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Nouvelles Du Front   

Peter Dolving : « Pourquoi j’ai quitté The Haunted »


“Je quitte officiellement The Haunted. Après des années de travail au sein du groupe je pars. J’en ai assez. Je ne répondrais à aucune question sur le pourquoi du comment. Ce n’est pas une quelconque question de business. Merci infiniment. Je suis impatient de vous voir lors d’autres concerts, avec d’autres projets.” C’était il y a six mois, le 29 février dernier. Six mois que Peter Dolving a quitté The Haunted sans la moindre explication, le moindre commentaire. « Peter a décidé de quitter The Haunted de manière définitive. Nous n’avons pas de nouvelles ni plus d’infos pour vous à ce sujet pour le moment » commentait alors le groupe.

Six mois plus tard, l’homme refait surface afin d’apporter de plus amples explications et faire la lumière sur ses raisons. C’est sur sa page Facebook que Peter Dolving donne à travers un long communiqué les raisons de son départ du groupe, accusant par dessus tout deux de ses anciens collègues, à savoir deux membres fondateurs : Anders et Jonas Björler, accusant également la dépendance aux drogues et à l’alcool de certains membres (du staff et du groupe) ainsi que l’interminable tournée de reformation d’At The Gates (l’autre groupe des frères Björler), pointées comme les raisons de son départ. A la lecture de ce communiqué, il semble évident que les relations humaines bien trop dégradées ont poussé à cette décision. Le reste du groupe n’a pour l’instant fait aucun communiqué en réponse.

Voici la traduction des mots de Dolving :

Bon, c’est le moment de laver son linge sale :

J’ai pris mon temps pour essayer de comprendre ce qu’il s’est passé et pourquoi tout a fini par partir en couille. J’ai quitté The Haunted au début du printemps parce que j’en avais ma claque de ces conneries dysfonctionnelles. Je savais qu’elles existaient, merde, j’ai déjà quitté le groupe auparavant, mais à l’époque, je n’y connaissais pas grand-chose en matière de dysfonctionnements émotionnels et je ne savais pas à quel point les gens pouvaient être cyniques.

Quand je suis parti, on était une bande de mecs putain de sinistres. Il n’y avait absolument pas d’amour là-dedans. Pas du tout. Et vraiment, je doute franchement qu’il y en ait jamais eu. En fait, je me demande vraiment si Anders et Jonas Bjoerler ont la moindre idée de ce à quoi ressemble une amitié profonde et sincère, de ce que sont la joie et l’attention portée aux autres. Ils pensent uniquement en terme de « Moi, moi, moi, moi, à moi, à moi », c’est tout.

La raison pour laquelle je me suis dit « Qu’ils aillent se faire foutre » et je suis parti, c’est ça : il y avait des histoires de drogue dans le groupe, et les problèmes de drogue et d’alcool de certains membres de l’équipe étaient complètement ignorés pour la simple raison que ces personnes travaillaient pour moins cher que les autres et faisaient office de fournisseurs. Les équipes et les organisateurs locaux étaient traités comme des espèces de sous-fifres, et les organisateurs devaient se débrouiller pour trouver de la drogue, même dans des endroits très risqués comme en Chine ou en Thaïlande. Les drogues étaient importées en contrebande.

Je suis sûr qu’ils vont réagir là-dessus pour se laver de toute responsabilité, mais quand il y a des histoires d’addiction dans un groupe, il n’est plus question de « Moi moi moi ». Soit on dit « Non », soit on accepte d’avoir une part mutuelle de responsabilité. C’est comme ça que ça marche, c’est la seule manière de gérer ce genre de dilemme de manière adulte. Pas faire porter le chapeau à des gens qui ont une putain de maladie.

