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Live Report   

Paul VS Trabendozilla


Artiste : Paul Gilbert
Lieu : Paris
Salle : Le Trabendo
Date : 19 décembre 2010

Reconnu aujourd’hui non seulement comme l’un des meilleurs shredders du monde mais ayant également sa place dans les listes des meilleurs guitaristes toutes catégories confondues, Paul Gilbert, alors âgé de quinze ans, préparait déjà ses auditions pour bosser avec Ozzy. En plus d’avoir joué dans Racer X et Mr. Big et d’avoir tourné dans le G3 avec Satriani et Petrucci, la discographie de ce gratteux hors pair chiffre plus d’une quarantaine d’albums et la rumeur laisse entendre qu’il aurait été le mentor d’un autre génie prolifique du manche : Buckethead.

Maître Gilbert a sorti en cette maudite année 2010 un album nommé Fuzz Universe, suite auquel il a entamé une longue tournée européenne. La dernière date de cette tournée se trouve avoir été ce dimanche 20 décembre. Paul et sa clique se sont donc pointés au Trabendo pour relever plusieurs défis. Afin de pouvoir nous offrir une setlist digne de ce nom et représentative de sa discographie, ce petit prétentieux se balade sans première partie. Saura-t-il, d’une part, réveiller le Trabendo dès les premiers morceaux et – beaucoup plus important – ne pas nous endormir avant la fin de son set ? D’autre part, après une semaine bien chargée en concerts parisiens dénués de contact humain, saura-t-il combler le besoin d’attention de votre serviteur en manque d’affection ?

Paul Gilbert, le premier à s’éclater !

Sachez que désormais lorsque vous irez à un concert hivernal dans Paris, il faudra compter une marge supplémentaire sur votre trajet en cas de neige qui est visiblement capable de bloquer les métros et ce même lorsque la ligne est entièrement souterraine ! Quoi qu’il en soit, nous arrivons au Trabendo peu de temps après l’ouverture des portes. A l’intérieur de la salle, les places les plus convoitées sont prises et le public se montre déjà impatient. Une playlist de hard rock passe en fond sonore et l’ingé son s’amuse à baisser progressivement le volume sur chaque fin de chanson, feintant le début du concert pour faire monter la tension.

Jeff Bowders

Après plus d’une demi-heure d’attente et une bonne dizaine de feintes évoquées ci-dessus, les lumières s’éteignent enfin et les musiciens débarquent sur scène, entamant le concert avec le titre éponyme de l’album Silence Followed By A Deafening Roar, enchaîné sur « Fuzz Universe » issu de son dernier opus. Notre ami Paul ne déconne pas avec la musique et, s’il assure clairement à la guitare, il ne s’est pas non plus fait accompagner par n’importe qui. A la basse et à la batterie, on ne sera pas surpris de retrouver Craig Martini et Jeff Bowders puisqu’ils ont participé à l’enregistrement de l’album, mais les plus éclectiques d’entre vous reconnaîtront également Tony Spinner à la guitare, qui a tourné avec le groupe Toto pendant près de dix ans. Les musiciens sont donc dignes de Gilbert et nous avons droit à un son dont la qualité du réglage laisse absolument sans voix. Chaque instrument est audible, rien n’est couvert, et si la guitare du frontman est bien mise en avant, les soli de monsieur Spinner seront malgré tout parfaitement entendus lorsqu’il s’y mettra.

