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Interview   

Phantasma : du cœur à l’ouvrage


Charlotte Wessels - PhantasmaCharlotte Wessels, la chanteuse de Delain, met les choses au clair à plusieurs reprises au cours de ce nouvel entretien : Phantasma, trio l’unissant à Georg Neuhauser et Oliver Philipps, est un projet de studio et probablement un projet d’un album. Delain reste sa priorité et plus que jamais sur l’année à venir qui s’annonce chargée pour le combo hollandais. Phantasma n’en reste pas moins un projet dans lequel elle s’est pleinement investie et qui correspond totalement à son identité artistique. Si bien que cela lui a permis de pousser l’idée d’album conceptuel plus loin, en se lançant carrément dans l’écriture d’un roman court lié à celui-ci.

Au-delà de la musique composée par le trio et interprétée avec l’aide de divers invités, c’est donc l’écriture qui est au centre de cette interview puisque, tant au niveau des paroles de chansons que du livre, dont elle nous décrit la thématique que l’on peut facilement rapprocher d’autres thèmes qui lui sont chers déjà développés dans Delain, Phantasma a représenté pour Charlotte une expérience et un défi nouveaux qui, peut-être, auront réveillé en elle son âme d’écrivaine.

Phantasma

« Je préférerais largement changer le statu quo et faire quelque chose que les médias mainstream considèrent comme peu féminin, pour une femme, plutôt que de changer de sexe pour pouvoir faire ça. »

Radio Metal : Phantasma est né d’une la collaboration entre Georg Neuhauser et Oliver Philipps. Et ils t’ont contactée très rapidement pour les rejoindre. Du coup, peux-tu nous dire ce qui t’a attirée dans ce projet au départ ?

Charlotte Wessels (chant) : Je connaissais bien Georg et Oliver. Nous avons beaucoup tourné avec Serenity, et Oliver a fait presque tous mes enregistrements de voix pour Delain et aussi quelques projets à côté de ça. Nous avons donc tous beaucoup travaillé ensemble et le truc, c’était que Georg voulait vraiment créer cet album conceptuel mais il n’avait pas de concept. Et comme Oliver savait que j’écrivais plein de paroles pour Delain, il s’est dit que je pourrais travailler sur le concept en tant que tel et réfléchir aux histoires et à comment transposer ces histoires en paroles. Et pour moi, c’était un projet intéressant parce que je connais et j’aime les personnes impliquées, et je trouvais que ce serait intéressant de collaborer avec eux, et à la fois, j’ai été emballée par le défi d’écrire un concept pour cet album. Car il n’y avait pas de ligne directrice ou quoi que ce soit qui disait que ce devait parler de ci ou ça, c’était complètement ouvert et j’avais la liberté de mettre dans cet album conceptuel n’importe quelle histoire qui me plaisait. Dans la mesure où, personnellement, je n’avais jamais envisagé de faire un album conceptuel avant, c’était un nouveau et intéressant défi. Du coup, j’étais heureuse de rejoindre le projet !

Est-ce qu’ils t’ont envoyé de la musique qu’ils avaient écrite avant de les rejoindre ?

Ouais, j’ai eu quelques idées initiales de Georg et après ça, nous avons continué à écrire des chansons, et en dehors des paroles et de l’histoire, j’ai aussi écrit quelques chansons. Donc ça aussi c’est très intéressant, tu peux vraiment voir les chansons de Georg, celles d’Oliver et les miennes, et elles fonctionnent toute bien avec différentes parties de l’histoire. C’était donc intéressant d’avoir ces différents styles de composition.

En fait, même si la musique est assez différente de Delain, il y a des similitudes : il y a des influences symphoniques, du chant féminin, évidemment…

Je ne peux pas changer de sexe juste pour un projet, donc évidemment, oui, il y a du chant féminin [rires].

[Rires] Du coup, quel était le défi pour toi, musicalement, sur cet album ?