J’ai deux beaux enfants qui sont formidables, que j’aime et pour qui j’ai un putain de respect. J’ai moi-même surmonté mes problèmes d’addiction et l’une des choses que ça m’a appris, c’est qu’il ne faut accepter aucun putain de compromis. Pour le bien de mes enfants, il faut que je sache que je vais rentrer chez moi, que je vais être payé, que personne ne va être pris pour possession de drogue et que mes enfants ne pourront pas lire que le groupe de leur père s’est fait choper. Le monde dehors est dégueulasse et malveillant, tout le monde a besoin d’un peu de respect et d’attention. Avoir des cadres est nécessaire.

J’ai essayé d’en parler, je l’ai toujours fait, à propos de tout ce qui menaçait notre esprit de groupe. La réponse qu’on m’a donnée, c’est que personne d’autre ne s’en souciait et que, manifestement, c’était moi qui avait un problème. Mon problème, c’était de m’inquiéter pour les autres.

Le jour où les frères Bjoerlers ont décidé de nous parler du « Farewell-tour » d’At The Gates (cette tournée d’adieux en est à sa troisième année…), on était en train de sortir Versus et d’en faire la promo. Ils nous ont dit qu’ils ne feraient que 14 concerts. Ils tournent toujours… 

Ils s’en sont vraiment mis plein les poches. Tant mieux pour eux, c’est une bonne chose d’avoir de l’argent dans un monde capitaliste.

C’est Jensen [ndlr : Patrik Jensen, guitariste] qui a vu clairement ce qui se jouait. Lorsqu’ils nous l’ont annoncé, il a répondu : « Vous savez que ça va tuer The Haunted ». Les jumeaux étaient tous les deux sur la défensive, et maintenant on sait pourquoi. Ils mentaient tant qu’ils pouvaient. Jensen n’est pas un crétin. Il a fait un autre album avec Witchery, a tourné comme un taré pour ce projet et a passé un diplôme dans le même temps. Tant mieux pour lui. C’est une bonne chose d’avoir un diplôme dans un monde capitaliste.

J’ai mis plus de temps à comprendre mais je me suis rendu compte que deux ans pour faire Unseen, c’était ridiculement long. J’ai dû écrire 40 putain de chansons pour cet album. Chaque fois que je leur montrais quelque chose, ce n’était « pas assez bien joué pour pouvoir entendre à quoi ça pouvait ressembler » ou ça ne « sonnait pas The Haunted ». Jonas a présenté quelques super idées mais ça n’avait pas d’âme.

J’ai laissé tombé le groupe à ce moment-là.

Les jumeaux y mettaient vraiment de la mauvaise volonté. Ils n’aimaient pas notre local de répèt’, donc on a essayé de travailler ici, à la maison, dans un environnement incroyablement beau. Mais ce n’était pas pratique, il faisait trop chaud. Se parler les uns aux autres demandait trop d’efforts. Au bout d’un moment, j’ai dit à Jonas : « Mec, est-ce que tu écoutes ce qu’on te dit ? » « Mais oui ! » « Alors qu’est-ce que je viens de dire ? » Il essayait d’expliquer ce qu’il croyait que j’avais dit et il était évident qu’il avait arrêté de suivre à la fin de ma première phrase. Ils n’aiment pas travailler avec Tue Madsen et geignaient dans leur coin comme des mioches de 5 ans trop gâtés. Il devenait évident qu’ils n’en avaient rien à faire. Ils se foutaient de tout, sauf de ce qui les touchait eux très directement. Ils étaient complètement indifférents, sauf si des conséquences pouvaient les affecter.

Non, ils n’ont pas d’enfants, merci Lucifer.

Le seul qui me donnait vraiment son avis, c’était Per Möller Jensen [ndlr : batteur]. Les idées de Jensen, je faisais tout ce que je pouvais pour en faire de bonnes chansons et j’y arrivais, mais les jumeaux ne voulaient pas les utiliser, ni même ne serait-ce que travailler dessus.

Au bout d’un moment, on a eu un album complet. Certains l’aiment, d’autres non. Jonas a programmé des shows, comme il l’avait fait pour At The Gates, mais le groupe était putain de mort. La dernière tournée qu’on a fait a rendu les choses encore plus claires : des heures et des heures de silence, comme toujours pour The Haunted. Du silence. De l’indifférence.