Tony Spinner

Le morceau « Fuzz Universe » s’achève sans la moindre fausse note, au plus grand plaisir de Paul Gilbert qui nous annonce qu’il a enfin réussi à le jouer parfaitement. « Ce n’est pas trop tôt ! C’est le dernier concert de la tournée, il fallait bien que je finisse par y arriver ! ». Après plusieurs titres de la même trempe, bourrés de soli hyper techniques, les deux guitaristes présents sur scène se lancent dans une improvisation blues en duel avant d’enchaîner sur une reprise de B. B. King, « Rock Me Baby ». Si la star de la soirée montre par cette chanson sa grande versatilité, il manque malheureusement d’une certaine chaleur dans son jeu de guitare que certains considèreront comme « trop parfait » pour ce type de morceau. Les guitaristes s’amuseront beaucoup à la fin du morceau en improvisant des soli de guitare tout en chantant un dialogue suivant les notes de leurs instruments. Comme quoi, on peut se faire une carrière internationale sans pour autant se prendre au sérieux. C’est d’ailleurs un véritable plaisir d’observer ces musiciens, toujours un grand sourire aux lèvres, s’amusant clairement.

Monsieur Paul Gilbert

Entre les chansons, monsieur Gilbert ne sera pas moins divertissant, prenant bien son temps pour nous parler, s’assurant qu’on passe une bonne soirée, racontant des blagues et disant quelques conneries. Enfin ! Car visiblement le charisme et la capacité à communiquer avec son public est une qualité qui se fait de plus en plus rare chez un frontman !

La setlist s’enchaîne sans mal avec aussi bien des morceaux de Racer X (« Technical Difficulties ») que de Mr. Big (« Green Tinted Sixties Mind ») et, bien entendu, des albums solos de Paul Gilbert, bien que cela reste principalement axé sur le dernier opus, Fuzz Universe, ce qui est compréhensible. Notons tout de même la présence du morceau « Paul VS Godzilla », démontrant l’autodérision dont peut faire preuve ce guitariste. Nous aurons droit à d’autres reprises parmi lesquelles « Roundabout » de Yes (le morceau le plus difficile du monde, d’après le groupe), « Light My Fire » des Doors ou encore « Little Wing » (Animal, es-tu là ?).

Paul s’amuse clairement

« Merde, la prochaine chanson, c’est le rappel ! On était censés faire semblant que c’était la fin du concert et quitter la scène, et vous vous deviez faire semblant que vous saviez que… enfin, je ne sais plus ! Mais il y a beaucoup de gens qui doivent faire semblant… A vrai dire, ça me saoule un peu de rentrer dans ces jeux, j’ai juste envie de rester ici et jouer, si c’est OK pour vous. » Cinq derniers titres, puis le frontman prend le temps de remercier nommément chaque personne ayant pris part à cette tournée : les musiciens bien entendu, le stage manager, l’ingé son mais aussi le type qui vend les T-shirts et les chauffeurs du tour bus. Alors qu’une petite dame débarque sur scène, il nous annonce qu’il n’a pas vu sa femme depuis cinq mois et qu’il veut nous la présenter. Après l’avoir embrassée, elle quitte la scène et le groupe finit avec « Go Down » d’AC/DC, chantée par Tony Spinner, qui nous montre qu’en plus d’une très jolie guitare et du talent nécessaire pour la faire sonner, il a également une magnifique voix.

Ce fut donc un concert exceptionnel auquel il est difficile de trouver des points négatifs. Quelques moments creux peuvent être accusés d’avoir été un peu longs vers la fin mais, avis aux amateurs de guitar heroes, ceux qui veulent voir un concert à la fois carré et humain et surtout ceux qui veulent un vrai contact avec un groupe : Paul Gilbert est une valeur sûre !

Setlist :

Silence Followed By A Deafening Roar
Fuzz Universe
Olympic
The Last Rock And Roll Star
Rock Me Baby (reprise de B. B. King)
Scarified (reprise de Racer X)
Norwegian Cowbell
Will My Screen Door Stop Neptune
Green Tinted Sixties Mind (reprise de Mr. Big)
Technical Difficulties (reprise de Racer X)
Paul VS Godzilla
Roundabout (reprise de Yes)
Batter Up
Light My Fire (reprise de The Doors)

Rappels :

Propeller
I Want To Be Loved (reprise de Muddy Waters)
Little Wing (reprise de The Jimi Hendrix Experience)
Down To Mexico
I’m Not Addicted
Go Down (reprise d’AC/DC)

Photos : Olivier Gestin



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