (guitare) : J’ai mes raisons et honnêtement ce sont de vieilles nouvelles. Je voulais que White Empress se fasse et je crois fermement que tu ne peux pas être dans deux groupes en même temps dans la même scène sans que l’un des deux soit négligé.

Tu as fondé White Empress en 2013. Qu’est-ce qui a motivé ton désir de former un nouveau groupe ? Comment l’idée de White Empress a-t-elle pris forme ?

J’ai commencé White Empress en 2011. Ce groupe possède un énorme potentiel de croissance et en si peu de temps il a déjà été tellement loin. Grâce à l’amour et la passion que j’ai pour ce groupe, je savais au plus profond de moi que ça aller marcher. Tout ce que ça nécessite, c’est de rester fidèle à tes principes et croire en ce que tu fais. Ne prêtez aucune attention à quiconque dirait que vous ne pouvez pas faire une certaine chose, dans cette industrie « peut pas » ou « non », ça n’existe pas. Je voulais monter un groupe qui serait différent. Oh et tant que j’y suis, je ne sais vraiment pas pourquoi les gens continuent à essayer d’étiqueter White Empress avec Cradle Of Filth : oubliez ça, ça n’a rien à voir et c’est de l’histoire ancienne aujourd’hui, passez à autre chose les gens ! Pendant longtemps j’ai voulu expérimenter avec les sons et les guitares, etc. mais je n’en ai jamais vraiment eu l’occasion et désormais je le peux, et ça marche incroyablement bien.

Penses-tu que White Empress correspond mieux à ta vision artistique que ne le faisait Cradle Of Filth ?

Oui, complètement, j’ai des idées pas mal barrées pour la musique et pour la manière dont ça doit être arrangé et assemblé, et c’est quelque chose que je ne pouvais pas faire dans Cradle parce que ce groupe avait déjà sa communauté de fans. Quiconque serait dans mes baskets dirait la même chose, c’est ça dont il est question quand on est artiste : créer et s’améliorer, que ce soit dans les capacités de jeu ou dans la composition et l’arrangement de chansons. J’avais besoin d’un nouveau groupe pour pouvoir donner suite à mes idées et ma passion pour la musique heavy.

D’où vient ce personnage de l’impératrice blanche (NDT: White Empress) ? Pourquoi une figure féminine pour représenter le groupe ?

Eh bien tout d’abord, ç’aurait paru étrange d’avoir un nom de groupe comme White Empress et avoir un homme comme figure pour représenter le groupe ! Lorsque j’ai fondé le groupe et son image, j’ai décidé que le point de focus serait une femme, quelque chose qui serait fort et aurait une apparence presque d’amazone, etc. Je ne voulais pas d’une image faible pour le groupe parce que l’image et la musique doivent s’imbriquer l’un dans l’autre.

Tu as été cité affirmant que « White Empress est le lien qui a désespérément manqué à la scène musicale. » C’est une sacré affirmation ! Peux-tu développer un peu plus ce que tu entendais par ça ?

Je le peux totalement parce que c’est ce qu’à titre personnel je crois. Cette scène dans laquelle nous sommes est si quelconque, politiquement correcte et normale que c’en est risible. Tout est si gentil et tellement trop propre. Strictement personne ne sonne comme nous et pour une fois un groupe débarque en sonnant comme rien d’autre. J’ai vu quelque part quelqu’un qui disait que nous jouons avec des guitares death metal ! Je ne suis pas sûr d’où ça venait mais à mon époque, les guitares death metal c’était Morbid Angel, Deicide, Cannibal Corpse, etc. et nous ne sonnons absolument pas comme ces groupes. Si le death metal est devenu si faible au point que les gens pensent que nous sonnons comme cette catégorie, alors la scène est dans un état encore pire que je le pensais. Je trouve ça triste que les gens aient besoin de cataloguer les choses pour pouvoir parler des groupes et lorsque quelque chose comme White Empress arrive, ils sont perdus parce que ça ne rentre dans aucune des boites dont ils ont l’habitude… D’où ma déclaration.

Mary Zimmer a expliqué que « tout le groupe est dans son essence ‘l’impératrice’. Elle est son propre concept, sa propre image, sa propre identité qui vient de nous tous dans le groupe. » Lorsque tu as créé ce groupe et pendant que tu composais la musique, est-ce que tu avais pour but spécifique, justement, de ne ressembler à rien d’autre et d’avoir une identité propre ?

Toute la raison d’être de White Empress c’est d’être différent, je voulais être dans quelque chose qui n’était comme rien d’autre. Si tu veux sortir du lot dans cette industrie, il faut que tu sois original dans tout ce que tu fais et tu ne dois pas t’inquiéter de combien d’albums tu vas vendre ou quelle quantité d’argent tu vas amasser grâce à ça, être dans un groupe n’a rien à voir avec tout ça. J’essaye d’innover dans tout ce que je fais car essayer de ressembler à quiconque d’autre dans la scène n’a aucun intérêt, c’est quelque chose que je ne comprendrai jamais. Tout est tellement lustré et l’état d’esprit qui animait le metal avant a presque été oublié, White Empress va faire revenir ça et il est évident que la majorité pense comme moi, car White Empress est en train de se répandre comme un feu sauvage.

« Strictement personne ne sonne comme nous et pour une fois un groupe débarque en sonnant comme rien d’autre. »

Comment es-tu parvenu à ça ? Est-ce que, en l’occurrence, tu as essayé d’oublier tes influences, de manière à créer quelque chose de neuf ?