Je ne suis pas un mec très joyeux. Je préfère travailler que traîner avec des gens parce que j’aime mon travail plus que j’aime les gens. Je ne mens pas, je ne prétends pas le contraire. Mais tout ceux qui me connaissent pourront en témoigner : je ne suis pas un connard insensible, indifférent, pas loyal et menteur que le manque d’aptitudes émotionnelles empêche de traiter les gens avec respect.

Voilà ce que j’ai à dire : Anders et Jonas Bjoerler sont deux des merdeux les plus dérangés et les plus émotionnellement perturbés avec qui j’aie pu travailler, en dehors de Petri H. Lunden [ndlr : manager] (qui est un psychopathe complet). Je leur aurais donné ma putain de vie. En retour, ils n’auraient pas fait le moindre effort.

Pour moi, le rock’n’roll, c’est une histoire d’amour, de haine, de vie et de comment on la vit. C’est vivant, conscient, dans l’instant. Être indifférent et se renfermer, c’est l’exact opposé. Faire gaffe parce que ton plan de retraite est plus important pour toi que tes compagnons de voyage, éviter les confrontations parce que tu es lâche et paresseux, ça ne le fait pas.

Ils m’ont brisé le cœur, putain. À mes yeux, Anders et Jonas Bjoerler ne sont rien d’autre que deux grippe-sous décevants. Je suis sûr qu’ils sont plein d’autres choses. Mais il y a une chose qu’ils n’auront plus jamais : mon respect, ma confiance, ou mon attention.

Maintenant, voilà la blague : pour eux, ce que je viens d’écrire, ce ne sera qu’une réaction disproportionnée. Je ne suis pas passé loin de me tuer au travail pour me relever après que tout ce merdier soit parti en couille. Je n’en rajoute pas. Merde, je ne sais même pas si Per Möller Jensen est toujours vivant. Je n’ai pas eu de ses nouvelles depuis des mois et les six derniers mois que j’ai passé dans le groupe, il n’avait même pas de toit. Je n’en rajoute pas.

Les faits sont ce qu’ils sont : ils ont menti. Ils nous ont baisés, nous, les trois autres, et ils ont foutu en l’air chaque moment de passion, de douleur et d’émerveillement qu’on a partagés. Pour moi, ça veut dire qu’ils ont aussi baisés tous les fans de The Haunted et d’At The Gates.

Parce que je pense sincèrement qu’ils n’ont jamais vraiment ressenti toutes ces choses. Je pense sincèrement qu’ils sont trop perturbés émotionnellement pour ça. Je leur rends tout ça.

C’est vraiment triste, triste, triste.

Peter Dolving »

Il est toujours douloureux de voir de telles frictions entre un groupe, voir et constater une telle dégradation des rapports humains. Mais Peter Dolving ne compte pas abandonner la musique pour autant. Comme il le dit dans un message sur Facebook : il a choisi de parier tout ce qu’il a sur sa capacité à créer. Il a déjà son autre groupe Rosvo dont le nouvel album devrait bientôt arriver, < O > (oui, apparemment, c’est le nom du groupe) avec Scott Reeder (ex-Kyuss) qui travaille actuellement sur les parties de basses, et il a aussi lancé un tout nouveau projet : House Of Dolving, un projet dont le but n’est que de tourner et jouer en concert des musiques de ses groupes passés et présents (Mary Beats Jane, The Haunted, Zen Monkey et Bringthewarhome), et ce dès novembre. En outre, dans une récente interview donnée à Metalsucks, le chanteur confie qu’il travaillera aussi l’an prochain sur un projet free-jazz avec les violoncellistes Nina De Heney et Mårten Magnefors. « J’adore la musique, j’adore l’art » ajoute t-il. On n’en doute plus. Et voilà ce qui a très probablement manqué à ses ex-compagnons.

Traduction : Chloé.



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