Je suppose que sur un album qui ne suit pas un concept, tu considères chaque chanson individuellement comme une entité autonome, pour ainsi dire. Donc, avec chaque chanson, tu te dis : « Quelle histoire va-t-elle raconter ? » Et parfois c’est plus difficile parce que, bien sûr, pour chaque chanson, ça peut être n’importe quoi. Mais l’un des défis d’écrire des chansons pour un album conceptuel était : la chanson doit raconter une histoire mais elle doit aussi raconter une histoire qui fonctionne bien chronologiquement avec la chanson qui la précède et celle qui lui succède et ensemble, elles doivent traduire l’histoire. Il y a quelques limites supplémentaires parce que toutes les chansons ensemble, leurs paroles, offrent une interprétation poétique de ce qui se passe dans l’histoire, et parfois ça rend les choses plus faciles parce que si tu as une chanson qui a besoin de paroles, par exemple, tu sais déjà : « Ok, ça doit grosso modo parler de cette partie de l’histoire. » Mais d’un autre côté… Ouais, il y a les pour et les contre, tu vois ! C’est parfois plus difficile et c’est aussi parfois plus facile parce que tu sais déjà où la chanson doit aller en termes d’atmosphère et de mots. Mais ouais, le fait de considérer chaque chanson non comme une simple pièce individuelle mais comme faisant partie d’un tout, c’était assurément un défi pour moi parce que je n’avais jamais fait d’album conceptuel comme celui-ci auparavant. Faire en sorte que l’histoire et la musique s’assemblent bien était le plus gros défi. Aussi, [c’était un défi] dans la manière dont je l’ai écrite, car j’ai commencé à écrire l’histoire mais, à un moment donné, l’album devait en fait être terminé avant le livre. Donc, j’ai écrit quelque chose comme 75% de l’histoire et ensuite il a fallu que je me concentre vraiment sur les paroles, et après ça, je suis retournée à l’histoire. Il a donc fallu que je fasse des allers-retours entre ces éléments du projet, pour ainsi dire. Et le fait de switcher entre l’histoire et la musique, les paroles, la prose, c’était… Un défi ! [Rires]

Tu as dit que tu ne pouvais pas changer de sexe pour un album. En fait, je me souviens que la première fois que nous avons fait une interview ensemble, tu as dit que tu préférais les voix masculines. Donc la question est : si tu avais la capacité de changer de sexe pour devenir un homme, pour chanter comme un homme, en fait, est-ce que tu le ferais ?

Non, je ne le ferais pas ! Je pense que ce que j’ai mentionné auparavant, c’est que la plupart des groupes que j’aime le plus ont un chanteur plutôt qu’une chanteuse. Ce qui ne veut pas forcément dire que j’aime mieux les voix d’homme que les voix de femme, et aussi, c’est souvent la qualité qu’on retrouve dans la voix, par exemple, que j’aime vraiment. Tu sais, j’aime beaucoup les cris brutaux, par exemple, mais je connais certaines femmes qui peuvent faire ça tout aussi bien. Donc non, je ne considèrerais pas faire ça [rires].

Phantasma - The Deviant Hearts

« Je n’ai jamais écrit de fiction avant et je me suis dit : ‘Faisons ça tout de suite !’ Et là, c’est tout de suite publié. C’est donc un peu terrifiant que tout le monde lise d’emblée mes premiers écrits. »

Même pas le temps d’un album ?

Non. Si c’était hypothétiquement possible, non. Je préfèrerais largement… Je veux dire que je suis en train d’apprendre à faire les grunts en ce moment mais je préfèrerais largement changer le statu quo et faire quelque chose que les médias mainstream considèrent comme peu féminin, pour une femme, plutôt que de changer de sexe pour pouvoir faire ça. Je veux dire que je n’aime pas les règles de genres en particulier, donc…

Tu as dit que tu étais en train d’apprendre à faire des grunts. Est-ce quelque chose que tu aimerais proposer dans la musique de Delain, par exemple ?

J’ai fait quelques grunts en live pour Delain dernièrement, simplement parce que c’est pratique qu’Otto [Schimmelpenninck Van der Oije] et moi puissions partager de temps en temps les parties de grunt. Je ne peux donc pas exclure la possibilité que je fasse plus de grunts pour Delain. Mais le truc, c’est que nous connaissons beaucoup de très bons vocalistes qui sont vraiment spécialisés dans le grunt, alors que je ne le suis pas, même si aujourd’hui j’apprends. Donc si nous pouvons choisir entre avoir un spécialiste sur l’album ou moi qui tente ma chance, alors je préfèrerais avoir quelqu’un qui est bon dans ce domaine. Mais, à la fois, ça m’intéresse d’apprendre ça et de m’améliorer parce que, tu sais, ma voix est mon instrument, donc j’aimerais apprendre à utiliser la totalité de son spectre, y compris le grunt. Et si tu dois donner à une chanson un peu plus d’agressivité, que fais-tu ? Eh bien, tu peux faire du grunt ou crier. C’est ce que j’aime.

