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Éditorial   

Péter un câble


« C’est quoi le problème ? »
« Je crois que ça vient du câble »

S’il y a parmi vous, ne serait-ce qu’un seul musicien capable de me jurer qu’il n’a jamais été impliqué dans un dialogue similaire, je veux bien avouer que je ne connais rien à la musique. Car la vie de musicien est intimement et systématiquement liée, bien plus qu’à l’informatique, la sexualité, l’alcool ou encore aux déboires administratifs, à des câbles. Aucun n’y fait exception, contrairement aux exemples cités plus haut. Tous les musiciens ne boivent pas, tous les musiciens ne passent pas forcément par la case « intermittence du spectacle », impliquant un lot de contraintes administratives dont nous ne ferons pas le détail ici. En revanche, tous les musiciens ont besoin de câbles et rencontreront par conséquent des « problèmes de câbles » (qui n’a jamais eu besoin d’emprunter un jack ou un embout de jack ?). Pour illustrer cet état de fait par une expérience personnelle, le groupe heavy metal dans lequel votre serviteur officie partage son local de répétition avec un duo pop. Registres différents, formation différente, instruments différents. Mais les deux formations ont dans un coin de la salle le même bac à câbles divers.

Il y en a de toutes sortes : des petits, des gros, des coûteux, des universels, des rares, des dont-on-ne-sait-pas-à-quoi-ils-servent… Travailler dans la musique, c’est avoir des câbles. Je me souviens encore de Spaceman me racontant que l’ingénieur du son ayant mixé l’album de son groupe avait dans son studio plus de 10 000 euros en câblage. Cela dit, d’une manière générale, même en sortant de la sphère musicale, on constate qu’il y a de plus en plus de câbles, à tel point qu’on se demande s’il n’y en a pas plus que d’appareils (je possède par exemple six câbles pour smartphone dont je n’ai pas la moindre idée d’où ils sortent). Fin de la parenthèse. Pourquoi un tel besoin ?

Les câbles sont un outil magique, un vecteur donnant vie à tous types d’appareils, aussi volumineux soient ils. C’en est aussi beau que frustrant car, privés de ce qui n’est en soi qu’un bout de ficelle, votre gadget, aussi évolué soit-il, n’est qu’une coquille vide. Aux studios de Radio Metal, il y a encore quelques jours, nous n’avions pas un seul câble de connexion internet (Câble Ethernet RJ 45 pour les connaisseurs) qui ne soit pas défectueux. La languette étant cassée, le câble ne restait dans l’ordinateur que par l’opération du Saint Esprit et s’en allait dès le moindre mouvement ou la moindre secousse (et Dieu sait qu’il y en a à Radio Metal), causant ainsi de très irritantes déconnexions inopinées. Et, dans un second temps, des cris de rage de votre serviteur. Nos câbles étant défectueux, notre connexion à Internet l’était tout autant. Et par conséquent, Radio Metal était défectueux.

La réciproque est-elle vraie, un câble seul n’a-t-il aucune utilité ? Assurément pas car il reste précisément un bout de ficelle. Et ne sous estimons pas les vertus utilitaires d’un bout de ficelle.

Compte tenu de ce rôle central, les « problèmes de câble » sont une problématique essentielle pour les musiciens. Et à l’image de la variété des modèles existants, la diversité des aventures que nous vivons avec est quasi infinie. Il y a des classiques comme « quand ils trainent par terre, que donc on marche et on tire dessus et que du coup, il n’y a plus plus de son, et t’es comme un con ! » me raconte David, du groupe Mu. Il y en a également des plus absurdes, comme cet heureux hasard relaté par Mus, guitariste d’Arkan : « [Un jour, avant un concert, je me rends compte qu’on m’a paumé le câble d’alimentation de mon rack de pédales cinq minutes avant le show. Du coup, je sors de la salle, me tape cinq étages pour aller au tour-bus, je prends un chargeur d’appareil photo Canon : c’était le même câble. Je suis revenu en courant, me suis branché et ça a marché ! (rires) ».

Des câbles qui peuvent d’ailleurs vouloir s’extirper de leur nature de câble et jouer un rôle tout à fait différent. « Le câble qui conditionne le jeu de scène », nous raconte Spaceman : « Quand ton fil s’emmêle avec celui de ton guitariste, cela finit par créer des nœuds. Nœuds qu’il faut réussir à défaire discrètement. Il faut donc réussir à communiquer avec ton guitariste pour régler le problème en en faisant un jeu de scène ». Voilà une leçon importante à tirer, que je transmettrai aux deux guitaristes de mon groupe, qui eux se livrent tout simplement à une ronde interminable, aussi appelée la « bobine arrière à la Benny Hill » par Antoine, guitariste de 7 Days Before. L’alternative « Sans Fil » présentant quant à elle d’autres risques comme la perte soudaine du signal en plein concert.