Je ne prends jamais d’influence de quiconque, je joue ce que je pense être cool et ce que je veux entendre. Je n’ai jamais copié personne d’autre lorsqu’il s’agit de la composition et de l’arrangement. C’est peut-être ainsi parce que personne d’autre ne sonne comme mon style de jeu, je n’en suis pas sûr, parce qu’on m’a dit à de nombreuses occasions que j’ai ma propre approche lorsque je joue et compose de la musique. J’ai trouvé ma voie sur cette aventure créative éclatante et je continuerai d’innover avec tout ce que je fais.

L’album est très varié, vocalement mais aussi musicalement, avec des arrangements orchestraux, des riffs black metal et death metal, et quelques passages industriels. Veux-tu t’accorder une liberté totale avec ce groupe ou bien as-tu tout de même des limites quant à ce que tu peux ou veux faire artistiquement ?

Ça n’existe pas les limites en musique, c’est là où les gens ont tellement tort. La musique est le parfait moyen pour s’exprimer et pour que les autres entendent ce que tu as a dire. La musique est une expérience si personnelle et si proche du musicien qu’elle a le pouvoir de changer les opinions et les sentiments. White Empress n’a aucune limite, nous écrirons ce que nous voulons et si les gens apprécient, alors c’est super, sinon eh bien c’est super aussi, nous ne faisons pas ça pour faire plaisir aux autres.

Mary a aussi dit que « ses aspects visuels et audio sont imbriqués dans un grand concept. » Peux-tu expliquer quel est ce concept ?

Le thème constant qui englobe le groupe est toujours présent dans l’image ou l’avatar du personnage de White Empress. Elle est visuellement représentée dans tout ce que nous faisons et elle est ce qui rend le tout cohésif. L’image de l’impératrice blanche lie le groupe avec le personnage de fiction et les paroles, et malgré tout nous sommes capables de présenter divers travaux artistiques qui dépeignent l’impératrice blanche sous de nombreuses formes, peintures, dessins, etc. Le concept de son personnage nous permet de créer un concept solide qui permet au tout de fonctionner ensemble visuellement tout en créant un personnage de fiction que nous pourrons développer au cours de la carrière du groupe.

White Empress a sorti un EP en janvier avant l’album. Était-ce un moyen pour vous de tester ce que le groupe était capable de faire et comment les gens réagiraient à votre musique avant de continuer avec un album complet ?

D’une certaine façon, c’était le cas, mais c’était aussi principalement pour dire : « Je suis de retour plus fort que jamais. » Je voulais partager avec les gens ce que je faisais et ce qui se profilait à l’horizon pour moi et pour White Empress. C’était un avant goût de ce qui allait venir. J’ai déjà commencé à assembler de très vagues idées pour de la nouvelle musique de White Empress et tout ce que je peux dire là tout de suite, c’est qu’il y a toujours ce même groove démentiel mais en plus sombre, rapide et même encore plus tordu, exactement comme ça devrait être.

Tu t’es relocalisé à Minneapolis, aux USA, en 2012. Qu’est-ce qui a motivé ce changement dans ta vie ? Y avait-il des raisons liées à ta carrière de musicien ?

Je me suis en fait relocalisé en 2010. Je m’ennuyais à mort, tout était banal et j’avais besoin de changer. De façon à pouvoir être créatif et avancer avec ta carrière, tu as besoin de secouer un peu les choses. Le changement est une bonne chose à faire et j’ai personnellement eu le sentiment que j’aurais dû faire ça depuis longtemps. Je me sentais coincé et piégé dans ce que je faisais à l’époque. Je fais toujours des choses pour d’autres gens, tout le monde passe avant moi mais pas cette fois-ci. Déménager aux US a été la meilleure chose que j’ai jamais faite et encore aujourd’hui je reste campé derrière ma décision.

Jusqu’à aujourd’hui tu as joué avec un groupe anglais et désormais tu officies dans un groupe accompagné de musiciens américains. Observes-tu une différence dans les mentalités ?

Oui, il y a une énorme différence dans l’attitude et le désir de réussir. Il y a des choses ici qui sont pas mal étranges et dérangées mais ça vient de différences culturelles, et puis il faut que je tempère un peu mes opinions et manies anglaises, les gens ici ont du mal avec moi lorsque je suis soit tout noir, soit tout blanc [rires]. Les membres de White Empress sont géniaux et je ne les remplaceraient pour rien au monde. C’est rafraîchissant de voir qu’il y a tant de motivation de la part de tout le groupe pour mener ceci aussi loin que nous le pourrons.

Interview réalisée par email le 13 octobre 2014 par Spaceman.
Traduction et introduction : Spaceman.

Site internet officiel de White Empress : www.whiteempress.com.



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  • Ray Szczinszek dit :

    Mouais, j’ai jeté une oreille à leur musique, je ne vois pas ce qu’il y a de très original là dedans.
    Avec les musiciens qui disent s’autoriser une liberté totale, ne se mettre aucune barrière de style… souvent ce qu’ils font n’est pas original pour un sou.

    [Reply]

  • Stella Artois dit :

    Comme dirait P. Katerine : « Bla, bla, bla… ».

    [Reply]

  • « Les membres de White Empress sont géniaux et je ne les remplaceraient pour rien au monde » Pas comme Dani quoi 😀

    C’est très loin d’être ma came cette musique (donc mon avis hein :)), mais j’ai rien entendu de « nouveau », de ouf.

    Paul fait son truc, il a la liberté artistique qu’il n’avait pas dans COF (on en revient aux propos de Rob Zombie) .
    Mais il avait déjà quitté COF pour monter The Blood Divine…

    [Reply]

  • J’ai écouté et franchement je n’ai pas pu passer le cap de 4 chansons. Maintenant, ce n’est que mon avis et il n’engage que moi mais j’ai vraiment trouvé cette musique poussive et inintéressante. Si c’était ça le chaînon manquant…

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