Est-ce que les chansons de Phantasma t’ont permis d’explorer de nouvelles choses avec ta voix, des choses que tu ne faisais pas forcément dans Delain ?

Je ne pense pas nécessairement que ça me permette de faire de nouvelles choses avec ma voix. Tout d’abord, je peux explorer toute l’étendue de ma voix dans Delain, ce n’est pas comme s’il y avait des limites. L’autre chose c’est que, je pense, la différence principale est surtout dans l’approche des chansons en tant que telle, qui est plus théâtrale, un peu moins metal, en fait. Et tu sais, la façon dont l’album fonctionne, c’est presque comme une comédie musicale. Je pense donc que c’est ça la plus grande différence, et le fait que lorsque tu chantes… Par exemple, lorsque je chante avec Delain, je chante souvent d’un point de vue personnel, alors qu’avec ça, tu suis le livre et, bien sûr, le livre est très personnel, mais parfois tu chanteras pour interpréter un certain personnage qui est très différent de toi. Je pense donc que la principale différence est dans l’approche conceptuelle plus que forcément dans ce que je peux ou pas faire vocalement.

Il y a plein d’invités sur cet album qui chantent. Avais-tu besoin d’eux pour donner vie à certains personnages de l’histoire ?

Oui, c’est sûr. Je pense qu’un panel de différentes voix apporte clairement un charme et une efficacité au projet et à la narration de l’histoire. Je veux dire que Chloe [Lowery, de Trans-Siberian Orchestra et Chameleon], Dennis [Schunke, de Van Canto] et Tom [S. Englund, d’Evergrey] ont fait un super boulot pour interpréter des parties de chansons qu’Oliver, Georg et moi ne pouvions faire à nous trois. Donc ouais, c’était vraiment super de voir ce qu’ils ont fait avec les parties que nous avions prévues pour eux. Je suis très satisfaite du résultat de leurs efforts !

Le line-up officiel de Phantasma, c’est toi au chant, Georg au chant et Oliver aux guitares, clavier et chant. Les autres instrumentistes, comme le bassiste et le batteur, sont crédités comme des invités. Est-ce important que Phantasma reste un trio ?

Je dois dire que c’est surtout que c’est nous trois qui avons été derrière ce projet, qui l’avons organisé, et ce n’est pas comme si les gens qui sont crédités comme des invités se sont moins investis dans l’enregistrement de leurs parties mais ouais, c’est simplement nous trois qui avons monté tout le truc. Et puisque c’est un projet, puisque nous ne pensons pas tourner ou quoi, il n’y a aucun besoin urgent d’avoir un vrai line-up de groupe. Donc, dans la mesure où c’est nous trois qui avons travaillé sur le projet, nous avons appelé ça un trio.

Phantasma est le terme grec pour « fantôme ». Quel sens donnes-tu au nom du groupe ?

Il y a différents aspects. Tout d’abord, Phantasma était aussi le nom d’un des albums d’Oliver, avec Everon, c’était donc le nom d’un ancien album de quelqu’un impliqué dans le projet. Ensuite, pour le sens, par rapport au fantôme, tu devras lire l’histoire pour voir la référence mais je trouvais que ça collait vraiment bien au concept. Et je crois que c’était Georg qui était très particulièrement fan du titre parce que nous avons tenté plusieurs idées de titres mais, au final, celui-ci est celui sur lequel nous étions tous d’accord pour dire qu’il collait bien aux différents aspects du projet. The Deviant Hearts, en tant que titre, est clairement plus une interprétation et transposition littérale de ce qui se passe dans l’histoire en tant que telle.