Par nature, le câble pose problème. Alors quand, en plus, il essaie de devenir autre chose, on n’en finira jamais de parler de ces déboires. En réaction au présent billet, nous vous incitons donc à partager avec nous vos histoires de connectique, qu’elles soient ou non liées au domaine de la musique.



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  • en tant qu’ancien chanteur, j’en ai connu des problème de câble, que la plupart du temps le public remarquait avant moi: « eh le chanteur! on entend plus ta douce et mélodieuse voix de dieu grecque! »
    il y avait toujours un (con de) guitariste ou un (abruti de) bassiste pour marcher sur mon jack, et vu que j’aimais bien aller les emmer… asticoter pendant un concert, j’en foutais partout
    mais maintenant je suis batteur, donc plus de problème de câble!^^

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  • Ah, je me souviens d’une expérience justement;
    On répétait en grand nombre et tous les instruments(huit guitares, cinq claviers, trois basses, douze micros) étaient branchés sur la même machine (un espèce d’ampli avec je-ne-sais-combien d’entrées). Soudain, ah, problème, voilà que ma basse ne fait plus le moindre son (ce qui est passé inaperçu en fait jusqu’à ce que je me bute comme un truc en métal et que, oh étrange, pas de bruit affreux amplifié). Je vais donc jusqu’à la grosse machine. Allez trouver un pauvre petit câble de basse entre vingt huit autres câbles emmêlés. Le pire dans cette histoire, c’est que après avoir débranchés tout les câbles et et les avoir démêlés pour trouver le miens, je me suis aperçue que c’était mon instruments qui n’était pas allumé.

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  • ma bassiste qui fait sortir son cable de son ampli pour avoir tiré dessus par mégarde. du coup on a passer plus de 10 minutes à chercher pourquoi sa basse n’allait plus… avant de penser au cable…

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  • C’est très vrai !
    J’ajouterais d’ailleurs que les câbles domestiques ont une fâcheuse tendance à être tous à côté les uns des autres, ce qui augmente encore l’effet fouilli (pensez à tous les fils qui partent de votre ordinateur !).

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  • J’ai envie de dire, les batteurs n’ont pas de problèmes de cables!
    sauf que si puisqu’il faut equiper les batteries de micros…

    j’aurais essayé!

    sinon l’article fait plaisir, j’ai bien aimé^^

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  • Il y a dix ans, je jouais de la basse dans une chorale (ouais je sais, c’est pas metal), concert de noël dans une église archi pleine, ampli allumé, basse branchée. Un type au premier rang a reçu un SMS, j’ai découvert ce jour là que mes câbles n’étaient pas blindés. FAIL.

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  • toine le fondeur dit :

    je reprend ta phrase » un câble seul n’a-t-il aucune utilité ? Assurément pas car il reste précisément un bout de ficelle. Et ne sous estimons pas les vertus utilitaires d’un bout de ficelle.  »

    et bien justement, en en prenant un assez gros cable electrique genre triphasé en plusieurs brins, j’ai réussi à sortir un gars d’un fossé juste à coté de mon atelier. la deuxième fonction du câble en mode « bout de ficelle » prenant tout son sens!

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  • King Asator dit :

    alors imagine toi si t’es électricien ^^

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  • chrismach1 dit :

    Exemple de rôle différent du câble: En branchant un jack dans mon ampli gratte, et sans brancher la gratte, j’ai entendu une fois un signal radio dans l’ampli.
    Voilà ,c’était ma ptite contribution à cet article.

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  • Breizhwarrior dit :

    Alala je suis bien d’accord avec toi ! Faisant de la batterie je n’ai jamais eu de problèmes (quoi qu’avec une électro plusieurs fois), mais les autres de mon groupe c’est arrivé plus d’une fois !

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  • Shakyamuni dit :

    Le besoin de câbles dans la musique est assez récent, ça se fait depuis moins de siècle ce qui est minime par rapport à toute l’existence de la musique, mais à moins de jouer dans un orchestre symphonique on a du mal passer à côté de ça, même en acoustique faut des micros pour se faire entendre.
    Mais un truc don je me souviens c’est qu’on est allé voir un concert en plein air l’été dernier, et là, au milieu de la prestation, panne de courant. Du coup ils ont du remballer leur matos et rentrer chez eux, pourtant le courant passait plutôt bien avec le public…

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  • Un conseil : jouer en acoustique dans une petite salle 😉 Pas besoins de cablage ^^
    En tant que batteur ça me réussit très bien ce conseil pour le moment. ^^ Par contre pour faire Bercy se sera plus dur, en même temps, il faudra aussi plus de niveaux xD. Bref, fin de la parenthèse ^^ j’suis content de pas être guitariste ^^

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    raskholnikov

    En même temps si tu joues un jour à Bercy tu auras surement plein d’esclaves techniciens pour faire le sale boulot à ta place ou de « bons amis » à qui tu auras vendu le truc en disant  » ce sera une super expérience pour toi ! Tu seras juste à côté de la scène ! Mais n’oublies jamais la glace dans mon sky où t’es viré ! » 😀 .

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