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Chronique   

Periphery – III: Select Difficulty


Periphery - III: Select-DifficultyDifficile de trouver un groupe plus prolifique que Periphery en ce moment. Misha Mansoor et ses comparses sont de véritables bourreaux de travail, toujours enclins à accroître leur discographie en variant les plaisirs, que ce soit par le biais d’EP (Clear, 2014) ou de double-album avec le très récent Juggernaut Alpha et Omega (2015). À peine rentré de tournée, le groupe enchaîne avec un Periphery III: Select Difficulty qui revient vers un format plus classique à l’image de Periphery (2010) et Periphery II (2012). Cet album marque par ailleurs un changement de line-up, Adam « Nolly » Getgood ne tournera plus avec le groupe préférant se concentrer sur ses activités de producteur mais reste un membre intégral de la formation. Rien qui n’influence réellement la composition d’un opus donc. Si l’on peut saluer l’éthique professionnelle et la très grande activité du groupe, ce Periphery III pourrait nous faire douter du bien-fondé de leur productivité…

La recette Periphery est désormais bien connue du public. Polyrythmies, riffs extrêmement techniques, florilèges de leads et alternance de chants growl et cleans avec la volonté de créer des refrains accrocheurs. Sans surprises Periphery III: Select Difficulty ne réinvente rien. Rien du tout. Les seules nouveautés notables restent l’utilisation plus prononcée de samples d’instruments classiques, à l’image de « Marigold », de l’outro d’ « Absolomb » ou de la pseudo-ballade « Lune », et le travail sur des chœurs lumineux, comme on en trouve, encore une fois, dans « Marigold » – avec un petit quelque chose des derniers Bring Me The Horizon – ou le final cathartique de « Habitual Line Stepper ». Pour le reste, aucun procédé n’a pas déjà figuré une seule fois dans la discographie de Periphery. Les riffs alambiqués d’un « Motormouth » ne surprennent plus vraiment, les envolées mélodiques de Spencer Sotelo paraissent parfois être en pilote automatique, à l’instar de « The Way The News Goes… ».

Pourtant Periphery cultive toujours une production qui se démarque de l’ensemble de ses cousins à tendance « djent » (osons encore une fois le terme, davantage pour l’aspect « générique » auquel il renvoie que pour sa pertinence musicale). Les cleans sont d’une propreté et d’une profondeur bluffante, les riffs ont toujours ce côté chirurgical à faire pâlir les plus méticuleux des guitaristes. De ce côté, Periphery remplit complètement son contrat. Outre une technicité effarante, ce dernier produit toujours quelques refrains bienvenus à l’image de « Marigold » ou de « Prayer Position », de même que démarrer l’album sur un « The Price Is Wrong » particulièrement virulent, avec notamment ce passage dissonant où Sotelo joue les sournois, pourra faire son effet. Néanmoins le groupe perd parfois son auditeur, même habitué aux changements abrupts de structure et à l’expérimentation. Dans l’ensemble les différents mouvements au sein des compositions ne font pas toujours justice à la cohérence singulière à laquelle le groupe avait habitué. L’étrange pont de « Remain Indoors » et ses arrangements électroniques (on peut penser aux bizarreries d’un Devin Townsend) laissent davantage circonspect qu’ils ne suscitent vraiment l’émoi.

La force principale de ce Periphery III réside surtout dans le talent intrinsèque au groupe, plus que dans l’inspiration dont il a fait preuve sur cet opus. Ceux qui ne connaissent pas encore la formation seront sans doute conquis pour peu qu’ils apprécient ce genre musical dont Periphery se fait l’un des principaux porte-étendards. En réalité, l’album est un récital des ficelles du groupe qui pourtant s’est toujours montré féru d’innovations, aussi discrètes soient-elles. Seul « Lune » n’a pas réellement d’équivalent dans leur discographie, même si son extrême grandiloquence pourra en agacer certains. Periphery III: Select Difficulty n’a rien de mauvais en soi, au contraire. Il est simplement presque dénué d’intérêt pour les habitués du groupe, si ce n’est celui éphémère d’avoir quelques nouveautés à se mettre sous la dent. Peut-être que Periphery devrait respirer davantage entre ses sorties, eux-seuls le savent et personne ne peut le dire à leur place. Mais il est simplement dommage qu’avec autant de qualités, ces derniers arrivent, disons-le, à blaser.

Les chansons « Marigold », « Flatline » et « The Price Is Wrong » :

Album Periphery III: Select Difficulty, sortie le 22 juillet 2016 via Sumerian Records.



Laisser un commentaire

  • Ouais ben c’est quand même encore la claque !
    C’est marrant ls sont critiqués à un peu près tout les stades de leur carrière, mais en attendant c’est un peu les boss. Il y a en plus une petite touche de musicalité que l’on pourrait qualifier de townsenienne sur le dernier qui n’est pas dégueu !

    [Reply]

    Learn Rock

    Tout simplement parce qu’ils font partie de la vague djent, et qu’avec les « youtubeurs » qui crachent sur le genre en faisant de la merde (« 0-0-0- » et j’en passe…) et en qualifiant leurs vidéos de « djent », le public fait des amalgames…

    Heureusement Animals as Leaders, TesseracT, Periphery et consort ont leur fan base !

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