Phantasma

« Parfois, dans les paroles, tu peux faire en sorte que des phrases fonctionnent même si elles sont bizarres ou incorrectes. […] Et j’ai aussi remarqué, pour la première fois avec la prose, que je ne sais pas quoi dire lorsque je réfléchis comme il faut. »

A ce propos, « déviant » signifie « qui s’écarte des normes sociales », et on dirait vraiment que c’est un thème important pour toi, dans la mesure où il est aussi présent dans la discographie de Delain, sur un album comme We Are The Others, par exemple. Peux-tu nous dire ce que ce thème représente pour toi ?

Il est certain que c’est un thème qui, pour moi, personnellement, est très apparent dans la plupart des choses que je fais. Pour autant, avec Phantasma, il a une connotation différente parce que les cœurs déviants dans l’histoire ne renvoient pas uniquement à des êtres symboliques ou le fait d’être différents, mais il y a aussi un sens littéral parce que les personnages principaux de l’histoire, un garçon et une fille, ont tous les deux des maladies chroniques de cœur. Donc leurs cœurs sont, en fait, différents de ceux de tout le monde et c’est la chose principale qui est pour eux source de douleur et de problèmes dans leurs vies. Donc, c’est autant un sens symbolique – qui est celui auquel tu faisais référence dans la question, ce qui est drôle – mais c’est aussi un sens très littéral, le fait que les défis auxquels ces enfants sont confrontés sont causés par le fait que leurs cœurs sont différents, qu’ils sont affectés par leurs émotions.

Tu as écrit un roman court pour ce projet. Peux-tu nous en dire plus ? Est-ce que ce roman est quelque chose sur quoi tu as travaillé ces dernières années ou l’as-tu écrit spécifiquement pour ce projet ?

Je l’ai écrit spécifiquement pour ce projet, ouais. C’est quelque chose que je trouvais intéressant de faire un jour, mais j’ai été très occupée et je n’avais pas de raison urgente de commencer tout de suite. Et lorsqu’on m’a présenté le défi que constituait cet album conceptuel, j’ai pensé que ce serait le bon moment d’essayer d’écrire une fiction. Et… [Rires] C’est un peu absurde, bien sûr, parce que quand la plupart des gens commencent à écrire, tu vois, tu écris de petites histoires, tu travailles dessus et puis peut-être qu’à un moment donné tu te mets à écrire une nouvelle, et ensuite tu la réécris, et peut-être ensuite tu songes à la publier… Mais moi, je n’ai jamais écrit de fiction avant et je me suis dit : « Faisons ça tout de suite ! » Et là, c’est tout de suite publié. C’est donc un peu terrifiant que tout le monde lise d’emblée mes premiers écrits, mais je suis très contente. Je veux dire que j’ai vraiment aimé écrire cette histoire parce que j’avais des choses à extérioriser. Je suis très satisfaite de ce que ça m’a permis de faire. Le livre en soi, c’est de la fiction, il a un côté fantastique, même si la plupart des éléments fantastiques sont un peu des symboles pour des choses factuelles de la vie de tous les jours, et ça parle de deux enfants, un frère et une sœur, et ils ont tous les deux une maladie au cœur qui fait qu’il se dilate lorsqu’ils se sentent heureux et se contracte lorsqu’ils se sentent tristes. Et, bien sûr, c’est un état très dangereux et ils sont élevés de façon très protectrice, tenus à l’écart de l’excitation et du danger. Et ça les frustre vraiment et c’est là que l’histoire prend forme.

On te connaît en tant que chanteuse mais on ne te connaît pas vraiment en tant qu’écrivaine. Ecris-tu beaucoup ? Et songes-tu à réitérer cette expérience ?

Ouais, je ne me vois même pas encore comme une bonne écrivaine. J’ai écrit des choses qui ne sont pas nécessairement des paroles de chanson pendant un moment mais ceci, je pense, est probablement l’ouvrage le plus important que j’ai fait jusqu’à présent. J’ai fait de plus longs ouvrages mais ce n’était pas de la fiction, c’était tous des choses théoriques pour des études, etc. J’ai donc le sentiment que, dans ce département, j’en suis vraiment encore aux prémices. Je suis très curieuse de savoir ce que les gens penseront de l’histoire. La seule chose que je sais, c’est que j’ai vraiment apprécié l’écrire. J’espère donc que je pourrais refaire ça, d’une façon ou d’une autre, parce que c’est un processus très gratifiant, c’est certain.

