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Chronique   

Periphery – Juggernaut


« Haters gonna hate ». C’est ce que l’on a envie de clamer à l’écoute du dernier opus de Periphery, Juggernaut, constitué de deux parties : Alpha et Omega. À travers ce concept-album le groupe répond brillamment à ses détracteurs. Periphery n’est pas une quelconque formation de djent, froide et sans-âme où le copier-coller peut trop souvent supplanter la créativité. Juggernaut : Alpha est essentiellement consacré à la mise en place du personnage central de l’album et de l’environnement dans lequel il évolue. Omega se focalise sur les péripéties qu’il traverse. Une division simple de l’histoire donc. La prouesse est d’être parvenu à la retranscrire à travers la musique. Les six membres du groupe – qui ont tous prouvé leur capacité et talent de compositeurs via l’EP Clear – ont été impliqués dans le processus d’écriture, à l’inverse des précédents ouvrages où l’inspiration principale était celle de Misha Mansoor.

D’emblée, le ton de la musique de Periphery est plus solennel et moins démonstratif. « A Black Minute », titre d’ouverture, illustre parfaitement la philosophie de l’album : des tempos plus lents et massifs qui favorisent une approche plus « dramatique » ; l’excellent « Psychosphere » est un concentré de puissance tout en étant un point culminant de la narration. Periphery n’a rien perdu de son génie mélodique et de son côté « geek » pour autant. Le refrain d’ « Alpha » a une qualité indéniable : c’est une bombe qui se scotche immédiatement en tête. « Omega » lui fait écho, logiquement le faîte de l’album. Ce parallèle entre les deux titres démontre que Periphery maîtrise son discours, cohérent tout au long des dix-sept titres. D’un autre côté, Periphery brouille les pistes, entremêlant douceur et virulence, et se montre même complètement barré sur, par exemple, « MK Ultra » et son final jazzy. En réalité, seul « Rainbow Gravity » a une trop forte similitude avec les précédentes compositions du groupe. Periphery a cherché à innover constamment sans jamais sombrer dans une crise identitaire. Il sait d’où il vient, « Hell Below » rappelle cette parenté latente avec Meshuggah. Juggernaut : Alpha & Omega n’a rien de monolithique. Les transitions et les breaks sont parfois déroutants (la transition entre « Hell Below » et « Omega », avec outro jazz et intro au piano, en est l’exemple flagrant) mais tout est à propos. Spencer Sotelo réalise sans doute sa meilleure performance à ce jour, n’en déplaise à ceux qui, empreints d’un idéal biaisé et étroit du « chant metal », y voient un mauvais représentant du genre.

Il est possible de détester Periphery, pour de multiples raisons. Il est impossible de nier que ce groupe est l’un des meilleurs dans son domaine. Juggernaut : Alpha & Omega est abouti à tous les niveaux : cohérent, riche et mélodique. L’histoire est parfaitement contée. Certes, on peut à nouveau émettre les sempiternels reproches à l’égard de la voix, du riffage djent et de la prégnance de la mélodie si ces derniers facteurs nous irritent. Seulement, ces mêmes reproches finissent par lasser. Periphery, non.

Album Juggernaut, sortie le 27 janvier 2015 chez Sumerian Records.



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