Quels livres et auteurs t’ont influencée ?

Nick Cave, pour sûr, j’adore… Ses livres sont très différents les uns des autres mais j’ai particulièrement aimé La Mort De Bunny Munro. J’aime vraiment les écrits de Neil Gaiman, c’est assurément une grande inspiration pour moi. J’aime vraiment la vieille mythologie grecque. Je pense que ces choses, Nick Cave, Gaiman, les Grecs… Ceux-ci m’ont beaucoup influencée.

Et comment comparerais-tu le fait décrire des paroles pour une chanson et écrire un livre ou un roman ?

Disons que j’ai beaucoup d’expérience dans l’écriture de paroles. Donc, aujourd’hui, je pense avoir un bon entrainement par rapport à ça et souvent, lorsque j’ai une idée, je sais assez bien comment la traduire en paroles ou comment faire en sorte que ça fonctionne. Ecrire une histoire est très différent par bien des aspects, car parfois, dans les paroles, tu peux faire en sorte que des phrases fonctionnent même si elles sont bizarres ou incorrectes. Tu peux plus facilement jouer avec les mots, tu vois, la poésie est bien plus libre que la prose. Et j’ai aussi remarqué, pour la première fois avec la prose, que je ne sais pas quoi dire lorsque je réfléchis comme il faut. Evidemment, il est plus dur de trouver des mots pour cent pages d’une histoire que pour des paroles parce que dans un livre, même si une certaine partie est bonne, au final, il se peut que tu veuilles quand même la retirer parce que ça ne fonctionne pas avec le reste du livre. Et si tu écris des paroles, alors tu écris une page de mots et tant que ces mots vont bien ensemble, tant qu’ils retranscrivent avec force l’histoire, alors tout va bien. Mais tu sais, les deux ont leurs défis et les deux ont des aspects qui sont plus faciles. Je veux dire que parfois, si tu veux écrire des paroles au sujet d’un thème vraiment stimulant, alors il est plus facile d’en parler sur cent pages qu’une seule, car si tu dois écrire à propos de quelque chose qui est très important en une seule page, alors chaque mot doit être juste. C’est peut-être là la meilleure chose dans le fait d’écrire une longue histoire comme celle-ci, le fait que parfois tu peux prendre quelques lignes pour expliquer comment était la lumière, ou l’odeur qu’il y avait dans l’air, ou l’heure qu’il était… tu peux contextualiser beaucoup plus de choses. Donc, chaque mot n’a pas à être là pour t’aider à arriver à l’intrigue. Avec des paroles, chaque mot doit t’aider à porter ton message… [Rires] Donc, ouais, les deux ont leurs défis et leurs bénéfices, je dirais.

Phantasma

(A propos de Nick Cave) « C’est une grande qualité que de pouvoir écrire quelque chose de façon à ce que le lecteur et l’auditeur puissent vraiment ressentir les choses, les sentir et les entendre. »

Dans la biographie promotionnelle fournie avec l’album, il est mentionné que la chanson « The Lotus And The Willow » a été inspirée par la voix de Nick Cave, et tu as justement mentionné plus tôt son influence sur toi. Peux-tu donc nous en dire plus sur ce que son travail représente pour toi ?

Eh bien, je n’étais pas nécessairement inspirée par la voix de Nick Cave mais le label a dit que la chanson leur rappelait l’intensité de ce chanteur. Je n’étais donc pas inspirée par lui mais ils ont mentionné qu’au final, ça sonnait comme si ça l’avait été. Et bien sûr, sachant à quel point j’aime Nick Cave, j’ai vraiment aimé le fait que le biographe a comparé ça à Nick Cave. Lorsque nous avons reçu la biographie et avons lu qu’ils la comparaient à Nick Cave, j’étais vraiment flattée [rires]. J’imagine que c’était un grand compliment. Mais la façon dont il m’inspire en général, c’est simplement avec la façon dont il raconte des histoires. Il raconte des histoires de différentes façons. Ça peut être terriblement cruel, terriblement dur mais une chanson plus loin, ça peut être incroyablement doux et touchant. Il a un million de façons de décrire une chose, et je trouve que c’est une grande qualité que de pouvoir écrire quelque chose de façon à ce que le lecteur et l’auditeur puissent vraiment ressentir les choses, les sentir et les entendre. Il a une grande boîte à outils qui lui permet de faire vivre des choses à son public.

Le thème musical de « Runaway Grey » rappelle un peu le thème de James Bond. Est-ce moi qui imagine des choses ou était-ce fait exprès ?

Non, je ne pense pas que tu imagines des choses. La progression d’accords ressemble effectivement un peu à celle de la chanson thème, mais c’est tout. Le fait que la progression d’accords est similaire est la raison pour laquelle elle te rappelle ceci mais c’est la seule similarité. Ce n’était pas fait exprès.

Tu as dit que vous ne pensiez pas tourner mais avez-vous quand même l’intention de donner des concerts avec Phantasma ?

C’est un projet studio. Je veux dire qu’on songe à porter ça sur scène, peut-être pour quelques concerts. L’album a un grand potentiel, avec l’histoire et le monde visuel qui est riche, pour peut-être en faire un concert très théâtral. Mais ce ne sera pas un autre groupe qui tourne parce que nos groupes principaux ne permettraient simplement pas d’avoir un autre groupe qui tourne dans l’emploi du temps [petits rires]. Il se peut donc que nous fassions quelques concerts mais nous ne ferons pas de grandes tournées.

Et peut-on s’attendre à d’autres albums ?

[Elle réfléchit] Je ne sais pas. C’est trop tôt pour le dire. Nous ne pensions qu’à celui-ci mais, ouais, qui sait ? Peut-être que dans quelques temps nous nous réunirons à nouveau. Je sais que ça n’arrivera sans doute pas de sitôt parce qu’une fantastique année avec Delain se prépare, et nous serons très occupés. Je ne me vois donc pas faire ça à nouveau l’année prochaine [rires] mais, ouais, il pourrait y avoir… Nous ne l’avons pas encore envisagé. Comme je l’ai dit plus tôt, jusqu’ici, nous n’avons fait que travailler dur pour honorer nos délais, pour que ce projet puisse voir le jour, et nous n’avons pas tellement réfléchi à ce qu’il se passera après [rires].

Peux-tu nous donner des nouvelles de Delain ?

Nous sommes en train de travailler sur un nouvel album. La base de la plupart des chansons est déjà finie, nous prévoyons de le sortir à la mi-2016. Pourquoi avons-nous déjà autant de chansons finies ? Nous allons tellement tourner cet automne et aussi au printemps que nous devons déjà faire toutes les chansons aujourd’hui, car autrement, nous n’aurons au final pas assez de temps pour tout enregistrer et produire. Nous travaillons donc sur un nouvel album et à côté de ça, nous allons en 2016 sur nos dix ans – donc nos dix ans dans la musique – et c’est bien sûr une année très spéciale, et nous voulons faire des choses spéciales l’année prochaine pour célébrer ceci ! Ce sera donc très excitant, et dans quelques jours, nous sauterons dans un avion pour rejoindre Nightwish en Amérique du Sud et après ça, nous partons sur notre tournée européenne en tête d’affiche. Il y a donc un paquet de trucs qui arrivent !

Et quelle sera l’orientation de ce nouvel album ?

C’est encore trop tôt pour vraiment pouvoir parler des thèmes ou autre mais ce que je peux dire, c’est que nous avons vraiment aimé la production de The Human Contradiction, donc nous pensons que pour le prochain album, nous ferons probablement les choses de manière similaire, pour ce qui est du mix, du master et du son dans sa globalité. Nous étions très satisfaits, donc il se peut que nous prenions un chemin similaire avec notre album à venir. Pour ce qui est des chansons en tant que telles, il est sans doute trop tôt pour dire parce que la majorité est écrite mais nous continuons à composer et il se peut que nous en mettions certaines de côté ou que nous en composions d’autres… Ouais, c’est encore trop tôt pour parler de ça.

Interview réalisée par téléphone le 1er octobre 2015 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Robin Collas.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Page Facebook officielle de Phantasma : www.facebook.com/PhantasmaProject.



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  • « le truc, c’était que Georg voulait vraiment créer cet album conceptuel mais il n’avait pas de concept »

    Je suis le seul à trouver ça complètement débile ? C’est comme de prétendre vouloir faire un album sans être capable d’écrire de chansons…

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